‹ De l'ancienne FranceChapitre 60 sur 105 · G'2 DES ORDRES ROYAUX DE CHEVALERIE · texte numérisé non relu

G'2 DES ORDRES ROYAUX DE CHEVALERIE

avaoUges que cette institution. lui offrit , les plus marquës furent de pouvoir promplement récompenser la

nohicsso ({ui ne l'abandonna pas dans les circonstances diiliciies où il s'était trouvé; de prouver la sincérité de sa conversion, et d'empêcher TeKtinction de l'Ordre de St.-Lazare. Il demanda à Paul Y la confirmation de son Ordre; le pape s'empressa de la lui accorder par sa buWe Jitmuinus Pontîfex, expédiée le lo février 1607. Cette bulle établit la forme de son administration et la nature de ses privilèges, conforinéincnt aux intentions du Koi. Quelque temps après, le Pape acheva de sa* tisfaire à tous les désirs de ce Prince, en donnant, au mois de février, sa huile Militandiun Ordinum , laquelle renferme les règles et les statuts de TOrdre.

Depuis ce temps, les Ordres de St.-Lazare et de Notre -Dame -du- Mon t-Carmcl ont continué d'être réunis, de manière que les grâces qui leur ont été accordées, ont toujours été communes , et le titre de Grand-Maître de Tun a toujoii» été iii6q>arable de celui de l'autre.

La dignité de Grand-Maitre fut successivement conférée par les Rois de France à Claude de Nérestan; à Charles, son fîls aîné ; à Charles Achiles, second fils de Claude; au marquis de Louvois, en 1673, sous le titre de Yicaire*général ; et enfin, au marquis de Dangeau, en 1693.

£n i^ati, le Koi Louis XY, voulant donner à l'Ordre une marque particulière d'estime et de bienveillanoe, d'après Favis de M. le Régent, nomma M. le Duc de Chartres pour remplir celle place. Après la mort de ce Prince, le Roi nomma son petit-fils^ JM* le Que /de^eriy.

ORDRXS ROYAUX DK SAllf T-LAZARB 9 etC. 363

depuis Dauphin, Grand-Maitre, et M. le Comte de St.-Florealin , administrateur.

MonsiEURy Conte de Provence, et d^nis Roi de France, sous le nom de Louis XVIII, nommé Grand* Maître, fît de nouveaux régleinens, on 1775, 1778, et 17799 qui donnèrent un nouvel éclat i cet Ordre. Il ordonna , par le premier, que les deux Ordres resteraient composé** de cent Clicvaliers divisés en deux classes, dout la première comprendrait tous les Che* valiers revêtus du grade de colonel ou de capitaine, et des grades supérieurs ; et la seconde , tous les autres , depuis le grade de capitaine eu second, ou d'enseigne de vaisseau, jusqu'aux premiers grades susnommés exclusivement Par le second , l'Ordre du Monl^Carmel resta attaché, d'une manière particulière, aux élèves de Técole militaire; le nombre de ceux qui devaient être admis était fixé à trois par an. Il leur était accordé une dispense d'âge et une ])cnsion de cent livres. Voyez le chapitre Moblessë militaire, article École militaire.

Si un de ces nouveaux Chevaliers avait le bonheur défaire à la guerre une action d'éclat, il était reçu sans autre preuve, et la réunion des deux croix, qui ne pouvait avoir lieu que dans cette occasion , était une des marques les plus honorables.

L& croix de l'Ordre était à huit pointes; die était émaillée altematîveBient de pourpre et de sinople (i), bordée d'or, anglée de quatre (leurs de lys du même; au centre était un médaillon sur lequel étaient représentées,

(i) Sinople, vcrtj terme de blason.

364 ORJ>]i£S ROYAUX DE CHEVALERIE.

d*uii coté 9 rimage de la Vierge, entourée de rayons d'or, et de l'autre, Timage de St.-LaaMrc sortant du tombeau. Cette croix était attachée au col par uu ruban vert moiré.

Les Chevaliers de la première classe , outre cette décoration, portaient, sur le côté gauche des habits et manteaux, une croix brodée en paillons d'or vert, chargée au milieu d'une petite croix d'argent, ornée de la devise Atavis et armis, et des chiffres SL, et MA; le tout en lettres d'or. Ceux de la seconde portaient cette plaque brodée en soie verte.

La croix de Notre-Dame-du-Mont-Garmel était à huit pointes , émaillée de pourpre et de sinople , bordée d or, anglée de quatre fleurs de lys du même; il y avait, au milieu, d'un côté, l'image de la Vierge, et de l'autre un trophée de trois fleurs de lys. Les Chevaliers la portaient attachée à la boutonnière par un bouton cramoisi.

Le Roi était souverain chef, fondateur et protecteur des Ordres unis de St. -Lazare et de Notre-Dame-du- Mont-Garmel, dont la Grande-Maîtrise était remplie, ainsi qu'il a été dit plus haut, par Monsieur, Comte

de Provence.

Par le règlement de 1757, il fallait être âgé de trente ans accomplis, professer la religion catho* lique, et prouver quatre degrés de noblesse paternelle seulement, pour être admis dans les Ordres. Les réglemensde 1773 et 1778 ont porté post^ieurement le nombre des degrés de noblesse À huit du côté paternel seulement, sans compter le récipiendaire, et sans anoblissement connu.

ORDRE OB &AmT-JKAIf DM, JBRUâALEM , etC. OrORR souverain KT HOa^ITALISR DB SAUTT-JEABr

1)K JÉRUSALEM , DIT AUSSI DK CiHYPRE, DE R HO DES ET

DE Malte. Des marchaaib de la ville de Melfi, au royaume de Napks, eurent permÎMion du Calife d'Egypte, inoyeniiant un tribut annuel, de bâtir, à Jérusalem, une église du rit latin, qui fut nommée Ste^^Ma^ rie-^^Latme; ils fondèreat à coté WEt monasl^, pour y soigner les malades, sous la direction d'un recteur, qui devait être de la uomination de Tabbé de Ste.-Marie-la*JLiatine : on y fonda de plus ime chapelle sous l'invocation de Saint-Jean«Baptiste, dont Gérard Tune, dit aussi de Saint-Didier, provençal de la ville de Martigues, fut le premier recteur, en Tannée ÎO99.

Godefroy de Bouillon, généralissime de l'armée des Croisés, ayant été élu Roi de Jérusalem, le 9.2 juin de la même année, enriclût cet hôpital de quelques domaines qu'il avait en France; d'autres Seigneurs imitèrent cette libéralité. Les revenus de l'hôpital ayant augmenté considérablement, Gérard, de concert avec les hospitaliers, résolut de se séparer de l'abbé et des religieux de Ste.-Marie-la-Latine, et de faire un Ordre à part , sous le nom de St.-Jean-Baptiste , ce qui occasionna de les nommer Hospitaliers ou Frères de l'iiO' piîxd de SU'Jeanrde'Jéruscdem.

Le Pape Pascal II, par une bulle de l'an 1 1 1 3, confirma les donations faites à cet hôpital, qu'il mit sous la protection du SL-Siége; ordonnant qu'après la mort de Gérard, les recteurs seraient élus pat* les hospitaliers.

Raimond du Puy, de Fillustre famille de du Puy- Mont-Brun, successeur de Gérard, en 11 18, don» na une règle aux frères elle fut approuvée par Ca-

366 ni:S ORDRES ROYAUX l>E Ctl£ VALERIE.

Hxte II, l'an rano. Ce premier Maître, voyant que les revenus de TlK^pital surpassaient de betuootip la dépense nécessaire à l'eatretieii des pèlerins et des malades, crut devoir employer le surplus à la guerre contre les infidèles : il s'offrit, dans cette vue, à Baudouin II, alors Roi de Jérusalem : il sépara ses hospitaliers en trois classes; les nobles, qu'il destina à la profession des armes, pour la défense de la foi et la protection dos pèlerins; les prêtres et chapelains, pour faire roffice divin ; les frères servant, qui n'étaient pas nobles, furent aussi destinés à la guerre et au servibe de l'hôpital : il régla la manière de recevoir les Chevaliers; le tout lut continué par Inuoceut II, élu Souverain-*Pontife le 17 février i j3o, qui, cette même année, ordonna que l'étendart de l'Ordre serait une croix blanche sur un fond rouge:. elle a loriné depuis les armoiries de l'Ordre, de gueules à la croix d*argenL

Après la peste de Jérusalem, ils se retirèrent à Margat, ensuite à Acre, quils défendirent avec beaucoup de valeur, en 1 5.90.

Le Soudan d'Egypte ayant envahi la Terre-Sainte, en 1291, les Hospitaliers, avec Jean de Yilliers de Ilsle-Adam , leur Grand-Maitre, se retirèrent dans l'île de Chypre, où le Roi Guy de Lusiguan, qu'ils avaient servi, leur donna la ville de Limisso, qu'ils habitèrent environ dix-huit ans.

£n x3o8, ils prirejit i'ile de lUiodes sur les Sarrasins et s'y établirent; ce n'est qu'alors qu'on commença à

les appeler Chevaliers de Rhodes, Equités Rhudu.

Andronic li, £mpereur 4e Oinstantinopie, accorda

ORDAB 0K SAflfT-JEAN DK JÉRUSALEM, etC. 367

âu Grand- Maître, Foalques de Yillaret, Tinv^titure

de cette île, en i3io.

L'année suivante , secourus par Amédée IV, Comte de Savoie, ils se défendirent contre une armée de Sarrasins, et se maintinrent dans leur île. On dit que c'est de ce Grand-Maître Foulques de Yillaret que ses successeurs prirent pour devises les quatre lettres F. £. R. T. , c'est-à-dire, fortitiido ejus Rhodum tenuit.

Le Grand -Maître Pierre d Aubusson la défendit, cxmtre Mahomet U, et la conserva malgré une armée formidable de Turcs, qui l'assiégea pendant trois mots. Soliman Tattaqua le 21 juin i52a, avec une armée de 3oo,ooo oorol>attans , et la prit le i4 décembre sui« vant, après que l'Ordre l'eut possédée ai3 ans.

Le Grand-Maître Philippe de Villiers de Flsle-Adani et les Chevaliers errèrent d'établissemens en établissemens, à Messine, aux îles d'Hyères, puis à Viterbe jusqu'en i53o, que Charles-Quint leur donna l'île de Malte, pour mettre son royaume de Sicile à couvert. Le Grand-Maître et les Chevaliers y arrivèrent le a6 octobre suivant. En r56S, Soliman fit assiéger Malte qui fut vaillamment défendu pendant quatre mois par son Grand-Maître Jean Parisot de la Valette ; les Che» valiers prirent alors le nom de Œe^aliers de Malte; mais leur véritable nom était celui de Chevaliers de V Ordre de Saintnfean''ik^érusalem. Le Grand*Maître se quaKfiait, dans ses titres, de Frater N, iV. Deî gra^^ tid sac/œ doinds hospitalis Sancti Joannis Hierosolymilani et mïù taris Ordinis Sancti Se/ju/cn Domini^ magtster kiûnihs pauperumque Jestù-ChrisU cusios. . Ïjr Chancelier do lliopital faisait remarquer à la

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