‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 2 sur 70 · PREMIÈRE OBSERVATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE OBSERVATION

Engorgement et ulcération des glandes du cou. — Guérison par l'oxyde d'or par la potasse, â l'intérieur. — Dix huit mois après, mort par la phthysie pulmonaire.

En 1841, on amena à notre consultation du Bureau de Bienfaisance, dont nous sommes un des médecins, une jeune fille (Joséphine Cw), alors âgée de 12 ans. Elle portait au cou deux glandes engorgées et ulcérées déjà depuis un an ; nous apprîmes en même temps qu'elle subissait un traitement par les pilules de Belloste et une pommade dont nous ignorons la composition. De l'époque de l'invasion de la maladie à celle où elle vint nous consulter, ce fut une succession continuelle de glandes engorgées et ulcérées, qui ont laissé des cicatrices fort désagréables et deux ou trois points fistuleux suintant encore le jour où Joséphine commença le traitement que nous lui avons fait suivre. A ce moment même il lui restait, ainsi que nous avons dit, deux glandes engorgées , dont une ulcérée et l'autre à son début. Nous essayâmes de résoudre celle-ci ; mais, malgré nos efforts, elle vint en suppuration comme les précédentes. Sa marche cependant différa de celle des premières glandes ; elle fut franchement inflammatoire, s'accompagna de douleurs assez vives, et, quand elle s'ouvrit spontanément, elle fournit un pus bien épais, tandis que celui fourni par les autres glandes avait été semblable à du lait caillé (c'est ainsi que s'est exprimé la malade). En outre cette glande, comme! les abcès chauds, se vida presque complètement.!

Le traitement consista dans l'usage de l'oxyde d'or par la potasse à l'intérieur, et, du 10 juillet au 4 septembre

suivant, elle en consomma 85 centig. A cette dernière époque, nous la considérâmes comme guérie, et cependant nous lui fîmes prendre encore, et toujours à l'intérieur, 10 centig de stannate d'or, qui parurent fatiguer la malade , et encore 10 centig. d'oxyde d'or par la potasse, mais cette fois en frictions sur la langue.

Au mois d'avril 1837, c'es-à-dire dix-huit mois après que celte cure fut obtenue, aucun engorgement nouveau'n'était venu démentir la guérison de Joséphine C*** -, mais Aie succombait à une affection tuberculeuse des poumonr , contre laquelle nous avions en vain lutté. — Elle avait ressenti les premières atteintes de cette maladie en juin 1836. Après l'époque de ses règles, qui ne parurent point, elle fut prise d'un crachement de sang assez abondant $ il s'accompagna d'une forte fièvre avec chaleur brûlante et sécheresse de la peau, d'oppression et d'une douleur pongitive dans l'épaule et sous la clavicule du côté droit. Nous pratiquâmes, pour combattre ces accidents, une petite saignée du bras, qui fournit un caillot à bords relevés et avec une couenne inflammatoire de plus de 2 millimètres d'épaisseur. Cette saignée, la diète, l'infusion de racine de guimauve, ne calmèrent pas la toux et ne diminuèrent que faiblement les crachements de sang. Celle-ci redoublait la nuit, et fut suivie de plusieurs vomissements de pus presque pur, grisâtre, assez bien lié, quoique un peu liquide et exhalant une fort mauvaise odeur. Après ces vomissements, la toux continua et fournit une expectoration semblable à la matière des vomissements. L'auscultation et la percussion nous donnèrent des renseignements en rapport avec les accidents que nous venons de décrire : adroite, sonoréiié moins grande, bruit respiratoire et expansion pulmonaire bien

moins prononcés qu 'ausommet du poumon gauche; résonnance très-marquée de la voix sous la clavicule droite.

Joséphine C**% après avoir subi plusieurs traitements fort variés, alla mourir à la campagne dans cet état de marasme, qui contribue à caractériser la maladie qui la faisait succomber.

12. Dans l'observation suivante, l'autopsie viendra confirmer les phénomènes observés pendant la vie , et Ton verra l'engorgement glandulaire calquer, pour ainsi dire., sa marche sur celle de la maladie du poumon.

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