‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 32 sur 70 · TRENTE-SIXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TRENTE-SIXIÈME OBSERVATION

Carie tuberculeuse des vertèbres; Tubercules dans les poumons, dans les reins et dans la vessie.

Marie Françoise Périer, âgée de 56 ans, fut admise le 3 avril 1836 à l'hospice de la Charité, où elle mourut le M mai suivant.

A V autopsie du cadavre faite le lendemain de la mort, « on constata une carie des sixième et septième vertèbres « dorsales. Leur tissu spongieux est ramolli et réduit à une « matière semblable à de la lie de vin. Les membranes de « la moelle éprnière, dans le point correspondant à la dé- « sorganisation des vertèbres, sont recouvertes exlérieu- « rement d'une couche tuberculeuse épaisse » La moelle épi-

— U2 — nière présente dans le point correspondant un étranglement marqué, et la substance blanche, mais elle seule, est sensiblement ramollie.

« Au sommet du poumon gauche on trouva des tubercu- « les crus et quelques petites cavernes. Le poumon droit, « à son sommet, est parsemé de granulations tuberculeu- « ses non ramollies. Tout le reste du poumon est infiltré « de sérosité qu'on fait écouler à flots en le comprimant. »

On trouva des ulcérations dans l'iléon, dans le cœcum et dans le colon.

Le foie était un peu gros et offrait des granulations d'un violet foncé, sur un fond jaune acanthe.

On trouva encore des points purulents dans les deux reins, mais à la partie moyenne de la face postérieure du rein droit existaient plusieurs points tuberculeux, et en le fendant on rencontra un petit abcès tuberculeux dans sa partie supérieure, et la membrane muqueuse du bassinet de ce même rein était imprégnée çà et là de matière tuberculeuse.

Enfin la vessie était distendue par un liquide alcalin, purulent et chargé de débris de tubercules et de fausses membranes : ces parois avaient acquis une grande épaisseur.

Cette observation, que nous avons puisée dans le Traité des maladies des reins de M. Rayer et que nous donnons seulement par extrait offre de l'intérêt par suite de la coïncidence d'une carie tuberculeuse avec la présence de tubercules dans les poumons et plusieurs autres organes, mais aussi à cause de cette circonstance du développement d'une affection tuberculeuse à un âge aussi avancé;

car tout fait présumer que la maladie était d'origine récente.

Pour la malade , son mal ne remontait qu'à l'époque d'une chute qu'elle fit sur le dos et qui eut lieu neuf mois avant son admission à l'hospice. Avant cet événement la femme Périer s'était toujours parfaitement portée-, elle avait eu quatorze enfants ! qu'elle avait tous nourris, ainsi que trois autres qui lui avaient été confiés, et elle était restée parfaitement réglée jusqu'à l'âge de 52 ans : toutes conditions qui repoussent très-loin la pensée de la présence de tubercules dans l'économie et surtout dans les poumons. La seule objection qu'on puisse faire, et c'est notre devoir de la signaler, contre le peu d'ancienneté de la maladie tuberculeuse, c'est que sur ces quatorze enfants trois seulement avaient vécu jusqu'au moment où nous sommes arrivés : cette si grande mortalité peut faire présumer que ces enfants avaient apporté en naissant un principe morbide, qui même lorsqu'il ne se développe pas, débilite la constitution de l'individu qui en est entaché, et le rend plus vulnérable à l'action des autres maladies.

86 bis. Si enfin on ne trouve pas, coïncidents avec les tubercules vertébraux , de tubercules dans le poumon, il en faut chercher dans les ganglions bronchiques , surtout si on a affaire à de jeunes sujels, comme il arrive presque toujours pour le mal de Pott, qui n'est dans la majorité des cas qu'une maladie de l'enfance. Les deux observations suivantes vont venir à l'appui de ce que nous avançons.

THEISTE -SEPTIÈME OBSERVATION.

Mal de Pott. •— Tubercules dans les ganglions bronchiques et mèsentëriques. — ( Gaz. des hop., an 1843, n. 66 ).

Une enfant âgée de 30 mois succombe, le neuvième jour d'une variole, dans le service de M. le professeur Trousseau, à l'hôpital Necker, n. Il, salle Sainte-Thérèse.

A Y autopsie : « on , trouve le corps de deux verte- « bres dorsales complètement détruit, et celui des « deux vertèbres voisines détruit dans la plus grande « partie et infiltré de matière tuberculeuse à l'état cru, là « où le parenchyme osseux existait encore. Au devant de « ces quatre vertèbres existait un foyer purulent en-

« kyste les ganglions bronchiques et mèsentëriques con-

« vertis en matière tuberculeuse.

Cette affection ne remontait qu'à trois mois, et s'était montrée presque soudainement par une incurvation de l'épine dorsale ! Comment donc expliquer cette triple circonstance : d'une invasion soudaine, d'une maladie si courte et de désordres si étendus? Nous ne saurions mieux faire que de citer les paroles mêmes de M. le professeur Trousseau, car elles reproduisent parfaitement notre pensée, car elles montrent clairement comment s'opère la destruction des os par les progrès de la tuberculisation. « Il a « pu se faire pendant plusieurs mois sans doute un travail « de destruction dans les corps des vertèbres , sans que « l'enfant témoignât la moindre douleur, sans que la santé « fût le moins du monde altérée : puis, lorsque la partie « solide de la vertèbre a été détruite, tout à coup la gibbositê « svesC montrée, »

87. 11 est de ia plus grande évidence que si la destruction avait marché, comme dans la carie scrofuleuse, de l'extérieur à l'intérieur» le travail morbide se serait tra« duit d'abord par des accidents vers la peau, puis par une déformation d'emblée, mais augmentant lentement, de la CO» lonne vertébrale.

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