ARMURE ET ARMES I>ES CHEVALIERS
employait aussi quelquefois le cuir , et c'est de là que vient le uom français de cuirasse.
On peut ajouter (pf il v a lieu de croire que ces cuirasses de lin et de toile n'einpêcbaieut pas que l'on mît par*dèssus des cuirasses de fer; on peut même croire que les anciens avaient donné au premières le nom de' subeimaLe; mais il n'élait pas nécessaire d'avoir d'autres cuirasses que celles de lin et de toile , puisqu'il y en avait de si bien faites, qu'elles étaient à Tépreuve des traits et du sabre.
Les premiers Francs ne portaient pas de cuirasse , ce fut Cliarlemagne qui en introduisit Tusage dans ses armées; on leur subsùtua , dans la suite, la cotte de mailles et Thaubergeon , terme qui ne signifie qu une armure plus ou moins longue , faite de chaînettes de fer ou de mailles entrelacées. 11 paraît , par ce que rapportent les anciens , que la cuirasse ne passait pas la ceinture, quoique la frange dont elle était bordée descendît jusqu'aux genoux.
On mettait la cotte d'armes sur la cuirasse; la cotte d'armes disparut , mais la cuirasse resta toujours : le droit de la porter était tin titre d'honneur dont on était privé, lorsque, ayant douze métairies, on manquait au service qu'on devait au Roi. 11 était dit dans les Capi- - tulaires de Cliarlemagne : Omnis homo de duodecini mansis brumam haheaU
Ces cuirasses , dans les premiers temps , étaient des cottes de mailles qui couvraient le corps depuis la gorge jusqu'aux cuisses ; on y ajouta depuis des manches et des chaussures de même. Comme une partie de l'adresse des oombattans , soit dans les batailles , soit dans les
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combats particuliers , était de trouver le défaut de la cuirasse, çest-è-dire, ks eodroUs où elle se joignait aux autres pièces de Farmure , afin de percer par-lè lenuemi , nos aociens Cl^valiers s appliquaient à re* médier à cet inconvénient.
Sous Philippe de Valois, on orna les lames de la cuirasse par le mélange de diiTérons métaux alliés, soudés f incrustés , et par les bas-reliefs dont on la cliargea plus tard. La lourdeur de cette armure, ainsi que i'invcntion des armes à feu, la firent quitter.
Cuissards. Yoy. Chaussure des C/tei^aiiers , p. aGS, et Tassette.
Dacihe. Ducange dérive ce mot du bas -breton dager, que l'on rendait en vieux français par badelaire, et en latin pugio; et d autres le dérivent de daces^ parce que c'était l'arme ordinaire de ce peuple , voisin du Danube^ et, suivant Ménage, ce mot ne signifie pas toujoure un poignard : il est souvent pris pour les pointes de fer dont les deux bouts d'une hache d'arme étaient garnis, desquels ancieiuiement on se servait à ■ douner ou dans les visières des casques , ou dans la maille des hauberts , ou dans les défauts des cuirasses , lorsqu'on ne se pouvait servir du tranchant de la hache (Olivier de la Marche, livre F*" de ses Mémoires, chapitre 16). « £t tenoit de sa main senestre une hache ff très-bonne , à dague dessus et dessous. » Et au même chapitre : « Messire Jacques jeta le bout d'en bas de son fc bâton (c'était une hache) par deux ou trois fois après « la visière du bassinet de son adversaire, et si souvent « le continua , qu'il l'enferra en la visière, et ne tint « pas la prise si peu ; non , car la dague rompit, n £t