‹ De l'ancienne FranceChapitre 14 sur 105 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DES nues.

La dignité de Due est une dignité romaine créée par

les Empereurs; elle tire son nom des mots ducere , ductndo , duxy qui signifient conduire, commander. Les premiers Dbcs étaient les Duetores exercUuum^ c'est-àdire, les commandans d'armée. Sous les derniers Empereurs romains , les lieuteuans des Césars furent ap-

fàés Ducs {Duces)^ ainsi que les gouvemeim des pMw vioees.

OtttfouV€»trei»ducs pour 1 empire d'Orient, et douze pour l empire d'Occident.

Ceux de Vempire d'Orient fbrait pcw la Ljpbtë, l'Arabie, la ThAaïde, l'Arm^hie, la Phënicie, la Mœsie seconde, l'Enphrate et la Syrie, laScyUiie, la Paieslkie^ la Ducie, l'Oroehéne, la Mcesie prcmièw, la potamie.

C^ux de r empire cV Occident furent pour la Mauri-^ tanie, la Sëquanique, la Tripolitaine, TArtHorique, la Pamoittïque première, la Pannomique seconde, l'Aquîtanique, la Valérie, la Belgique première, la Belgique seconde, la Rhetie, la Grande-Bretagne.

Gas8iodofi& fait mentbn d'iin Duc de la Marche Rhëthiqiie (pays des Grisous), et sous le règne de Cons- Untin-le-Grand, on trouve un Due de la pvtivinee ié^ qoanaîse, un Dm de la provinee germanique, un Dtu: de Mayence, un Duc de la seconde Belgique, etc., etc.

Les Francs, pour flatter le peuple gauloiiT, Accoutumé depuis Ion g- temps à cette forme de gouvernement, divisèrent toute la Gaule en Duchés et en Comtés, et donnèrent le nom tantôt de Ducs , et tantôt de Cafnies^ aux gouverneurs des provinces. On retftmve encore de ces Ducs sous le règue de Chilpéric en 5^2.

Il y avait des Ducs dont le pouvoir était bien plus étendû que celui des autres , cai' quelques-uns avaient sous leur gouvernement plusieurs provinces, quoiqu'ordinairemeut chaque Duc ne dût en avoir qu'une. Us avaient avec eux des Comtes , appelés en latin Comités (compagnons), qui leur ctaieut donnés pour être comme

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leurs adjoints pour rendre la justice ; mais, en Tabsence des Ducs, ils avaient souvent l'autorité de commander les troupes et les provinces où ils étaient établis. Le Duc et le Comte étaient les deux premiers magistrats de chaque province; le Duc se mêlait plus spécialement des affaires militaires , et le Comte des affiûres civiles* Dans la suite ce fut un Éi^que qu'on donna an Duc pour le soulager dans Tadministration du civil, et le Comte était diargé de le seconder dans les affiûres militaires.

Il y avait aussi des Ducs des ftvntièi'es , Duces iimiium, dont lautorité était bornée au commandement de quelques troupes , et qui n'avaient pas le droit de

s'immiscer dans l'administra tion des provinces.

Les Ducs avaient, non-seulement , la conduite des armées et le gouvernement des provinces, mab ils

avaient le droit d'asseoir, de lever les impôts, et de percevoir les deniers royaux, comme étant les premiers officiers du Roi.

Les Ducs et les Comtes des provinces portaient l'épée, comme symbole du droit de vie et de mort qu'ils exerçaient; ils condamnaient à la prison pour les crimes qui no méritaient pas un châtiment plus rigoureux. Ils faisaient la grande police dans ieui* gouvernement, donnaient la chasse aux brigands, et prêtaient main forte aux juges subalternes, lorsque ceux-ci n'étaient pas en état de contraindre les délin(juans ; la raison en était qu'ils avaient des troupes réglées à leurs ordres ; ils les commandaient pendant la guerre, et les régissaient pendant la paix. Ils étaient également les juges des Romains.et des Barbares, des soldats et des provinciaux ;

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mais ils ne jugeaient les provinciaux que par appel des juges ordinaires y surtout en matière civile.

Une province gouvernée par un Duc ne pouvait contenir moins de dix à douze villes ou citës y avec leurs châteaux; et chaque Duc avait sous lui douze Comtes qui le secondaient dans le gouvernement et Tadminis* tralion civile des villes, ainsi que dans ses autres fonctions ; ces Ducs étaient qualifiés d* illustres,

La puissance de ces Ducs , la faiblesse de nos Rois ; les divisions et les guerres cruelles que fit nattre l'ambition des Maires du palais, mirent les premiers eu état de perpétuer leur autorité , et ce fut par une convention solennelle, faite avec Floecfaat,' Maire de Bourgogne, que les Ducs du royaume s'assurèrent pour toujours la jouissance de leurs honneurs, rangs et dignités.

Les Ducs d'Aquitaine possédaient déjà héréditairement tous les pays au-delà de la Loire, en y comprenant le Bourbonnais et l'Auvergne. Les Ducs de Gascogne, avaient sous leur puissance les plus belles provinces du midi occidental de la France , et PAustrasie était devenue le patrimoine de la maison de Pépin d'Heristel qui , sous le titre de Maire, jouissait de l'autorité royale , qui le conduisit à prendre le titre de Prince des Francs, Là guerre que Charles- Martel entreprit contre tous les Ducs de la monarchie, fit bien cesser leur tyranniCi mais elleft'abolit point leur droit héréditaire; le vain<» queur se borna à les remettre dans la dépendance de la couronne, dont il avait lui-même usurpé tous les droits, parce qu'il sentit le besoin de se faire des alliés et des appuis. Ce ne fut que sous Charlemagne que les choses changèrent de face j ce Prince comprit que tant qu'il y u '7

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aurait des Seigneurs aussi puissans dans U monarchie ipie l'ëUient les i^iMV héréditaires, soa autorité serait mal afEenuie. Il y avait toujours entre ces Ducs une alliance tacite, dont un intérêt commun était la base et le lien. Un Duc de Bavière ne travaillait qu a regret à Tabaiss^neut d'un Duc d' Acpiitaine , et quand il cro jait pouvoir abandonner le Roi dans une pareille entreprise, il ne manquait pas de le ikire. Charlemagne fut assez heureux pour n'être jamais vaincu , et il mit à profit la rébellion des Ducs en abolissant successivement presque tous les Duchés , et eu partageant sou empire en Gomtësyouen faisant autant de Ducs particuliers, cpi'il y avait de cantons dans duupie Duché, ce qui diminMa la puissance de cliaque Duc.

Mais ce qui était arrivé sur la fin de la première race de nos Rois , se reproduisit encore sur la fin de la seconde, et les Ducs affaiblis sous Charlemagne, trouvèrent néanmoins sous ses faibles successeurs tous les moyens, non-seulemost de se rétablir, mais encore de s'agrandir et de devenir si puissans par l'effet de l'usurpation des territoires dont on leur avait confié l'administration, qu'ils rivalisèrent non seulement d'autorité avec les monarques, mais qu'ils se rendirent maîtres de leur élection au trône, ce qui arriva après la mort de Louis Y, dit le Fainéant, qui ne fut point remplacé par Charles, Duc de la Basse-Lorraine, son oncle et sou héritier légitime et naturel, mais bien par Hugues-Capet, qui était un de ces Ducs (il était Duc de France), et qui pour fortifier son avènement à la couronne en 987, fut forcé de maintenir dans leur usurpation les autres Ducs, dans lesquels il avait trouvé presque autant

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