Civilisation, 8. Harmonitme
No!4 philosophes ayant douté de la Providence et de son universalité , ont cru que Dieu avait créé les passions et l'industrie au hasard, à l'aventure, sans leur assigner un mécanisme digne de sa sagesse; en conséquence, ils ont fait des lois sociales eux-mêmes , au lieu de chercher et établir celles de Dieu : de là vient qu'ils n'ont jamais su s'élever plus hayt que la période 5.* dite Ci ^ilisation , qui est un abîme de fausseté et d'iniusticc.
Les périodes 5, 4, 5, sont l'industrie mensongère ou monde à febours , état de pauvreté et de fureurs sociales ; les périodes 6, 7, 8, s'élèvent par degrés â l'industrie véridique et aux relations d'Harmonie.
Tel est i aperçu de la science dt^^'^^NÀvv^^^^^^^'^^'^^'^'^*^
par les anciens et les jModcrnes ; ils ont fabriqué des milliers de systèmes sociaux tous opposés a TAttractiou , et n'ont abouti (7u'à s'engouffrer dans le labyrinthe de Tindustrie noensongére et morcelée, qui ne produit que le quart de la véridique ou sociétaire , et qui distribue de telle manière que le producteur est toujours réduit au dénuement, au désespoir.
Confus des misi'res de la Civilisation , qui , je le dirai souvent , est un cercle vicieux , reproduisant toujours les mêmes abus sous diverses formes , les Modernes sVn prennent à Dieu dont ils n'ont pas voulu étudier les décrets par calcul analytique et synihétique de rAttràclion passionnée. On peut comparer leur fulie'd'albi'ismc â celle d*un voyageur qui ne voulant suivre aucun des avis de son guide et s'isolant de lui , s'égarerait au plus épais des forêts et en accuserait le guide.
Le parti qui combat les athées n'est guère moins impie , car il donne dans la fausse piété, la dem>croyauce en Dieu, le doute sur l'universalité de la Providome, l'opinion qui supi>ose que Dieu aurait créé nos passions pour le mécanisme faux, ou état Civilisé, Barbare et Sauvage , et qu'on doit laisser à la raison humaine le soin de faire des codes sociaux sans intervention de Dieu. Telle est l'opinion de gens qui se disent religieux , et no sont, comme leurs adversaires les philosophes, que des Titans q[ai veulent envahir la plus haute fonction de Dieu, la léfnslation. Dieu fait des lois sociales pour les insectes même , abeilles, ffuépes, fourmis; comment aurait il pu oublier ou négli< ger d'en faire pour le genre humain , bien plus digne de sa tollicltud^ £t quelle est la démence de ces hommes soi disant pieux , qui placent Dieu au second rang et la raison humaine au premier, en consentant qu'elle usurpe sur Dieu la fonction législative ou direction du mouvement social, qui est la plus éminenle des attributions de Dieu.
Cette attribution est supérieure même à celle de Créateur, qui ne serait pour Dieu qu'un opprobre , s'il ne savait pas établir l'ordre , I harmonie parmi les créatures et surtout parmi les hommes , qui, doués de la raison, peuvent critiquer son œuvre. Or, l'état actuel du genre humain, déchiré par 4 sociétés scélératf-s, est une conception digne de l'Enfer et non de Dieu.
VoilA l'anarchie intellectuelle bien constatée, les esprits faussés en double set;8 par la philosophie et la demi piété. Les premières victimes de ce désordre «ont les philosophes mêmes qui l'ont établi. En détournant l'esprit humain d étudier les vues de Dieu par calcul ,
Be VAttract. qui enseigne le mécanisme n.o8,HAiiMOiasMK, De l* Associât, qui enseigne le mécan, n.» 7, Sqciantisme, Des Garanties qui enseignent lennécan, n.^G, Garantisme,
ils ont réduit le monde social à croupir dans l'état Civilisé , où
f}^ jouent }e dernier rôle, étant partout privés de la fortune
çut ne favorise que les agioteurs et les sangsues. \\««oii\^^t-
tout enchaînés par la défiance et le ciseau de rÂutorité ; ils sont réduits à la vénalité et à la charlatanerie , déconsidérés dans Toçinion par leur malignité , disgraciés s'ils osent penser et écrire librement, corrigés comme des écoliers, tcmoms les Villemain , Michaud , Lacretellé , Legendre , Vauquelin^ Lefé- \TeGiueau,etc.
Tel est le fruit qu'ils recueillent de leur obstination à repousser les découvertes et ne vouloir exploiter aucune des sciences intactes^ pas même celle des garanties qu'ils invoquent pourtant à chaque page; car ils ne raisonnent que de garanties, contre-poids , balance , équilibre
£n parallèle de ce triste sort , je me borne à teur indiquer seulement une des voies de fortune que leur ouvrira la société n.« 8 ; Harmonisme , qu'on peut organiser en peu de temps, et répandre subitement partout le globe. Cette société cultivera très-activement une science dite l'Analogie, ou tableau des effets des passions dépeints dans chacune des substances créées. Cette nouvelle science vaudra aux auteurs de grands bénéfices... Je ne cite là qu'une branche des immenses bénéfices que la société n.o 8 assurera aux savants des diverses classes : on peut juger quelle est leur duperie de se pas^onner pour la Civilisation , et de repousser les découvertes et les études qui peuvent conduire aux sociétés supérieures en échelle.
• H est évident qu'ils se sont frustrés eux-mêmes en refusant de cultiver les 4 sciences exactes sur la mécanioue sociale , et qu'un corps d'opposition qui les ramènerait aux nonnes études serait pour eux un sauveur. Qu'ils se mettent d'accord avec eux-mêmes : iU proclamant la nécessite d'une opposition en afi^ires administratives, et ils o'en vemlent pas en affaires scientifiques , où fout est livré à l'esprit de coterie, au monopole du génie exercé par quelques exclusifs qui repoussent les découvertes en vertu an principe :
Nul n'aura de V esprit que nous et nos amis.
J'ai analysé double duperie chez les classes naturellement surveillantes du monde savant, ou rivales en doctrines* Les gouvernements n'ont pas su lui créer une opposition , un contre-poids auquel il s'enorce de soumettre l'autorité administrative ; le sacerdoce n'a pas su le rappeler à l'étude des lois sociales de Dieu , en leurs 5 degrés, Garantie, Association et Attraction. Si donc les philosophes ont établi l'anarchie scientifique , il faut convenir que leurs adversaires les y ont bien débonnairement aidés.
£ntretemps tout le monde est victime de cet égarement de Ja science , le peuple par la pauvreté , les princes par les révolutions, les propriétaires par Texiguité du revenu, qui se trouverait tout-à coup quadruplé en passant au mécanisme social 11.0 8.
Les 4 sciences incertaines oul^toâL\3[\V.^^^^\ûas»^^«\^^'«^'^'^ •»
des masses de 500,000 tomes , dont pas on n'aborde le problème urgent , le moyeu de procuter au peuple du travail et au pain , un travail fructueux et non pas iugrat comme cekii de nos salariés , et surtout celui des femmifs, si mal rétribuées qu'elles n'ont de ressources que dans la prostitution.
J'ai dit que la 4 ' des sciences exactes , celle de l'Attraction passionnée , conduisait directement à découvrir la destinée neureuse des passions , le mécanisme sociétaire intégral , c'està dire appliqué à toutes les fonctions industrielles qui sont de cinq ordres , domestique , agricole , manufacturier, commercial, enseignant. Celte science est très opportune pour notre ^siècle, qui raisonne confusément d'Association, et fait des essais maladroits en association , sans pouvoir y réussir , ni en Angleterre , ni en Amérique.
Le succès de iVewton en calcul â'Âttraction matérielle était un augure de réussite en d'autres branche» et un mUif pressant d'étendre lès études à V Attraction passionnée. On n'aurait pas différé un instant; si les métaphysiciens enlisent observé leurs propres doctrines sur l'analogie. Voici celle de Sehelling :
« L'univers est fait sur le modèle de Tàme humaine^ et l'analogie de chaque partie de l'univers avec l'ensemble est telle , que la même idée se réfléchit constamment , du tout dans chaque partie , et de chaque partie dans le tout. »
Les autres métaphysiciens enseignent comme lui , qu'il y a unité dans le système de l'univers , oue l'homme est miroir de l'univers , qtie l'univers est miroir ae lui-même... Chacun de ces dogmes induit à conclure que le ressort d'harmonie matérielle des mondes et des insectes , l'Attraction , doit être aussi ressort d'harmonie sociale des hommes ; que si l'étude de l'Attraction matérielle nous a dévoilé les lois du Créateur sur la mécanique des cieux et des astres, un calcul sur l'Attraction passionnée nous dévoilera les lois divines sur la mécanique des passions , le régime sociétaire , que Dieu assigna aux passions et à l'industrie avant de nous créer.
Les mêmes dogmes d'unité de l'univers, miroir général, etc. , induisaient aussi à penser que sll y a dualité, ordonnance double , dans le mouvement matériel où nous voyons régner
L'ordre Juste et harmonique , parmi les planètes, L'ordre faux et incohérent, parmi les comètes,
il doit exister de même deux mécanismes primordiaux dans le mouvement social , et que nous sommes évidemment dans Te mécanisme faux, le monde à rebours, dont on doit chercher l'issue ; que le mécanisme vrai serait l'ordre sociétaire , ou combinaison la plus grande possible r par opposition à l'état faux ou civilisé, qui est la combinaison la plus petite, bornée au eovp)e conjaga] , morcelant et compliquant i l'infini les travaux ^S'ricoles et domestiqaes.
Au liou de S'ingénier à trouver jes \oie8 d'association, les philosophes expectants , cités en tête de cette préface , tombent tlans la piisillanimité et l'apathie. Les mêmes qui reconnaissent <]ue la raison est égarée dans u|i dédale de fausses lumières , l'excitent à y croupir et sèment le découragement. Ainsi, Tauleur d'Anacharsis , dont j'ai cité Topinion sur Tinutilité de nos bibliothèques , s'écrie : « Souvenez- vous , ô mes fils , que la nature est couverte d'un voile d'airain que tous les effoits des siècles ne sauraient percer. »
Cicéron donnait déjà dans le même travers, disant : Latent ista omnia , crassis occultata tenebris , ità ut nulla humani ingenii acies , etc., c'est à dire qu'aucun effort de l'esprit humain ne percera les voiles d'airain.
Ce préjugé est commode pour les beaux esprits , qui aiment mieux fabriijuer des systèmes aue de risquer un sacrifice de plusieurs années à la recherche d'une découverte. D'ailleurs les beaux esprits sont communément dépourvus de génie inventif; ils échouraient sur le moindre problème d'Attraction passionnée et de mécanique sociétaire ((de politique sociale, et encore plus sur la politique sociétaire. }]
Analysons leur mconséquence : la seule idée de voile d^airain suffit à confondre leurs 4 sciences; car si le voile d'airain existe , elles ne perceront jamais ce terrible rempart ; elles ne pourront pas
Dérober au destin ses augustes secrets,
dévoiler la théorie du mécanisme social naturel , celui que Dieu assigna aux passions avant de les créer ; on n'a donc aucune lumière à attendre d'elles.
. Mais si le voile n'existe pas , ou s'il n'est que de gaze , quelle est l'impéritie des 4 sciences qui depuis 5,000 ans ne savent pas soulever celte gaze très-pénétrable , comme Ta prouvé le calcul Neutonien qui a dévoilé une branche des mystères du mouvement.
Ainsi , que le voile existe ou n'existe pas, qu'il soit d'iiirain ou 4e gaze, dans l'un ou Fautif cas , la Philosophie se condamne , elle-même en touchant à cette idée de voile, qui est pourtant son refrain favori. C'est ainsi que le bel esprit est foin du bon esprit , et que les phrases ronflantes sur le voile d'airain sont aussi insensées que les torrents de lumière économique et politique d'où on ne voit naître qu'indigence , fourberie et morcellement.
En signalant ce labyrinthe où la raison s'est égarée , distinguons parmi ses guides les deux classes opposées :
L'une comprend les hommes de bonne foi , les Montesquieu , les Rousseau , les Voltaire et autres , que je nomme ex^ctaxLU d'après Socrate, leur doyen, qui espérait qvJuu iwi.T\a\>K«»^'^^ éleseenérait.
i- 10 — L*autre classe est celle des légions gasconnes , des hâbleurs de vol sublime^ distributeurs de torrents de lumière et marchands de perfectibilités ferfçctibilisùntes. Ces spéculateurs en systèmes seront désignés sous le nom (ïobscurants, |^ar opposition à la classe des philosophes expectants qui se plaignent de Tobscurilé des sciences, déplorent Timpéritie de la politique sociale et augurent quelque lumière plus «ûre , quelque découverte d*une ihéoric prop^-e à diriger au bien les sociétés.
L'erreur qui les a tous abusés est Tantique usage d'envisager le mouvement en simplicité, W croire borné au mode existant , ne pas consulter Taiialogie qui nous apprend que le mouvement est dualisé. il faudra souvent le répéter : en mécanique sociale comme en mécanique matérielle , il est sujet à double jeu :
A Tordre juste, harmonique et sociétaire (figuré par les planètes)^ et dont nous n'avons su ni découvrir , ni chercher la théorie ;
A Tordre faux (figuré par les comètes), Incohérence des travaux, régime de morcellement , subdivision par familles, état Civilisé , Barbare etPatriarchal , qui est la grossière enfance du monde social , vrai labyrinthe dont il fallait trouver Tissue et la chercher suivant le précepte de TEvangile : QiMrite et inve' nietis, cherchez et vous trouverez.
Dans Tordre faux qui règne sur tous les globes au début de leur carrière , Tindustrie ne sert qu'à appauvrir la multitude qui Texerce et humilier la scicncCé De là vient la scission qu'on voit dans le corps philosophique où les expectants confessent rinfirmité, tanaisque les obscurants chantent le vol 6ublime vers la perfectibilité de civilisation perfectible. Ces gasconnades sont maintenant un protocole obligé dans tout écrit. Ne fût-ce qu'un écrit de gazette , il faut dès la première phrase chanter le vol rapide vers la région des perfectibilités intellectuelles, et les trophées de Tindustrialisme qui ne laisse aux industrieux que la famine et des haillons.
Cette classe d^llusionnaires domine aujourd'hui : elle n^es^ point combattue par les expectants , gens faibles , semant la terreur avec de pompeuses jérémiades sur Tépaisseur des voiles d^airain , la profondeur des mystères , les impossibilités et les impénétrabilités , excuses de nonchalance puisqu'il existe encore 5 sciences intactes dont 4 indiquées page i.'« La 5.*, T Analogie , découle des 4 autres , et ne peut ^tre étudiée en plein qu'à Ja suite des autres. Cependant on pouvait' dès à présent en étudier des parcelles , comme le principe de la dualité ou double jeu du mouvement.
Il restait donc une immense carrière de recherches pour ces philosophes expectants qui ont lâché pied sans combat. Les eafynts ont plus de sagesse lorsqu'ils cheTchent la fève dans /? gâteau des Rois; ils ne perdent pas V espoir l.;iii\iq^\Vt«%\ft
des portions à ouvrir ; ils fouillent jusqu^à la dernière où peut se trouver la fève.
Notre siècle aurait dû rappeler les philosophes à ce bon sens dcsenfans et au précepte de rEvangvIe : Quœrite et invenietis. Eux-mêmes s'imposent la loi d'explorer en entier le domaine de la science , ne pas croire la nature bornée aux moyens connus. 11 ne fallait donc pas la croire bornée au régime de fausseté et d'oppression , au mécanisme Civilisé, Barbare , Patriarchal et Sauvage.
Ces quatre échelons sociaux , que le peuple a si bien nommés monde à rebours , sont un âge d'enfance et de subversion inévitable pour le monde social. 11 est obligé, sur les autres globes comme sur le nôtre , de passer au moins une centaine de génération , en mécanisme subversif, jusqu'à ce qu'il ait rempli les deux conditions :
1." 1>e créer la grande industrie , les sciences fixes , les beaux arts , nécessaires à l'établissement du mécanisme sociétaire.^
2.<> De l'inventer, le découvrir, soit directement par calcul de TÂttraçtion passionnée , soit indirectement par étude des trois autres sciences sociales exactes , dont on n'a pas voulu s'occuper. .
Récapitulons ces quatre omissions. — Les métaphysiciens ont classé l'Attraction parmi les vices indignes d^études.
Les moralistes ont abusé le genre humain en lui persuadant qu'il pouvait devenir vertueux et heureux en Civilisation ; il eût fallut , au contraire , lui présenter an tableau fidèle de cette société , de ses hypocrisies, de ses perfidies , la peindre dans toute sa laideur , afin d'exciter à en chercher de meilleures. Il existe trente deux mécanismes sociaux ; nous n'en avons parcouru que cinq dont quatre actuellement existants et un depuis longtemps détruit ; il ne dura que 500 ans dans le premier âge de 1 humanité. (Voyez l'échelle sociale au chapitre 111. •)
La Politique avait pour emploi d^établir des garanties , science fort inconnue. Elle n'a pas su en inventer une seule, et de plus elle à péché doublement en ne mettant pas au concours la recherche des garanties , surtout celle de travail et de subsistance , et en négligeant d'appliquer et étendre le régime des garanties déjà établies fortuitement , comme le système des monnaies, seule relation où règne la garantie de vérité et* unité.
L'Ëconomisme a éludé les deux recherches dont se composait sa tâche , le remède aux deux vices radicaux de l'industrie ,
Au morcellement des travaux agricoles et domestiques , À la fourberie commerciale. . *
Loin de songer à y porter r^mèd« v oivv^^'^^ çftsi^«5«.ws^^ de désordre, on encourage \d puV\u\^\Àow ^<t^m^xOo«»a&^'«
sites , la liberté de fourberie dont ils jouissent ; on encourage les petits producteurs, qui sont de petits vandales, ainsi qu'on le verra plus loin.
L^Econoroisme avait pour tâche de chercher :
i.^ Le procédé d'Association la plus grande possible ;