‹ De l'ancienne FranceChapitre 59 sur 105 · DES ORDRES ROYAUX DE GH£VAIJ£RI · texte numérisé non relu

DES ORDRES ROYAUX DE GH£VAIJ£RI

recevaient des pensions sur la dotation de l'Ordre , et il

y en avait aussi quelques-unes en faveur des plus anciens Clievaliers.

La décoration de l'Ordre est une croix d'or à huit pointes ponimctées tlii incme et éinaillée de blanc; il y avait , dans chaque angle , une fleur de lys aussi d'or, et au milieu l'iihage de Saint Louis cuirassé dor, ( Ouvert de son manteau royal, tenant de sa main droite une couronne de laurier, et de la gauche une couronne d'épines ; le fond du médaillon est de gueules ; il est entouré d'un cercle d'azur sur lequel est la légende : Ludopicus MagniLs instUutt

Au revers est un autre médaillon de gueules à une épée flamboyante d'or , la pointe passée dans une couronne de laurier liée d'une écharpe blanciie; sur une bordure d'azur est la devise, inscrite en lettres d'or: BeUicœ virtutis prœmium.

Les (chevaliers portent la croix attachée à la boutonnière de l'habit avec un ruban ponceau moire.

Les Commandeurs la portent attachée au bas d'un large ruban , passe en ëcharpe de droite à gauche.

11 en est de môme pour les Grand'- Croix ; mais, en outre, ils portent une plaque bi^ée en or sur le côté gauche des habits et des manteaux.

Lorsqu'un Grand'-Croix ou Commandeur de Saint- Louis recevait l'Ordre du Saint-£sprit, il devait renoncer au grand cordon du premier Ordre pour n'en plus porter que la croix ; il pouvait alors l'attacher par un petit ruban rouge au bas du cordon du Saint-£sprit , à coté de la croix de cet Ordre.

Pour se faire une idée des Français qui ont été ho-

OUPUB DU MJiBITK MILITAIAS.

norës de cet Ordre, et qui Font honoré en même temps, il est utile de lire l lu&toire de cet Ordre par M. d'Aspect, en 3 vol. in-S®.

Ordre du Mérite Militaire. 11 fut institué par le Roi Louis XV, le lo mars i 7 ^Q. Les officiers nés dans les pays où 1 on ne suit que la religion protestante, employés dans les régimens étrangers au service da la France, ne pouvaient être admis dans FOrdre de Saint-Louis, pour lequel il iltlluit professer la religion catholique romaine; et cet obstacle, qui les privait d'une des récompenses les plus flatteuses que la bravoure puisse obtenir, n'était pas de nature à pouvoir être levé; mais c'était un motif de plus pour que Louis XY les en dédommageât par une distinction de même nature, qui fût un témoignage public pour des officiers dont les services tendaient généralement au bonheur de TÉt^t et à la gloire du Souverain. Tels sont les motifs qui ont déterminé ce Monarque à fonder cette institution.

La différence de religion empêcha que le SLoi prit la qualité de Grand-Maître de l'Ordre , qui d'ailleurs fut

institué à l'instar de celui de Saint-Louis.

Il se composait de deux dignités de Grand'-Croix et de quatre dignités de Commandeurs, qui se partageaient entre les officiers supérieurs u llemands et les officiers supérieurs suisses; le nombre des Chevaliers était illi-* mité.

Les Chevaliers faisaient serment d'être lidèlcs au Iloi, de ne point se départir de 1 obéissance qui. lui est due, et à ceux qui commandent sous ses ordres; de garder et défendre de tout leur pouvoir son honneur ,

36o D£S OILDR£S ROYA.UX D£ CHKVAL£R1£.

son autorité, ses droits et ceux de sa couronne ; de ne

point quitter son service pour celui des Princes étrangers, sans son agrément et par écrit ; de lui révéler tout ce qui viendrait à leur connaissance contre sa personne et son Etat , et de se comporter en tout comme doivent de vertueux et vaillans Chevaliers.

La décoration était une croix d or à huit pointes pommetées , et anglée de quatre fleurs de lys du même, au milieu de laquelle était un médaillon de gueules, chargé d'une épée d'or, la pointe en haut, avec ces mots pour légende : Pro virtute beUicâ; au revers était une couronne de laui ier^ avec ces mots : Ludoi^icus XV instituit 175g.

Les Graud'-Croix portaient cette décoration attachée à un large ruban bleu foncé, passé en écliarpe, et ils avaient, en outre, une plaque brodée en or sur leurs habits et leurs manteaux ; les Commandeurs n'avaient pas la broderie , maïs ils portaient aussi la croix en écharpe; et les Clievaliers la suspendaient à la boutonnière de l'habit par un petit ruban bleu foncé.

OrDBES aOTAUX DE SAUfT-LAZARB ET DE NoTM-

Dame-du-Mont-Carmel. C'est le premier et le plus ancien de tous les Ordres de la chrétienté. Il fut institué par les nobles Croisés de Jérusalem, pour y gercer la cliarité envers les pauvres malades et les pèlerins , après quils eurent fondé, dès Tan 1060, plusieurs hôpitaux sous l'invocation de Saint-Lazare.

Le Roi Louis VIT, dit le Jeune, en 11 54, à son retour de la Palestine , amena en France une partie des Chevaliers de cet Ordre, les établit au château de fioigny , près d'Orléans , leur donna plusieurs autres pro-

ORDRKS ROYAUX DE SAIITT-LAZARE ^ 6tC. 36 1

priëtës, et les chargea de radmiiiistration de toutes les maladreries du royaume.

Les GheTaliers de Saiat-LAzare qui étaient restés en Terre-Sainte forent chassés de ces lieux, en ia53 ; ils se déterminèrent alors à suivre le Roi Saint-J^uis qui , pour reconnaître les services qu il avait reçus d'eux pendant son s^our en Orient, les unit aux Chevaliers du même Ordre fixés à Boigny , et les confirma dans la jouissance des propriétés dont ils étaient déjà possesseurs. Dès ce moment, le château de Boigny devint le chef lieu de cet Ordre, et le Chef des Chevaliers prit le titre de Grand-Maître de Saint-Lazare, tant deçà que delà des mers.

En i3o8, Philippe-le-Bel accorda des lettres de protection aux Chevaliers , et, en iSiy, Philippe-le- Long les maintint dans les privilèges de haute et basse justice de Boigny.

Vers 1490, l'Ordre de St. -Lazare avait heaucoup perdu de son éclat. Le Pape Innocent lY tenta de le supprimer, et de l'unir, avec tous ses biens, à St.-Jean de Jérusalem ; mais le parlement de France déclara ses bulles aibusives , et elles ne produisirent aucun effet.

L'avantage que l'Ordre avait remporté dans cette occasion augmenta la considération qu'on lui accordait. Cependant, il ne put se maintenir dans cet état de &veur; il décroissait de jour en jour , et il ne fut préservé de l'extinction dont il était menacé , que par la création de l'Ordre de Wotre-Dame-du-Mont-Cannel , auquel il fut uni avec la conservation de son titre.

C'est en 1607 que Henri IV établit l'Ordre de Notre-Dame-du-Mont-Carnicl. Parmi les nomhreux

Page 1