Â.RMURE ET ARMES DES CHEVALIERS
serm -ée landes et d'ëpées : les «nassncs, dit da Tillet, étant armes, non peur tuer ni -ealr'ouvrîir, ftiaîs pour ruer et porter par terre. C'est pourquoi Philippe de Dreux , évéque de Beauvais, s'en servit à la bataille de. Bouvînes, où i! >fit des prodiges de valeur.
La masse, ou massue, faisait partie de l'armure ordinaire et générale, tant pour les Grands que pour les autres ccmibattans. Dans la Chronique de Flandres, chap. est dit de Philippe-lc-]k'l : « Le noble iîoi
« était monté sur un grand dextrier tout armé de ses « armes rojfales, et tenait une F/rnssue de fer en sa « main. 1»
Nos romanciers font mention des massues de Ciiarlemagne-) de Rolland et d'Olivier ; celles de Bertrand Duguesclîn, du Chevalier Bayard, furent également célèbres parmi les modernes. Le Duc de Savoie, Cliarles Emmanuel , fit placer, avec la plus grande pompe, dans sa 'galerie de Turin , la 'masse d'armes de ce dernier, qui lui fut offerte par Charles du Motet, gentilhomme de Dauphinë.
On prétend que Saint-Louis se fit garder contre les assassins par des hommes qui portaient toujours des masses de cuivre. De là, des sergens d'armes et des massiers.
La Boque dit que la masse était donnée au Chevalier comme symbole de la force et du courase.
Nos Bois , dans les grandes cérémonies, étaient précédés par des massiers; le Chancelier de France, le Recteur de l'Université do Paris, avaient également les leurs. Deux massiers tiennent la hride du cheval du pape , et le conduisent , lorsquHl sort en cérémonie ;
l«s cardinaux oAt aussi des maBsiers è cheval , qui iea
précèdent, loi'sqa'ils font Icnrs entrées solennelles.
Molettes d épfroivs. f ojez ËPfiROics, page 3a3,
MoRtON. Foyez G^sqtte, page a6o.
Palffroi , palafrednsy cUrsorius y et dextrafiuSy selon Ducange. L'étymologie tic ce mot n'est pas trèa-bien expliquée. C'était le cheval de parade et de pompe lequel les Princes, les -grands Seigneurs et les Chevaliers, faisaient leur entrée solennelle. On l'appelait aussi dextrier. Voyez Cheval de bataille, page (267. Il était harnaché avec beaucoup de magnificence, et son caparaçon était ordinairement couvert des armoiries de sou maître. Il servait ëgalemeat de monture aux ienraifte de quahté.
On distinguait trois sortes de chevaux de service : 1^ le cheval de bataille; a° le palefroi, ou cheval de parade; 3^ le roiissin, qui était destiné aux bagages. Sous le nom de roussihf ùn 'coii][)renait cependant le cheval de combat qu'on mettait au rang des droits seignenriatix ; droit qui était dû à diaque mutation de Seigneur et de vassal. Le vassal avait soixante jours pour répondre au commandement qui lui était laii de remplir ce devoir; ce terme expiré, il était obligé d'amener l'animal^ /èné des quatre pieds^ avec sa bride, sa selle y et tous les lu/mois nécessaires. S'il paraissait Yav/? faible y le Seigneur avait droit de Xessajer; essai qui conâstait à le faire monter par un écuyer, k plus grand que Von pût tromper, à le charger de toute l'armure de fer usitée dans ces temps, et à l'envbyer^à unie distance de douze lieues. Quand il fournissait cette carrière en un jour, et revenait le len-
'Si6 ARMUHE ET ARMES DES CnEVAUEES.
demain, od ne pouvait le refuser. Si le suzerain, san&
l'essayer, ou après Tavoir essayé , le gardait plus cVim an, le viassal n'ctait plus tenu de le reprendre, daprès les lois de SaintpLouis qui sut prévenir les abus trop frëquens en cette matière.
PjtNACiiE, OU Pennache. Bouquct de plumes en touffe que les Chevaliers portaient sur leur casque, soit à la guerre , soit dans les tournois ou carrousels, et les hommes de cour sur leur chapeau.
On sait qu'à la bataille d'Ivry ( i4 mars 1590), Henri IV dit à ses troupes : a Si vous perdez vos en- « seignes , ralliez-vous à mon panache blanc , vous le « troui^erez toujours dans le chemin de l'honneur el a de la gloire. » Il tint parole, et paya de sa personne comme un simple soldat; il disait, à chaque coup qu il portait : le Roi te touche , Dieu te guérisse ! Un accident, néanmoins, pensa faire perdre la bataille. Henri Pot de Rhodes portait la cornette blanche du Roi; une blessure qu'il reçut dans les yeux l'ayant aveuglé, son cheval, dont la bride se rompit dans le même temps , l'emporta hors des rangs. On crut que le Roi se retirait de la melce; el cela d'autant plus vraisemblablement, que le panache de ce jeune seigneur avait quelque ressemblance avec cdui du Roi. Averti de ce désordre , le Roi court de rang en rang pour y remédier. Dès qu'on le vit, le courage se ranima, et tous firent de si grands efforts, qu'ils rompirent entièrement les ennemis. La mode des panaches a duré dans les armées, pour les officiers supérieurs et les Chevaliers, jusqu'à la suppression des armes de fer; ils ont été remplacés par les plumets.
PÈNVOUt.
Parme. Fojnez Bowclier, page a48.
Pavois, yàyez Bouclier, page 249-
Ceux qai portaient ces grands boucliers s*appelaient paifesœuXy du temps de Charles Vil. Monstrelet dit : a que pavesieux, c'étoicnt porteurs de pavois, grands « ëcus à couvert de quoi les arl>aiétriers rebandoient. » Ce qui fait voir que les pavois ou les targes étaient portés par des gens particuliers, destinés à cet cfïct, et qui n'étaient que pour targer^ ainsi qu'on parlait alors, c'est-à-dire, pour couvrir les autres qui travaillaient ou qui couvraient des flèches.
PsNirON ou Panon {^Pannus). C'était un étendard à longue queue que portait autrefois à la guerre tout gentilhomme qui y allait avec ses vassaux pour servir sous un Chevalier-Banneret : le pennon était, en quelque sorte, le guidon du Banneret. Il différait principalement de la bannière en ce que celle-ci était carrée, et que le pennon se terminait en pointe; mais pour faire du pennon une bannière, il ne s'agissait que de lui couper la pointe, d'où est venu l'ancien proverbe : FcUre de pennon bannière.
Dans la suite* les plus grands Seigneurs usèrent indifféremment de pennons et de bannières, suivant les occasions de combattre à pied ou à cheval , et encore suivant l'importance de l'action où ils se trouvaient.
Les bannières particulières n'étaient pas en usage avant le règlement des fiefs, et, depuis, on en distingua de plusieurs sortes , celle des Rois j celle des grands Seigneurs, celle des Chevaliers^ puis celle des nobles, qui fut nommée pennon.
RoimACHS ouRovoBLLB. Voy. BouGLiBA, page a5o«
Roussur. Voyez Palbfaoi, page 336.