‹ De l'ancienne FranceChapitre 4 sur 105 · LA NOBLESSE CHEZ LES ANUENS · texte numérisé non relu

LA NOBLESSE CHEZ LES ANUENS

Dès que les divers peuples du monde furent régis par des lois sociales, il devint nécessaire de confier Tadministration de la justice, du gouvernement, et la conduite des armées, à des hommes qui par leur intégrité, leur sagesse et leur bravoure, s'étaient placés au-dessus de la masse commune, et par-conséquent rendus dignet d'être les chefs de ceux qui avaient été leurs égaux. 11 se forma donc chez toutes les nations policées, une classe première qui constitua les notables^ et servit de souche ^ ce qu'on appela depuis noblesscy diez le^ anciens et les modernes. Car, quoique tous les hommes soient universellement de même espèce et de même condition dans les principes de la nature, il néanmoins parmi eux certains avantages particuliers qui servent à les distinguer dans la société civile; et l'on doit nécessairement accorder plus de respect, d'estime et d'affection à ceux qui pair leurs vertus, leur capacité et leur dévouement sans borne aux intérêts de la patrie, méritent d'être éle-

a DE LA IK>BLESSE

vés au rang des citoyens les plus recommandables , qu'à ceux qui, restés dans la fouie^ seMml livrés à la manutention des choses ordinaires, ou qui, frappés d'ignorance ^ sont réduits constammeot à ue jamais sortir de lenr oondition» trop hearenx encore brsqae ceux-ci n'encourent pas le blâme de la société par des vices ou de coupables passions !

Les peuples les plus anciens nous montrent tous une noUesse; elle est signalée chez les Hébreux par ce pas* sage du Deutéronoine : Tuliqiie tribu lis restns viros sapientes et mobiles , et constitui eos principes^ tribu' nos ei centurias^ etc.

Chez les Israélites, on considérait comme nobles ceoix qui par leur mérite étaient distingués du commun; ils furent établis princes des tribus pour gouverner le peuple; l'ancienne loi reconnaissait une sorte de noblesse aux aînés des familles, et à ceux qui étaient destinés au culte des autels et à i administration des tapies.

Thésée donna chez les Grecs la première idée de la noblesse; il sépara le peuple d'Athènes en deux classes, et distingua les nobles des artisans, choisissant les premiers pour être diefe de la religion, et les déclarant seuls capables d'être élus magistrats. •

Solon, autre législateur d'Athènes, et issu du sang des Rois, donna à sa patrie un nouveau gouvernement, basé sur les principes d'une démocratie tempérée; il sut encore la mitiger par rétablissement de cinq cents sénateurs; mais trouvant trop d'obstacles à établir une parfaite égalité entre les citoyens, il laissa les dignités, les commandemens , les charges et les honneurs aux no-

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hlmet aux ricbes, quieo avaient toujours M «a possei-

sion. C'était du corps de la noblesse que se tiraient les Archoates, les juge» de l'Aréopage, le Sénat des ciaq cents, enfift tous les grands magistiats et les géaécam d'armée. S0IO11 ne laissa au peuple ifue les charges lucratives et peu hoaoraUos, avec le 4roit de Milf^age dans les assemblées.

B y avait aussi fc Athènes un ordre de Ckeimlfers; pour y être admis , il fallait avoir trois cents mesures de revenu , «t pouvoir être en état de Aoucrir un cheval de f^rre.

Chez JesRomainSy la noblesse dut son origine à Ro* mulus. Ce prince ^ dans le premier partage qu'il fît de ses sujets , régla entre eux les rangSyles honneurs jet Je» emplois. Il forma le corps de k noblesse de per*

sonnes distinguées par leur mérite, leurs services et leurs richesses; il leur dûAUia le nom de pèrçs ^ et en imùfi un aénat 6u conseil public de la nation. Tout le

réstedé la nation s'appela peuple (plebs); c'est de là que vint daa$ la suite la distinction de pcUriidem A de plé-

Mais ensuite, le fcMudateur de cette république choisit 4ians son armée trois cents des pli^ braves et des plus vailians, poiur être an|^ de sa personne, et lui semr de gardes. Ceux-ci firent l'ordre des Chevaliers, qui tenaient le second rang entre les sénateurs et les plébéiens. Ils furent nommés Ceîeres, ou à cause de ieur vigilance dans la .gacde du Roi , et dans la conservation de la république, ou parce que le premier préfet des chevaliers s'appelait Fabius Celer.

Tarquin-le-Siiperbe augmenta les Qlievaliers j^js»

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qu^au nombre de six cents. Apris que ce roi, à cause

de ses violences et de son orgueil insupportable, eut été chassé de Home, Junius Brutus choisit trois cents chevaliers pour réparer le sénat, presque entièrement détruit, et ils prirent place parmi les sénateurs.

Dans la suite, Caïus, frère de Tibère, et quelque temps après Lucius Drusus, tribun du peuple, confondirent en quelque sorte Tordre des Sénateurs avec celui des Chevaliers. Il y eut encore plusieurs changemens dans l'ordre des Chevaliers. On le divisa en plu* sieurs classes, et on leur donna divers noms. Les plus illustres forent ceux qu'on appela, Petrœ ^ Fabiani , Augusti, Ces derniers furent institués par l'empereur Néron.

Par succession de temps, les descendans des premiers Sénateurs, qu'on appelait Patriciens, étaient les seuls qui fussent liabiles à être nommés Sénateurs, et conséquemment, à remplir toutes les dignités et charges qui étaient affectées aux Sénateurs, telles que celles des sacrifices , les Magistratures , entin l'administration presque entière de TÉtat. La distinction entre les plébéiens et les patriciens était si grande, qu'Us ne prenaient point d' alliance entre eux, et quand tout le peuple était convoqué, les Patriciens étaient aj^ielés chacun par leur nom et par celui de l'auteur de leur race, au lieu que les Plébéiens n'étaient appelés que par Curies, Centuries ou tribus.

Les Patriciens jouirent de ces prérogatives tant que les Rois se maintinrent à Rome; mais après l'expulsion de ceux-ci , les plébéiens qui étaient en plus grand nombre que les patriciens, acquirent tant d'autorité qu'ils

CHEZ LS& augusks. 5 obtinrent d'abord d'être admis dans le Sénat , ensuite

aux Magistratures, puis au Consulat, et enfîu jusqu'à la dictature et aux fonctions des sacrifices, de sorte qu*il ne resta d'autres avantages aux patriciens sur les plébéiens qui étaient élevés à ces lionneuis, que lu gloire d'être descendus des premières et des plus anciennes £uniiles nobles de Home.

Outre la noblesse de dignité, il y avait cbez les Romains une autre espèce de noblesse attachée à la iiaissaace, que Ton appelait Ingénuité, On n'entendait autre chose par oe terme que ce que nous appelons une bonne race, une bonne famille. Il y avait trois degrés d'ingénuité; le premier était formé de ceux qu'on appelait /ng'e/itfj simplement; c'étaient ceux qui étaient nés de parens libres, et qui eux-mêmes avaient toujours joui de la liberté. Le second degré d'ingénus comprenait ceux appelés gentilesy c'est-à-dire, qui avaient gm/^ivi etfamliamy étaient d'une ancienne lamille. Le troisième degré d'ingénuité était composé des patriciens qui étaient descendus des deux cents sénateurs institués par Romuhis, et aussi , selon quelques-uns, des autres cent sénateurs qui furent ajoutés par Tarquin l'Ancien.

De ces trois degrés d'ingénuité, il n'y avait que le dernier, c'est-à-dire odui des pactriciens, qui eût la noblesse proprement dite, qui était celle de dignité. Mais depuis que les plébéiens furent admis à la Magistrature, ceux qui y étaient élevés participèrent à la no^ blesse qui était attachée à ces emplois, avec cette diffii^ rence seulement, qu'on les appelait hommes nouveaux {JSoui hommes), pour dire qu'ils étaient nouvellement anoblis.

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Aîasi, k wKohkêm fk» ou noiiis ancitiuit proviMait toii}mirs des grands olBoet qui dteîent eonfiéréi par tout

le peuple assemblé, appelés Magistralus curules , et Mmgisiraius popuU Ramam^ et en outre ies cfaargit d*édile, de questêur,decênmtrf decomsul^ de tKcàUmr,

Les ingénus pouvaient posséder des emplois , et donner leurs suffrages, privilèges dont les affiaachis éiaiest exclus.

Isidore dit que oeux-d sont appdës Ingénus , quia libertatem habent in génère y non in facto, cW-à-dire, qui nwsseat lil>res et n'ont pas besoin d'acquérir la li* berté.

Les vrais nobles étaient donc : les patriciens, c'està-dire, ceux, qui étaient descendus des trois cents pre- ■tttrsaénateors; ceux qui étaient élevés aux grandes Magistratures; 3^ les sénateurs nouveaux ; 4^ ceux dont le père. et laîeul avaient été successivement sénateurs, ou avaient rempli quelque offioe encore plus élevé , d'oil est venu cet axiànie coaservé jusqu'à nous, que la noblesse attachée à la plupart des offices ne se transmet aux descendans que pa$rt eê €m> consuUbus. Mais la noblesse des sénateurs ne s*étendait pas au*delà des petits-enfans, à moins que les enfans ou petits-enfans ne possédassent eux*memes quelque place qui leur commoniquat la noblesse.

Ces nobles avaient droit d'inages, c*est-à*dire, d'à* voir leurs portraits, efBgies ou statues, au lieu le plus apparat de leur maison : leur postérité les gardaient soigneusement Ils étaient ornés des attributs de kur magistrature , autour desquels leurs gestes étaient décrits.

O droit d^avoir ou de n'avoir pas les portraits de

ses aucêlres, établissait même des catégories dam l'ordre de la aobiessQ , car ceux qui eu avaient s'aj^kttent nobles f et ceux qui n'avaient que les leurs propres , étaient appelés hommes nomeaux.

Quant aux Chevaliers romains, ils foruuûent un ordre dans l'Etat, sous le 0091 d'equesêer ordo, et tenaient le second rang dans la république : ils durent aux Gracques l'importance dont ils furent investis, parce que ceux-ci en formèrent un ordre distinct, sous le nom de juges (juehces), après avoir enlevé au sénat le droit d'administrer la justice. Les Chevaliers devenus juges, acquirent une nouvelle considération. On coninxença dès lors à les regarder comme un corps respectable ; quoique , se» Ion Pline, Tordre des Chevaliers romains ne fût pas entièrement formé, et qu'il ne fît encore qu'une portion du peuple , mais élevée au-dessus de l'autre par le titra de juge. C'est là, pour ainsi dire, le berceau de l'ordre des Chevaliers romains, qui ne parvint à sa perfection que sous le consulat de Cicéron , qui , se faisant honneur d'y avoir pris naissance, pnofiu 4e la conjuratbn de Catilina, pour donner encore plus d'importance à cet ordre.

Les Chevaliers romains, quoique distingué du peuple par le rang et par le nom, suivirent toujours, dans le gouvernement, les lois et la discipline du peuple; et les mots senatus popidusque JRomanus, si .fréquens dans les inscriptions et datas les autres monumens , continuéwmt de comprendre tous les Romains.

Ovide distingue deux sortes de Chevaliers romains; ceux qui l'étaient par leur naissance, et ceux qui le de-

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Tenaient par leur fortune et par leurs senrices. Ceux qui

acquéraient la quantité de biens fixée pour soutenir le grade de Chevalier romain, obtenaient aussi ce titre par la nomination des Empereurs. Ailleurs, il se plaint que sa maîtresse lui préfère un Chevalier romain de nouvelle date , qui s'est enrichi dans le métier des armes, et qui a fait fortune par ses blessures ; et , par une vanité commune à la noblesse de tous les siècles et de tous les peuples, il met le privilège de la naissance bien au-dessus de la distinction acquise par le service.

Nous trouvons, sous les Empereurs, des Chevaliers romains de diverses conditions. Les uns servaient entre les Chevaliers prétoriens , ou entre ceux quVn appelait singularesy et qui faisaient partie de la garde du Prince, d'où ils passaient aux préfectures. Claude leur donnait des postes honorables ; et Tordre de promotion, qu'il avait établi pour eux , était d'abord le commandement d*une cohorte, ^suite celui d'une atle, enfin le tribunat d une légion. Galba , proclamé empereur en £spagne, choisit poor sa garde de nuit des Chevaliers romains , à qui il donna le nom SEtfocati.

A chaque lustre, les censeurs ])assaient en revue les Chevaliers, en les appelant cliacun par leur nom; et s'ib n'avaient pas le revenu marqué par la loi pour tenir leur rang, equester census, que quelques-uns fixent à dix mille écus, ou, s'ils menaient une conduite peu réglée, les censeurs les rayaient du catalogue des Chevaliers , leur ôtaient le cheval , et les (faisaient passer à l'ordre des plébéiens. On les cassait aussi, mais pour un temps, lorsque, par négligence, leurs chevaux paraissuent eû mauvais état.

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Lorsqu'ils parvenaient à la dignité de sénateurs , la

république leur donnait et entretenait , pour le service militaire y un cheval tout équipé.

La marque de leur ordre était une robe à bandes de pourpre (peu difièrente de celle des sénateurs), et l'anneau d'or, avec une figure ou emblème gravé sur nne pierre, sinon précieuse, du moins de quelque prix.

Quand un Romain avait la noblesse et les biens nécessaires pour être pronui à l'ordre de la Chevalerie, il s'adressait au censeur, qui jugeait de ceux qui méritaient de passer à cet honneur, et les faisait inscrire in aWum equitimiy privilège qu'on n'accordait qu'aux seuls Chevaliers romains et non aux étrangers. Le censeur leur donnait un cheval , aux dépens du public ; mais ils étaient obligés de l'enharnacher et de le nourrir. Plusieurs auteurs ajoutent qu'on leur donnait encore des demi-piques dorées ou argentées, hastce purées avec des boucliers ronds. C'était ordinairement à l'âge de vingt-un ans qu'ils en étaient investis.

Mais, dans la suite, la plus haute dignité attachée à cet ordre fut celle de Préfet du prétoire. Une loi de Valentinicn 1" leur donne rang immédiatement après les Clarissimes. .

Divers auteurs ont formé plusieurs classes de Chevaliers romains, et ont rejeté dans la dernière ceux qui , sortis de la classe du peilple et même des esclave», avaient acheté cette dignité pour arriver au maniement des deniers publics et à l'administration des fermes générales. Amohe, lib, 4» Adm'sus génies, dit à cette

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oecaiion s Fecunia datai anmdoSf et pmra hea m spectacuUs ; et Stalius, se plaignant de cet abl», disait d'im esclave fait noble et Chevalier :

Mutdvihiue ^cnu.s , lin in^uc i^nobitc J'en tint ExuiC , et celso natorum œquavit honore»

11 est vrai qu cn divers ieinp^ 1 ordre des Chevaliers déchut beaucoup de son ancienne splendeur. On accordait trop fedlement l'honneur de la Chevalerie, et le privilège de porter ranncau d'or à dos personnes de tout état. On siût qu'à la bataille de Cannes , où Paul- Émile perdit la vie, avec quarante mille hommes, se trouva également engloutie toute la fleur de la noblesse et des chevaliers romains , y/av cquestns ordinis ; et qu'Annibal envoya à Cartilage trois boisseaux d anneaux de chevaliers; ce qui a fait présumer qu'une aussi grande quantité de ces insignes n'avaient pu être accordes aux seules familles nobles, mais bien aussi à des hommes de guerre d'extraction plébéienne. C'est des pierres qu'on employait à ces anneaux que nous sont venues toutes les pierres gravées qui font aujourd hui Tomement des cabinets des antiquaires.

Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il existait à Rome une classe de Chevaliers qui était formée par les hommes les plus distingués par leur naissance et leur fortune , et qui se consacraient particulièrement et spécialement à la guerre, en inaintcnant les droits de la république par Texercice et la profession des armes. 11 fidUit mime que cette dievalerie fût bien eatimée parmi ces maîtres du monde , puisque Fempereur Marcien ne crut pas devoir prendre la pourpre impériale, qu'il n'eût

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auparavant reçu 1* honneur de la Chevalerie ; et que Tibère honora de cette dignité Dru$us » son ûls , ainsi que Titu» et Gaude GîerBiaiiicus, ses neveux.

Quand les jeunes Césars étaient &its Chevaliers, ils prenaient le titre de Princes de la jeunesse , parce que c'était dans leur jeunesse que ces Chevaliers étaient armés. Calus, qui fut adopté par Auguste, est le premier qui fut honoré de ce titre d'honneur.

On qualifiait aussi du titre de Prince des Chevaliers celui que lé censeur mettait à la tète du catalogue des Qievalters: Prineeps eqmstris onlims dieetatur is, quem censores primo loco ^cripserant in equùum tabu' lisy sitfe catalogo. On donnait le nom d'apprentissage à cette Chevalerie, parce que c'était de ce corps des Che*. valiers que Ton passait à celui du sénat , dont les Césars devenaient les Princes quand ils étaient faits empereurs, comme ils avaient été les Princes de la jeunesse, ou du corps des Chevaliers , étant Césars.

Il y avait une autre sorte de Clievaliers romains, qu'en appelait Equités singuiares* L'emploi de ces Chevaliers était d'accompagner l'Empereur k la guerre, et d'être toujours à sa gauche pendant le combat, comme les prétoriens se tenaieut à sa droite.

Le cercle perlé et les éperons dorés £ûsaien| la distinction des CheiHiliers ès^iettres , et l'anneau d'or cette des Chevaliers d'armes» Caligula leur permit encore de porter des clous d'or sur leur robe ; ils devaient pour» tant être difFérens de ceux qui fiiisaient l'oroemoat de celle des sénateurs.

Mj|is , dans la suite et après les douze Césars , la no* Uesse et h Chevalerie romaines changèrent de Ace; on

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ne ooimaissait plus les anciennes familles patriciennes,

qui étaient pour la plupart éteintes ou eonfondues avec des familles piëbëienues. Les graucb oiticcs , dont procédait la noblesse, furent la plupart supprimés; d'au? très conférés au gré des Empereurs; le droit d'images fut peu à peu anéanti; e( la noblesse ipii dérivait des offices de la république fut tout-à-fait abolie. Les £m* pereurs établirent de nouvelles dignités, auxquelles elle fut attachée, telles que celles de Comte, de Préfet, de Proconsul , de Consul , de Patrice.

1jc8 sénateurs de Rome conservèrent seuls un privilège ; c'était que les enfans des sénateurs qui avaient eu la dignité d' Illustres y étaient sénateurs nés ; ils avaient entrée «t voix délibérativc au sénat, lorsqu'ils étaient on âge ; ceux des simples sénateurs avaient entrée, mais non pas voix; de sorte qu'ils n'étaient pas vraiment sénateurs; ils avaient seulement la dignité de Clarissmies, et étaient exempts des charges et peines auxquelles les plébéiens étaient sujets.

Les enfans des décurious et ceux des vieux gendarmes, appelés veeeraniy étaient aussi exempts des charges publiques ; mais ils n'avaient pas la noblesse.

Au reste, la noblesse, chez les Romains, ne pouvait appartenir qu'aux citoyens de Rome; les étrangers, même ceux qui habitaient d'autres villes sujettes aux Romains et qui étaient nu/jlcs chez eux, étaient appelés domi noàiies, c'est-à-dire, nobles chez eux et à leur manière ; mais on ne les reconnaissait pas pour nobles à Rome.

a Né dans la Chevalerie d'une province , dit Sénèque « à Néron , dois-je compter parmi les grands de cette

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a capitale? Homme nouveau, dans une autre nation, « puift-je marquer parmi les nobles de celle-ci » que déa core une longue illustration ? »

L'infamie feisait perdre la noblesse, et s^vec die tous les avantages qui pouvaient en dépendre.

Chez les Assyriens, les Égyptieus et les Mèdes, la chaîne d'or au cou et l'anneau d'or ati doigt ^îeot les symboles de la noblesse et de la Clievalerie.

Le Roi seul , parmi les Perses , portait l'anneau d'or ; celui, des Chevaliers était de fer. Alexandre-Ie- Grand donnait aux chevaliers une étole pour les dfstin> guer des autres nobles. On prétend que parmi les Grecs et les Troyens la ceinture était la marque des Chevaliers.

On voit donc qu'il existait une noblesse chez tous les peuples du monde , et que c'était dans ce corps qu'on choisissait les Chevaliers qui se dévouaient plus particulièrement au service de la guerre.

Cicéron , en parlant de la noblesse , dit que ce n'est autre chose qu'une vertu connue Çnihtï aliùd est quàm cogmta vi'rttis) ; parce qu'en effet le premier établissement de la noblesse tire son origine de l'estime et de la considération qu'on doit nécessairement à la vertu. Aussi ce grand orateur se fit-il toujours un devoir de relever Tordre des Chevaliers romains, dans lequel il était né. 11 leur donna par ses vertus et par ses talens plus d*éclat qu'il n'en avait reçu d'eux par la naissance. Il fît si bien valoir leurs services dans la conjuration de Catilina, que la répid)lique crut leur devoir son salut; il les fit aimer du peuple, en se rendant lui-même populaire ; il les r^ncilta avec le sénat , dont

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ils étaieal divisés par une ancienne jalousie. C'est ce dont il se fait gknre dam la 4^ caiiliaaire, prononoée devant le sénat. Aucun desChevaliers ne réclama contre

le titre de patron de leur ordre , c^ue Cicëron prétend lui-même mériter mieux que pmonne. C'est donc avec raison ^e Pline dit de lui: « Enfin, GcAtm, dans son « consulat , profita de la conjurai ion de LlaiiUna pour « donner un état de œnsistance à V ordre des Cheua- « Ufirs romains , se gisant honneur d^yaimr pris nais» « sance , et se rendant populaire pour V affermir. » Ce fut alors que cet ordre comment à figurer avec le plus grand éclat.

Yarvon dit aussi que nMe signifie un homme connu [riobilis^ quasi nosciùilis); et Porphyre définit la noblesse .par la refurésentation du mérite des ancêtres et de leur vertu éclatante : nobilitas niUl alStd esi^ quàm olaritas splendorque majorum , honor virtutis prtmaimn.

CHEZ LES GAULOIS £T LES FBjUVCS.

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