‹ De l'ancienne FranceChapitre 42 sur 105 · DC LA CHEVALERIE SOUALE · texte numérisé non relu

DC LA CHEVALERIE SOUALE

que prenaient lea Chevalim de former qiidqoe entreprise d'honneur ou rie témérité, soit pour l'attaque ou la défense d'une place de guerre; soit de se trouver en pleine campagne, en ftce <le Tennemi ; soit encore de visiter les lieux saints; de faire quelque pâerinage; de déposer leurs armes ou celles des emiemis qu'ils avaient vaincus, dans le sanctuaire de ({uelque église; de planter les premiers leurs pennons ou bannières sur les murs ou sur la plus haute tour cVune place assiégée; de se jeter au milieu des ennemis, et de leur porter le premier coup, etc.

Bertrand Dugucsclin , avant de partir pour soutenir un défi d armes proposé par un Anglais, entendit la messe; et, lorsqu'on fut à loffrande, il fit à Dieu celle ' de son corps et de ses armes, qu'il promit d'employer contre les Infidèles s'il sortait vainqueur de ce combat. Bientôt après il.en eut encore un autre à soutenir contre un Anglais, qui, en jetant son gage de bataille, avait juré de ne point dormir au lit sans Tavoir accompli; et Bertrand, en relevant le gage, fit vœu de ne manger que trois soupes au vin, au nom de la Sainte- Trinité, jus(£u'à ce qu'il eût combattu ce même C3ievalier.

Duguesclin, ëtant devant la place de Moncontour,

que Clisson assiégeait depuis long-Uiinps sans pouvoir la forcer, jura de ne manger de viande, et de ne se déshabiller qu'il ne Teût prise : « Jamais ne mangerai cfaair, a ne me dépouillerai ne de jour ne de nuict. »

Une autre fois il fît vœu de ne prendre aucune nourriture après le souper qu'il prenait , jusqu'à ce qu'il eût vu les Anglais pour les combnttm. Son ëeuytr d*lum*

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de planter 9 dans la journée, sur la tour de cette ville f la bannière de son maître , qu'il portait en leriant : Bugàe»eUn , - cia de mmrir pltitdt que d^f jBanqucr.

Oa connaît plusieurs autres vœiuL ûûts par des Ghe* valinrs mméfés^ eenuae de mtmfet tons les mmiavi tpn se IroiivaieAt dans la place; et, pour dernière res*

source, de se manger eux-mêmes , par rage de faim, plutôt que de se rendre. On jurait^ de la part des assié» geans, de tenir le siège toute sa vie, ou de mourir en

bataille, si Ton venait la présenter, ou de donner tant d'assauts qu'on emporterait la place de vive force. «J'ai « fiiît vœu à Dieu ^et à saint Yves, dit Buguesdin aux

a habitans de Tarascon, c^ue par force d'assauts vous fi auroi. »

^institution de la C/hevalerie reposait doue sur éen

principes d'honneur, de bravoure, de gloire militaire, d'humanité, et de politesse, qui ne pouvaient t^dre iqu'à l'amélioratioa de Tordre social, à une époque sui^ tout ok nos mœurs et «os coutumes avaient encore quelque chose de barbare et de grossier. Ët si i'imagi-» nation, de nos romanciers a tran^rmé ces anciens Preux eu Chevdiers errans, courant des aventures , ou ridicules ou peu morales, il faut leur abandonner le firuit de leurs fictions, et ne conserver de cette institu** tiM que k souvenir des services signalés qu'elle a ren* dus à la France, et à TEurope entière, et dans l'art militaire et dans l'ordre social , soit par lu pratique de taufcei les vertus, civib», soit (lar lês' actes-' de la lm« voure la plus hémquè*

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Chevaliers. U armure ne s'entendait que de ce qui ae^yait à la défense du.Ciisvalier; elle était composée SfKa casque ou hetume, d'un gorgeriu ou haussecol , de la cuirasse , des gantelets , des tasettes , de* la ootte-de- maille , des brassarts, des cuissarts , des grèves pu Jaiobières ^ des genouillères , du bouelier,'et de toutes pièces qui serment à garantir les Clie¥aliers des attaques de leurs assailians.

L'armure de tête d'un Ëcuyer était un bonnet ou diapeau de fer , moins fort que le casque ou heaume du Chevalier , et qui ne ])ouvait être marge ou Liiiibré d'un cimier, de lambrequins et autres oruemens exté« rieurs réservés aux Chevaliers seuls;

Dans la suite, les Français quittèrent Tarmurc et combattirent à découvert; Liouis XIV, cependant , obligea les officiers généraux et les officiers de cavalerie à reprendre la cuirasse et à porter une calotte de fer dans le chapeau, pour parer les coups de tranchant. . Abmvt. C'était un chapeau de fer que les Chevaliers Élisaient porter avec eux dans les batailles, et qu'ils se mettaient sur la téte lorsque , s'ëtant retiré de la mêlée pour se rqposer et prendre haleine , ik quittaient leur heaiune.

Dreux de Mello, dans l'escarmouche de Nantes, n'ayant qi^e icetle armure, fut|ittaqué par le seigneur de PréavXy vassal du roi d'Angleterre, qui, d'un coup de sabre, lui abattit son chapeau de fer et le blessa au front.

Froissart parle souvent de ces chapeaux de fec: c'était un casque léger , sans visièf« et «ans gbrgerin, comme ce qu'on a depuis appelé bacinet. Ces casques

étaient dans oe temps l'anmire de la cavalerie légère et

des piétons.

Arrêt de lange, espèce de plastron rond dont se servaient les CSievalièrs , 'pour' maintenir leur lance ferme , dans les combats , joutes et tournois.

Baudrier, balteus , ceinture militaire [cingulum miUtare), à laquelle était attachée Tépée du Chevalier ; on portait parfois le baudrier en édiarpe, surtout en

temps de guerre.

• £n ceignant pour la première fois le Chevalier du baudrier, odui qui fiiisait là cérémonie, prononçait ces paroles : Qiiando tu quidem , in re militari versatus es, hune ûbi baltheum dono. On était si bien persuadé qoe, par ce don du baudrier on recevait véritablement l'honneur de la chevalerie, qu'on se contentait de dire, en parlant d'un Chevalier nouvellement reçu, «on lui a oemt l'épée. »

Tous les officiers de guerre pouvaient porter la ceinture dorée; mais les Chevaliers avaient seuls le droit de ceindre le baudrier, qui était garai de grosses boules d*or et richement otné , pour les distinguer des autres nobles et des ^cns de guerre qui n'étaient pas chevaliers. Grégoire de Tours dit , en parlant du comte Mâeon. Chevalier^ qu'il portait un grand baudrier d'or, orné de pierres précieuses , où était attachée une trèsbelle épée.à poignée d'or et de pierreries : BaUhewn magnum ex auro, iapûliàusque prethsis omatiim \, gladiumque mirabîle, cujus capidum ex gemmis hispanicis , auroque dispositum ercU.

Les. Français avaient prû cet usage des Eomaias, qui en portaient de semblables , suivant Teipression de Virgile i ' 16,

ai44 ARMORE ET AUX» MB CBEVAUKRS.

Bumero cum apparuit alto :

Bakheas et notisjuberunt einguta beiits.

Le baudrier devint ainsi que Tépée, pour les rois et les princes 9 la marque caractéristique du pouvoir et du commandement. Le patrice Mumol, dit Grégoire de Tours , livre 7, chap. 3S , voulant faire proclamer Hat Gondebaud, ota son, riche baudrier et en ceignit* son nouveau maître ; mais , lorsque celui-ci fut sur le point d'être livré entre les inaius des généraux de Gqntran, il lui redemanda son baudrier, en lui faimit entendre par là que cet ornement ne conven^t plu^. à sa fat' tune présente.

DoÂs l'assemblée, digne de rborreur de tous les siècles, tenue à Compiègne, le i*' octobre 833 , oîi Lpuis-le-Débonnaire fut déposé^ on le dépouilla de son épée et de son baudrier, comme ét«uit les insi^pies du souverain commandement, et ils ne lui ftnrent restitués que l'année d'ensuite , le mars 834, lorsque ce prince reprit sa couronne et son empire*

Bouclier ou Écv y buecuhmum y buccula , clyptus^ scutum. Le bouclier la plus ancienne des armes défensives dont les guerrian seservaitol' |KNur se eoù* vrir le corps contre les coups et les traits des eftneausu U y avait , parmi les anciens , plusieurs sortes de boudieFs ou d'écus , qui diSi^eat oMlre eux, soil par les noms , la forme et la matière.

Boucliers des Grecs, Us en avaient de cinq sortes : le pranier et le plus ancien, qu'ils nommaient aspif (mii)y était un grand bouclier de figure ronde, et qui couvnût presque tout le corps ; il était fait tantôt d'o-

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