‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 50 sur 70 · CINQUANTE-HUITIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CINQUANTE-HUITIÈME OBSERVATION

Engorgement des glandes du cou; — Double traitement par Voxide d'or parla potasse et par le stannate d'or. — Chaque fois grande amélioration et enfin guérison. (Nota. Pas de tubercules dans les poumons !)

Nous ne donnerons que sommairement l'histoire de Mile Clémence N*** , sœur aînée d'Adèle (Voy. Obs. xxviii6— 41.)

Clémence aura 16 ans à la fin de celte année, et voici plus d'un an (15 septembre 1846) qu'elle est réglée. Avant cette époque (depuis le 23 avril jusqu'au 10 juin 1845) elle nous fut amenée par sa mère , pour un engorgement de la glande sub-linguale, dont nous obtînmes la disparution presque complète à l'aide d'un traitement par l'oxide d'or par la potasse, pris le matin à jeun, en pilules par doses croissantes, depuis 5 milligrammes jusqu'à 125 millig. La douleur et rougeur furent combattues par les cataplasmes émollients très-humides, très-peu chauds et abondamment saupoudrés de sous carbonate de plomb porphyrisé.

Malheureusement ni le traitement général ni le traitement local ne furent point assez prolongés, et il fallut nous ramener Clémence à la fin de mai 1846. La langue sublinguale s'était engorgée de nouveau, mais elle était restée pâle et insensible. En même temps la glande sous-maxillaire droite prit un accroissemeut rapide et devint douloureuse à la pression. On lui opposa le môme traitement local et en môme temps le stannate d'or, pris le matin à jeun et en pilule ( en l'associant , comme la première fois, à l'extrait de réglisse) depuis la dose de 5 centig. jusqu'à celle de 20 centig. divisés toujours en dix pilules. On obtint rapi*

dément une amélioration marquée , d'abord dans la santé générale dont un dévoiement journalier dénotait assez le dérangement ) tandis que l'appétit était revenu, que les digestions sejfaisaient bien, les garde-robes étaient devenues journalières et régulières -, en second lieu dans l'état des glandes, qui cessèrent d'être douloureuses et diminuèrent d'une manière sensible. Mais une nouvelle suspension de traitement , qui ne fut suivi que pendant six semaines à peine, lit que la maladie en est restée à cet état d'amélioration (1). Du reste ceci nous importe assez peu, puisque nous n'avons pas pour but ici de rechercher les avantages de telle ou telle autre médication, et que c'est tout-à-fait incidemment que nous nous^occupons de la thérapeutique des deux maladies, qu'il nous faut soumetlre à nos investigations.

il faut maintenant nous demander si cette jeune personne, qui nous offre ce phénomène si souvent caractéristique d'engorgement des glandes du cou, porte, à quelque état que SOit, des tubercules dans les poumons? L'autopsie nous manque pour répondre à notre question, nous espérons même qu'elle nous manquera toujours, aussi pouvons-nous dire seulement que les présomptions sont pour la négative. Clémence n'a jusqu'à présent jamais craché de sang, elle ne s'enrhume pas facilement, ses rhu-

(1) Cette jeune personne nous a été ramenée (15 décembre 1846) depuis que cette observation est rédigée et la nature a continué d'obéir à l'impulsion favorable donnée par le traitement. Clémence , qui est une gracieuse et jolie personne, est entièrement débarrassée du double engorgement, qu'elle portait au cou.

mes sont de courte durée et ce qui est peut-être plus caractéristique, elle s'est réglée de bonne heure ( 14 ans et demi ) et facilement et elle Test régulièrement depuis plus d'un an. Enfin la percussion et l'auscultation ne fournissent que des renseignements favorables.

De tout ce qui précède, ne pouvons-nous pas conclure qu'il est très-probable que Clémence n'a pas de tubercules dans les poumons (1).

(1) 162 bis. — Nous ne devons pas cacher qu'une autre enfant, issue du même père et de la même mère, est morte il y a ( aujourd'hui 1 5 septembre 1846 ) près de cinq ans, dans un grand état de maigreur, toussant beaucoup et après trois mois de maladie , mais ce fui à la suite de la rougeole. Personne n'ignore que cette issue est assez fréquente chez les enfants et a lieu très-souvent alors par suite de l'inflammation des bronches el des poumons. Presque tous les auteurs s'accordent sur ce point. Ainsi MM. Alphée Cazenave et H. Schedel {Traité des mal. de la peau. 1838. p. 40) disent que dans les cas de terminaisons funestes, « On trouve à l'ouverture du cadavre des « traces d'inflammation plus ou moins considérables ; le cer- « veau, lespoumons et l'estomac sont les organes qui présentent le plus fréquemment ces lésions. » — M. Dechaud (De la rougeole irrègulière et compliquée. Thèse inaug. Paris, 1842). a rencontré la pneumonie chez presque tous les sujets, qui ont succombé par suite de la rougeole et dont il a fait l'autopsie. Sur vingt cas de mort recueillis par M. Lombard (Gaz. méd. de Paris. An. 1833. p. 89). treize ont été causés par des inflammations des bronches et des poumons. Alors la pneumonie affecte la forme chronique et n'entraîne la mort qu'après vingt-cinq ou trente jours et en déterminant la suppuration des. poumons (Rillielet Barthez, Traité des mal. des enfants. Rufz, Journ. des Conn. médico-chirurg. Févr. 1836). Ce qui détermine une maigreur souvent analogue au marasme des phthysiques. Même

De tout ce qui précède ne pouvons-nous pas conclure qu'il est très-probable que Clémence N*** n'a pas de tubercules dans les poumons ?

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