‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 59 sur 70 · SOIXANTE - SEPTIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SOIXANTE - SEPTIÈME OBSERVATION

Tumeur blanche de V articulation coxo- fémorale. — Rougeole intercurrente. — Amélioration de la coxalgie.

« Un enfant de 6 ans était atteint d'une coxalgie de la « hanche droite, qui durait depuis trois mois. L'articula- « tion était tuméfiée; il s'était formé un abcès et une fis- « tule qui fournissaienl une assez grande quantité de pus ; « mais la tête de l'os n'était pas sortie de la cavité coty- « loïde. Sous l'infiuence de la rougeole, le gonflement a « diminué, ainsi que la douleur; l'orifice fistuleux s'est « cicatrisé, et, quinze jours après la disparition de l'exan- « thème, l'enfant commençait à marcher le long des « chaises, tandis qu'auparavant il était.maintenu au lit et *< dans l'impossibilité de se mouvoir. »

187. Nous ne savons rien de bien précis sur l'influence de la variole sur la marche et l'issue du scrofule ; nous rappellerons cependant que M. Lugol (Recherches sur les causes des maladies scrofuleuses) a écrit que souvent les scrofules paraissent pour la première fois à l'occasion de la variole, et que, si elles existent déjà, elles acquièrent beaucoup plus d'intensité à la suite de cette maladie.

188. Nous devons aussi dire un mot de l'influence que peut exercer la vaccine sur le développement des maladies tuberculeuses et scrofuleuses. Quant aux premières, elle est évidemment nulle. Le doute n'est pas permis à ce sujet, quand on songe à l'immense quantité d'enfants qu'on vaccine et le grand nombre d'enfants tuberculeux qui se trouvent compris parmi eux. La conséquence forcée de

cette condition est que si la vaccirie exerçait quelque influence sur le développement des tubercules, on aurait souvent l'occasion d'observer leur développement, dans le moment de l'évolution du cow-pox, ou du moins dans les quelques jours ou les quelques mois qui suivent son application ; or ilVen est rien. Nous mentionnerons cependant l'opinion d'un médecin belge, M. le docteur Waldack, qui professe une opinion contraire, et qui est celle^ il faut bien le dire, des classes peu éclairés de la Société. « Parles vaccinations et les revaccinations (dit l'auteur

* que nous venons de nommer et qui se fait ainsi Tinter- « prête du préjugé populaire), on altère le sang, on empê- « che une dépuration naturelle, et dans une postérité on » amène un état final , qui constitue la disposition stru- « meuse. [Depuis la vaccine, la scrofule et la phthisie se

* sont montrées dans des familles qui en avaient toujours « été exemptes. D'un autre côté, on a vu la variole amélio- « rer la constituton maladive d'enfants, nés de parents « scrofuleux. « M. le docteur Audry, qui a fait connaître les opinions au moins singulières du médecin belge à la Société de médecine de Paris (séance du 7 janvier 1848), dit avec raison qu'il ne croit pas devoir sJarrêter à combattre cette hérésie médicale. ( Voy. Revue médicale. Février 1848). Notre confrère de Paris a parfaitement raison, et nous l'imiterons. Nous devons dire toutefois que nous avons vu plus d'une fois les maladies scrofuleuses, pures de toute tuberculisation, s'améliorer après la vaccine. Cette observation avait été faite, et avant nous, et par plus d'un praticien. Nous nous rappelons l'avoir lue dans plusieurs écrits, dont les titres ne sont plus présents à notre mémoire.

Nous allons faire voir maintenant que la grossesse

exerce sur la tuberculisation une action non moins fâcheuse et plus constante, que celle exercée par les fièvres éruptives.

De l'influence de la grossesse sur la. marche de la [tuberculisation pulmonaire.

189. C'est une opinion encore généralement accréditée que la femme grosse échappe, depuis l'instant de la conception jusqu'à l'époque de l'accouchement, à presque toutes les influences morbides qui l'entourent. On a écrit, on a enseigné partout que l'état de grossesse prévenait le développement de certaines maladies, ou bien enrayait leur marche; et parmi les maladies heureusement influencées par cette condition, on a peut-être encore plus spécialement désigné la phthisie pulmonaire! Ainsi Moriceau , Desormeaux, M. le docteur Dugès, et bien d'autres dont les noms ne nous reviennent pas, ont professé, ont écrit que la grossesse avait le pouvoir d'enrayer la marche de la phthisie pulmonaire et d'en suspendre le développement. C'est là une erreur capitale, qu'on ne peut s'expliquer de la part des deux premiers que par cette circonstance de l'insuffisance des moyens d'investigation pour les maladies de poitrine, à l'époque où ils écrivaient. Mais aujourd'hui que le diagnostic de ces mornes maladies a acquis un degré de perfection, qui a vraiment quelque chose d'effrayant (1), on doit être entièrement revenu de l'opi-

(1) Nous nous rappelons d'avoir diagnostique (et grand nombre de nos confrères pourraient ciier des faits semblables ou analogues ) une affection tuberculeuse ayant son siège au sommet d'un poumon, dix ans au moins avant que ses progrès, rapides alors, ne fissent succomber le malade (Voy. obs, lxxii6).

mon que nous émettions il n'y a qu'un instant, pour avoir l'occasion de ia combattre, comme étant absolument erronnée, comme clant contraire à l'observation rigoureuse des faits. Nous allons en citer plusieurs qui démontreront sans doute que cette influence de la grossesse existe, mais qu'elle existe en sens inverse de celle qu'on lui a supposée jusque dans ces derniers temps.

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