CHAPITRE XVIIL
AES VAVASSEUAS.
Le nom de Favasseur était généralement donné , selon Ducange, à tout feudataire^ c'est-à-dire, à tout vassal dont le fief relevait d'un fief dominant, ce qu'on nommait arrière* vassal.
Qudquesauteurs font dériver Tétymologie de ce nom des mots latins ad inilvas stantes, parce que les Vavasseurs ou Yalvasseurs , se tenaient aux portes pour la la garde des ohAteanx. D'autres placent leur rang après celui des Châtelains, et disent que leur qualité dérivait
I7« tt» VAVASSEURS.
des Befs, parce qu'ils avaient des vassaux y mais qu'ils d^wndaient cux-aiénMs d'un Seigneur smeraîn.
En Angleterre , Cambden leur donne rang immédiatement après les Barons , parce qu'il n'y a pas de Cliâtdailw dan$ ce royaume; vaiwsores siife valuassores, proximkm postBarones hcum tenuerunt, quos à valm's juridici deducunt.
Les registres de la chambre des comptes contiennent les noms de plusieurs de ces Yavasseurs sous le règne de Philippe-Auguste : ils y paraissent après les Châte* bûns. Il s'en troUTe grand nombre dans les catalogues de Picardie; comme Eustache de Neupilk^ Hugues dé Hamelicouvt y Hugues de Melaunay, Allard de (roisilles y Guillaume SArms , Raoul de Jioj-e y Raoul de dermonty Robert de la Toumelky Raoul du Sort, Raoul (l'EstréeSy et autres qualifiés.
On distinguait donc deux sortes de Yavassories:
les majeures, qui relevaient immédiatement du Roi ou des grands vassaux de la couronne , et qu'on nommait Favassories franches et nobles : certains auteurs les placent immédiatement après les Raronnies ; tà? les mineures qui étaient subordonnées aux majeures. Les Yavassories étaient avant Saint Louis » au nombre des premières dignités de i'£tat, mais au temps de ses éta- Missemens le vavasseur n'était plus qu'un simple Seigneur de liei , gentilhomme au moindre étage, qui n'avait que ce qu'on appelait àasse justice. Le seul défaut de richesse constituait le vavassenr dans un rang in£firieur, et il y en avait plusieurs d'entre eux qui l'emportaient en noblesse sur les châtelains^ dont ils relevaient, et ameqnels ils n'étaient subordcmnés que dans Tordre de la mouvance.
vas VÀVAS8B0BS.
vavasseur connaissait du vol , et faisait pendre le voleur, ce qui lui donnait droit d'élever ce qu'on appelait des fourches , qui cependant , lorsquelles étaient tombées, ne pouvaient être rétablies que sous l'autorité du Barou. Alors, il menait le coupable à son Seigneur, qui après l'avoir jugé, k lui renvoyait pour en faire justice , ce qui lui procurait la dépouille du criminel , c'est-à-dire , le chaperon , le surtout et tout ce qui était au-dessus de la ceinture. Jamais il ne pouvait relâcher le ravisseur du bien d'autrui, que du consentement de son Chef-Seigiieur ; s'il était prouvé qu'il l'eût fait évader, la loi le déclarait privé de sa juridiction.
M. Gherin dit que les vavasseurs ou vassaux des Châtelains, représentaient la classe de la simple noblesse y dans laquelle on peut ranger tous ceux qui dénaturèrent leurs possessions pour les convertir en fi«f, ainsi que les Bourgeois d'alors qui reçurent la oeintune militaire des mains des Barons.
Selon les anciennes ordonnances, le vavasseur £iisait hommage du même fief à deux Seigneurs , lorsque l'un en avait la mouvance, et l'autre la justice. L'abbé Xaupi, historien de Perpignan, dit que le vavasseur devait avoir sous lui, comme ses feudaiaires, au moins cinq CUevaliers.
174 CHIVALKRIB MlUTAIRS.