DES VARLET
Alexis , fils de TEmpereur grec Isaac Comnène , le valet de Constantinople :
Ensi furent li messager envoyé en Allemagne,
Al valet de Constantinople et al Roy Phelippc d'Allemagne.
Nous trouvons aussi , dans un compte de la maison du Roi , daté de la Pentecôte de Tan 1 3 1 3 , que Louis , Roi de Navarre, Philippe, Comte de Poitou, et Charies, eufans du Roi de France Philippc-le-Bel , ainsi que plusieurs grands Seigneurs , sont qualifiés de valets.
Dans les registres de la Chambre des comptes , on voit deux titres du même Roi Philippe , dont Tim , de l'an contient que valet est un serviteur noble,
qui allait partout où le Chevalier son maître lui commandait ; par l'autre titre, qui est de 1297, ce Prince qualifie de valet et damoiseau Aimery de Poitiers en ces termes: Phi lippus, Dei gratiam Francorum Bex, etc., dilectus et Jidclis valet us nos ter Aimericus de Pictavis, doniicellus.
Ce même Roi fit une ordonnance à Longchamp , le 10 juillet i3o9, dans laquelle il est parlé de Huet de Bcaujeu, valet de la Reine, c'est-à-dire, éctiycr de la Reine.
Guillaume de Lczay est employé avec la qualité de valet , au rôle des hommages rendus au Roi , à cause de la comté de Poitiers ; et Savary, Vicomte de Thouars, y est aussi qualifié de valet,
]^e titre de valet était autrefois si honorable dans toutes les clux>niquies, que Jean Froissart appelle Guy de Lusignan valet du Comte de Poitou.
Duchesne, dans V Histoire de la maison de Richelieu,
DES vijujm. 4^5 «appoftoiHitîCreikrMi i3W>i , dm faqual GiiiUMmut
du Plessis se cfuaUfie de Taiet , qui si^ifie éeaffit mï damoisel ; et il ajoute cette piuticularité, que les uubks ifok s'inlitiftlMail valets diioniient à cwMakrR parJà , ifu'ëtant issus de Ghevatiers , ils prémdaient aussi k 1 -Ordre de clievalerie , obtenu par leiu*s pères. Il cite eosuilB plusieurs litm amens, oii uu particulier, qualifié de valel, se dit fils d^-nn Obefulicr Gasse; un ancien poète , parlant du jeune Richard , Duc de Nor- «audie^ dit:
Ni a cre mic Chevalier, cncor crc valeton, N'avoir encor envis ne barbe, ne guernon, etc.
Ex Boulainvilliers s'j&xprime ain^ : «U est à remar* quer %u*il j avait deux sortes de valets à la suite des Seigneurs dans les temps où la noblesse fournissait les troupes de TÉtat; et pendant le temps aus:>i que dura la gendannerie d'ordonuanue^ bstituée par la réforme 4|ue fit Charles VBL II y avait des varlets qui étaient nobles, mais non encore Chevaliers, et les gros varlets, jifxi étaient ce qu'on appelle aujourd'liui vsdeti et laquais. »
Ducange ajoiUe qu'en appelait valets los en&ns des grands Seigneurs, qui n'étaient pa» anoore promus à rOrdre de chevalerie ; et qu'on a donné ce titre à des officiers de la maison de nos Rois, en le faisant suivre de celui de leurs fonctions , tels que valet-tranchant du Roi, valet-édianson , etc., etc. Ces charges de valettranchant du Roi ont été exercées par les plus grands du royaume; et Gauvain de Dreux , Prince du sang de Fntnoe, n'a pas cru dégénérer en en prenant la qualité,
426 m vARLm.
comme ou le voit par une quittance enregistrée à la Chambre des comptes, scellée du sùmx de Dreux,. et datée du a4 septembre 1407.
Jusqu'au règuc de l'rançois V^, il fallait être geutiU homme pour remplir la çliarge de valet-de-chambre du Roi ; ce fut ce Prince qui permit aiiz plébéiens de le servir en cette qualité; aiiparavaut, ils uc pouvaient être que valets de garde-robe. '
Le titre de varlet ou valet équivalait à celui d'éctqrer, ot il fui principalement employé par la noblesse du Poitou. .
Plusieurs auteurs, en parlant de l'institution des jeux de cartes, qui eut lieu pour distraire le Roi Charles VI, lorsque ses accès lui laissaient quelques intervalles de tranquillité , disent aussi que ces cartes &is2Ûent aUtision à la royauté et à la chevalerie , èt que ^^^l&tfé valets qui s'y trouvent représentés sous les noms d^Ogier, Lancehtf La Hire et Heçtor, étaient deiif*^^sîc'sbti> nages historiques ; les deux premiers i:oiiiAke héros dû temps de Charlemagne, et les deux autres, Hector de Galand et La Hire, comme capitaines distingués du siècle. Ils ajoutent que les quatre valets représentaient le corps (le la noblesse , et que les rois et reines représentaient la royauté. . . - • >n^j<^ sma^%'