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sexes, ou arrive à reconnaître la vérité de la loi que nous avons posée au début de cet alinéa.
66. M. le docteur Louis, dans ses Recherches sur la phthysie (18), a établi cette seconde loi en vertu de laquelle: Toutes les fois qu'il existe des tubercules dans une partie du corps, on en doit nécessairement rencontrer dans le parenchyme pulmonaire. On verra, quand nous parlerons de la phthysie bronchique, maladie propre à l'enfance, que celte loi n'est pas applicable aux premières années de la vie ; aussi Terreur de M. Louis provient-elle de ce que les faits qu'il a réunis dans son important ouvrage n ont rapport qu'à des sujets âgés de plus de io ans. Mais même en se maintenant dans ces limites, l'observation journalière des faits prouve que l'assertion du médecin de l'Hôtel -Dieu est trop exclusive. Nous croyons devoir invoquer quelques faits pour le démontrer.
66 bis. Nous aurions pu débuter dans cette démonstration par une observation rapportée par la Gaz. des Hop. (An. 1845, — n° 100). Il s'agit en effet d'un malade âgé de 55 ans, chez lequel, à l'autopsie cadavérique, on a trouvé les poumons parfaitement sains et n offrant aucune trace de tuberculisation. Et cependant il avait les ganglions bronchiques gonflés, tuberculeux (1), quelques uns ramollis. On a en outre rencontré des tubercules durs, assez nombreux dans le feuillet du péricarde, et au niveau du pancréas une masse tuberculeuse énorme, commençant à se
(1) C'est un exemple, chez un adulte, presque chez un vieillard, de tuberculisation des ganglions bronchiques. Nous aurons à revenir 3 et avec détail 3 sur ce point de l'histoire de la tuberçulisatiou.
ramollir çà et là. En outre une grande partie du péritoine était parsemée de corps d'un blanc jaunâtre, arrondis, d'un assez gros volume, d'une consistance médiocre, à peu près analogue à celle du cristallin. Mais en dehors de toutes ces lésions déjà fort graves, bien de nature à faire succomber le malade, il faut dire qu'il avait un cancer du pylore, dont il était évidemment mort. La présence d'une affection cancéreuse nous a fait naître le doute sur la nature tuberculeuse de la lésion morbide du péritoine et sur la tumeur située au voisinage du péritoine. Il n'en reste pas moins l'engorgement des ganglions bronchiques qui nous a paru plus évidemment tuberculeux. Les deux faits suivants nous paraissent avoir la plus grande valeur, au point de vue des exceptions à la loi de M. Louis.
» Le cadavre d'un homme sur lequel on n'a pu avoir » aucun renseignement et qui a succombé à la suite d'une » amputation de la jambe droite, pratiquée dans un des hô- » pitaux de Paris, a été apporté aux pavillons de la Faculé » pour être livré aux dissections. Cet homme paraissait » âgé de 2/± à 25 ans environ , et portait dans la région » de Paine droite, comme on s'en apperçut en examinant » le cadavre, une tumeur du volume du poing environ, ré- » sistanle, lobulaire (1). On examina avec soin cette tumeur
(1) Ainsi les engorgements des glandes de l'aine seraient aussi symptomatiques de la présence des tubercules dans le mésentère, comme les engorgements des ganglions cervicaux dénoteraient la présence de tubercules dans les poumons (11,12, 15, 15). Nous devons dire cependant, que cette corrélation, quoiqu'on la rencontre chez les enfants atteints du carreau , n'est jnmais aussi fréquente que celle observée pour la tuberculhation pulmonaire.
» et l'on en poursuivit la dissection jusque dans l'abdomen, » où elle s'enfonçait en passant sous l'arcade crurale. Au- » dessus existait une seconde portion de la tumeur, du » volume d'un gros œuf de dinde, mais comparativement » beaucoup plus longue que large.
» Dans l'intérieur de l'abdomen, et comprimant l'intes- » tin, on trouve principalement à la partie antérieure de »> la colonne vertébrale, des masses blanchâtres de môme » nature que celle de l'aîne. Incisées, ces masses, comme » cette dernière, sont reconnues appartenir évidemment à >» la dégénérescence tuberculeuse, plus ou moins ramollie » selon les points qu'on examine. A la surface des intestins, » on rencontre çà et là des ulcérations tuberculeuses, avec » infiltrations de matière tuberculeuse, dans plusieurs » points de l'épaissseur des parois intestinales.
« On ne trouve dans les poumons aucune trace de tuberbu- « lisation. La tuberculisation est en résumé bornée aux « organes contenus dans l'abdomen. » {Gazette des hôpitaux , « année 18-48, n°41.)
M. H. Lebert avait déjà fait connaître une exception du même genre. (Ouv. cit. T. I, p. 424.) Un M. T***, âgé de 45 ans, d'une forte constitution, ayant eu dans son enfance diverses affections scrofuleuses, succomba après une succession de maladies, dont aucune ne paraissait devoir être mortelle. A L'AUTOPSIE: « Les poumons ax aminés avec «. beaucoup de soins ne montraient pas de tuberculesl — « L'abdomen ouvert, on put séparer facilement le feuillet * abdominal du péritoine du feuillet profond qui recouvre « les divers organes. Il offre un aspect bien remarquable, « il est généralement mélanotique, et cette mèlanose. est i varsemée de tubercuUf, qui depuis la grosseur d'une tête
« d'épingle Vont jusqu'à celle d'une noix ou d'une amande. « Une partie de ces tubercules est ramollie. Il en existe « dans le feuillet abdominal, dans le feuillet intestinal du « péritoine, dans le mésentère, dans le mésogastre et dans « la séreuse à la partie convexe du foie. Les tubercules sont « recouverts de taches rougeâtres en plusieurs endroits. « Le péritoine est bien épaissi , il a environ neuf lignes « d'épaisseur, môme un pouce dans le mésentère; il est de « consistance gélatineuse, se déchirant facilement. Les « glandes mésentériques sont aussi tuberculeuses. <>
67. Après les poumons, voici les organes dans lesquels M. le docteur Louis (JLoc. cit.) a rencontré des tubercules; ils sont rangés dans leur ordre de fréquence : dans l'intestin grêle, 33 p. 100; les glandes mésentériques, 25 p. 100; le gros intestin, 11p. 100; les glandes cervicales, 10 pour 100 ; les glandes lombaires, 8 p. 100; la prostate et la rate, 7 p. 100; les ovaires, 5 p. 100; les reins, 2 lr2p. 100; et la vessie, 1 p. loo.
68. On a quelque lieu de s'étonner que M. Louis n'ait rencontré que deux fois, sur deux cents ouvertures de cadavres, des tubercules dans la vessie, car M. Rayer (Traité des maladies des reins) prétend qu'ils ne sont pas rares, et il affirme que lorsqu'on rencontre des tubercules dans les reins, on en trouve aussi dans la vessie, dans le testicule. Ainsi, un malade, dont l'histoire se trouve dans le tome VI du Journal de médecine et de chirurgie, de Corvisart, Leroux et Boyer, chez lequel on trouva des tubercules dans le rein gauche, l'épididyme, la prostate, offrit un exemple de tubercules dans la vessie. Du Chapt {Revue médicale , année 1831)? M. Pasquet (Bulletin de la société
an atomique, année 1823), ont rapporté des fails curieux de l'altération tuberculeuse de la vessie et de Furèthre. Nous croyons convenable de donner l'observation suivante que nous empruntons à la Gazette deslhôpitaux, année 1843, n°9.
Trentième observation.
Affection tuberculeuse ayant envahi une grande partie des organes génito~urinaires.) — Tubercules pulmonaires. —
Un jeune homme, âgé de 20 ans, succomba le 29 décembre 1842, à l'hôpital des vénériens, dans le service de M. le docteur Ricord. Il y avait été admis pour une biennorrhagie urétrale qui remontait à un an et qui se compliquait d'une fistule urinaire dans la région périnéale. Nous n'examinerons pas si l'écoulement était lié à l'affection tuberculeuse constatée par l'autopsie cadavérique ? C'est un point qu'il nous paraît impossible d'éclaircir, vu la fréquence de ces deux affections si différentes, du reste, Tune de l'autre. Nous n'avons eu qu'un but, celui de constater par un exemple 'authentique, le fait de la tuberculisation des organes-génito-urinaires.
A l'autopsie de ce malade, en effet, indépendamment qu'on trouve les deux poumons farcis de tubercules à différents degrés de développement, qu'on rencontre dans ces mêmes organes des cavernes nombreuses et d'étendue variée, indépendamment, disons-nous, de ces lésions :
Le rein gauche un peu plus volumineux que le droit «< offrait à la partie inférieure de son bord convexe, incisé, « une sorte d'infiltration hémorrhagique. »
« V uretère gauche offrait un volume double du droit et
« son extrémité inférieure était le siège d'une infiltration « assez étendue de matière tuberculeuse. »
« En arrière du col de la vessie, la muqueuse était SOU- « levée par plusieurs granulations que l'incision a dé- » montré être de la matière tuberculeuse. Il existe en ce « même endroit une infiltration de tubercules miliaires. Cà « et là quelques-uns de ces tubercules sont ramollis; «< d'autres ont déjà subi la fonte purulente et dans quel- « ques points on voit les ulcérations qui leur ont succédé ;
« ces ulcérations ont un fond grisâtre, pultacé, d'«î-
« pect franchement tuberculeux'. » — Ce sont des ulcérations de la portion membraneuse du canal qui l'ont perforé, mais l'auteur qui a rédigé cette observation, que nous donnons ici en extrait, ne dit pas si elles étaient de même nature que les précédentes, ce qui paraît probable.
La prostate offrait, dans la moitié antérieure du lobe droit, une infdtration tuberculeuse très-tranchéesur le reste du tissu sain. « Ici la matière tuberculeuse est encore à « l'état cru et il n'existe aucune communication entre elle « et les ulcérations du canal. — Le lobe gauche de la pros- « tate est complètement infiltré de la même matière non « ramollie, non suppurée. Dans la portion qui passe en « avant de l'urètre, l'infiltration tuberculeuse devient de « moins en moins prononcée, à mesure qu'on se rapproche « du côté droit.
» Enfin YEpidydime droit est le siège d'un abcès tuberculeux.
Howship {A Practic treatise oj the urinarj diseasesj, a publié une observation d'abcès scrofuleux de la vessie.
C'était chez une femme de 26 ans, qui avait accusé dans les derniers temps de sa vie de vives douleurs du côté de la vessie. A l'ouverture du cadavre, la muqueuse de ce viscère offrait de légères ulcérations qui étaient plus nombreuses vers le col : elles étaient du reste si peu apparentes, qu'elles auraient pu échapper à un examen superficiel. Il faut dire que la présence de tubercules dans le rein et l'uretère droits est de nature à faire penser, que ces abcès
scrofuleux étaient réellement des tubercules à l'état de fonte.
68 bis. Quant à l'utérus, — au cerveau, — à la moelle allongée, M. Louis n'y aurait rencontré de tubercules qu'une seule fois. Il en serait de môme pour les uretères, mais à ce jujet nous ferons la même observation que pour ia vessie, et nous dirons qn'il est rare de ne pas rencontrer de tubercules dans ces conduits excréteurs, quand les reins en renferment.
Trente-unième observation.
Tubercule dans le cervelet.
M. le docteur Payan d'Àix (départ, des Bouches-du- Rhône), a communiqué à Y Académie royale de Belgique (Séance du 27 mars 1847). un exemple de l'existence d'un Tubercule dans le cervelet (1).
» Ce fait vient sans doute à l'appui d'un grand nombre » d'autres que la science possède. Mais ce qui le caracté- » rise, c'est l'absence des lésions de fonctions des extrémi-
(1) Cette observation fait partie d'un me'moire intitulé : Fascicules â'obs. pathol. avec des consid. pratiques. — Voy. l'obs. XIIF-26, qui offre aussi un exemple de tubercules dans le cervelet.
» tés et des organes sexuels. » Il existait seulement un grand trouble dans la vision.
fie fait que j'ai emprunté à la Gaz. Mêd. de Paris (An. 1847, no 28, pag. 568), offre une grande analogie avec l'obs. xxxvin-87 bis. Dans celle-ci c'est dans le cerveau qu'on a trouvé une grosse masse tuberculeuse, qui n'avait non plus déterminé aucuns troubles, ni fonctionnels ni intellectuels.
69. On voit d'après ce qui précède que M. Louis (Loc. cit.) n'aurait rencontré de tubercules ni dans le foie, ni dans la vésicule, mais ce qu'il n'a point eu occasion de voir, d'autres ont pu l'observer. Ainsi, dans un cas observé par Baillie, on a trouvé des Tubercules dans la vésicule du Joie. Les tuniques de ce réservoir avaient un quart de pouce d'épaisseur et leur tissu ainsi bypertrophié était rempli de tubercules gros et durs. Lefoieétait aflfecté delà môme maladie et on en trouvait dans sa substance de la grosseur d'un œuf de pigeon et en pleine suppuration. {Dict. des die. Fabre, lom. II, pag. 58). Un enfant de moins de douzeans, dont l'observation est rapportée par Gibbons et chez lequel on trouva un calcul dans la vésicule du fiel, avait une affection tuberculeuse du foie (Littré, Nojiv. Dict. deMéd., tom. V, pag. 257).
69 élis. La présence de tubercules dans la rate nous paraît être un fait pour le moins aussi rare que dans le foie, c'est ce qui nous engage à donner ici, par extrait, l'observation suivante, que nous empruntons à l&Gazettedes hôpitaux, année 1847, n° 129.
Trente- deuxième observation.
Tubercules dans les poumons, dans la rate. — Communication
anormale des deux cavités vèntriculaires du cœur. — « Cyanose. — Autopsie conftrmalwe.
Une jeune fille, Julie G***, couchée au n° 13 de la salle Sainte-Catherine, à l'hôpital des enfants, y meurt vers la fin du mois d'octobre 1847.
L'autopsie cadavérique fut faite par M. Chapsal, interne du service où était placée Julie; en voici le résultat sommaire;
Tète. — Il existe une légère injection du cerveau.
Poitrine. — « Le poumon droit présentait deux cavernes « de la grosseur d'un œuf d'oiseau; l'une située tout-à-fait « au sommet, l'autre dans le lobe inférieur. Le reste du « poumon était criblé de tubercules. — Le Poumon gauche « présentait également des tubercules, mais en bien moins « grand nombre que du côlé droit. »
Il existait du côté du Cœur des lésions non moins graves, que cependant nous n'indiquerons que sommairement. — V Aorte sort de la base du cœur plus à droite qu'à l'état normal ; au lieu de présenter trois courbures, elle est verticale, — "L'Orifice ventricnlo-aortique correspond à la Clûison inter-ventriculaire et tombe perpendiculairement sur une solution de continuité de cette cloison. L'ouverture anormale qui fait ainsi communiquer les deux ventricules est ronde et offre 4 centimètres et demi de circonférence.
Abdomen. — Le Foie} les Reins et les Intestins sont sains.
La Rate, un peu plus volumineuse qu'à l'ordinaire, était criblée de tubercules.