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^ « Les plus riches habillemens, soit* de vdours, de satin, de duinas, de taHî'tas et autres étoffes de soie, pleines ou veloutées, figurées et ouvrées, comme elles se fout sur le métier, et les habillemens qui ne seront d'étoffes de soie, comme camelots, draps, serges et autres étoffes de laine et poil , pourront être chamares de passemens, cordons ou étoffes de soie, sans toutefois mettre bord sur bord, ou bande sur bande de soie, mais un simple arrière-point pour les coudre, à peine de 5o écus seulement pour la première fois, loo écus pour la seconde, et aoo écus pour la troisième.
« Permis aux Princes et Princesses, Ducs et Dudiesses, aux femmes des Officiers de la Couronne et des chefs des maisons qui portent les hermines mouchetées, de se parer de perles et de pierreries comme hou leur • semblera, et pareille permission auxdits Princes, Ducs, Officiers de la Couronne et chefs des Maisons.
(c Permis auxClievaliers, Seigneurs, Gentilshommes et personnes de qualité, déporter chaînes au coi et l>outons d*or, le tout sans émail , et des pierreries en an*
neaux dans les doigts.
<c Permis pareillement aux Princes, Seigneurs, Chevaliers, (ionlilshoniuies, Capitaines et autres personnes de qualité, de porter des gardes et poignées d'épées, ceintures et éperons dorés ou argentés.
« Les Coiiimandours, Chevaliers et Officiers des ordres porteront continuellement à leur col leurs croix et ordres d*or émaillés , leurs croix brodées d'orfèvreries
sur leurs vetemeas , etc.
« Permis aux dames, filles et demoiselles des Aeines
«t Princesses, aux autres daines et demoiselles de maison et aux femmes de ceux qui étaient du Conseil de Sa
Majesté et à leurs filles, de porter perles et pierreries en or ëmaiilë et non ëmaillé en aocoustremens de téte, pendans d'oreilles, carcans, poinçons, bagues, chaînes, brasselets, ceintures, etc.
« Les demoiselles, feiniues des Présideus, Maîtres des requêtes. Conseillers des Cours Souveraines et du Grand-Conseil, Présidons et Officiers des Chambres des comptes, Cours des aides, Avocats et Procureurs-Généraux des Cours Souveraines, Baillis, Sëiiëciiaux, Secrétaires de la Blaison et Couronne de France, Trésoriers de TEpargue, Trésoriers de France, Présidens aux Présidiaux, Lieutenans principaux des Baillis et Sénéchaux et des Officiers-Domestiques du Hoi, de la Reine et des Princes et Princesses du sang- et leurs filles, tant qu'elles seront iiiles, pourront porter (quand elles seront demoiselles) des brodures, un serre-téte, un carcan, des pierreries ou des perles, une bague et des anneaux de pierreries en or (Miiaillé et non cinaillé, et des chaînes et brasselets, des marques d'or à leurs patenôtres etchapelets; le tout sAns émail, même des Heures à couvercles d'or émaillé et non éroaillé, y ayant pour le plus quatre pièces de pierreries aux quatre coins de cliaque côté sur la couverture desdites Heures, ou une bague et pomme d'or émaillé, et de porter à leurs doigts des anneaux et des pierreries en or émaillé et non émaillé.
« Les femmes à cliaperon de drap ne pourront porter qu'une chaîne d*or au ool, des patenôtres, chapelets ou dixains, marqués de marques d'or non émaillé et une pomme ou livre garui de pierreries au nombre de
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(juahe pièces seulement et des anneaux de pierreries, aux doigts, ea or ëinaillë ou non ëniaillë.
<r Dëfeoaes, sur peine de 5o ëcus d'amende pour la première fois, loo ëcus pour la seconde, et aoo pour la troisième, de 1 usage de toutes sortes de jais, émail ou verre en broderie ou bande et enrichissement d'habîllemens; mais pcTmis aux femmes et aux filles d'en mettre à leurs accoustrenicns de tête, dVn j)orter de crystal en ciiaîne, pendaus d'oreilles et carcans.
a Défenses d'user de longues housses de velours sur les chevaux pour hommes, si ce n'est aux Princes, Ducs et Oiiiciers de la Couronne, et aux chefs des Maisons qui portent des faermines mouchetées.
« Défenses aussi aux pages des Princes, Seigneurs; Gentilshommes ou autres de s'hahiller d'autre étoflë que de drap ou d'ëtamine, avec un bord de velours ou de soie; mêmes défenses aux laquais, si oe nW à ceux de Sa Majesté, de la Reine et des Princes et Princesses qui peuvent être habillés de velours ou autre drap de soie, sans aucun enrichissement qu'un simple bord. »
L'artide 1 45 de l'ordonnance d'Orléftns défendait à tous les habitans des villes d avoir des dorures sur du plomb, du fer ou du bois, et de- se servir des parfums des Pages étrangers, à peine d'ammdies arbitraires et de saisie des objets.
On trouva moyen néanmoins d'éluder ces ordonnances; ceux qui n'avaient pas la liberté de porter de l'or ou de l'argent s'en dédommagèrent en portant des étoffes de soie figurées, qui coûtaient aussi cher que les étoffes mêlées dor ou d'argent; mais on finît par sévir contre cette contravention.
SOAIPTUA.IRES. bbg Henri l\\ en 1599, iGoi , i6o4 et 1606, et Louis XIII9 en i6i3, i633, i634f i636 et 1640,
firent de iiuuveaux. rdils contre le luxe; et Louis XIV les renouvela, pendiuit plusieurs auuées de son règne. Ce Prince, quoique magnifique, prit grand soin de réformer dans son Royaume le luxe des meubles, des habits et des ëquipuges; niais la inukipiicitë de toutes ces lois ne servit qu a démontrer la peine qu*on avait à les faire exécuter, et à mettre en évidence le goût de la nation pour tous les objets d'utilité, d'agrément et d'éclat, qui sont toujours productifs et avantageux pour le commerce d*un grand peuple.
Celui d'Henri IV, de Fan i6o4, est remarquable cependant, eu ce qu'il défendait à tous sujets de porter ni or ni argent sur leurs habits, « excepté pourtant aux « filles de joie et aux filous, en qui nous ne prenons pas, a disait-il, assez <rintérét pour leur faire Flionneur de « donner attention à leur mise. » Ce nio^en ingénieux réussit, et les filous et les filles de joie n'en portèrent* . même pas, ayant un trop grand intérêt à n'être pas reconnus du public.
La dernière loi concernant les repas est de 1 629 ; il y était dit qu'il n'y aurait que trois services, d'un simple rang cbacun, et de six pièces au plus dans cbaque plat; Tous les repas de réception étaient abolis; eniiu, il était défendu aux traiteurs de prendre plus d'un écu par téte, pour les noces et festins.
Il paraît que les lois soniptuaires étaient de toute nécessité pour arrêter le goût naturel des Français pour la table, car Sulpice-Sévère les représente comme trèsadonnés à ce genre de plaisir. « Cliez les Grecs, dit-il,
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« ce défaut est gourmandise; chez les Francs , c'est « nature. » Effectivement, (}uand nn Franc donnait
un feslin, il chargeait les plats de quantité de viandes, soit qu'il voulût ainsi ne rien laisser désirer à l'appétit de ses convives, soit que, par cette profusion affectée , il cherchât à étaler sa richesse et son opidence.
Celte ahondance de mets passait même en proverbe chez eux. On trouve dans Luitprand un passage qui l'atteste: Ciharia eimuîta^ secundum Francorum consuetudintni ^ ministrahal ; et Sidoine -Apollinaire, en vantant le service de la table de Théodoric II, Roi des Visigoths, de Franci*, dît : Videas ihi eUtgantiam grcecuni , (ihuiulantidni gnllicanam y céleri tal cm italicam.
Mais rarement le bon goût présidait à l'arrangement des repas; l'abondance dégénérait presque toujours en profusion, et on empilait, dans un même plat, une • quantité de volailles: on observait même, à cet égard, une certaine étiquette. Par exemple, si Ion servait sur la table des Princes un plat contenant une pilede^i/z^ chapons, on n'en servait (jue SIX sur la table des Clieva- //erj attachés à leurs service; /ato/j sur celle àesEcujrerSy et un et demi ou un seul sur celle des ofEciers d'un ordre inférieur, toujours suivant le rang des convives.
Avant François P*^, et de son temps même , on servait sur la table un grand plat garni de bœuf, de mouton, de veau et de lard, avec une grande quantité d'herbes ou de racines cuites, et cliacun en prenait à sa satiété.
Au douzième et treizième siècle, on vit des Gentilshommes se faire apporter les plats sur les tables par des geus à cheval et armés. Cet appareil de pompe mili-
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taire, mêlé aux fonctions rlélicieuses de la table, flattait une nation guerrière , qui plaçait daus les armes son principal plaisir et tout son honneur, et ne se dé* lassait des fatigues de la guerre que dans la magnifi* cencc et l'abondance des repas.
Le Duc de Bourgogne donna, en 1453, un repas oà le merveilleux commença h s'introduire. Ce furent des iTTtuhines qui, descendant du plafond entr ouvert, posaient, dans la salie, des tables délicieusement servies, qui se trouvaient portées sur des chariots peints en or et en azur: chaque service se composait de quarante^ quatre plats.
Brantôme décrit un festin pareil donné par le Vidame de Chartres , et dans lequel le même spectacle eut
lieu. I.e plafond était peint en ciel. Tout à coup il s'entr ouvrit, et donna passage à des machines en forme dénuées, qui apportèrent le service, qu'elles remportèrent ensuite lorsqu'il fallut desservir. Au dessert , il y eut un orage artificiel qui, pendant une demi-heure entière, fit tomber une pluie d'eau odorante et une grêle de dragées.
On lit dans \i\ Chionologie Sf'j)tennaire qu'en 1600, aux fiançailles de Marie-dc-Mëdicis avec Henri lY, le grand Duc de Florence donna un repas superbe, dans lequel il fit paraître une magnificence d'un nouveau genre, a Après le premier service, la table se départit a en deux, et s'en alla une partie à droite et l'autre à « gauche ; à l'instant il se leva par sous terre une autre *f table chargée Irès-exqui sèment de toutes sortes de « fruits, de dragées et de confitures, et quand de mesme a cette table-là aussi fut dispanie comme l'autre ,' il én