DES LOIS
c( huitième juur dudît mois, le ïioy soupa en i4iost«*l « du Seigneur de Armenonvilie, oii il lit grande diiere, « et y mena avec luy le Comte du Perche, Guillaume « de Biche, (iuyotDurie, Jacques de Crevecœur, Moii- « sieur de Craon, Messire Yves de Fau, Messire Gas- « tonet du Letm, Waste de Moupedan, Guillaume le « Coiiitc et Maistre Renault de Dormans. Et pour u femmes y estoieiit MademoiselU^ de Armenonvilley la
« Longue-Joie, et la Duchesse de Longueil Et pour
« bourgeoises, £stiennette de Paris, Pierrette de Chaa- « Ion , et Jeanne Baillette. »
Nous voyons par là que les Bourgeoises de ce tempslà faisaient comparaison avec les plus grandes Dames. Et il ne faut pas s'imaginer que, dans ces fêtes, les gens y fussent dans la contrainte et dans un respect à faire dormir debout : non, la Majesté se dérobeait à ellemême et ne laissait voir cfue le G)nipère. Notre grand Roi Henri IV a presque fermé après lui la porte à ces familiarités royales.
Continuons à dter de pareils fiiits :
« Le jeudy du mois de Septembre i4^7» Royne n accompagnée de Madame de Bourbon et Mademoi- « selle Bonne de Savoie, Sœur de la Royne, et plu- « sieurs autres Damés de sa compagnie, soupèrent a en Thostel de Maistre Jean Dauvet, premier Prési « dent en Parlement, et illec furent receués et iestoyées a moult noblement et à grant largesse, et y eut ùÀts a quatre moult bt aulx baiiigs et richement aorués, cuia dant quiç laKoyue se y d^ust.baigi^er, dont elle ne fist a riens, [lource qu'elle se sentit ung peut mal disposée, «c «t aussi ({ue le temps estoit dangereux : maiaen Fung
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<c dcâclits baiugs se y haignireiiL luadicte Dame de « Bourbon , Mademoiselle Bonne de Savoie : et en « Fautre Baing au joignant se baignirent Madame de « Monglat et Perrctte de Chaalon, bourgeoise de Paris, M et là firenl bonne chiere. »
On voit qu^alors le bain était un régal dans les f^tes.
Après avoir déclamé coutre le luxe des repas usités de son temps, l'écrivain Gontier dit <]u on en était venu jusqu'à présenter aux convives huit services suoeessifs, et voici comme il décrit un de ces repas, donné en 1668 :
ce Pour le premier service, diverses sortes de soupes, viandes coupées par rouelles, saucisses, et autres choses pareilles.
a Pour le second, fritures, daubes, courts-bouillons, gibier, jambons, langue de porc ou de bœuf fumées, farces, pâtés chauds, salades, melons.
« Pour le troisième, perdrix, faisans, bécasses, ramiers, dindonnaux, levrauts, lapins, chapons, agneaux entiers, le tout rôti, le tout servi avec des citrons, des oranges, et entremêlé de quelques plats garnis d'olives, et autres béaliles semblables.
a Pour le quatrième, petits oiseaux, tels que grives, mauviettes, ortolans, bécassines, riz de veau, etc.
<t Pour le ciiKjuième, afin d'oter le goiU des viandes^ saumons entiers, belles truites, brochets énormes, grosses carpes, et autres poissons enveloppés de pâte, tortues dans leur écaille, écrevisses.
tt Pour le sixième , beignets , gâteaux feuilletés « tourtes, gelées de diverses couleurs, blanc-manger, cardon, céleri.
5(i(> DF.S loi."»
a Pour le septième, ihiiu de toute espèce, ouîls,
crus, glacés au sucre, crêine préparée de toutes les maoières^ quelques pâtisseries sucrées , amandes fraîches, noix confites*
<c Pour le huitième enfin, confitures sèches et H* quides^ massepains, conserves, biscuits glacés, pastilles, fenouil confit au sucre , et dragées. »
Nous voirons, dans la descriptîoo du banquet royal, donné à \ ersailles en 1680, pour le mariage de niadenioiscUe de Blois, fille naturelle de Louis XI\ , avec le Prince de Conti, qu'il y eut trois services de centsoixante plats chacun , et que les plats Sortolans rofis coûtèrent à eux seuls la somme de seize mille Ji unes. Tout le monde connaît la grande somptuosité de Louis XIV, et la magnificence des services de sa tahle.
\j' ii'i ugncric iWàxi eu aussi ses lois répressives. Cliarlemagne voulut en arrêter le cours, et se prononça contre ce vice dans plusieuni de ses Gapitulalrrs. Il déclara les ivrognes d'habitude incapables de témoigner en jusUce, leur infligea même des peines corporelles ; noa* Frinces et les conciles tenus en France renouve* lèrent ces mêmes lois. Enfin François I^, à l'occasion de certains troubles arrivés en Bretagne j)ar des gens ivres, publia^ en i536, un édit général qui eut lieu pour tout le Royaume. : « Tout homme convaincu de « s'être enivré sera condamné, pour la première fois, a à ^ubir la prison, au pain à Teau ; pour la seconde, « sera en outre fouetté; pour la troisième, il le sera « publiquement; et, en ca» de rechute, il sera banni, « ^vec amputation de ses oreilles. »
On se tromperait cependant si , de tout ce que je viens
SOMPTIIAIRKS. .jG^
^dirf 9 on attribuait au corpd général de U nation une somptuosité qui n'était que celle de quelques individus;
on aurait également lort si on lui faisait lionnour (Fune tempérance et d'une sobriété dont quelqui^s-uus de ses membm auraient offiart le modèle.
\]}u'un' (lu repas était fixée. Un ancien proverbe noua la décrit ainsi :
Lever à six , disner à dix.
Souper à six, coucher à dix, Fait viure r homme dix fois dix.
Dans les lettres dq Louis XII, som$ l«u)oée i5io» Ut : 9.4pris souper^ environ quatre e( cinq heures, noua allâmes avec le Roi chasser au parc.
Mais, sous Louis XIV, Theure du dîner fut œculée à mû/l'y et les courtisans, pour assister à son couvent y. ne* pouvaient eux-mêmes dîner qu'à une heure. Ce retard, néanmoins, eut de la peine à s'introduire; car maïkfme de Sévigné , dans une de ses lettres de l'année 167 j , dit : «c Je dînai- avant^hier chez M. de Chaulnes ; tt je vis un homme au bout de la table, (jue je crus a être le maître d'hôtel. J'allai à lui , et lui dis : Mon «r pauvre monsieur^ âiites-nous dinei:; il eskun^ heucc, <r je meurs de feîm. »- Dans une autre lettre, écrite cinq ans plus tard, elle dit, en parlant de luadanie de, Co)igny : «£lle aimerait bien à vivre réglémeot., et à* « dîner » mîcii- comme les autres. »•
Il était d'usage, chez les Princes et les grands Seigneurs^, d'annoneer le momeni du repas aii son du< cor-: o^iest ce qu'en appelait corner Feau, parce qu-'airant*de S'asseoir on sf^lnvajt les main^^.La servielteet le be^qp».