‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 8 sur 70 · NEUVIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

NEUVIEME OBSERVATION

Ulcération des glandes du cou. — Symptômes de myélite, qui se termine par la mort. — A l 'autopsie, on trouve une masse tuberculeuse dans le canal rackidien.

J. Louis P***, âgée de 29 ans, d'une bonne constitution et d'un tempérament qui paraît sanguin, nous consulta pour la première fois à l'âge de 20 ans. Il avait alors, à côté d'anciennes cicatrices, des ulcérations peu profondes de plusieurs glandes du cou. Les premiers engorgements de cette nature s'étaient manifestés à l'âge de 6 ans et avaient duré jusqu'à 13 ans, puis s'étaient montrés de nouveau après un intervalle de 7 années d'une bonne santé : l'application à nud, d'un cataplasme préparé par erreur avec de la farine de moutarde détermina dans les glandes ulcérées dernièrement un travail inflammatoire, qui en procura rapidement la cicatrisation. De l'époque de cette guéiison jusqu'à l'âge de 25 ans. P***, jouit d'une santé parfaite-, mais de 25 à 28 ans il fut successivement atteint d'un chancre primitif, puis d'une inflammation d'intestins et enfin d'une pleuropneumonie à gauche qui faillit le faire périr. En avril 1843 (.P*** avait alors 28 ans) de nouvelles glandes s'engorgèrent et s'ulcèrent de deux côtés du cou, mais plus particulièrement

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du côté gauche. Malgré les ulcérations, qui ne furent influencées en rien par plusieurs traitement tant généraux que locaux, P*** continua de travailler jusqu'au 20 avril 1844, époque où il fut obligé de susprendre ses travaux de menuiserie par suite d'un peu de faiblesse qui lui était survenue dans le bras gauche. Le 30 avril il entra à l'hôpital Saint-Louis. (1).

Peu à peu la raideur du cou augmenta à mesure que lé côté gauche se tuméfiait de plus en plus, la tête se porta insensiblement à droite dans la flexion. Successivement les quatre membres perdirent leurs forces et le 18 mai le malade ne put plus se lever. Ses jambes d'abord affaiblies refusèrent de le soutenir; les deux bras ne tardèrent point à se paralyser aussi. La vessie et l'intestin perdirent aussi leur puissance contractile et on fut bientôt obligé de sonder matin et soir le malade pour amener l'issue d'une urine, tjui, quelquefois, fut trouvée trouble. C'étaient surtout les dernières portions qui étaient parfois comme chargées de grumeaux ou d'un pus épais. — Les selles n'eurent plus leurs cours et ce fut bientôt à peine si les lavements, même purgatifs, réussirent à en procurer. Cet état alla sans cesse en augmentant et il arriva un moment ou P***, fut comme un cadavre. Il restait couché raide et immobile dans son lit, ne pouvant plus bouger aucun de ses membres, qui avaient môme perdu toute sensibilité. La tête restait fortement fléchie à droite sur la poitrine. Du reste, le malade n'éprouvait aucune douleur, la respiration s'accomplissait parfaitement, quoique ce fut

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(1) Nous devons tous les détails qui suivent à l'obligeance de M. Willemain, élève interne des hôpitaux.

évidemment surtout à l'aide des contractions du dia^ phragme ; il y avait peu de fréquence dans le pouls.

Après une légère amélioration, qui survint à la fin de mai, sans qu'il soit possible d'en trouver l'explication, des accidents nouveaux et variés de jour en jour se manifestèrent , tous avec le caractère de perturbation dans les phénomènes de l'innervation, mais toujours sans souffrance pour le malade et sans fièvre. Vers le 15 juin, il se forma des escarres au sacrum, qui acquirent rapidement une grande dimension.Vers le 10 juillet, on remarqua dans les cuisses des soubresauts, qui persistèrent jusqu'au 25; puis alors ce fut une dypsnée considérable, et enfin le malade s'éteignit subitement dans l'après-midi du 27 juillet

Vautopsie fut faite dans l'intérieur de l'hospice où avait succombé P. , 36 heures après la mort.

« Poitrine, — Un double épanchement séreux, trouble, existe dans les plèvres avec quelques adhérences et des concrétions albumineuses dans le liquide. Le parenchyme pulmonaire est parfaitement sain. Les bronches contiennent du pus (1). Le cœur est dans l'état normal. Il en est de même pour les organes contenus dans la cavité abdominal

« Crâne. — Le parenchyme cérébral semble d'un gris plus foncé que d'habitude.

« Canal vertébral. — - A l'ouverture du canal rachidien, on trouve dans la région cervicale, au niveau de la troisième vertèbre, une masse d'un blanc-jaunâtre, comme granulée, que nous prenons à la première vue pour une agglomè- — .

(1) Ce pus pouvait bien provenir des ganglions bronchiques (tuberculeux ?) qjii n'ont point été examinés.

ration tuberculeuse (1). En l'examinant avec plus de soin; nous reconnaissons que cette substance se trouve déposée à la surface externe de la dure-mère , sur toute sa périphérie laléraie et postérieure dans une hauteur de m. 0,02 à m. 0,03. Il est assez facile de la séparer en quelques points de la méninge elle-même, saine au-dessous; mais , en d'autres points, cette membrane fait corps avec la production morbide. Le tissu de celle-ci est formé de granulations de volumes variables, depuis la grosseur d'un petit pois jusqu'à celle d'une fève. Leur consistance est moyenne. Deux des plus grosses, coupées en long, nous ont fait voir un tissu blanchâtre, translucide et rosé sur le bord, comme lardacé, parfaitement homo gène du reste. Nulle part cette plaque n'avait plus de m.O3006à 0,007 d'épaieseur. »

« Le corps de la vertèbre correspondante enlevée et examinée avec soin, nous a paru sain. Mais un examen plus attentif nous a fait voir le tissu osseux d'un blanc mat , compact j dur à couper, presque entièrement sec et renfermant dans ses aréoles de petits amas globuleux blanchâtres transparents-. Nous n'avons point osé décider si c'était là de petits dépôts tuberculeux (1) ? »

(1) En lisant la description de cette production morbide, prise avec raison à la première vue pour une production tuberculeuse , nous avons cru avoir sous les yeux cet énorme tubercule enkisté trouvé dans le cerveau de B*** (Voy. VAlin. S7 bis). Si M. Villemain a jugé autrement sa nature (il veut y voir un Fongus), il faut l'attribuer à ses préoccupations scientifiques, qui lui font admetlie, entre les tubercules et les scrofules, un antagonisme, qui ne résulte certainement pas de la saine observation des faits.

(2) En lisant cette description, du reste si bien faite, il uo-.s

— SS- II nous reste à dire dans quel état se trouvait la moële épinière : « au-dessus et au-dessous elle était parfaitemen saine, mais au niveau du produit étranger, elle ne représentait plus qu'une pulpe peu consistante qui avait cepen dant conservé toute sa blancheur. »

20. La tuberculisation pulmonaire, annoncée par l'engorgement des ganglions cervicaux , peut souvent aussi être accompagnée de la présence de tubercules dans d'autres organes, ainsi qu'il résulte de l'observation suivante.

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