I I G DES COMTES
•Ce Prince voulut donner Unt d'illusl^ratipu à la dignité de Comte y qu'il la mit même au-dessus de celle
de Duc, en Tau *33o { Histoire du Bds-Kiupire , t. i^'*, p. 5224)* Comtes formant leutourage du Prince,
et ne cessant jamais de Taccompagner, on finit par appeler la cour de rEmpercui , Comitatus ; ce titre passa même jusqu'aux milices, car ou trouve en Occident deux maîtres de la. milice palatine qui avaient sous eux les troupes nommées coniitatenses.
Les troupes des frontières, avec les corps de la milice palatine,, détachés pour les soutenir, étaient commandées par des Ducs , qu'on décorait (pielquefois du titre de Coin te ; et le même auteur ajoute : « Ce qu'étaient « les Ducs dans les provinces frontières , les Comtes « militaires et provinciaux Tétaient dans les autres .dé- « partemens. Il y avait un Comte militaire d'Afrique, « un Comte militaire d*Orient. 11 y en eut aussi dans « les Gaules, mais ce ne fut qu'immédiatement avant la
« conquête. »
On est étonné, dit le Comte du fiuat, de voir la dignité de Comte faire honneur à un Duc , et devenir le titre dont un grand Oificier de TEmpire se trouvait le plus honoré.
Le titre de Comte étant devenu l'attribut inséparable de tous les grands emplois, on ne comj)la ])lus parmi les principaux Ofliciers.de l'armée que.leâ^ Ç^f^f^^ ^.^ les Tribuns.
Un Duc, néaiunoins, pouvait avoir des subakernes qui fussent Comtes, sans cesser d'être leur supérieur, quoiqu'il ne fût pas Cpmte lui-m^me. . La comitive
ajoutait à l'autorité de cerLains Ofliciers sans changer
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leur grade; elle donnait dos prcrogalives et imposait quelques obligations.
' * Dans l'administration publique, à Rome, on voit
im Chmtc des largesses, un Comte de V épargne , un 'Comte palatin (du palais), un Comte des domestiques, Cëtaient <Iés ministres proprement dits : Cornes sa^
cmrrtni largitioiaini y Cornes palatii , Cornes domeS"
tiens, etc.
Les Gomtes"((Ui aVaient 'le gouvernement des provinces étaient appelés Comités pnwinciarum\ Comités majores , et ils étaient supérieurs aux Comtes des villes, qu'on nommait Comités minores, et qui n'exerçaient la justice que dans les villes confiées à feur administration.
Les Francs,' après là conquête des Gaules, adoptèrent H'àbôrd toutes les magistratures qu'ils trouvèrent
( lablics par los Romains. Celles dos Ducs et des Comtes furent également conservées ( Voyez • en le détail ,
pagogC)).
Les Comtes qui gouvernaient les provinces et qui y administraient la justice , étaient les égaux des Ducs , qui gouvernaient àu^s'i d'autres provinces; mais ils étaient su])érieurs aux Comtes des cités ( Comités minores) y qui ne jugeaient et ne gouvernaient que dans une ville. Il est fait mention dé ceux-ci dans les CapitnlaireSy liv. i>. , art. G; liv. 3, art. 38; et dans les Lois ripuaires. Ces Comtes des cités étaient aussi nommés GmfionSy et ' ils àvâient, pour rendre la justice, des assesseurs, qu'on nommait Bachimhurges , mot qui venait du tudesque, et qui signifiait magistrat subal" terne. Dans les Gapitnlàires de Charlemagne, ils sont
Il9 pSS COMTJSS.
nommà Scabifii, Sq\i le nom d*^cheçm nous est demeuré,
. lies Gomtesi juges des provincesi accompagninient nos Roîs pour leur donner conseil ; c'est pourquoi ils
sont nommés, dans plusieurs Chartes, Coiisules, \\& remplacèrent aussi les Ducs, dans la conduite 4^ trou» pes, et eurent charge, dans If suite» de conduire la noblesse à l'armée.
)l n'y avait qqe les Gonf|:es qui fussent nommes et envoyés par le Roi; les Vicomtes , les yicaires et les Centoniers étaient établis par les Comtes, (^ui avaient inspection sur eux.
Les Assises des Comtes s'appelaient jUfaUs, de 1 ap^ cien mot teuton Malins, cjui signifiait le lieu où se rendait la justice; et ceux qui }es conseillaient et aidaient dans leurs jugemens, et qu'on nommait Raçl^w^burgeSy devaient être au nombre de sept dans un Mail y ce qiji est constaté par la loi salique.
Après les partages qui se firent entre la pôstéi;it^ dç Clovis, toute la France devint, pour ainsi dire, frontière ; il y avait même telle çité qui était partagée entre trois Rois rivap;c et jaloux; c^st ce q^i fit que lç$ Pifchës et les Comtes durent si multipliés, qu'il n'y e^t pas . d'endroit uu peu connu qui n'eut uq ÇonUey et, au lieu de cinq à six Ducs qvi' on trouve ^ous( h (^oticç ^ F Empire y pour toute l'étendue de la Gaule, on. en vçiit quelquefois vingt dans les armées de pos Hois.
Louis-le-DéboniU|ire rendit» (e Çcjm^ dje. P%i:is béi^^ditaîre en faveur de Bégon , son gendre; mais Charlesle-Chauve fut le premier qui autorisa, par un capitulaire, la suçcps^ion àe^ Çovfiï,f^ ^^
ms C01ITI& iig oNos'Bioh de la premièveet de là accoude laee, eb
parlant de leurs Comtes du Palais, les qualifiaient, à î<iBatarii6ft.fiBipa«iin tamn:if&i'ÇcfmH»ipalaÊu ot> aiY ncnviènve siècle, Camitet smeri jmiAUu, Comtes du sacré Palais. Dans le douzième siècle, plusieurs grands «aasauz, Icis <{ue les Comtes de Chartres et de fllok^- de Champagne, de Brie, de Tonlouee, de.Flas» dres, s'intitulaient encore Coin tes palatins (Bn/ssrl, des Fiefs^ p& 377); mais Fancienne maii>on de Giarires et de^ Blois «si fei seide quî^ait continué de ^'amo^er.p perpétuité ce titre dans la personne de son aîné* .1
Les Comtes du palais, sous les deux premières racei^f éteiestilea qh^fil detlii juÉtice. difdoiae^ sûjsaux Vfr p«lés préceptes^ et ceux qui avaient liait' à la fonae judiciaire, ou qui renfermaient des jugement, «taient éiOMdatpac dbsComtefii du palaia, aiiimoina depuis le huitième siècle : les Afisiii^^hapebins-Chanceliers «e délivraient que les diplômes ecclésiastiques. . >:
il tef, constant et d(amontfé(i>0 m diplomai. , pt 1 1 7) qu'il y eut plusioiei Comtes du pdais à fa feia/- ' : . -
IjaS:Camtes qui avaient été envoyés* dans les pro* viAoea» «m cçmmisaion pour les administper » augaMii<» tèmit.en puissance à mesure que les Rois méritèrent mieux le surnom de Fainéans* • < • .
«. £t aJNUsaut de la.&iUesse des* derniers Princes de la fittoondc^rajoe, ils usurpèrent ks provinces confiéesà leur administration, et se firent des principautés héréditaires das Ueux et des viUes oii ils commandaient ai|paravai\t par simpk commission. Dès Ion îb ajoutèrent à leurs nom» celui de leurs comtés. Ce n'est que depuis le neuigièma* flftèoIey iet.M^toat depuis l'hérédité desiiefi»^ que
;ItlO BES COHT£S.
éuis k»aelc9eiia:cli8tiagiiëlc8Keiix pàrcmli/^ (co-
mitatus). • • • • .
Lorsque iliig6»><^et |>arWiit à la coiux^ae^ son «u* toritë n'éUii^ niasa» reooBBue, ni asseï ftCGnnney.pottr
s'opposer à ces usurpations; c'est de là qu'est venu le privilège des ComUs de porter une couronne, lis la prirent alois comme jouissant de tou» ks droits- de suzerain; ce qui a contribué aussi à donner du lustre au titre de Comte» dans notre ancienne monarcliie, c'est que plusieurs Comtes furent élevés à k Pairie y tdi qiie les Comtes de Flandres, de Champagne et de Toulouse ^ qui avaient une puissance égale à celle des Ducs de Bourgogne, de Bretagrte et d'Acjpiitaine; on créa y en oorre, trois Ootntës-Pairies eecMsiastiquea^ cdlee 'de Beauvais, Ciiâlons et Novon.
' Les Comtes de Poitiers, d'Artois, d'Angmiléine, de Pi(rtgord, d'Auvergne^ de la Marche, etc., etc., ne Icoé^
daient en rien aux phts puissans Seigneurs du royaume.
Cependant, après que Tautorité royale eut repiiisl ses droits sur les possesseurs des grandS'firfs, nos Bois ne concédèrent plus ce titre cju'à des sujets fidèles et dévoués, qui le firent asseoir sur des fiefs patrimoniaux , dont la haute juridiction, le ressort et la suzeraineté dépendaient toujours du souverain. • ' '
Pour ériger une terre «n Comte, «il était indisi)eiisa* Ue, suivant l'ancien usage, que celui qni- soAieîtatt cette faveur, justifiât qu'il possédait quatre vicomtés; quisque quaUior hahere débet Ficecomites utPicionum Cernes, mais d^'après la* déclaration d'Henri £EI'4>du 1 7 aeât 1579, et un arrêt du conseil qui l'avait précédé , di^ \o mars i5^8 , le Comlié^e composait de deufl^ Ba-
ronnies et àe trois Châtillenîes', eu A'tMte Bmrdmiieiet de six Chàtelienies, le tout tenu du Roi. Les impétraus ^totttieol, en outre j étre^d'origine'Boblatftaiiittaniey'iil Këriction depfait :se lairo en confonmlé dcftiooatiime»^ L'enregistrement des lettres-patentes de l'érection suffisait au pourvu -peur prendre légiltpemeni le titre qtii > se' traMaiMtoit 'pai^ sncoeBsioa à- Yniné^ de; la fa; -
mille. •v vV", . . . • . . • «! ' - ,,»•.{•
Mai» 'peiar} empêcher ^.qe Mre^ae ae' propageât trop fiioilëniertt , 'Cltt^rleë IX ordeb^ en i564v la reversion en aurait lieu à la couronne , à défaut d'enfiio^'cm de suooesset^ns» mâles directs 4^. celui à qui il «vàlt'ëii^ fôAaiÈéiéf^èaàeremrmu\im:^ hé
titre, qui devait sctrouver éteint, cl non le domaine i^'pasMaitaiu héritiers.' ^ < "ni < « ..t ' '^likin8*avôn^ des 'exemples qœ^nos Ifoià ont «ecocJ^
parfois le titre de (îointe à des gentilshommes, sur de simples brevets ou lettres-patentes , sans exiger que le titre fût assis sur aucun domaine, à la charge par ces gentilshommes de paver le droit de marc d'or, prescrit par l'édit du mois de décembre 1770. J'ai vu plusieurs de ces brevets signés par le Roi en 1779, et contresignés de M. le prjuce de Montbarrey.
Plusieurs évêques et d'autres ecclésiastiques, tels que les chanoines de -Lyon, de Mâcon , de Saint*Claude , de Vienne, de Brioude, etc. etc., prirent aussi le titre de Comtes, soit qu'ils fussent investis des fiefs ou seigneuries qui le concédaient légalement, soit qu'ils en eussent obtenu la permission du souverain. Je traiterai cette matière au cliapitre de la noblesse cléricale.
Dans le milieu du dix-huitième siècle, on vit encore
tût su coma.
s'introcUlirc un usage nouveau, à Fégard des titres de ConUe^ Marquis et k'iœnUe, qui f^rf3lll dotméi io^i^r tÊocUnnit, «nft bmvaU efc aant lettm*{Mil«i^l«fl^ tm gentilshommes de nom et d armes, qui obtinrent leur présentation à la cour et qui avaient mciDlé lç$ oarosses du Hoi; comme il étai(t eem^ ^*on fe pottwiyil prësmter an souverain que des personnages de la. pj^i haute qualité , ou les décora de ces titres , ysn'pure oauviêi^^f «t ^kpuia ce temps l'^Mfe piiéw|lu« oH le •eqr a continué. A le vérité , ils 'étaient loua d^une nfûssauce et d'une fortune susceptibles de. jyoyuleAMr Wujc dignité, et on poimût dîne à catte.QOoeiioii) qii« lll (ivmf seule manquait , meia que fe/io^ ne biseeit à désner.
La couronne de Comte est un. oecde doremcèiiijis pierreneset de perles, rehaussé et oratl de tein^gCPIses
perles, qui en forment la surface.
DES VICOMTES. ia3
GHAPITHE VIII
L*ii^stitutîon des Yiooiiifes ( vice^eomtes) r^oiite jusqu'au temps de la première race de nos Rois; il eja est fait mention dans le cliapitrç 3ti ^ 1^ J^j inaqds, laquelle fut piiblîée poui: ^ premi^riç fois (par Thierry ou Tbcodoric, ûls de Clovis, et roi djç Met? çjt de J^'|;iiiripge ; ilçi sont pc^mi^ë^ Wc^-ct^VJ^'^^ Bar^çe p'étaiçnt des commissaire^ noi^mpés par le^ Coûtes pour gouverner en leur place, soit en leur absence, so^t ^aj^^ ifs^ ixffjLif, oii ils ne résidai^ pas : ot^ les^ sjifji^f^tfupi^ aji^si, pour les distinguer des commiwaires efivoy^ directement pur le Roi dans les provinces et grandes villes , qu on appelait Missi-DomituvL Pajis< la loi çl^ Lombards , ib sont uomw^ Ministri cotmitjufn : ils tenaient la place des Comtes dans les plaids ordinaires et aux grandes assisses ou pjai^^ g^u^vifUi;, appelés malii publici. Ces m^mea offic^eçs i^ont nomp)^. cjans ie^ capitulaires de Charlemagne vica^n con^tur{i, çest-^dire, lieutenant des CotiUes*
§QH^^i^ii|4€^Pébonni^çe, en af ft^ Ç^Uane., ^ ^ pelë Vicomte deNarbonne; jusque-lf^ i).,i\'^Y^t,gi;\^qvi^ W Wi^H dfi VI'C^ (lon\\im. (vidai^ç). . . ,^ .\ ...... .
la 4 DFS VICOMTES.
r>a fonctiou du Comte embrassait le gouvernement et le commandement militaire, aussi bien que Tad» ministration de la justice; celle du Vicomte était la même, mais au défaut du Comte.- • '
Vers la fin de la seconde race , et au commencement de la troisième, lesThies'et l(»s Comtes s'étaient rendus propriétaires de leurs gouveruemens, (jui ii Votaient auparavant que de simples commissions; les Vicomtes, à leur exemple, se rendirent héréditaires.
Les olTîciers du Vicomte furent infeodéb de même que te» officiers des Ducs, des Comtes, et autres : les uns le nirenf par le Roi 'directement, les autres pàr'les Comtes (*t les Vicomtes.*' " * ' *
' lies Comtes de Paris sous-inféodèreiit une partie de leûrcômté h d'autres 'seigneuré, qu*on appela P^icomteSy et leur abandonnèrent le ressort sui* les justices enclavées dans la Vicomié, et qui rcssortissalent auparavant de h. Prév&té, Vhc des fbnctioris dc cies Vicomtes était de connnander les «cns de guerre clans la Vicomte, droit dont le P^vôt de Paris jouissait encore en partie dans les derniers lienipè, ''IdrscpiMl côiriiîikndait la hbblesse de l*arrière-])an. ^ "* * *'
* Le Vicomte de Paris avait aussi son Prévôt pour rendre la justice^' dans Id Fiwmté; c'était militairement c'est-«vcîire, sur le champ, et par rapport a des délits qui se commettaient en sa présence; dans , lu suite, la F^fcomté fût réunie h Ta Prévôté. ; * ' ' ' *
Le comté de Poil on cl ait Cornpbsé de quatre J^rcom* iês bonsidérablés, qui éfaicnt CluUcllernult , TItonars, fl^Rèàfgoiiàtf'À Bfvsse, Les dèùx premières fùrent éri«fées en Duchés'jjaines y et on reniarclue qû^ la vicomté