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DES ORDRES ROYAUX 0E CHEVALERIE

Reine Catherine de Médicis que, dans les trois sièges

importans que les Chevaliers de St. -Jean de Jérusalem avaient soutenus contre les Turcs, e'étaieat trois Français qui étaient Grands-Bfaitres : d'Âubusson, qui défendit Rhodes; llsle-Adam, qui n'en sortit qu'après des prodiges de valeur, et y avoir fait périr cent quatrevingt mille Turcs; et Parisot de la Valette, qui fit lever le siège de Malte, en i565.

Le Grand -Maître était le chef suprême de l'Ordre; les Chevaliers lui devaient une exacte obéissance pour ce qui concernait les statuts de l'Ordre. Il comptait au nombre des Souverains de l'Europe.

Le gouvernement de l'Ordre était monarchique sur les habitans de Malte et des îles voisines, et sur les Chevaliers , en tout ce qui concernait la règle et les statuts de la religion; et aristocratique dans la déci* sion des afiaires importantes, qui ne se Élisaient que par le Grand- Maître et le Sacré -Conseil de TOrdre réunis.

Ce Sacré-Conseil était ou ordinaire-oa complet; le Conseil ordinaire était composé des Baillis conventuels,

des Grands-Prieurs et des Baillis capitulaires , de l'Evêque de Malte et du Prieur de l'Ëghse. Le Conseil complet admettait encore de plus les anciens Chevaliers de chaque langue. Le Grand-Maître y avait deux voix.

Les Chevaliers donnaient au Grand-Maître le titre d'£minenoe, et' le peuple qui lui était soumis, le titre d'Altesse.

L'Ordre de Malte était divisé eu huit langues ou nations, mais depuis l'extinction de la langue d'Angleterre, on n'en coinpta plus que s^t; elles avaient

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diacune à leur tête ua Bailli cofwcntuel , qu'on nommait aussi PUier, et qui était ua des premiers Grands- Dignitaires de FOrdre , après le Grand-BIaltre , et faisait sa résidence à Malte.

La langue de Prwencty dont le Bailli conventuel Aait Grand-Commandeur de l'Ordre et Pl^dent-né du Trésor.

La langue d* Auvergne y dont le Bailli conTentuei était Grand-Aumonier de TOrdre, et commandait la

Milice.

La langue de France, dont le Bailli était Grand* Hospitalier de l'Ordre.

La langue dfluàie, dont le Bailli était Grand-Amir rai de TOrdre;

La langue d^Aragon, dont le Bailli était Grand- Conservateur de rOrdre.

La langue d'Allemagne ^ dont le Chef était Grand- Bailli de rOrdre, et chargé des fortifications et des places fortes.

langue de Clastille , dont le Bailli était Grand- Chancelier de rOrdre.

La langue ttAngleUrref qui avait pour Chef le Turcopolier, ou Colonel de la cavalerie de TOrdre.

Cette langue, qui s'était éteinte par le schisme d'Henri YUI , semble renaître de nos jours par le dé* vouement et l'honorable philantropie de quelques Chevaliers anglais et français , qui ont fondé , à Londres même, un hôpital à Tinstar des premiers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dans lequel les pauvres malades sont accueillis avec le plus noble empressement.: cet établissement a servi d'asile & un nombre t. 14

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eonsidérdble de cholëriqim , Imque ce flëau frappa aaguères cette cite populeuse.

La langue de Bavière qui fut créée ea i^&a , sous le Orand-Maitre Emmanuel de Rohan.

La langue de Provence tenait le premier rang, parce que le bieoheureux Gérard et Kaymood du Puy, consi'^ dérës cx)mme les deux premiers Grands - Maîtres et Fondateurs de l'Ordre, étaient nés en Provence. . L'hôtel de chaque langue, à Malte » s'appelait aaberge , parce que les Chevaliers de ces langues y allaient manger et s'y ass^nblaient d'ordinaire.

Les bénéfices de l'Ordre étaient les Grands-Prieurés, les 3ailliages capitulaires , et les GoipmanderieSy avec les revenus qui y étaient attachés. 1

C'était le Grand -Maître qui conférait toutes ces dignités et tous ces bénéfices.

Les Commanderies étaient au nombre de 94 ^ savoir : 46 dans le Prieuré de France; 28 dans celui d'Aquitaine; 20 dans celui de Champagne; 5oo Clievaliers; 70 Chapelains et Serrans d'armes.

Les Commanderies de Malte étaient des biens appartenant à rOrdre, dont l'administration était confiée à d'ancien$ Chevaliers ; c'étaient moins des l)énéâces que des fermes. Les Commandeurs ne les convertirent en jbéoéfices , qu'en payant au Tré^r de l'Ordre un tribut copsidérable, qu'on appela respojnsion*

Pour ^tre Commandeur, il fallait avoir fiut profie^ sion, c'est-à-dire, être Cl lev aller projh^ ^ et être de la nation ou brigue oi^ é^ût située ia ComnMMMlerjje.

Les Commanderies étaient afjPbcAéeSy les unes aux Chevaliers, les autres aux Chapelains et servans d'armes.

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Elles étaient de justice ou de grâce, selon quelles étaient conférées.

Les Gommanderies de justice se donnaient par rang d'ancienueté. Pour pouvoir y prétendre, il fallait avoir résidé cinq ans ï Malte, et avoir fait quatre caravanes , c'est-à-dire , quatre campagnes sur les vaisseaux de la religion.

Quand on avait amélioré sa Commanderie par des réparations considérables, on avait droit de passer à une plus riche, par droit diaméliorùsement.

On appelait Gommanderies de grâce celU s qui étaient données par le Grand-Maître ou Grand^Prieur, sans observer le rang d'ancienneté. Il était alors indifférent qu'elles fussent affectées par leur fondation aux Ciicvaliers ou aux servans r on pouvait les donner indifféremment aux uns ou aux autres.

Tous les cinq ans , le Grand-Maître avait droit d*en conférer une à ce titre , dans chaque grand - prieuré. Les Grands - Prieurs avaient le même droit, chacun dans leur prieuré.

Les Gommanderies magistrales étaient celles qui appartenaient de droit au Grand-Maitre dans chaque grand-prieuré. Il pouvait les posséder par lui-même, ou les donner à qui il lui plaisait.

Get Ordre se composait en outre :

Des Ckêvtûiêrs de justice y c'est-à-dire, de ceux qui avaient fait leurs preuves régulières de noblesse, qui consistaient en quatre degrés paternels et quatre degrés maternels, devant former cent années de noblesse : ces Chevaliers devaient également avoir payé leur passage, qui consistait dans un droit de réception, dont les de^

ORDlIfS M CHBVALRnie.

niers étaient versés dans le trésor de l'Ordre , et qui se montait à 3,i55 livres avec les frais. Le nombre de oes Chevaliers ëtait illimitë, et c'était parmi eux qu'on choisissait les Baillis , les Grands-Prieurs et même les Grands-Maîtras : Fâge de majorité était seize ans.

Des Qiaptiains conventuels ^ qui étaient reçus diacoSy diacres ou clercs conventuels depuis dix ans jusqu*à quinze. Ils devaient, comme les frères servans iTannes, prouver seulement leur naissance d'un légi» ttme mariage et d'une famille honorable dans la bourgeoisie : ils ne pouvaient , dans aucun cas, lors même qu'ils eussent été de naissance noble , parvenir au grade de Chevalier, dont l'état était incompatible avec le caractère d'un ministre des autels. Leurs fonctions étaient le service spiritud dans les églises de l'Ordre : c'était de leur classe qu'on tirait Févéque et le prieur de l'église de Saint- Jean , qu'on décorait dès lors de la grand'-croix de l'Ordre. Les autres chapelains pouvaient, avec la permission du Grand-Maître, porter la croix. Ceux qui avaient passé Fâge de quinze ans, devaient obtenir un bref du pape pour être admis. Le droit de passage pour les chapelains était de 5,3aa livres tour* nois, et pour les diacas de g6o livres.

3* Des Frères sermns d' armes , qui étaient employés au service militaire. Ils étaient admis à 1 âge de seize ans : on n'exigeait de leur part aucune preuve de noblesse; ils devaient seulement prouver, comme les chapelains conventuels, qu'ils étaient issus d'une famille honorable dans l'ordre de la bourgeoisie , et nés d'un légitime mariage. Ils pouvaient obtenir, par leur valeur et leurs services, detre créés Chevaliers

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de gràoe : ils portaient h croix émaillée, avec la permu-

sion du Grand-Maître. Us payaient aussi un droit do passage , qui était de 19890 livres tournois*

Il existait encore trois autres classes pour le service spirituel et pour celui de l'hôpital, c'étaient:

I** Les Prêtres d'obédience y qui prenaient l'habit de l'Ordre, en frisaient les vœux, «t s'attachaient au service de qudqu*une des églises de l'Ordre, sous l'autorité d'un Grand-Prieur ou d'un Commandeur auquel ils étaient soumis. Us pouvaient porter la croix blanche sur leur manteau, avec la permission du Grand*Maitre;

2" Les Se/vans d'ojjice , qui étaient destines au service de riiopital;

3^ Les Danois ou Donnés, qui portaient, d'après la permission du Grand-Maître, une demi-croix d'or à trois branches seulement et une demi-croix de toile blanclie sur leurs habits : ils pouvaient être mariés.

Les Chevaliers profès- étaient ceux qui avaient fait leurs vœux de religion, et qui ne pouvaient plus se marier. Us étaient tenus ^ après leur profession, de porter sur leur halnt ou manteau la croix de toile blanche \ huit pointes ,^ qui était la vérilable marque de leur profession. On ne s'engageait ordinairement dans les vceux que lors({u'on était sur le point d'obtenir une Cornmanderie.

Les Chevaliers de grâce étaient ceux qui, étaut ou n'étant point nobles, avaient obtenu, par quelques services importans ou quelque belle action , la faveur d'être admis au rang des Chevaliers de l'Ordre^ avec diminution ou dispen^ du droit de passage.

Les Chevaliers de minorité étaient ceux qui étaient

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