‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 64 sur 70 · SOIXANTE-TREIZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SOIXANTE-TREIZIÈME OBSERVATION

Cancer du pylore. — Péritonite tuberculeuse. — Mort. — A V autopsie, qui est confirmative de l'affection cancéreuse, on trouve des tubercules dans les ganglions bronchiques, le pancréas, et sur le péricarde et le péritoine.

Le nommé Etienne B..., journalier, entre à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. Jadioux le 14 avr. 1845 et il succombe le 23. — Malade depuis un an environ, il a rendu du sang en quantité notable par les garde-robes, et il paraît en avoir un peu craché. Depuis cette môme époque le dévoiement ne l'a pas quitté et il a souvent des vomissements sans que les matières vomies offrissent aucun, caractère. Tous ces symptômes et l'aspect général du malade sont attribués à une tumeur arrondie, bosselée, siégeant dans ia

région de l 'êpif 'astre, et dont on ne saurait préciser le volume, à cause de la douleur qu'elle excite à la pression.

A Y autopsie , on trouve, dans cette môme région, une masse cancéreuse du volume du poing, occupant toute la portion pylorique de l'estomac. « Elle est formée de tissu « îardacé, dur, criant sous le scalpel, colloïde en certains «points.

« Les poumons sont parfaitement sains , n'offrant au- « cune trace de tuberculisation. — Les ganglions bronchi- « ques sont gonflés, tuberculeux, quelques-uns sont ra- « mollis. — ïl existe des tubercules assez nombreux dans « le feuillet du péritoine.

« Au niveau du pancréas, on trouve une masse tubercu- « leuse énorme, commençant à se ramollir çà et là. — Une «< grande partie du péritoine est parsemée de corps d'un « blanc jaunâtre, arrondis, d'un assez gros volume, d'une « consistance médiocre, à peu près analogue à celle du « cristallin. »

L'oblitération de la veine iliaque externe du côté droit, par un caillot fibrineux bien organisé , blanchâtre et occupant tout son calibre depuis son embouchure dans la veine cave jusqu'à la veine fémorale , explique l'œdème qui occupait tout le membre abdominal droit.

Nous devons dire ici, qu'une difficulté a surgi dans l'esprit du rédacteur de cette observation , que nous avons empruntée à la Gaz. des hop., (an. 1845, n° 100), ce fut de reconnaître « si l'altération des ganglions mésentériques « était due à une affection tuberculeuse, ou à de la matière « squirrheuse ramollie. » Et pour légitimer ce doute, il cite celait d'un sujet mort dans le service de M. le professeur Chomel, et dont l'observation a été publiée dans la Gaz, des

hop. de 1840 : « Un cancer du pylore fut trouvé, accompa- « gné de la présence de masses cancéreuses dans les gan- « glions mésentériques hypertrophiés , et , chose très- « curieuse, les vaisseaux lymphatiques eux-mêmes rem- « plis de matière cancéreuse ou paraissant telle, étaient « blanchâtres, mous et comme renflés çà et là. »

Mais si le doute était permis pour les engorgements mésentériques, il ne l'était plus pour les lésions observéees dans les ganglions bronchiques, celles-ci avaient bien h cachet tuberculeux , et la dégénérescence des ganglions bronchiques était évidemment tuberculeuse.

214. Nous avons essayé d'établir que le tubercule engendrait, par la filière de la génération (163), le scrofule : voici quelques faits qui tendraient à faire penser que le cancer pourrait bien produire, par la môme voie, le tubercule. Ainsi, le 11 juin nous avons constaté le décès de Henriette Jeanne G..., âgée de 17 ans. Cette jeune fille, malade depuis quatre mois et soignée par M. le docteur Grenier, médecin du bureau de bienfaisance, a successivement offert tous les symptômes , qui caractérisent la présence de tubercules dans les poumons. Après une première et unique apparition des règles ; hémopthysies souvent répétées et, à deux ou trois reprises, sous la forme d'une véritable hémorrhagie ; puis, plus tard , toux incessante , expectoration purulente, sueurs nocturnes, amaigrissement rapide, et enfin diarrhée survenue dans les derniers temps de la vie. La percussion pratiquée sur le cadavre donne pour la sonoréité dans la fosse sous-clavicuiaire à gauche une exagération marquée , et à droite une diminution, qui n'est pas douteuse.

Nous avons enregistré ce fait, qui n'a du reste rien de

remarquabîe, à cause de cette circonstance, que, plus d'un an auparavant (février 1844) , nous avions constaté le décès de la mère de Henriette G. ., et nous nous sommes rappelés, que celle-ci était morte d'un cancer de l'utérus, sans jamais avoir offert aucun symptôme de maladie de poitrine.

Il faut sans doute regretter que dans ces deux cas, l'autopsie n'ait pu être faite , car si chez la mère on n avait trouvé aucune trace de tubercules, on en aurait pu déduire rigoureusement, que les parents cancéreux peuvent engendrer des enfants tuberculeux.

Dans le cas actuel, le père évidemment n'offre aucun symptôme : ni d'une affection cancéreuse, ni d'une affection tuberculeuse; de telle sorte, que sa constitution pure de tout vice de cette nature aurait réagi sur sa progéniture, de manière à abaisser d'un degré, dans l'ordre de leur gravité, le principe morbide qui avait fait succomber sa femme.

2l5. Cette pensée s'explique par cette opinion, que nous allons formuler sur les degrés de gravité et de curabilité des principes morbides, qu'on a désignés par les noms de scrofuleux, tuberculeux et cancéreux -, trois principes d'une nature fatale , décimant l'espèce humaine et offrant entre eux les plus grandes analogies, mais aussi d'importantes dissemblances.

Ainsi, dans notre manière de voir, c'est le vice scrofuleux. qui est le moins grave , c'est lui qui offre le plus de chances de guérison, et cette proposition, nous l'émettons, sans vouloir soulever aucune discussion au sujet de la supériorité de te) <îu telle méthode, qu'on voudra lui opposer,

Le vice tuberculeux, selon le point de l'économie où il a porté ses ravages, se présente aussi avec des conditions de curabilité, moins nombreuses sans doute; mais cependant incontestables. Il existe dans la science des exemples nombreux de guérison de tubercules mésentériques , ainsi que de tubercules de os. Et tout nous porte à croire, qu'on peut aussi, si non guérir, du moins souvent arrêter la marche des tubercules des poumons.

Quant au vice cancéreux, nous n'hésitons point à proclamer son incurabiiité; tout en convenant qu'à l'aide de méthodes habilement dirigées, que par l'ablation, on peut arrêter ses progrès et quelquefois considérablement retarder l'issue fatale, à laquelle il faut cependant toujours s'attendre.

216. Voici maintenant un exemple d'un abaissement plus considérable dans la transmission dJun principe morbide par la filière de la génération ; mais c'est que dans ce cas c'était la mère qui était saine , et nous savons qu'elle exerce dans les cas d'hérédités morbides, une bien plus grande influence que le père (132). Emile Joseph B....,âgé de 15 ans, nous fut amené pour avoir notre avis. Ce jeune homme, que nous n'avons par revu, est pâle et chétif. Il a eu la variole à l'âge de 7 ans , et sa figure en a gardé de nombreuses traces. Il porte au cou, du côté droit, un peu en dessous de l'oreille, une glande ulcérée qui suppure à peine aujourd'hui; l'engorgement qui a précédé l'ulcération remonte à 18 mois. Antérieurement (trois ans et demi avant), il a eu dans le dos, au-dessous de chaque omoplate, un vaste abcès; chacun de ces abcès a duré d'un mois à cinq semaines, ils n'ont laissé que des cicatrices peu significatives.

La poitrine, auscultée et percutée avec soin , n'a fourni que des renseignements très satisfaisants.

Le père de Barat est mort, il y a huit ans, à l'hospice Necker, après deux ans de maladie, et l'autopsie a fait reconnaître l'existence d'un cancer de l'estomac et la présence de tubercules dans les poumons ; il était alors âgé de 46 ans. — La mère parait saine ; elle est habituellement bien portante et d'un âge aujourd'hui assez avancé !

217. Scrofule et cancer. — Enfin nous terminerons tout ce qui a rapport aux complications des maladies scrofuleuses et tuberculeuses, en parlant d'un cas où une affection cancéreuse, légère à la vérité, s'est trouvée compliquée d'un engorgement scrofuleux. C'est chez une concierge âgée de plus de 60ans (la femme B**) et qui vivait dans les conditions hygiéniques les plus défavorables. Elle portait depuis un long temps, sur une des ailes du nez, un bouton jugé cancéreux par M. le professeur Velpeau, qui en avait conseillé l'ablation par l'instrument tranchant, avec recommandation de ne pas trop tarder à se soumettre à cette opération. Pendant que la femme B*f* hésitait à suivre ce sage conseil, par la crainte peu fondée d'une bien légère opération, il lui survint sur l'autre côté du cou, un engorgement d'une glande, qui s'abcéda et s'ulcéra rapidement. La cautérisation avec le muriate d'or acide et les pansements avec Y onguent miraculeux, la débarrassa assez rapidement de l'une et l'autre maladie. Voici trois à quatre ans que ce résultat a été obtenu et aucun trouble dans la santé de la femme B*** n'est venu démentir cette guérison. Il est bon d'ajouter qu'en cessant d'habiter un logement aussi défavorable que possible, elle a heureusement modifié les fâcheuses

conditions hygiéniques, que nous avons considérées comme

cause de ces deux maladies.

De la curabilité du tubercule et du scrofule.

218. Quoique la thérapeutique ne rentre pas précisément dans la question, telle qu'elle a été posée par Portai, nous n'en avons pas moins regretté, que le temps nous ait manqué pour la traiter. Nous ne ferons donc que donner des indications très sommaires sous ce point de vue. Nous avons dû d'abord poser en principe Vincurahilité des tubercules pulmonaires ! C'est qu'en effet, il est si rare de pouvoir, pour cette affreuse maladie, citer des cures bien constatéeset définitives, que nous avons cru pouvoir nous prononcerdans ce sens. Nousdevonscependantdireicique, depuis plusieurs années déjà nous nous livrons, avec une constance que ne viennent point à bout de décourager de nombreux insuccès, à d'incessantes recherches thérapeutiques, toutes dirigées dans le but d'arriver à établir une méthode de traitement, que nous croyons rationnelle et qu'on puisse opposer avec quelques faibles chances de succès â cette affreuse maladie. Le temps n'est plus éloigné où nous soumettrons à nos confrères l'exposé de nos tentatives et les résultats que nous croyons avoir obtenus.

219. Etablissons d'abord, comme un fait acquis à la science , la guérison spontanée de la phthysie pulmonaire; établissons-le par l'exposé d'un cas, qui démontre la possibilité de la cicatrisation des poumons, qui ont été le siège de la fonte de masses tuberculeuses.

Soixante-quatorzième observation.

Phthysie pulmonaire tuberculeuse. Guérison spontanée, w Mort par une autre maladie. — atrophie complète d'un poumon et cicatrisation de nombreuses excavations tuberculeuses (1).

« La nommée Joséphine M***, âgée de 26 ans, entra à « l'Hôtel-Bieu d'Aix, en janvier 1837, pour y être traitée » d'une indisposition légère. Cette fille y avait été vue « encore trois ans auparavant, et cette fois elle avait pré - « sente tous les signes d'une phthysie tuberculeuse avance cée , savoir : tous creuse et profonde , expectoration « abondante, tuberculeuse (2), parfois rougeur des pom- « mettes , fièvre hectique, etc., etc., tous les indices qui « avaient fait pronostiquer une terminaison funeste. Aussi « quand, à cette époque , elle voulut retourner dans ses « foyers, après trois mois de séjour dans les salles de l'hô- « pital, tout annonçait qu'elle ne tarderait pas à s'y étein- « dre. Il n'en fut cependant pas ainsi : Joséphine toussa,

(1) Cette observation fait partie d'un mémoire intitulé : Fascicule d'observations pathologiques avec des considérations pratiques , et qui a été communiqué par M. le Dr Payan d'Aix ( départ, des Bouches-du-Rhône ), à l'Académie royale de médecine de Bruxelles, où il est devenu l'objet d'un rapport, fait au nom d'une commission , par M. le Dr BurggraeYe.

(2) Nous présumons que, par cette expression, soulignée par nous, M. Payan a voulu dire une expectoration purulente , car les recherches microscopiques les plus minutieuses et les plus souvent répétées n'ont jamais fait découvrir de globules tuberculeux dans les matières expectorées par les phthysiques.

« cracha longtemps encore-, les rougeurs aux pommettes « persistèrent aussi ; mais enfin ces fâcheux symptômes « s'amendèrent, diminuèrent peu à peu, et à mesure la ma- « lade prenait des forces et progressait vers la santé. Elle « se sentit enfin plus tard en état de rentrer en service , « n'éprouvant plus qu'une certaine gène dans la respira- « tion, lorsqu'elle se livrait à quelque exercice fatigant.

« Rentrée à l'Hôtel-Dieu , au commencement de 1837, « pour une gastrite légère, elle ne présentait plus aucune « trace d'affection pulmonaire. C'était vers cette époque « qu'une épidémie de grippe, qui sévit cruellement dans « notre ville, commença ses ravages. Quelques jours après « son entrée, la malade fut reconnue à la visite du matin, « atteinte d'une grippe commençante, qui pourtant n'of- « frait rien d'alarmant; mais vers le déclin du jour la res- « piration devint très-gênée, des menaces de suffocation « étaient de plus en plus imminentes, et malgré les secours « de l'art les plus actifs et les plus sagement administrés, « nous eûmes la douleur de voir cette fille mourir dans le « courant de la nuit, avec tous les symptômes d'une véri- « table asphyxie, sans que les révulsifs et les dérivatifs « puissants pussent enrayer cette terminaison funeste.

« Cette issue, si rapidement fatale, m'avait trop frappé « pour que je ne fusse pas désireux de rechercher et de « reconnaître quelle avait pu en être la cause. Je fis donc « faire l'autopsie en ma présence, dès le lendemain au soir.

« V habitude extérieure du corps offrait un embonpoint « ordinaire. Le côté gauche du thorax était sensiblement « moins développé que le droit ; de l'écume sortait de la « bouche et des narines.

« Le crdne ouvert laissa apercevoir les vaisseaux vei-

« neux intra-céphaliques, gorgés d'un sang noir. Il n'y eut « rien autre d'anormal. La cavité de la poitrine fut ensuite « ouverte. Ce qui se fit remarquer d'abord, ce fut la dispro- « portion de volume entre les deux poumons, tandis que « l'un, le droit, était bien développé et qu'il remplissait « toute la cavité droite du thorax , le gauche était comme « perdu dans la gouttière intra-thoracique et caché par une « assez abondante quantité de tissus lamineux. En pous- « sant plus loin notre examen, nous reconnûmes facile- « ment qu'il était complètement atrophié et tout à fait im- « perméable à l'air. Il présentait une texture dure, comme « fibreuse, et que je ne saurais mieux comparer qu'à la « texture des capsules surrénales. Incisant ce poumon si « atrophié, nous remarquâmes bon nombre de cavités, plus « ou moins spacieuses, paraissant communiquer les unes » avec les autres. C'étaient de véritahles cavernes tubercu- « leuses, lisses intérieurement, parfaitement cicatrisées et « vides de toute matière (1).

« Quant à l'autre poumon , il présentait à l'extérieur, « une couleur livide ou d'un rouge foncé et une fermeté « plus grande que dans son état ordinaire : il était aussi « spécifiquement plus pesant. Quoique crépitant encore « sous la pression des doigts, on reconnaissait pourtant

(1) Il résulterait des recherches de MM. Roger et Ern.Boudet, que le sommet des poumons serait, dans un grand nombre de cas, le siège de tubercules, dont la guérison spontanée s'effectuerait ou qui du moins s'arrêteraient dans leur marche. Ceci se déduit de nombreuses autopsies, dans lesquelles ces auteurs ont trouvé, chez de vieilles femmes mortes à la Salpétrière, des traces bien manifestes de tubercules ( Gaz, des hop. An. 1846 - u° 134),

« que cette crépitation était imparfaite et qu'il existait un « engorgement sanguin. Aussi en coupant ou divisant ie « poumon, on trouvait le tissu tout infiltré d'une sérosité « sanguinolente, trouble et spumeuse. C'était, en un mot, « de l'engouement pulmonaire, s'étendant celte fois à tout « le parenchyme de l'organe ; c'était, en d'autres termes, « une véritable inflammation de tout le poumon, seul en « état de fonctionner. » (Gaz. mèd. de Paris. Ann. 1847, n° 40, pag. 784.)

M. le docteur Burggraeve, en faisant à X Académie royale de médecine de Bruxelles (séance du 27 mars 1847) son rapport sur cette observation , d'une grande importance en définitive ( quoiqu'elle ne prouve pas péremptoirement la curabilité d'une affection tuberculeuse, mais seulement la possibilité de l'élimination de la matière tuberculeuse de l'organe qui la renferme), notre confrère belge, disonsnous, a ajouté les réflexions suivantes :

« La guérison d'une phthisie confirmée est sans doute un « fait très remarquable et d'autant plus extraordinaire, « qu'elle a eu lieu d'une manière spontanée. L'atrophie des « poumons n'est pas rare ; mais ce qui l'est, c'est l'existence « d'un grand nombre de cavernes, qui se sont vidées et « parfaitement cicatrisées. Il est vrai qu'on a vu des fistules « pulmonaires , qui après une suppuration plus ou moins « prolongée , ont fini par se dessécher. » (Voy. Gaz. méd. de Paris. An. 1847, n° 28, p. 568).

220. L'art dans certains cas, fort rares sans doute, paraît faire quelque chose d'analogue à ce que la nature fait aussi rarement sans doute : c'est dans les cas où la phthisie pulmonaire est pour ainsi dire localisée; ce doit être sans doute et toujours, au début du travail de tuberculisaliuu.

M. le docteur Bricbeteau , médecin de l'hospice Necker, dans un travail sur la Paracentèse thoracique (Voy. Journal de médecine, mars 1843), a publié un fait fort curieux, qui paraît unique dans les annales de la science et qui prouve, du moins pour quelques cas, la possibilité de cette tuberculisation locale.

Soixante-quinzième observation.

Tubercules pulmonaires. — Formation d'une caverne qui se vide par une voie, qui lui est ouverte à V extérieur* —• Cicatrisation de la caverne.

« Il s'agit d'un phthisique chez lequel l'ausculta-

« tion avait fait reconnaître l'existence d'une caverne su- « perficielle, au sommet du poumon droit. Au fond d'une « plaie creusée par l'application d'un caustique (1), une « ponction fut faite; elle donna issue à du pus tuberculeux « en assez grande abondance. La plaie profonde produite « par les caustiques et le bistouri se cicatrisa, et le malade « resta pendant un an dans un état très-satisfaisant, sans « que Tafleciion tuberculeuse parût faire aucun progrès. « Au bout de ce temps, le malade succomba à une péricar- « dite aiguë, qui l'enleva en peu de jours. »

* A V Autopsie, — on trouva à la partie moyenne du lobe

(1) C'est la méthode de M. Bricheteau : elle consiste à appliquer au-dessous de la clavicule, dans les points correspondants aux tubercules, de petits cautères avec la pâte de Vienne. On renouvelle plusieurs fois ces applications , attendant toujours qu'un cautère soit cicatrisé* pour eu appliquer uu autre. —Voy. le Journal cité.

« supérieur du poumon droit , une caverne affaissée sur « elle-même, presque entièrement comblée par un travail « récent de cicatrisation , consistant en bourgeons demi- «celluleux, demi -cartilagineux. » (— Gaz. des hôp. An. 1847, n<> 9).

221. Ce fait a une valeur inconstestable, au point de vue de la marche de la tuberculisation pulmonaire, mais fort contestable au point de vue de la thérapeutique. Qui peut dire en effet que si le malade eût vécu, il ne se fût pas fait de nouveaux dépôts de matière tuberculeuse, en d'autres points des poumons. Il faudrait en effet ne pas avoir fait d'ouvertures de phthisiques,pour ignorer que, pendant que dans un point des poumons on peut trouver d'anciennes cavernes cicatrisées, on en rencontre d'autres de nouvelle formation ou dans le voisinage ou dans l'autre poumon. Dans ce cas du reste, le médecin de l'hospice Necker n'a rien fait autre chose que de favoriser un travail que la nature fait souvent seule, ce qui no diminue en rien le mérite incontestable de cette méthode.

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