CHAPITRE XXX
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MM tUMCMAMUmm.
Lorsque la chevalerie coinnuença à obtenir de la oon-
:»ulération parmi les Princes chrétiens , la plupart des villes voulurent que leurs magistrats fussent honorés de la dignité de Glievaliers, afin qu'ils eussent plus d'autorité. Ainsi , dans les lieux ou le peuple s'était rendu le maître à rexclusioii des nobles , oi) éleva à la dignitii de Chevaliers, des bourgeois f des marchands, etc., etc.. On vit bientôt cette chevalerie se répandre en Franee, en Italie et en Allemagne, de sorte qu'au temps du concile de Constance, presque tous les députés des villes, (|ui s'y trouvèrent , étaient chevaliers.
En France, ils prirent goût pour une sorte de fête qu'on nommait alors toupineurc ou toupiniez: c'était leur tournoi. Us y couraient au £iquin, au pot cassé, au baril plein d'eau, au sac mouillé, se musquaient, et se livraient à certaines débauches.
. Le P. Ménétrier fait mention de plusieurs de ces £Hes, dont Tune des plus célèbres se fît en 1670, i Neuville , à deux^ lieues de Lyon, où se trouvèrent vingt-une compagnies de CheifaUers de différenies viiles: chaque compagnie était composée de deu^ cent soixante- un Ckepa^
4u8 DES CHJEVAUEAS-BOUAGEOJS , etC. -
Uers. C'est le glorieux titre que prenaient les bourgeois^
les TTiarchands , les cabaretiers et tous ceux enfin qui étaient admis à ces réjouissances.
L*abus de faire des Chevaliers dans ces sortes de fêtes obligea le Hoi Philippe-le-Bel de les défendre momentanément, par -son. ordonnance du 128 décembre i3iti. Cette ordonnance nous apprend que ce n'étaient pas seulement les bourgeois, et autres personnes de pareille condition, qui se laisaient armer Cheval iei^, dans ces prétendus tournois, mais aussi que les gentilshommes et les nobles , qui n'avaient pas l'honneur d'être agrégés à quelque ordre de chevalerie , se servaient de ces occasions pour ajouter le titre de Chevalier à celui de noble.
11 existait aussi en France certaines provinces ou les bourgeois prétendaient être en possession, de temps immémorial, de pouvoir être armés Chevaliers par les Barons ou par les Ai ciieveques , et de jouir des privilèges de la chevalerie sans la permission du prince. Ce droit était fondé sur une ancienne charte du Trésor royal , dont voici les termes : Notum facimiis quod usas et cotisuetudo sont, et fuerunt longissimis tem-
poribus obsejvatœ et tanto tempore^ quhd in contrarium memoria non escistity in senescaUâ BélUcadriy et in provincid, quod Burgenses consuevemnt à Nobilibus y et à Baronibus, et etiam ab Archiepiscopis ^ sine
principis autoritate et Ucentiâ^ impunk cingulum mili" tare assumere, signa militavia Jiabere et portai e , et
gaudere priifilegio militari. Die Martis post octavam
pehtecostes anno Domini i 298 ( Ex Charia et Carto-
pfiîL Regio scrinio ordmat. i^foL aay).
DES cHKVALUois-ioimGisois 9 etc. 409
a Les iiiarcliands et les bourgeois , dit le P. Mëoestrier, voulant se distinguer des artisans et du menu peuple, qui demeuraient avec eux dans les villes, ou qui habitaient la campagne, firent connue un nouvel Ordre de la noblesse civile, donnant le nom de roturiers et de Vilains h ceux qui remplissaient ces professions ; et pour se distinguer d'eux, ils s'établiront seuls capables de tenir les dignités populaires et nuiuicipales , se firent cheh des métiers, de la milice bourgeoise, des magistratures civiles, et demandèrent même quelquefois la chevalerie à leurs Seigneurs, et prirent la (|ua- Hté de nobles et d*ëcuyers par la tolérance des Princes. »
« On voit, continue-t-il, des marques de cette chevalerie bourgeoise dans plusieurs anciennes villes d'Allemagne, des Pays-Bas, de France, d'Italie et d'Espagne, où ils avaient des privilèges particuliers. A Bourges, en Berry, il y avait, pour les bourgeois, une espèce de table ronde, composée de quatre Chevaliers et d'un chef, en il^SG, Ën 14999 le nombre fut de vingtquatre. Ils s'assemblaient dans Téglise des Carmes.»
« Plusieurs Évéques, selon le même auteur, prétendirent avoir le droit de donner eux-mêmes la chevalerie aux Seigneurs de leur diocèse et à leurs autres vassaux. Et comme ils étaient obligés de soutenir des guerres privées, où tous leurs vassaux et sujets devaient les servir, les nobles à cheval , les bourgeois , et les gens de poeste, comme on les nommait alors, à pied, n'ayant pas toujours assez de vassaux nobles pour (aire une ca^ Valérie considérable , ils-fircnt Chevaliers les bourgeois,
4iO DCS itcUYERS.
iiiarchaïKis , hôteliers, et autres pareils, qui pouvaient eatretenir des chevaux. »
Les auteurs de VArt de vérifier les dates , au règne de Charles YIII, disent : a On avait fait, sous les rè» gnes préoédens, des Chevaliers *-ès-k>is« On fit, sous oetni-ci , des Cheval iers-ès-marchan^se. » Lettres de Bernard Âbzat, lieutenant-général au 4uplié de Guyenne pour le Duc de Bourbon : « Savoir fiûsons que pour le « bon rapport qui fait nous a esté de la personne de « Jacques Marce , bourgeois et marcliaud de la ville de a Tulle , lavons passé Chevalier à lofEoe de marchana dise, et nous a faict serment audict Seigneur en tel « cas accoustumé , en présence de plusieurs inaistres (c Chevaliers eu marchandise , et païé les droits et dea voirs açcoutusmés. Fait à Bergerac, le i6* jour de a novembre, l'an mil (jiiatre cent quatre-vingt et trèze « {Baluze, Hist. Tutel. , pr. coll. 7^7 — 788.)»