‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 51 sur 70 · CINQUANTE-NEUVIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CINQUANTE-NEUVIÈME OBSERVATION

Scrofules des os et des parties molles. — Absence probable de tubercules.

C'est le 29 avril 1845 que nous fut amenée la jeune LaureD..., sœur d'Hippolyte dont nous avons donné l'histoire détaillée (V. Obs. xxvn — 41).

Laure est âgée de 5 ans et 8 mois, elle est malade depuis

phénomène se produit, quand c'est la pleurésie qui complique la rougeole , ainsi qu'elle a été observée plusieurs fois par MM. Déchaud et Baron.

Nous ne voulons certes pas prétendre, en donnant ici les motifs qui peuvent faire penser que la soeur d'Adèle et de Clémence a succombé à une simple broncho-pneumonie , nous ne voulons pas prétendre, disons-nous, que la rougeole ne puisse pas venir compliquer la présence de tubercules dans les poumons, dont elle détermine sans doute un ramollissement plus rapide, mais quelle ri 'engendre pas : telle est du moins notre manière de voir, qui s'appuie sur l'opinion de MM. Andral, Rillietj Barthez, et surtout sur celle de M. Rufz (loc. cit.). Ce dernier sur trente-huit cas de rougeole, suivie de mort, n'a trouvé que huit fois des tubercules, ce qui, selon les auteurs du Compendium (Tom. vu, p. 435), « Ne dépasse point la proportion, dans h laquelle on trouve des tubercules sur n'importe quelle série « d'enfants, ayant succombé à d'autres maladies. » Rien ne prouve donc que la troisième fille N.... ait succombé aune affection tuberculeuse des poumons. Rien n'empêehe donc de penser qu'Adèle et Clémence avaient une disposition scrofuleusesoit acquise, soit innée, mais plus probablement acquise, vu les détestables conditions hygiéniques, dans lesquelles elles ont toutes deux vécu et que nous avons soigneusement exposées.

trois mois. La maladie a commencé par un gonflement, d'abord sans douleur, situé sur le métatarsien du milieu du pied gauche. Ce gonflement a continué de faire des progrès, puis la peau a légèrement rougi et il est devenu un peu douloureux, puis enfin il s'est abcédé, mais le gonflement a persisté. Vers le milieu du mois courant, il se manifesta , auprès de la première plaie , un nouveau point fluctuant; qui est aujourd'hui à la veille de s'ouvrir. Cette première plaie offre bien tous les caractères les plus tranchés des ulcères scrofuleux. Elle est blafarde et a son siège sur une tumeur qui a le volume de la moitié d'une grosse noix et dont toute la peau d'un rouge livide , est notablement amincie. La suppuration fournie par cet ulcère est peu abondante , séreuse et n'exhalant aucune mauvaise odeur; la tumeur, la plaie sont peu douloureuses, même au toucher. Il existe en outre deux glandes peu développées, situées : l'une au-dessous de l'oreille droite, près le condyle de la mâchoire inférieure; l'autre au cou, du même côté, c'est la glande sub- linguale. Celle-ci est plus développée que la première, dure, mobile et un peu douloureuse. La sonde promenée dans le fond de la plaie ne dénote aucune dénudation; nous sommes évidemment an point de départ de la maladie, il n'y a encore que le périoste de malade.

Le pouls exploré après le déjeuner, qui s'est composé d'une tasse de chocolat, ne nous a offert que 108 pulsations.

L'examen le plus attentif que nous ayons pu faire des

organes de la respiration à l'aide du stéthoscope et du

plessimètre, ne nous a fourni que les renseignements les

plus satisfaisants, quoiqu'il existe une petite toux, mais

assez rare , et des sueurs nocturnes, mais qui se dévelop-

pent seulement à la tête. Cette enfant a eu la coqueluche, il y a deux ans, et plus tard la rougeole ; elle a été vaccinée.

Avant de rechercher la cause et l'origine de cette maladie, disons que cette jeune enfant est aujourd'hui (20 janvier 1847) parfaitement, guérie et déjà depuis plusieurs mois: nous lui avons fait suivre un traitement par l'iodure de potassium. Chez elle la maladie ne saurait être considérée comme acquise, car elle a toujours habité une localité qui réunit toutes les conditions les plus favorables pour la santé; la cause en est sans doute héréditaire. Nous croyons avoir déjà dit que la mère de ces deux enfants, Hîppolyte et Laure, était d'une bonne constitution et d'une bonne santé, nous ajouterons qu'elle est d'une bonne origine; sa mère a aujourd'hui 80 ans, et son père est mort à l'âge de 66 ans, des suites d'un coup à la jambe, sans jamais avoir été malade auparavant. Elle a une sœur qui habite la campagne; celle-ci a quatre enfants, qui jouissent tous de la plus parfaite santé, quoique leur père soit mort de la poitrine. Mais, nous le répétons, le père de ces deux enfants est éminemment lymphatique; son père est mort à 50 ans du choléra et sa mère d'un accident. Il a un autre frère qui a aussi deux enfants malades de la même façon 5 Clément D..., qui en outre de plusieurs points cariés de la charpente osseuse, a une déviation de la colonne vertébrale, sans gibbosité; sa sœur, Augustine D...., offre aussi la même disposition.

Ainsi Yoici un exemple qui nous paraît fort avéré et fort constant d'une famille entachée, dans la ligne paternelle, du principe scrofuleux.

163. Parmi les causes héréditaires du scrofule, nous eussions peut-être dû placer en première ligue le tuber-

cule; c'est qu'en effet nous aurions du mal à rassembler tous les faits de scrofules , développés sous une influence héréditaire tuberculeuse. Mais si nous l'eussions fait, nous eussions donné toutes ces histoires avec réserve, comme nous donnons les deux suivantes ;îcar qui sait si le tubercule ne viendra pas se développer plusieurs années après l'apparition du symptôme scrofuleux, ainsi qu'il est arrivé pour F***. [Voy. obs. xvme-34.)

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