OBSERVATION CINQUANTE ET UNIÈME
Histoire d'un fils et de sa mère : le fils atteint de tubercules pulmonaires héréditaires ; la mère de tubercules pulmonaires probablement acquis.
Le 8 octobre 1846, nous fûmes appelé auprès de Jules P*** qui, la veille, avait été pris subitement de crachement et de vomissement de sang. La couleur vermeille du sang vomi et craché, son état spumeux ne pouvaient pas laisser de doute sur son origine. Nous fûmes confirmé dans cette opinion par l'aspect des crachats de sang pur rendus devant nous, car, en outre de celte môme coloration, il était rempli de bulles d'air.
Deux mois auparavant, ce même jeune homme avait été saigné par le médecin de la campagne où il se trouvait, parce qu'il avait paru offrir tous les symptômes d'une hypertrophie du cœur, et nous-même, à l'examen que nous fîmes de l'organe central de la circulation, nous crûmes reconnaître l'existence d'un choc énergique (1) ; mais ce symptôme ne persista pas.
(I) Ce phénomène n'est pas rare et non s rappellerons en-
Le 16, nous fîmes un examen approfondi à l'aide de la percussion et de l'auscultation des poumons du jeune Jules P***, et nous pûmes facilement constater, l°une dif=* férence en moins dans la sonoréité au sommet du poumon droit ; cette diminution était surtout très-marquée dans la fosse sus-scapulaire , ainsi qu'au-dessous de la clavicule, mais à un moindre degré. Dans le premier point, le bruit respiratoire était nul; il était très-faible dans le second. Nous crûmes aussi reconnaître un peu moins de sonoréité dans la fosse sus-épineuse ; mais ce qui était très-marqué dans cette région, c'était un bruit de souffle en retour et un peu de râle sibilant. Dans les deux tiers inférieurs du même poumon , le bruit respiratoire se faisait bien entendre, ne s'accompagnait d'aucun râle, et la percussion fournissait un son parfait.
Il en était de même pour le poumon gauche, antérieurement comme postérieurement.
Cet examen fut renouvelé le 19 du même mois , mais cette fois avec le concours de M. le docteur Louis et de M. le professeur Trousseau. Ces deux habiles consultants reconnurent les mêmes symptômes que ceux que nous avons signalés plus haut ; l'un d'eux signala la résonnance delà voix sous la clavicule droite, et tous trois, nous nous accordâmes pour dianostiquer l'existence de nombreux tu-
core cette jeune fille dont il vient d'être question (139 bis) et dont nous avons fait l'ouverture avec le concours de feu M. le docteur West, parce qu'on la croyait morte empoisonnée. Elle ava't aussi, ainsi que nous l'avons relaté, des palpitations fréquentes, une grande énergie dans le choc/ symptômes qui avaient fait diagnostiquer du vivant delà malade une hypertrophie du cœur.
hercules au sommet de ce même poumon. 11 y avait, du reste, très-peu de toux et si peu de trouble dans la santé générale, que lo malade , qui est âgé de 15 ans , ne soupçonnait en aucune espèce de façon la gravité de son état.
Jules a une sœur âgée de 18 ans, qui est bien menstruée depuis un an et qui jouit de la plus admirable santé.
Il ne peut point y avoir de doute sur la cause de la maladie de Jules : elle est héréditaire. En effet, sa mère est morte le 28 décembre 1844, dans cet effrayant état de raarasmequiestsi caractéristique. Nousl'avions soignée depuis le 17 novembre 1839, et la présence de tubercules dans le poumon droit, déjà bien constatée par M. le professeur Fouquierque madame P***avait consulté plusieurs fois et qui fut ultérieurement appelé en consultation , l'état tuberculeux, disons-nous, fut facileàétablir à l'aide de l'auscultation surtout; car ce ne fut que plus tard que la percussion ainsi que l'ensemble d'autres symptômes ne permirent aucun doute sur le dianostic de la maladie, qui n'envahit que beaucoup plus tard le poumon gauche.
Il ne peut donc point y avoir de doute sur l'étiologie de la maladie de Jules P***j mais s'il est certain que ce fut pour lui une maladie héréditaire, il paraît assez probable qu'elle a été acquise chez la mère. En effet, la mère de madame P*** vit encore et elle est âgée aujourd'hui de plus de soixante ans; elle jouit encore, comme elle a toujours joui, de la plus excellente santé, n'ayant jamais craché le sang et n'ayant jamais peut-être eu un seul rhume un peu notable. Nous en pouvons dire autant de la sœur de cette dernière, qui est en même temps et la tante de noire phlhisique et la mère du père de Jules. Nous sommes depuis plusieurs années son médecin, et rien dans sa vie
ne permet de soupçonner la présence de tubercules dans le parenchyme pulmonaire. La preuve existe que le père de madame P*** n'en avait pas davantage. En effet,- M. C*** est mort à l'âge de 45 ans environ , d'une maladie inflammatoire du cerveau , bien et duement constatée par l'autopsie cadavérique. Il a été en même temps bien établi que les poumons, aussi sains que possible, ne renfermaient aucune trace de tubercules. Ajoutons que madame P*** a une sœur et un frère, tous deux plus âgés qu'elle et qui jamais n'ont offert aucuns symptômes , qui puissent faire redouter pour eux la terrible maladie qui a fait succomber leur sœur.
Maintenant l'influence de l'hérédité étant écartée, il faut nécessairement admettre que la maladie chez madame P***, était acquise. Puis il faudrait arrivera trouver la cause du développement, chez cette même personne, de tubercules dans le parenchyme pulmonaire. Nous sommes obligés de reconnaître que dans ce cas elle nous échappe.... mais de ce qu'elle nous échappe, nous ne croyons pas qu'il soit permis d'en conclure ou qu'il n'y a pas de cause ou que cette cause est de nature inflammatoire. Combien de phénomènes en effet dans la nature, aux causes desquelles il nous est impossible de remonter et cependant ces causes existent, puisque n'y a pas d'effets sans cause! Quant à l'origine inflammatoire du tubercule, nous avons déjà dit fort au long toute notre pensée à cet égard (126 Us).
Cinquante-deuxième observation.
Histoire d'une famille entière : tubercules pulmonaires acquis chez la mère; chez cinq de ces enfants , symptômes de scrofules ou de tubercules.
L*** est décédé le 14 novembre 1846 à l'âge de 1 1 ans ; il y avait trois ans qu'il était malade. L'affection à laquelle il a succombé consistait dans une gibblosité occupant deux vertèbres lombaires ets'accompagnant d'une double courbure de la colonne vertébrale. Ce fut là le point de départ de la maladie, qui s'augmenta bientôt d'une carie bien constatée du fémur droit et occupant un point de son tiers supérieur. Une complication plus grave se manifesta bientôt et fut la véritable cause de la mort ; ce fut la présence de tubercules dans les poumons, devenus de plus en plus évidente par l'ensemble des symptômes qui se développèrent successivement et bien établie par les signes stéthoscopiques et par la percussion.
L'histoire de cette famille est pleine d'intérêt et riche d'enseignements sur l'étiologie des affections scrofuleuscs et tuberculeuses.
L*** a été précédé dans la tombe par une sœur qui est morte à l'âge de l3ans, avec une carie d'une phalange d'un des doigts de la main gauche et après avoir aussi offert une série de symptômes, qui rendaient très-probable la présence de tubercules dans les poumons.
Ces deux enfants sont issus d'un père , âgé aujourd'hui de près de 60 ans et d'une mère morte phlhisiquc, il y a douze ans, à l'âge de 43 ans environ. Celte Maladie parait avoir été acquise chez cette femme, qui, associée à un
— 240 ~ homme adonné à tous les genres de débauche, a passé sa vie dans les larmes, exposée quJelle était à de mauvais traitements incessants et de toute nature.
De celte union, il est issu sept enfants.
LTaîné, âgé aujourd'hui de 29 ans, se porte parfaitement et a toujours joui d'une excellente 'santé ; il n'en est déjà plus de même de sa sœur cadette, âgée de 27 ans. En effet , elle a déjà au cou et au bras des engorgements de nature scrofuleuse , mais offrant un caractère aigu, car ils ont été assez facilement dissipés par des applications de sangsues. Mariée à un homme sain et vigoureux, elle a eu quatre enfants, sans jamais avoir éprouvé aucun accident vers la poitrine ; de ces quatre enfants, deux sont morts en bas âge.
Vient après cette femme un jeune homme âgé de 20 ans, qui se porte bien et qui s'est toujours bien porté. Tous les enfants venus après celui-ci ont été tous plus ou moins malades. C'est d'abord une jeune fille dé 17 ans, bien réglée depuis deux ans déjà, mais portant au cou de nombreux engorgements de glandes, dont plusieurs sont ulcérées. Puis vient un jeune garçon de l&ans, bien fort, paraissant bien constitué, n'offrant pas plus que sa sœur, dont nous venons de parler, aucun signe de la présence de tubercules dans les poumons, mais portant sur le sacrum de nombreuses cicatrices, dont l'aspect ne laisse pas de doute sur l'existence d'anciennes plaies fistuleuses, avec caries partielles de l'os. Les renseignements pris auprès du médecin qui a traité et est parvenu à guérir cette grave affection, ne laissent pas de doute sur l'existence de ces points de carie, dont un est silué sur la ligne médiane, et tous les autres, car ils étaient nombreux, à droite de
cette ligne. Nous connaissons déjà l'histoire des deux derniers enfants.
Yoici donc une mère portant des tubercules dans les poumons, soit héréditaires, soit acquis (mais plus probablement acquis, vu l'état de bonne santé de l'aîné de ses enfants) ayant successivement des produits ou scrofuleux ou tuberculeux ; mais scrofuleux et tuberculeux pour les deux derniers enfants, conçus au moment du plus grand développement de l'affection tuberculeuse, à laquelle cette mère succombe , peu de temps après son dernier accouchement.
i4o bis. Nous allons terminer cette série de faits par l'histoire d'une famille entière, dont presque tous les membres sont tuberculeux et scrofuleux.
Cinquante-troisième observation.
Histoire d'une famille entière et nombreuse, dont la plupart des membres sont tuberculeux et offrent, en outre, des symp tomes de scrofules, soit des os soit des parties molles.
Au mois de mars 1828, M. le docteur Thiebaut, de Valenciennes, nous adressa la note suivante, qui concernait trois jeunes gens, sur lesquels on désirait avoir notre avis.
« R*** âgé de 18 ans, pubère, a, depuis un an, acquis « assez de développement et de force. A l'âge de huit ans, « époque jusqu'à laquelle il s'était bien porté, il a été « atteint d'engorgements indolents des ganglions lym- « phatiques ; affection qui ne cédait d'un côté que pour « reparaître d'un autre, au cou, aux aines. Ensuite, « tumeur blanche de l'articulation tibio - tarsienne ; « ophlhalmies chroniques-, irritation pulmonaireavec toux « et expectoration. Depuis un an environ , la maladie
« parait enrayée, il existe cependant encore en ce moment « une ulcération légère des glandes du cou et une plaie « fistuleuse au périné, avec carie delà branche montante du « pubis, dont une partie s'est exfoliée. Cette fistule existe « depuis deux ans et l'os est toujours malade. »
A ces renseignements, la mère ajoutait que son fils aîné avait souvent le dévoiement, ce qui dépendait sans doute de ce qu'il mangeait beaucoup. Il avait été aussi pendant longtemps sujet à des épistaxis, qui ont entièrement cessé.
Depuis un an, ce jeune homme s'est beaucoup fortifié ; il est gros , très-gras, mais il a peu de couleur.
« M. Paul , frère du précédent, est âgé de 15 ans, « son intelligence est précoce, mais il est d'un physique « grêle et il offre un léger vice de conformation de la poi- « trine. Il a jusqu'à huit ans joui d'une bonne santé, mais « à cette époque il lui survint une tuméfaction lymphati- <« que comprenant le tarse et le métatarse gauches et qui « fut suivie de nombreuses ulcérations ( il y en a eu « jusqu'à quatorze) dont plusieurs sont plus ou moins « bien cicatrisées. En même temps engorgement des « glandes de l'aine du côtédu pied malade. L'exploration de « la poitrine permet de reconnaître qu'il existe du côté « gauche , plusieurs points granulés du second lobe du « poumon; delà partie moyenne et antérieure des deux <t grands lobes du côté droit. La toux est plus ou moins « fréquente, suivant les circonstances, et s'accompagne « d'une expectoration abondante et jaunâtre. »
Cet enfant me fut amené à la fin de juin (1823) et voici le résultat de mon examen, écrit au moment même. « Le jeune Paul R*** est petit pour son âge ; sa physionomie inspire de l'intérêt, son œil spirituel s'anime avec facilité ;
son teint , quoique n'ayant pas toute la fraîcheur de son âge, n'est point absolument pâle : Paul est fort maigre. Il n'est pas nécessaire de lui faire faire aucun exercice pour s'apercevoir que sa respiration est fréquente et dénote de l'oppression ; le pouls n'est cependant pas fébrile. La toux est rare et amène l'expectoration de crachats d'un blanc jaunâtre, granulés, contenant de petits points grisâtres. Probablement il survient un peu de fièvre le soir, et toutes les nuits il se manifeste des sueurs assez abondantes, qui fatiguent beaucoup le jeune malade.
Tout le côté gauche de la poitrine est moins bombé que le droit; cette dépression est d'autant plus sensible, qu'on se rapproche davantage des septième et huitième côtes; là, vers l'appendice xiphoïde, on trouve un creux très-marqué, qui n'existe point à droite.»
« La poitrine percutée anlérieuremeut nous fourni un son beaucoup plus clair à droite qu'à gauche. Nous Tavons trouvé clair dans toute la totalité de la face antérieure du poumon droit. Tandis qu'à gauche il est mat sous la clavicule, assez clair au pourtour du téton, absolument mat vers les septième et huitième côtes , où se trouve la dépression. — L'air pénètre à peine antérieurement dans le poumon gauche. On l'y entend cependant arriver sous la clavicule, mais avec un râle sifflant, Dans un premier examen, nous avions perçu un bruit ressemblant exactement à celui, que produirait une soupape de parchemin sec qui se lève et se baisse (bruit de craquement)-, l'air pénètre mieux et avec moins de râle au pourtour du téton, mais il ne pénètre nullement vers les septième et huitième côtes. À droite, toujours antérieurement, il pénètre partout, cependant pas très-franchement sous la clavicule droite, où nous enten-
dîmes à notre premier examen , un peu de râle sifflant. Dans tout le reste de cette même face antérieure de la poitrine, on entend cette respiration forte qui est propre à l'enfance ( Respiratio puerilis ), parfois aussi un peu, mais très-peu de râle sifflant. — Le jour de noire premier examen, nous avions entendu de la résonnance sous la clavicule gauche et même de la pectoriloquie sur le point déprimé. La seconde fois nous ne trouvâmes que de la résonnance. — Sur toute la face latérale du côté droit, la respiration est puérile, il y a de la résonnance dans le creux de l'aisselle. — La respiration se fait entendre dans toute l'étendue latérale du poumon gauche, mais elle y est faible et, s'accompagne de quelques râles. On sent que l'air pénètre difficilement dans les vésicules pulmonaires et qu'il ne les trouve pas absoment libres. La voix offre de la résonnance dans le creux de l'aisselle. Dans toute l'étendue de cette face latérale gauche, la percussion ne donne pas toujours un son parfaitement clair. —A la face dorsale, on entend la respiration dans toute l'étendue du côté droit et hors la broncophonie, il n'y a de résonnance ni adroite ni à gauche, mais de ce dernier côté, on n'entend pas la respiration dans la fosse sus-épineuse gauche. Moins cette petite région, on l'entend dans tout le reste de la face postérieure gauche, mais plus faible qu'à droite, toujours un peu gênée, un peu bruyante, mais bien moins qu'antérieurement.
Le diagnostic n'était pas difficile à porter, le résultat encore moins difficile à prévoir : R*** succomba dans les premiers jours de février 1829.
Yoici maintenant, sur une troisième enfant, comment s'exprime la consultation de M. le docteur Thiebaut.
« OctaYie, sœur des précédents, âgée de 10 ans, d'une
« faible complexion , a la poitrine étroite, resserrée et « plus bombée antérieurement du côté droit que du côté « gauche. Bien portante jusque l'âge de 8 ans, on lui a vu « survenir à cette époque de sa vie, un engorgement lympha- « tique à l'articulation du bras du côté droit, qui s'est ter- « miné par suppuration et cicatrice adhérente. Depuis six « mois un nouvel engorgement s'est manifesté autour de « la môme articulation et tout annonce que l'ulcération ne « se fera pas attendre longtemps, vu l'amincissement de ia « peau. »
La mère ajoute, que : « grandie depuis six mois d'une « manière prodigieuse, engraissée, sa fille se fortifie mal- « gré cette tumeur au bras, qui l'a fait si peu souffrir, « qu'elle ne l'empêche pas d'aller en pension. »
Nous trouvons dans cette môme lettre des renseignements précieux et nombreux sur l'étiologie de la maladie de ces trois enfants : « Le père et la môre de mon mari, « m'écrivait Madame R***, jouissent d'une santé parfaite, « cependant ils ont perdu trois enfants de la poitrine; sur « les cinq qui restent, un seul est encore délicat, quoiqu'il « ait atteint 45 ans. Un de ses frères a perdu un enfant qui « était attaqué de la môme maladie que les miens. Quant à « moi, mon père est mort jeune, d'un squirre de l'estomac. « J'ai perdu un frère de la poitrine, il était plus jeune quemoi « de 4 à 5 ans. — Je me suis mariée à 22 ans et quoique •« d'un extérieur assez délicat, je n'ai jamais été même « souffrante. J'ai eu neuf couches en douze ans, et je n'ai « nourri que mon premier enfant, encore que pendant peu «< de jours. Ce premier enfant s'éleva fort bien jusqu'à « l'âge de 8 à 9 ans, ayant supporté facilement toutes « les maladies auxquelles l'enfance est sujette, mais à cet
« âge il fut attaqué d'un mal à l'épaule, c'est-à-dire de « quelques bosses sur cette articulation. — Peu de temps « après le genou devint rouge et enflé ; alors je l'emmenai « à Paris, où il fut remis entre les mains de MM. les doc- « teurs Lullier-Winslow et Kapeler. Tout fut employé « pour guérir ce malheureux genou , même les moxas ; au « bout de deux ans, je perdis cet enfant dans un état de « marasme affreux.
« J'ai eu, treize mois après, une fille aujourd'hui âgée de « 16 ans et demi et qui, contrairement à mon fils aîné, a « pris le lait d'une excellente nourrice (1) et pendant long- « temps. Elle n'a jamais eu aucun symptôme extérieur, « mais comme elle a grandi de bonne heure et vite, sa « colonne vertébrale s'est déviée et ne s'est un peu remise « qu'avec le lit de M. Duvernois, dont elle fait toujours « usage. Sa santé est bonne, surtout depuis un an qu'elle « est bien réglée.
« Enfin j'ai perdu à l'âge de 8 ans, d'une fièvre céré- « brale, une fille qui n'avait jamais offert aucuns symp- « tomes analogues à ceux observés chez mes autres en- « fants. »
Nous le demandons, est-il possible de trouver une série de faits, renfermés dans un cercle fort restreint, qui soient plus significatifs et qui démontrent mieux le sceau héréditaire de la maladie, mis, par une inexplicable fatalité, sur certaines familles.
Il nous faut maintenant, afin de suivre l'ordre que nous
(1) Qu'on le remarque bien, c'est toujours en dehors d'eux que les parents vont chercher les causes des maladies, qui viennent frapper leurs enfants.
a vous introduit dans ce travail, rechercher ce qu'on doit entendre par ce principe morbide que nous avons nommé le scrofule et faire par conséquent à son égard une analyse semblable, à celle à laquelle nous venons de soumettre le tubercule,