‹ De l'ancienne FranceChapitre 30 sur 105 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

OB LA CaSVALBRIB MIUTAIAB.

L'institution de la Chevaierie chez les Français est

encore une conséquence de leur goût d*imiter les exemples des iiomaiiis. Ou sait que chez ces derniers la valeur militaire et les vertus civiles étaient constamment honorées , et que leur législation et leur politique teodaieut toujours à rëlévation des citoyens qui avaient bien mérité de la patrie. C'est par cette raison qu'ils créèrent Tordre des Chevaliers , et qu'ils le portèrent à uu si haut degré d'illustration, que l'empereur Marcien arut ne pas devoir se revêtir de la pourpre impériale, avant d'avoir reçu l'honneur de la Chevalerie, et que Tihère en décora également Drusus, sou fils, et Tite et Claude Germanicus, ses neveux, ainsi que plusieurs autr3s memhres de la famille impériale.

Lorsque les jeunes Césars étaient faits Chevaliers, ils prenaient, comme nous 1 avons déjà dit, le titre de Princes de la Jeunesse, parce que c était dans leur jeunesse que ces Chevaliers étaient armés. Caïus, qui fut adopté par Auguste, fut le premier honoré de ce titre d'honneur. Ordo equestris quo Augusto blandiretur, Caïum Cœsarem principem juventutiSy nempv equitum appeilaviL Qui tUulus tum primum ùwefUus Juù, quo

DS LA GHEVALBRIE MILITAIAE.

secundus ah Augusto in Romano orbe princeps desi^ gnabatur. ^ Ovide dit à cette occasion :

Taie rudimcntum tanto sub un mine dches, Nunc jwemun Princeps, deindè future senum.

£t , s'adi essunt à GermaDicus :

Ta jwfenum Princcps, ctti dat Germama nouÊen

Participem studiis Cœsar habere solet.

C'était de ce corps des Chevaliers que l'on passait au

sénat , dont les Césars devenaient les princes lorsqu'ils montaient sur le trône impérial.

Les Chevaliers romains étaient divisés en plusieurs classes ; ceux qui étaient nommés Equités singidares accompagnaient l'Empereur à la guerre, et ne cessaient d'être à sa gauche pendant le combat , comme les pré* torîens se tenaient à sa droite.

loi ordonnait que personne ne reçût la dignité de chevalier et n'eût droit de porter l'anneau d'or, s'il n'était libre , et issu de père et d'aïeul libres : Cautum fait ne quis haie ovdini asci^ceretur neque jus annU" lorum daretur^ nisiipse ing€nuus,pateretaifusingenui essent II fellait aussi que les Chevaliers justifiassent d'un revenu susceptible de les maintenir dans un rang aussi élevé, afin que la pauvreté ne pût les en faire descendre. Ils portaient encore pour marque de leur dignité un collier d'or fondu, fait de tiois chaînes. Torques aurum Ductum impie x uni ex tribus quasi funiculis qitod geslabant de collo. Lorsqu'on mettait l'anneau d'or au doigt du Chevalier, on prrononçait ces paroles : Quando tu quidem, in prœliis, in re mdUari versa-.

1^6 Dp LA GUVAUUUJE MUJTAiW.

tus es, ob liasse res, hune iibi annulum aureum dano.

Tout Clievalier devait être enregistré, in jilbum Equitum, au catalogue des Chevaliers : cet lionueur n'ëtait accordé qu'aux Chevaliers romains, et point aux étrangers. Clia(jue Chevalier recevait du Censeur un cheval, fourni au frais du Trésor public; mais le Chevalier était obligé de Tharnacher et de le nourrir. On Tarniait également d'une demi-pique dorée ou argentée, hastœ purœ y et d'un bouclier rond. 11 fallait, pour être admis, quil eût atteint Tâge de vingt-un ans. J.es Chevaliers faisaient la force des armées romaines , et ne combattaient qu'à cheval : c'est de là même qu'ils tiraient leur nom Equités.

Les Chevaliers romains avaient le droit de porter la robe de Sénateur, qui était à bandes ou raies de pourpre, mais la leur, qu'on nommait augusticloife , éimil chargée de petits points d'or, tandis que celle des Sénateurs, nommée laticla^p, était chargée de points plus larges, et que certains auteurs appelU^t clous d'or.

Ils avaient une place séparée du peuple dans les spectacles et les cérémonies pubhques.

L'empereur Auguste leur accorda le privilège d'en* trer au Sénat et d'occuper les premières charges de l'État. Senatores ex Equitibas romanis creai'it : iià ut potestate transacld^ in utro vellefU ordim^ maneretU. Us y opinaient et jugeaient conjointement avec les Sénateurs : c'était de leur sein que sortaient les Présidens des provinces et les Préfets du Prétoire. O^ide et Ciceron furent du nombre des Chevaliers romains.

Les Francs, nobles imitateurs des Romains, et toujours occupés du métier de la guerre, établirent une

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