‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 62 sur 70 · OBSERVATION SOIXANTE-ONZIEME · texte numérisé non relu

OBSERVATION SOIXANTE-ONZIEME

Carie scrofuleuse du sternum et du tibia$ — Mort ;*- Absence de toute tuberculisadon.

« Nous publions en entier le fait suivant, tiré des jour- « naux allemands. Il est dû au docteur Pfeufer de Bam- « berg {Gaz. des hôp. — An. 1848, — n° 34).

« Un jeune homme de 18 ans , de constitution scrofu- « ieuse, entra à l'hôpital de Bamberg, pour des symptômes « d'hypertrophie du cœur, avec douleur violente dans « le côté gauche de la poitrine et réaction fébrile. Une « saignée du bras qui fut faite, fit tomber les symptômes, « et il ne lui resta plus qu'une sensation de pesanteur et « de constriction dans la poitrine.

« Au bout de huit jours, on vit poindre sur le côté du « sternum, au-dessous des pectoraux , une tumeur dont « l'ouverture donna issue à une grande quantité de ma- « tière jaunâtre; cette incision fit en même ternis recon- « naître une ouverture fistuleuse de trois pouces de pro- « fondeur , passant dans l'intervalle des cartilages des

« troisième, et quatrième côtes, pour aboutir au péricarde ; « une seconde fistule de deux pouces de longueur, passait « entre les cartilages des seconde et troisième côtes, et se « terminait sur un point dénudé du sternum. Cette ouver~ « ture fistuleuse s'agrandit rapidement, au point de per- « mettre en quelques jours l'introduction du doigt. Le corps « du sternum , sous l'influence des seuls battements du « cœur (et la formation du pus y aidant aussi sans doute un « peu) se détacha du manche de l'os. D'un autre côté, après « l'ouverture de cet abcès, il sortit du pus avec les urines ; « le dépôt purulent s'élevait à trois pouces, dans un vase « de huit de hauteur. Cette évacuation, qui parut soulager « beaucoup le malade , cessa après quelques jours et fut « suivie d'une douleur au-dessus de la tubérosité du tibia « gauche, avec œdème de la jambe et du pied. Le malade «se trouva bien de l'application de quelques sangsues sur « ce point: l'œdème, cependant, s'étendit jusqu'au milieu a de la cuisse -, on le modéra par des mouchetures et par « l'application du bandage spica, mais le retour de la dou- « leur fit bientôt renoncer à ce dernier. Une tumeur fluc- « tuante venait de se former; il en sortit à l'ouverture une « grande quantité de pus séreux et ichoreux ; on reconnut « au fond de l'abcès, que le tibia était dépourvu de périoste « dans un pouce et un quart d'étendue. Cependant, ces for- « mations purulentes dans les parties inférieures, avaient « comme suspendu celles des parties supérieures : l'abcès « de la poitrine cessa quelques jours de suppurer, et il se « développa des granulations, sur la surface cariée du « sternum. Puis, la sécrétion du pus recommença en ce « point, tandis qu'elle tarissait à l'abcès de la jambe. Ce « dernier s'était transformé en un ulcère d'un rouge vif, » qui prit l'aspect de la gangrène d'hôpital la veille de la

« mort du malade, laquelle eut lieu quarante-cinq jours « après l'entrée à l'hôpital. Deux jours avant, une nou- « velle fistule s'était ouverte du côté gauche entre, la qua- « trièrne et la cinquième côtes.

« A l 'autopsie , on trouve la portion cariée du sternum, « couverte d'une pseudo - membrane cartilagineuse d'un « quart de pouce d'épaisseur ; elle s'étendait depuis le com- « mencementdu manche, jusqu'à l'insertion du cartilage « de la septième côte. C'était à cette poche que venaient « aboutir les trois fistules mentionnées plus haut. — Les poumons étaient saints ; le ventricule gauche était hypertro- « phié , le droit dilaté. Le sein gauche contenait, dans sa « moitié inférieure, un grand nombre de points purulents, « ainsi que quelques kistes également purulents.»

Des complicatows du tubercule et du scrofule.

208. Nous ne ferons presque qu'indiquer cette partie de notre sujet, que nous n'avons pas le loisir de développer : nous ne ferons que dire, que les tuberculeux sont sujets à toutes les maladies, qui affligent l'espèce humaine, mais que chez eux elles revêtent facilement les formes les plus graves; elles deviennent facilement mortelles, même quand elles ne le sont pas par elles-mêmes. Cependant nous avons cru' remarquer, qu'il existait à la règle que nous venons de poser une exception, c'est que les tuberculeux sont généralement peu sujets aux maladies de la peau. La disposition toute contraire existe chez les scrofuleux; et tout ce que nous avons dit de ces deux principes fait facilement comprendre cette différence, dans leurs influences morbides. Otez cette disposition, on peut,

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je crois , avancer que les scrofuleux sont généralement peu sujets aux autres maladies; et quand ils les contractent, elles ne nous ont pas paru se montrer plus graves chez eux, que chez les individus qui se trouvent dans les conditions ordinaires.

209. Tubercules et albuminurie. — Parmi les complications du tubercule, nous avons eu occasion d'en observer une fort grave et qui n'est pas rare, c'est l' albuminurie , tandis qu'elle ne se rencontre pas chez les scrofuleux. Du moins avons-nous en vain cherché à constater par la chaleur et par l'acide nitrique, la présence de l'albumine, dans les urines d'un grand nombre de scrofuleux.

Nous croyons devoir donner ici, quoique le malade vive encore (1), un exemple d'albuminurie, complicant le tubercule des os et les tubercules pulmonaires.

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