CHEZ U8 GAULOIS IT LES FRAITCS. I
sait les rois dans le corps de la noblesse : Reges es ruh . bilùcUe, Duces ex virtute sumunt : nec regibus infinUa, nec libéra potestas; e$ duces exemph potuis quàm im" perio prœsunt.
Les Francs faisaient tous profession de porter les armes; ils aidèrent Govis à faire la conquête des Gaules; ils étaient tous nobles d'une noblesse béréditaire^ et le surnom de Francs qu'on leur donna , parce qu'ils étaient libres et exempts de toute imposition, désigne en même temps leur noblesse, puisque cette eztmpticm dont ils jouissaient n*ëtait fondée que sur leur qualité de nobles et de compagnons de Clovis.
U y avait donc au commencement de la monarchie, trois sortes de nobles en France:
I** Les Gaulois, qui descendaient des Chevaliers de cette nation , et qui faisaient profession de porter les armes;
7? Les Romains, qui descendaient des Chevaliers ou magistrats de cette nation , lesquels, à l'exercice des armes, joignai^t plus particubèrementradministffation delà justice, du gouvernement civil et des finances.
3* Les Francs, qui, vainqueurs des Gaulois et des Komains, conservèrent leur ancienne franchise, et ne formèrent plus qu'une même nation avec les nattons vaincues.
De cette manière, tous ceux qui faisaient profession des armes étaient réputés nobles également, de quelque nation qu'ils tirassent leur origine.
Les FYancs, qui avaient aidé Chi^is dans sa conquête, s€( considéraient plutôt comme ses compagnons d'armes que comme ses soldats^ c^, dit M.^de fioulainvillierSi
l8 DE LA IfOBLeSBB
Clovis n'était que le général d'uwe armée libre ^ qui l'avait élu pour la ooodinre dans des entrepriaes dont la gloire elle profit devaient étr«coniiniiiis.Eff€CliyemeQt, Tacite, en nous parlant des LeudeSy nous les montre, cImb les Germains, comme des hommes d'armes volon* tairesy qui suivaient les princes ou les chefs des diverses tribus de cette nation, dans leurs entreprises militaires: il ajoute, que la marque de distinction la plus ordinaire et la plus illustre pour les chefs , était d'être toujours entourés d'une jeunesse brillante et guerrière; que de là dépendait toute leur considëi^ation dans leur propre nation, et parmi les étrangers qpi recherchaient l'amitié et la protection de ceux qui étaient le mieux accompagnés, et il nomme les LeudeSy comités, c'est-à-dire eompagmns du prince; ce mot vient de leuth^ qui signifie en langue celtique, compatriotes, gens de même condition , et qui s'exprime en latin par le mot fidelis.
Il y avait une émulation singulière parmi cette troupe de compagnons {comités)^ afin d'obtenir qudque dis*
tinction auprès du Prince. Il régnait de même une vive émulation entre les Princes, sur le nombre et la bravoure de leurs compagnons. Dans le combat, il était honteux pour le Prince d'être inférieur en courage à ses compagnons : il était honteux pour les compagnons de ne point égaler la valeur du Priace et surtout de lui survivre. Us recevaient de lui le cheval du combat et le javelot terrible.
IjOs; compagnons de Govis dans les Gaules furent donc lés premiers Leudes connut dans notre àndenile monarchie , et c'est de ce mot que sont venus ceux de