BOUGL&SR OU £GU
•ier» entrdacësy tantôt de cuiVre, tantôt de be» léger ^
et le plus souvent de cuir ou de peau renforcée par quelques plaques de métal. Homère^ qui décrit la plu* pari des ixïUcUers de ses hënot, dit que celui d'Ajax était de sept cuirs ou de sept plis de cuir couverts d'une lame. d|3. cuivre; et que celui d'Achille était de dix cuin ou plis^ année tk deux plaqués de cnÎTre^ de deux d'étain et. d'une d'or. C'était celui qui âaken usa|^ dans les temps qu on nomme héroïques.
Le. guenvn ou guerra' {Xiff^ «^i 1^)9 «tait de k figure d'un earréJong, ou rfaomlïolde; et, seloo Strabon , les Perses s'en servirent les premiers.
Le thureos (Byf»^) était aussi un carré-loog^ courbé etk dedans éemme une feittèrê^ ét ainsi noknmé parce que , lorsqu'il était étendu y sa figure ressemblait à une porte, appelée en grec 6wp«.
Le kusèéom (Amw^) était un écu fort léger^ de k mém e figure que le thureos ; il était fait de peaux de bêtes avec le poil.
làefelfiB ou petia (pOmt) émit aussi on bouclier léger qui , selon Xéno^l^n , ressendblait à une feuille de lierre. Isidore de $évilie dit pourtant qu'il approcliait de la fijpue-d'un croissant, et qu ii fut d'abord en usage parmi I^a Amnzones, ce que Yirgile confirme par ce vers :
' * ' 'Vuett Jmattmduni iunatis agmùta peltis.
Mais Suidas prétend, au çontraire, que ce bouclier était caiiné.
Les Grecs tenaient des Égyptiens l'usage des boucliers.; ils les fi^nt d'abord d'une grandeur étoiiliante, c'est-à-dire, de toute.la bauteur d'un homme; et-
%^ ASMUmB ST ARWB BS8 C0BVALIEK8.
au temps de la guerre de Traie, ils ne les portaient ' point encore au bras : ils étaient attachés au cou par une oonrroie, el pendaient sur la poitrine ; lorsquHi s-'agissait de se battre , on les tournait sur Tëpaule gauche et on les soutenait avec le bras ; pour marcher , on les rqetait derrière le do», et alors il» battaient sur les talons. Les Gariens, peuple très-belliqueux , changèrent cet usage si peu naturel et si désavantageux : ils enseignèrent aux Grecs à p<Nrter le bouclier passé dass le bras par le moyen de courroies fintes en formes d'anses.
C'était l'usage chez les Grecs de suspendre dans les temples les armes et principalement les boucliers des ennemis qu'ils avaient vaincus, tant pour laisser un souvenir de leurs victoires , que pour rendre grâces aux dieux , qui les leur avaient fait remporter. Ces boucliers, ainsi consacrés aux dieux, s appelaient ioucliers votifs, clypei voHvi, Cette coutume de suspendre des boucliers dans les temples passa, comme la plupart des autres, de Grèce en Italie.
Chez les Grecs, on ne pouvait perdre ni aband(niner son bouclier sans être entaché d'in&mie ; c'était même, à Laoédémone, un crime qu'on punissait de mort.
Boudiers ou icus des Bomains. C'étaient VancSe^ le scutum, le clfpeus et le pelta ou ceûra. L'ancile (anciUa) était un petit bouclier rond , ou plutôt ovale, que les anciens Boniain croyaient desc^idu du ciel, et de la conservation duquel ils faisaient dépendre la sûreté de leur ville.
Nuraa Pompilius pour dompter Thunleur fiiroce de ce peuple guerrier, mais grossier, et par conséquent susceptible de superstition , fit croire , au lapport de
JXHJGUUUi OU icv, .
Hutarque, que, dbosi une forisiifd pesic, qui twft^
gea presque toute Tltalie , et Rome en particulier , uo hiCHUiUet* de. cuivre lui était tûmbë du ciel entre lei maîas et qu'eu mâme temps une voix t'éoria que Rome serait la maîtresse du monde tant qu'elle conserverait ce bouclier, qui , par-là, devint le paUadium «jt la aauye-gaEde de Aonte. Pour conMrver.œ boudîer sacré, Numa, par le conseil de la nymphe Égérie et des nui&es, dont, il feignait d'apprendre tous les. mystères de sa rdigion , en fit £edre onze autres tous semblablei, afin que si quelqu'un voulait entreprendre de Tenlever, comme Ulysse enleva le palladium de Troie, il ne pût distinguer Tanciie véritable. La peste cessa, et Numa , qui ne put lui*mème reoonnattre le viérttaUe bouclier parmi les autres , institua douze prêtres pour la gilirde des douze anciles, qu'ils devaient porter tous au mois da mars, en grande cérémonie autour de Rome. Tullus Hostilius augmenta ensuite leur nombre j usqua vingt-quatre. 11 y a diverses opinions parmi les anciens et les modernes sur l'origine du met anmk et sur la forme de ce bondier ; mais la. plus vraisemblable et la plus accréditée est celle de \ arron, qui dit ces boucliers étaient appelés ancilia^ où ancisUf .parce qu'ils étaient coupés ou arrondis des deux côtés, de même que les boucliers des Tbraces , (|u'on nommait peltœ. Quoi qu'il eu soit, on voit au revers d'une u^ér daill^ de l'Empereur Antonin-le-Pieux les figures de deux anciles cpii sont do forme ovale.
hc scutum était le bouclier le plus eu usage chez les Romains ; il y en avait de deux sortes, savoir : le scur tum omium , qui était ovale, et le scutum imbnaUum^
mJHH ABMUiLB SX. ARMJBS ja& Cli&VALIBBS.
qui itak.im ourté-hnig, osurbé en dbdaai en Ibrne 4»
foîtière ou de tuile creuse, comme le thureos des Grecs. L'uB et 1 autre couvnûeot presque entièremeiit le eorps^ ayant environ quatre piadb ^ demi de haulea^ et éam pieds et demi de largeur. Ce bouclier était ordinairement fait de petites planches de bois lég^^ assemblées par de petites lunes de ier, «t couvertes de-cuirtm de peailx de divers animaux ; et pour le mieux conserver il était bordé en dedans et ea dehors d'une autre lame defir* ...
Le fdjrpmsf grand bonelier rond sendblâble à YtupiS' des Grecs , fut en usage quelque temps parmi les Ro* mains: voilà pourquoi la plupart de leurs éerivains le confandent avec le MMM.
Pline le jeune remarque qu'on dédiait autrefois à Kome aux particuliers illustres et aw empereurs des boudierB d*or, d'argent ou de liuivre^ sur lesquels on gravait l'image ou les belles actions de ceux à qui ils étaient consacrés , et que l'on appendait, à leur bon* nemry dans tm temple on dans mie diapelle ^ à peu près eûttlme on 6t cbee nous des étendarts et des drapeaux 4qtt'on enlevait aux ennemis. Appius Claudius introduis
cette cootUmé dies les Romains l'an aS^ de la fondation de Rome ; et Ton voit , par le Oandqne des can^ tiques , qu'elle était aussi établie parmi les Hébreux ^ d'oii die passa chez les Grecs ^ ainsi qu'on Ta dit plus haut. «
Le parma était de figure ronde, d'environ trois pieds de diunètre. Il y en avait encore un plus petit nommé parmubt t Pun et l'autre étaient de bois léger coiivett de cuir. ». . .
Le€eira oU' pêiia^ toit m «pelil dont «e Mmàmt
les Maures et les Espagnols, qui ressemblait au peitè des Thnioes et -des Grec» , et qui était oouTart de la peau d'tm ooœBU ou d'un biifile. ....
Au milieu de la plupart des boucliers, il y avait, en dehors , une bosse ou une élévation ronde armée d'une pointe de fer^ qui servait à écaarter et à rabattfe Im ooopB et* les Iwilts des ennemis, et mimé à pousser ceux-ci dans la mêlée. Les Grecs nommaient cete bosse ùnq^hiUos (Qf^fffii^)^ et les Latins witteb Ce dernier nH(t est souvent pris pour tont le boueHefk
Ecus ou boucliers chez les Gaulois ^ les Francs, les Allemands et €ÊUtres natwns- modernes. Selon César «t Tseite, les bondiers des anciens Germains et ASkh mands étaient faits d'écorce d'arbre et de branches d'osier entrdacées , ou de bois léger et couv^ de cuir de taureau ou même de peaux d'autres animaux» Quelquea peuples d'Italie, au témoignage de Dtodore de Sicile , empruntèrent cette sorte d'écus des Gaulois ;
tident de boudiers âuts de eottrroîe84]e'Ouir appliquées
les unes sur les autres.
* Les boucliers chez les diffiérentes nations avaient Ams noms , selon leurs diiliirenteB fermes^
Les Gaulois et les Germains , à l'instar des anciens peuples, regardaient comme infâmes ceux qui avaient perdu leur bouclier, et leur inlenttssaient les sacrifices ^ et les assemblées publiques; plusieurs, qui avaient eu oe malheur, échappèrent à cette ignominie en se donnant
mort;
Le pavois, qui était le plus g[rand éeu des anciens
Ganlo», avàk einq pieds de haut, et ressembhit au
scutum imhricatwn des Romains; c'était un carré-long, courbé en âutiire , qui-oouviait tout le corps. Les Gaulois, les Francs, les GoChs et les Espagnols élisaient et proclamaient leurs rois et leurs princes en les élevant sur le pavois; ils les proclamaient ainsi à la vue de toute Farmée, en fiiîsant trois fois le tour du oan^. Pharamond fut proclamé roi des Francs de cette manière, en 4199 pftf Ift colonie de cette nation qui avait passé le Bhin sous sa conduite. Les Espagnols appelaient cette cérémonie leimiar por rey.
On prétend que le mot parois vient du vieux gaulois qui, selon Borel, signifiait comferture; et c'est peut-être pour cette raison , qu'en terme de de marine, on nomme parois ^ pcwiers ou pai^esade une grande Iwinde de toile ou de drap qu'on étend le long du platbort d'un vaisseau de guerre, quand on se prépare au combat , pour cacher aux ennemis ce qui se &it sur le pont
La targe 4uit aussi un grand bouclier 4{ui couvrait tout le corps , et dont on se servait aux assauts ; il était .
de différentes formes : parmi les Africains et les £spa* gnolS| c'était un carré-long. comme le pavois; et chez les Gaulois et les Bretons , ce bouclier était presque ovale , et échancré au coté droit ^ pour appuyer la lance dans l'échancrure.
La rondache ou la. ronddle était une espèce de bouclier rond, à peu près comme le parma des Romains. La rondache était fort en usage chez les Espagnols « même en temps de paix : et ils s'en servent encore [aujourd'hui quand ils courent de nuiiU
. , BOUCLIER OU ÈCV. s5l
Vém des Français, était un petit bouelior léger ifm la genduvierie, qui oombattait avec la Umoe, portait
au bras gauche. Il y en avait aussi de grands qui couvraient non-seulement l'homme tout entier, mais encore oeox qui étaient derriire, les arbalétriers et aniers; ces écus étaient forts pesans et fort massifs , et avaient une pointe en bas pour les ficher en terre. Comme cette arme défensive élait embarrassante, surtout à dieval, le Chevalier ne la portait pas , il la faisait porter par son écuyer, qui s appelait sculifer et armiger.
Les Chevaliers ont aussi porté un écn couvert de Innes'd'écâilles, d'ivoire ou dW; Os le suspendaient à leur cou par une courroie, et quand leur lance était rompue , ils l'attachaient à leur hras gauche.
Dipdore de^Sicile dit, en parlant des. Gaulois, «pie duicun ornait son ëcu à sa fantaisie; et selon Tacite, les Allemands ne les distinguaient que par les couleurs.. Us 7 en- avait qui mettaient diverses inscriptions sur leurs bottcUers; tantôt c'était le nom de leur chef, tantôt les hauts &its de leurs ancêtres , quelquefois les leurs ; et ceux qui ne s'étaient pas encore signalés ne portaient atueuné marqué sur leurs boucliers , qui restaient blancs et pour ainsi dire comme une table d'attente.
Dans les croisades , les gentilshommes français qui marchaient sous la bannière de leurs suzerains adoptèrent les couleurs de ces bannières et les firent peindre sur leurs écus , avec certaines distinctions qui ont donné origine aux pcwtitîons ou meubles qui ont depuis été introduits dbns le blason , tels que les chefs, les filets j les chamoagneSf les Jlanchis, les chappésy les chaustés^ les bo^ures et les franos-quariierê. Ces &-
a 52 ARMURE ET ARMES DES CHEVAtIBRS.
miUea ie& oot conservé dans leurs armes , pour consacrer le BimveBtr de leiin voyages de la Terre6amte , et y ajoutèrent des devises , des chiffres , des emblèmes , et par suite , j firent peindre leurs armes régulières ; et ai le Bnnram avait, ou mr sa banmère ou soir .soD éeuw la figure de qurique animal, soit o«eau, quadrupède ou poisson, cliacun des vassaux faisait peindre sur son bouclier une partie ou numbre de cette figure, tels que 'la tète, les pattes , les cernes ou k moitié du corps , ce qui a produit clans le blason les positions d* lisant, naissant, passant, rampant, coupé, etc., etc. .
Le bouclier est le symbole de la proteetîon que là- Princes doivent à leurs sujets ; et , depuis le règne de G)nstantin, sur la plupart des médailles impériales -postérieures am Aatonins, on. le représente orné de -diverses figures et do monogranme de J.*Ci Les ynûr ces le tenaient toujours de la main gauche. On le voi^ sur quelques sceaux de la seconde moe ; il est oidînaip^ ffénsent sur ceux des empereurs d'Allemagne depuis Conrad jusqu'à Othon F^, et sur ceux des seigneurs des grands fiefs de France.
lo thdtenii de Técu et de réouséon des acmoisies m chapitre spécial du blason , il n'est ici question de Tëcu q^e oo^nme arme défensive ^ BAnviiai. Ce mot, selon. Ménage, vient du mot èanidière; et selon Pasquier, du mot ban, qui signifie la publication que l'on faisait pour obliger les vassaux d'aller à la guerre*
Les anciens donnaient le nom général de bannîkie aux éteQdarts, qu'on nommait au^si pennons, gonfanons et bassinets, avec cette différence que le gonfimcm
BA]fNiÀR£. a53 était une bannière d^église , pendmle et wltigeante , au lieu que la bannière militaire était carrée, attachée, comme les cornettes, a une lance; et le pennon ou guidon était à longue (jueae : on ne fiùsait que couper cette queue pour faire une bannière atec un pennon. La plupart des anciens seigneurs sont représentés sur kuFB so^ux avec dea bannières à la main : îfa entraienî ainsi dani la Itoe aux tournois.
C'était Tétendart sous lequel le Chevalier-Banneret nâseroblait ceux qui étaient tenus de le suîttç à là guerre.
L'usage des bannières ou étendarts (^vexillum) rcr monte au temps le plus reculé ; et , dans le moyen âge^ nous en avons des exemples en France et en Angleterre dès Tan 383 ; mais ce fut principalement pendant les croisades que les bannières se multiplièrent , les Ducs ^ ie« Marquis, les G>mtes et les Barons avaient à leur suite une cfuantité de gcntiMionimes , leurs vassatn , qui marchaient sous la bannière du fief principal ou suaeratn ; ils en adoptaient même le^ coulcufs et les filisaient peindre sur leurs propres éicus, avec quelques distinctions particulières.
• La bannière des Ducs de Normandie et de Guyenne étant de fends de gueules (rouge), les &milles les idu$ illustres de ces provinces les adoptèrent également pour le champ de leurs armes , afin de se conformer à la couleur de lenr souverain ; et Tàn vit , dans la première province, les seigneurs d'Hareourt, de Graville/de RonclieroUes, de Rou ville, de Pellevë, etc., prendre ces couleurs , comme le firent en Guyenne les maisona
d^Albret, de Ntifaonin, etc.
i54 ARMURE ET ARMES DES CHEVA.L1ERS.
DuB la sàile; les fiumUos firénfc peindra lelm ames
sur leurs bannières.
Les grands-officiers de la couronne et leurs lieuten^na. avaient droit autrefois de jKwrtcr bannière, à l'instar des Bannerets.
Selon Sainte-Palaye , les bannières que ^les Chevaliers portaient à la guerre et les banderoUes qu'ils tenaient en entrant dans les Uces , ayec lesquelles ik faisaient le signe de la croix avant que de commencer leurs joutes , et qu'ib plantaient ensuite quelquefois au sommet de leur heaume , pourraient avoir donné lorigine aux girouettes placées sur le faîte de nos édifices. On sait que le premier acte de possession d'un fîef , d'une seigneurie, ou d'une place prise à la guerre , était marqué par la bannière àu nouveau seigneur arborée sur le lieu le plus ëminent , sur la tour la plus élevée. Dans l'entreprise de Saintré (Histoire de Saintré, p* 5 1 7), lui et ses compagnons porterait sur leurs casques deuM bannières, entre lesquelles était un diamant destiné pour le prix de ceux qui pourraient remporter sur eux k victoire. Le même Saintré , ayant proposé un pas d'armes aux Anglais , entre Gra vélines et Calais , qui filt accepté par le Comte de fiuckingham et ses compagnons , et le dimanche, premier jour du mois et ou- « verture du pas, arriva ledit seigneur et Comte de fi fiuckingham , le matin après la messe , et très-belle « compaignie, qui fist, sur le bault pignon de son « logis , mettre sa bannière qu'il portoit d'Angleterre , tt à une bordure d'argent, et crioit : Angleterre, Sainct a Georgeii^
Le Laboureur (Origine des Arm. , page 98) a regardé
BANNIÈRE. a55
les girouettes coaune un signe affscté seuiemeiit aux maisons occupées ou possédées par la noblesse : « Les
« gentilshommes, dit -il, ont seuls droit d'avoir des « giixmettes sur leurs maisons ; elles sont en pointes « comme les pennons pour les simples Chevaliers , et « carrées comme les bannières pour les Clievaliers* « Bannerets. i>
Mathieu H de Montmorency ayant enlevé seine etendarts aux ennemis à la bataille de Bouvines , Philippe-Auguste , pour en laisser un monument à la postérité, voulut que cette maison portât, dans la suite, seize aiglons au lieu de quatre qu'elle avaût portés au* paravant dans ses armes.
On a déjà vu, au chapitre des jChevaliers , que les Bannerets recevaient l'investilm^ de leurs fiefs par la bannière carrée ; il sera traité , dans un chapitre spécial ^ de la. bannière de France , de Toriflanune , du pennon royal, etc.
Il n'était permis qu'aux anciens seigneurs-bannerets de mettre leur bannière en ornement extérieur de leurs armes , soit en sautoir derrière l'écu , soit qu'elles soieiat ftortées par des tenans ou supports.
. Bouge ou Hà.cH£-D'ARM£s. Voyez ce dernier mot^
BiGOQUirr. Jean de Troyes, dans son Histoire de Louis XI , ' donne ce nom à un bonnet garni de bouiU Ions d'argent doré, que portaient les archers-du-corps du Duc de-Berry, et quelques autres Chevaliers.
.BomfBT. Il y eut un temps où les Chevaliers et les hommes de guerre ne portaient que des bonnets dont la forme ressemblait assez à celle de nos bérets ou bour nets de oourreurs* Ce bomiet était orné par le haut
a56 ABMua* et armes ixes chevaliers. a'unglioupe i£or nèftée à i|oel^ bouopieU de plimu^; cm y attacha aussi une visière ou abatrjour, qui ▼ait à voloate, et sur lequel les officiers, qui n avaient plus leur boudier, firent bcoder kun amoiries* Ce bonnet recouvrait me calotte de fer devait garantir des coups portés par l'ennemi. Mais son usage fut de peu de durée, et ce bonnet ne fut plus d'usage que pour la ville. Prewfue loas les portraits de François Charles IX et Henri 111 nous les representeaat avec ces boviets oméa d'une aigrette. Les guerriers se les en* fimettent sar la tdte en combattant, et à la cour on les mettait sur le coin de Foreille gauche. A l'incitation des femmes , on orna l'autre oreille d'uiie grosse perle en ferme de poire , on de quelque antre bijou*
Le bourrelet était un cercle côrdmmë qui surmontait l'armure de tôte , c'est-à-dire , le casque ou heaume du Chevalier: on ne l'emploie plus qiie pour le bbâm^ où il est toujours posé au sommet du casque. Dans Fart héraldique, le bourrelet est aussi nommé tresque, /orfueettartd,9lû doit être de la couleur des énaux de rétiu
LtA BOURSE pendante à la ceinture fut aussi une iliarque distinotive de la noblesse. Un noble vêtu de la robe longue, tomme on Tétait ordinairement en temps de paix , portait une Bourse à sa ceinture au lieu d'épée. Cela est prouvé par une infinité de monumens qui descendent jusqu'au quinaième siècle.
Lk bracelet est un ornement très-ancien : tous les peuples en ont porté. Les souverains aimaient souvent à récompenser lemv sujets jmr le don'd'mie paire^de bracelets, qui souvent éiailAit d'oîr ou d'argent , on de
. BRASftAmDs. a57
fer ou d'ivoire. On le nommait armilla , du mot armus, parce qu*aiicieiuieinent il se plaçait en haut du bras, el lui servait d'une espèce d'armure, ou encore dextrth cheriumy c'est le nom qu'on lui donne dans la vie d'Alexaudre-Sëvère, où il est dit que ce prince était constitué d'une manière si robuste , et avait le pouce si gros, que le bracelet de sa femme lui servait de bague. Auguste et Tibère donnaient souvent de ces bracelets en récompense des services militaires.
Chez les Français , c'était un ornement que les Chevaliers portaient au bout de leurs manches; Ducauge dérive ce mot de braehùdia et de brachium, et il <iit, qu'en terme de blason , on le uoxKni%dextrochère> Sous le règoe de Charles VII, les dames françaises adoptèrent les bracelets pour parure , et les ornèrent de perles et de diamans. Catherine de Médicis et Henri ÛI les • adoptèrent aussi.
Brjlssard, partie de Tarmuro qui couvrait le bras; c'étaient des courroies de cuir fort, dont les Cheyaliers faisaient plusieurs tours sur leurs bras; il y en a\ait aussi de fer battu ; ils se mettaient par dessus le haubert , el garantissaient les coups d'estoc.
Brbttb , longue ëpée , dont la première fabrication eut lieu en Bretagne, et d'où elle tire son nom. Le poète Regnard en parle ainsi dans son Légataire :
Si vous m'aviez vu tantôt faire merveille,
En noble campagnard, le plumet siir l'oreille, Avec un ieutt e gris^ longue brette au cùté.
BRiGAJTomE ou BRiGANTiNE , espèce de corcelet fait de lames de fer attachées les unes aux autres sur leur longueur par des dons rivés ou par des crochets^ I. 17
a58 AJIMUKE £X ARMES DES. CUEVALIERS.
Cette annure était en usage lors de rétablissement
(les francs-archers par Charles VII, qui la nomme dans le détail des armes dont ses troupes devaient être arroées.
Uhistoire de Louis XI nous représente un archerdu-corps du Duc de Berry armé d'une brigandine « couverte de velours noir à clous dorés, croisé de blanc , et portant sur la tête un bicoquet garni de bouillons d'argent doré.
Bans les Capitulaires de Gharlemagne, cette armure est nommée brunie et brunico y et, depuis, barque; ceux qui la portaient étaient appelés brigandiniers. Voyez aussi cotte d'armes.
Brugne. Voyez cotte d'armes.
Cahite. La canne portée par des valets de pied qui précédaient et suivaient leurs maîtres , était une marque de distinction pour les nobles d'une liaute naissance. Sous le règne du Roi Robert, les femmes de qualité étaient dans l'usage de porter de petites cannes légères, dont la pomme était ornée de quelques figures d'oiseau.
Les majors des régimens portaient également une
canne, comme marque particulière de leur commandement , et ik s'en servaient par fois pour faire rentrer les soldats dans leurs rangs; cet usage, répréhensible et contraire à l'honneur du soldat , fut supprimé.
Un jour, le Duc de Lauzun ayant manqué de respect à Louis XrV, ce Prince, qui avait sa canne à la main ,
la jeta brusquement par la fenêtre , et se tournant vers . M. de Louvois, lui dit : Je senuùs venir ma colère; mais je serais au désespoir de l'avoir frappé.
CAPA.RAÇOIY.
GAPABàçoif : ce mot vient, selon Ménage, du mot espagnol cape; c'était Tarmure défenrive des chetaux
de bataille, dont on garnissait la tête de lames de fer, et le poitrail et les flancs d'un caparaçon de cuir bouillL Ces armes défensives du cheval se nommaient alors bardes, d'oîi le cheval était nommé bardé. On voit des figures de ces chevaux ainsi armés et bardés dans les anciennes tapisseries, et dans plusieurs autres mo* numens. Le Président Fauchet dit que cette couverture était de cuir ou de fer ; niais on lit dans la chronique de Cesinar, sous Fan lagd, qu'elles étaient, comme les hauberts, faites de mailles de fer. Hi equi cooperU fuerunt coopertoriîs ferreîs, id est : veste ferreis circiiUs corUexld,
Cette armure garantissait le cheval des coups de
l'ennemi , comme le haubert , qui était aussi de mailles de fer, garantissait le Chevalier qui le montait. Le caparaçon était de semblable étoffe que la cotte du Chevalier; et si celle-ci était armoriée des armes du Chevalier, le caparaçon Tétait aussi: souvent même il était garni tout autour de petites cloches, qu'on appelait campanelleSf et de gros grelots entremêlés. Cette sonnaillcrie donnait de Tardeur au cheval dans sa course. On appelait flançois ce qui couvrait les flancs du cheval, et c'était sur ces flançois que les Che* valiers faisaient broder leurs écussons; nos Rois les semaient souvent d^ fleurs de lys.
Dans les tournois, les pompes et les cérémonies, leÈ chevaux des Chevaliers étaient couverts de riches caparaçons de soie, sur lesquels les armes du maître étaient brodées en or et en argent
a6o ARMURE ET ARMES DES CHEVALIERS.
Dans la suite, on se servit pour caparaçon à rariiiée d'une grande peau d'ours ou de tigre.
Gapeliite , ou CAPUCHON, OU coRHETTB, aroiure de tête du Chevalier ; elle était ou de fer ou de mailles de fer; le capuchon tenait auliaubert et se rejetait derrière, après que le Chevalier avait été son heaume et voulait se rafraîchir sans se dégarnir de tout son liarnois. Un ancien proverbe militaire appelle homme de capeline celui qui se bat en déterminé. Dans les douzième , treizième et quatorzième siècles , les gentilshommes , pour marque de leur grandeur , mettaient à leurs habits de larges manches qui plissaient aux épaules, et y joi* gnaient un capudion, nommé aussi cornette, cuculle et épitoge.
Casaque. Fojreii Cotte d'armes.
Casque ou Heaume. C'est la plus ancienne armure de tête des hommes de guerre.
Les Kois, les Empereurs, les Dieux même du paganisme sont représentés avec des casques.
Les Hébreux , les Egyptiens, les Grecs, les Perses et les Romains , s'en servaient constamment.
Les Grecs tenaient leur casque des Egyptiens; il était de fer ou d'airain , en forme de tête , et pouvait se rabattre sur le visage et le couvrir ; celui des Romains était de même métal , mais ouvert par devant, et laissait voir le visage , d'où vient le mot de César à la bataille de Pharsale : Soldats , frappez au visage. On y mettait sur le haut des figures d'animaux, de lions, de léopards, de griffons , et d'autres semblables; on les ornait d'aigrettes qui flottaient au vent et en relevaient la beauté
CASQ1IB OU HKÂ.UMK. a6l
Ce casque s'appelait cassiSy et différait de celui nommé galerus qui était uae espèce de chaperon de peau.
Ménage ùit venir le mot casque de cassicum, ou de cassicus , diminutif de cassis, et en grec iwdro^ç.
Selon les auteurs de Tancienne Encyclopédie, les casques et les cuirasses n'étaient guère en usage parmi les Français du temps de nos premiers rois, mais cet usage s'introduisit peu à peu; le casque, ou heaume, était fait de plusieurs pièces de fer élevées en poiqte, qui, selon Fauchet, couvrait la tête, le visage, et le chignon du cou , avec la visière ou ventaille, qui ont pris leur nom de vue et de veats , et qui pouvaient 8*élever et s'abaisser pour laisser prendre vent et haleine; cette armure était néanmoins fort pesante , et si malaisée, qu'un coup bien assené au nasal, ventaille, ou visière, tournait le devant derrière.
D'autres auteurs définissent le casque de cette ma» nière : il avait une visière faite de petites grilles; elle se baissait durant le combat, et se relevait pour prendre Tair, en rentrant sous le front du casque. Cette armure était pesante, et devait être fort à Tépreuve de la l)ache d armes et de la massue. Le casque était assez profond, et s etrécissait en s'arrondissant par le haut, ayant presque la figure d*un cône. Il avait une mentonnière dans laquelle entrait la visière quand elle était baissée, et au«>dessot|s comme un collet de fer qui descendait jusqu'au défaut des épaules; il était séparé du casque, et s y joignait par ie moyen d un collier de métaL
TiC Gendre a remarqué qu'autrefois, en France^ le^
gendarmes portaient tous le casque.
s6a AHMIIBE £T ARMES D» CHBVALIBHS.
Dans la suite, on donna encore au casque ou heaume les noms d'armet, pot, cabasset, bassinet^ salade, morion, et bourguignote, ce dernier provenant des Bourguignons, qui eu ialsaient usage.
La salade était une espèce de casque plus léger que le gros casque de bataille; il était ordinairement porté par les clievau - légers , et différait du casque en ce qu'il n'avait point de crête , et n'était presqu'un simple pot. Dans Tinfanterie, la salade était appelée morioiu Sous le règne de Louis XI, il y eut d'autres armures de tête qu'on nomma bicoquct et cramignole.
Les commentaires de Montluc disent qu'on donnait le nom de salades aux gens de cheval qui en étaient armés. Ainsi, pour exprimer, par exemple, qu'on avait envoyé deux cents cavaliers dans un poste on dans un détachement, on disait qu'on y avait envoyé deux cents salades. Ce mot nous venait des Italiens, qui appelaient ces sortes de casques s&rlades, ou cehtes armets» D'autres auteurs disent qu'il nous est venu des croisades , et qu'il dérive du nom du Sultan Saladin ; on appelle effectivement ^saladine une espèce de tunique, ou cotte d'armes, que les Croisés rap-r portèrent de la Terre-Sainte, ainsi que cette armure de tête.
L'écuyer^ en accompagnant son maître, en portait le heaume sur le pommeau de sa selle, et c'était un art que de le placer et de le lacer exactement sur la tête du chevalin; il devait en clouer et river soigneusement la visière ou ventaille. L'accident arrivé à Henri II, et qui causa sa mort, fut peut-être la suite d'ime négligence à cet égard.