ORDRE ROYAL OU SAINT-ESPRIT
Ire, sinon quand je lu) auray faict apparoir (Kune juste €t légitime occasion ; que je ue sortiray jamais de vostre royaume^ spécialement pour aller au service d'aucun prince étranger, sans voslre dit commandement ; ci ne prendray pension, g^ges ou estats d autre Koy, Prince, Potentat, et Seigneur que ce soit, ni m obligeray au service d'autre personne vivante que Vostre Majesté seule, sans vostre expresse permission; que je vous révèleray fideilement tout ce que je sçauray ci^iprès importer à vostre service, à Testât, et conservation du présent Ordre du St.-Esprit, duquel il vous plaist m'honorer; et ue consentiray ni permettray jamais, en tant qu'à moy sera, qu'il soit rien innové ou attenté contre le service de Dieu, ni contre vostre authoritë royale, et au préjudice dudit Ordre, lequel je mettray peine d'entretenir et augmenter de tout mon pouvoir. Je garderay et observeray très-religieusement tous les statuts et or^ donuances d icelu} . Jeporteray à jamais la croix cousue et celle d*or au col , comme il m'est ordonné par lesdits statuts, et me trouveray à toutes les assemblées des chapitres généraux toutes les fois qu'il vous plaira me le commander, ou bien vous feray présenter mes excuses, lesquelles je ne tiendray pour bonnes, si elles ne sont approuvées et authorisécs de Vostre Majesté, avec Tavis de la plus grande part des Commandeurs qm seront près d'elle, signé de votre main, et scellé du sod de l'Ordre , dont je serai tenu de retirer acte. »
Les Chevaliers du Saint-Esprit entourent l'écu de leurs armes du collier dudit Ordre et de celui de l'Or^ dre de St.-Michel.
Je ue puis terminer cet article sans relater ce qui I. a3
354 ORDRCS IIOTAUX DE CHEYALEIUB.
se passa (Mitre Louis XIV et le maréchal Fabeil^ à roccasion de cet Ordre.
M. Fabert est un des héros qui ont le plus illustré le règne de Louis XIV; ce monarque, pour reconnaître ses services, Téleva, en i658, à la dignité de Maréchal de France, et, trois ans après , ce Prince lui écrivit qu'il ne l'oublierait pas dans la promotion qu'il allait faire des Chevaliers de ses Ordres. Le Maréchal montra cette lettre à M. de Termes, son intime ami, et lui dit qu'un gentilhomme d'une très-ancienne noblesse , mais pauvre, et qui s'appelait Fabert comme lui , avait voulu plusieurs fois lui persuader qu'ils étaient de la même fiimille ; mais que , comme il était très-certain que c é* tait une pure flatterie de la part de ce gentilhomme , il avait toujours refu&é les titres qu'il lui avait offerts. « Or, ajouta-t-il , je ne veux pas qu'aujourd'huy mon « manteau soit honoré par une croix , et que mon ame «I soit deshonorée par une imposture : je vais écrire au « Roi. »
Lettre, du Marital Fabert au Roi.
•r Agréez que je renonce à la grâce que Votre Ma- « jesté veut me faire eu me nommant pour être Cheva- «r lier de ses Ordres ; un obstacle insurmontable s'y ff opposé. On ne peut qu'avec beaucoup de peine refua ser un honneur présenté par son Roi; mais, Sire, a pour recevoir celui4à, il faudrait cpie je mentisse à « Votre Majesté ; la seule pensée m'en fait horreur. Si « l'on pouvait par quelque service suppléer à cet obs-