‹ De l'Anastomose des Systèmes Porte et Cave: Dans le Traitement des Cirrhoses (Opération de Talma et ses Dérivés)Chapitre 18 sur 22 · ATEN · texte numérisé non relu

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et l’on institue un traitement basé sur le régime lacté, la suppression de tout alcool, et l'emploi des pilules classiques de scille, scammonée, digitale.

L'ascite augmentant néanmoins, on doit, trois mois plus tard, faire une première ponction, qui s’est répétée depuis environ une fois toutes les six semaines. L’hématémèse n’a pas reparu jusqu'en novembre 1898. Le mois suivant, je l’examine.

Ventre énorme, distendu par le liquide et qui contraste avec la maigreur squelettique du reste du corps. Circulation collatérale nettement développée ; un peu d’æœdème des malléoles. L’ascite m’empêche de délimiter nettement le foie, que l’on me dit être rétracté et se cacher sous les côtes, après évacuation. Rien d’anormal dans les urines; glycosurie alimentaire expérimentale. Pas de souffle cardiaque, mais un bruit de diable intense dans les vaisseaux du Cou.

Etat général déplorable ; malade très affaibli présentant tous les signes d’une anémie aiguë; il y a, en effet, depuis un mois environ, des hématémèses abondantes et répétées, que rien n'a pu calmer; selles régulièrement semi-liquides et de couleur marc de café.

C’est, en somme, l’anémie aiguë qui menace très directement ce malade; c'est surtout contre l’hématémèse qu'un traitement actif s'impose. Songeant à diminuer la pression dans le système porte, facteur important des ruptures variqueuses, je propose l’omentopexie qui est acceptée (20 décembre 1898).

Opération. — Anesthésie superficielle. [ncision verticale commençant au niveau du rebord costal, sur la ligne mamelonnaire, et descendant de 15 centimètres environ vers le bassin.

L’ascite se vide, et me montre que le foie rétracté est libre d’adhérences avec les parties voisines. Pas de granulations visibles sur le péritoine. Epiploon presque normal, qui se laisse facilement extérioriser et prendre dans une suture fermant la séreuse.

11 y a 10 à 12 centimètres environ du manteau épiploïque au dehors; je l’insère entre le péritoine et le fascia décollé, à droite de la ligne d’incision ; Je le fixe au plan musculo-aponévrotique et je referme sans drainage. L'opération entière ne dépasse pas un quart d'heure. Suites opératoires bonnes, malgré la continuation des hématémèses, grâce à l'emploi larga manu du sérum artificiel. Cicatrisation facile.

À partir de la deuxième semaine, les hémorragies diminuent; au dix-huitième jour, elles ont disparu tout à fait et l'on constate nettement la présence autour de l’ombihe, de veines assez volumineuses, apparues depuis quelques jours, mais l’ascite semble se reformer.

Six semaines plus tard (deux mois environ après l’intervention), l’état général est très amélioré ; les hématémèses n'ont pas reparu, les muqueuses se sont recolorées, le souffle vasculaire s’est éteint, mais l’ascite se reforme assez vite; le malade part en Bretagne et m'informe le mois suivant qu'il a dû se faire ponctionner de nouveau; on recommence en mai 1899. Peu après, il contracte une pneumonie (?), dont il meurt en quelques jours.

OBSERVATION

(VipaL)

N.. Antoine, 34 ans. Cirrhose alcoolique datant de dixhuit mois, bien traitée jusqu'alors, paraissant tendre vers une période d’hypertrophie compensatrice. Ascite d'abondance moyenne; anémie aiguë provenant d’hématémèses presque sans rémission qui, depuis sept semaines, saignent peu à peu le malade. On me demande si une intervention ne pourrait mettre fin à ce symptôme très menaçant. Je songe à l’omentopexie, dont j'avais retiré ailleurs un résultat satisfaisant, et j'opère fin juin 1903. (Suit le manuel OPÉRATION PAR OU te Se RE

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Pas d'incidents notables durant la convalescenée ......

Au début d'octobre, aucune hématémèse ne s'était reproduite, mais l’ascite, depuis six semaines, se collectait de nouveau. L'état général, néanmoins, était assez satisfaisant, lorsque tout récemment le malade, qui se trouvait dans le Midi, fut pris d'accidents brusques, sur lesquels j'ai peu de détails, mais qui semblent assurément de nature pyohémique : apparition soudaine de grands frissons répétés, sulvis de sueurs profuses, alternance de coma et de délire, dénouement dans les vingt-quatre heures; tout le fait d’autant plus supposer qu'aucun appareil organique n’était directement atteint.

Ces observations ne constituent-elles pas en faveur de l'opération de Talma un plaidoyer suffisant. Personne ne mera l'influence bienfaisante de la dérivation sur les hémorragies au cours d'une cirrhose alcoolique: 1l convient à présent d'examiner si les résultats heureux de cette même dérivation s'étendent également à l'ascite, signe important de cirrhose, mais symptôme très discutable de l'hypertension portale. Ici les observations sont légion, et cela se comprend facilement, presque toutes les opérations de Talma ayant eu la disparition du phénomène ascitique comme objectif.

Dans la thèse de Leport (juillet 1902), on trouve citées 93 opérations. Lejars, en 1903, apporte 23 nouvelles interventions, soit 76 en tout, qui donnent les résultats suivants : 28 guérisons (c'est-à-dire guérison de l'ascite) 14 améliorations notables: 36 insuccès (mort ou amélioration de quelques semaines). Alexandre, dans sa thèse (1903), a réuni 109 observations et a noté : 38 guérisons; 20 améliorations: 14 récidives et 35 morts. Monprofit, au Congrès de chirurgie de 1904, apporte 224 observations

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d'opérations de Talma, pratiquées uniquement pour des cirrhoses. Nous extrayons de son rapport un tableau où l'on trouve les données stalistiqi®es suivantes

OnéraAtoires 2e: PAIEMENT 12 cas.

Morts (84 cas) . . . . . P te CUS POSCOpÉrAlDITE CEE ER ka = RÉCIUINeS Arr moitie Ce 25 cas.

Guérisons opératoires | Améliorations. . . + . . . . « . . 26 — (129 cas). GUÉTSONSENNE Ta EN RICE 10 — Malades non suivis . . . . . . . . 8 — RÉSURASANCONNUS A PR PRE CENT ST MA DRE

Ces chiffres donnent un pourcentage de 35 p. 100 de guérisons complètes.

Lieblein (Prague) nous fait connaître la statistique de ses interventions :

Sur 12 malades atteints de cirrhose du foie et chez lesquels cet opérateur pratiqua l'omentopexie, on trouve 4 morts par péritonite, un cinquième opéré emporté par une pneumonie quelques jours après sa sortie de l'hôpital; 7 malades opératoirement guéris, mais chez 4 d'entre eux pas ou peu d'amélioration: 3 opérés enfin (soit 25 p. 100) ayant donné un résultat pleinement satisfaisant. Depuis treize, dix-huit et vingt-deux mois, ces malades n'ont pas vu l’ascite se reproduire.

Maiocchi (Milan) rapporte les faits suivants : Il a choisi 17 cas observés à l'hôpital de Milan, et où le diagnostic de cirrhose était sûr.

Sur ces 17 malades, 6 ont été opérés par la méthode (vpique de Talma, et 11 par la méthode de Schiassi. 10 ont succombé plus ou moins longtemps après l'intervention, sans avoir été améliorés: 7 sont encore vivants, mais parmi ceux-ci, 4 seulement peuvent être considérés

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