‹ De l'ancienne FranceChapitre 78 sur 105 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

WJ GBIfTILHOMMB DB ROM BT D*ABMB8 » ET DBS HOmBUBS DB LA GOUB.

Chez les Romaias on appelait gentiUs celui qui ëtait në d*uiie famille libre et ingénue, c^estpà-dire d'une race

qui avait été libre de toiil temps, et qui ii avait jamais été sujette à aucune espèce de servitude ^ GetuMes sunt qui înier se eodem nomine suni, ab ingenuis oriundi sunt, quorum mnjoiuin nemo senitudinem seivà'il , qui capite non sunt diminuti. (^Cicer. in top.) Parmi eux, la gentiUié était prise pour uile ancienne race. Selon Amnien-Marcelliii, les troupes les plus estimées des Romains étaient les scutarii et \e&getUiies, et c'est enfin de ce dernier mot dont nos historiens font dériver Torigine de gentilhomme , gentis homo , qui a une race à lui, qui compte une famille connue. Chassanée ex* plique : Nobiles^ seu gentiles, et Budée dit : Gen* ti/es homines pro nohilibus appellantur ; quasi inge^ nui ab origine et quorum majores seivitutem nuUam prorsùs senderuni. D'antres historiens ajoutent : Nous appelons nobles de sang ceux qui sont nobles de temps immémorial, et dont on ne saurait dire ni prouver par écrit quand ils oômmencirent à Tétre, ni de -quel Prince ib reçurent cette grâce : or, est-il que les hommes tien*

nent cette obscurité plus honorable que si l'on connais» sait distiuctcmcnt le contraire.

Les gentilshommes de nom et (Tarrnes sont ainsi nommés parce qu i)s portent «euls, entre les nobles, le nom de leur race depuis que le surnom et les armes sont héréditaires dans les familles , ce qui n'a pas commencé avant le dixièmie ^ècle, coomie le reconnaissent tous les savans qui en ont cherché l'origine : André Duchesnes, Spelman, Fauehet, Du Tillet, etc.

Ducange dit que le gentilhomme de nom et d'armes est oekiî qui porte le nom ei hs ttrmes de ses ancêtres , et qui est issu d'une noblesse immémoriale du côté palernAîl «t du côté matenieL

Le gentilhomme de nom èt d'armes n'est pas , no&«seulement celui qui fait profe^ssiou des armes, mais en- Qove celui qui vient 4'une £uniUe ancienne dont il porte Yé&i et le nom : Eum nomiae et armis nobikm esse qui proprii cognominis tcssemm gentiUtiam gestat , et co sanguine genitus est, cu^us idem insigne et nomen INvpria sont.

Selon l'avis de Montjoye, Roi d'armes de la toi- SOM d'oTy « nul ne devait porter la couroane d'or, sur « Ms armoiries, qu'il ne fik gentilhomme de nom et « d'armes et de cri. »

Oitta Aoblesse de nom et if armes 6st constatée par nûms .des fiimilles qui aont marquantes dans chaque province de f^ranoe; par la régularité et la continuité dos armes ; par Tusagc des cris de gueije , par la langue pociswion dos terres, fiefii et seîgpimirigs; par les alliaMoes prises lOonsfmmieDt aviee des ifimiilles ohevale* nts^pies^; par les qu^ifieations prises imciftnnement de

W OKM'i'fLBdliliB tifIL IfdM Wt I^'aMAS. 4^ Ghmliêr, DMiHiiMau , Banner^t, Bachelier, Écuyer ; par

les charges et dignités dont les familles ont été pouvues; par le» fondatioM d'alise; par les rangs que tes SumBes ont occupé dans tes assemblées de ta nation , Ains les Pariemens, aux baptêmes, aux noces, aux funérailles etaut sa^RM de nos ton; par la présenèe dans les tournois; par les sceaux, épîtaplies, tombeauiL el anCrés monumens publics.

Celui qui a été anobli peut bieB| arec le temps, do- Venir geniiihomme {k la tioMènie génération , c'est->kdire lorsqu'il justifie un aïeul et un père anobli et noble), mais jamais gentilliomme de nom et d'armes , puisque la noblesse immémoriale loi nnAïqueront, et c'est cette ancienneté qui fait la différence entre cette sorte de gentilshommes et les nobles de race, issus d anoblis par lettres ou paf charges. On peut avoir une noblesse tllostre par Feinploi dans les grandes charges ou dignités de l'État , sans pour cela pouvoir prétendre à la noblesse èe nom et d'armes, qui ne peut proyenir qoe dNme origine libre et immémoriale.

Ces maisons de noms et d'armes se sont formées, dans le coMieneement des fiefs, des surnoms et des armotfies, et se sont rendues remarquables par les cris de guerre et les exploits militaires; l'exercice des armes n'étant alors permis qu'à ceux qui vivaient noblement.

J'ai déjà dit que le gentilhomme de nom et d'armes était celui qui portait le nom de que lque province, ville, bourg, ch&teau, seigneurie ou fief noble, qui avait des armoiries propres à son nom , à sa famille, et dont la noblesse n'avait aucun principe connu , et ne procé-

43o DU aKNTILHOMME DE NOM ET d' ARMES.

dait pas du privilège et de la bienveillance du Prince.

Cerlum estquodnobiles ex origine sunt qui longâ série et pivsapidprœdeccssoruin kabentsua arma et insignia, et communiier tali tempore , agus inûii memoria non exstat in contrariumy etc,^ oui eorum prœclecessores simt.nobUes ex privilégia principis. (Ch^aiteus in

CATàLOG.)

André Duchesne, historiographe de France, dit que les geutilsfioinmes de nom et d'armes sout ceux qui peuvent montrer que le nom et les armes qu'ils portent ont ëtë portés de temps immémorial par leurs aïeux, et qu'ils ont toujours fait profession de cette qualité, dont on ne peut découvrir lorigine.

Il y a de la différence entre le gentilhomme de nom et d'armes, et le gentilhomme de quatre lignées. Le premier est noble de temps immémorial, et le dernier v ne justifie que de quatre quartiers d'aieux paternels et maternels» On exigeait cette noblesse des gentilshommes qui aspiraient aux honneurs, pour les obliger à ne prendre alliance que dans les familles au moins nobles de race, à peine de déchoir des principales prérogatives des uQbles; parce que c'était interrompre sa noblesse de quatre lignes, et obscurcir sa noblesse de nom et d'armes, que de se mésallier. îicx erai (dit Denis d'Halicarnasse) ne paiticiis cum pleheiis licita essent connubia,

François Goutier, Baron de Soutrey, dit que celui-là est gentilhomme de nom et d'armes, qui subsiste par soi-même, qui est noble sans déclaration du Boi, dont la noblesse et la réputation viennent des armes , et qui

en fait profession. 11 met encore au nombre des gen-

DU GnmtHomiE m jxou bt d'armes. 43 i tiishomines de nom et d'armes^ celui dont les tenans le

desservent par pleines armes, affectées au nom de sa famille, et qui ne sont ni d'adoption ni de concession.

Le P. Ménestrier ajoiite à cela, que le gentilhomme de nom et d'armes est celui dont le nom et les annes sont connues par les tournois, par des témoins qui sont du même ordre', et par les registres des hëraults, dans lesqueb sont inscrits les noms et les armoiries des plus illustres familles, et encore par les titres, quartiers paternels et maternels, sans aucan reproche de roture; que le» gentilshommes de nom et d'armes avaient ^it de porter bannière dans les armées, d'y représenter leurs armoiries et d'y crier leur cri pour rallier les troupes ; et que, par là, ces gentilshommes de nom et d'armes se distinguaient des autres leurs infiTieurs; et que nul ne pouvait se présenter pour combattra, dans les tournois , qu'il ne fut reconnu gentilhomme de nom et d'armes par d'autres gentilhommes de pareille qualité qui en rendaient témoignage; d'où est venue la coutume de justifier la noblesse par la déposition des témoins , qui était reçue dans les Ordres de chevalerie et dans les grands cliapitres.

On peut donc conclure de toutes ces opinions, que la noblesse de nom et d'armes est celle qui est d'origine inconnue, formée avec l'hérédité des fiefs cL le commencement des noms. D'abord, elle éclate par le cri du nom dans les armées, et par les armes érigées en trophée dans les combats sanglans, et en temps de paix dans les joutes et les tournois. Toutes ces marques d'honneur ont paru dès l'institution de la grande noblesse, et elles fout connaître la différence du gentil*

43a m ei^iiiHoiiia jde wqu et ji^MÊO»* faofims ôit nom 6t AwÊWtà avec les mmoUis. Ctr,

comme disait un ancien: qui autem jus gentilitatis et mqfonàtti imagines nuUas liabent, hi terne JilU H à tmrâ orti e# homines nmfi vofùàknUur*

La distinction de gentilhomme de nom et d'armes a toujcnyrs éié observé^ et dans les aacieiiQes chartes et par les Avers liislericiiSb L'ardomiaiiBe é^Oriésas, celles de Moulins et de Biois portent positivement que les Baiilis el SéfiocliauiL devront «tre choisis pairmi les gtntiHiofnnes é» nom et d'armes, oe qui exdat toitt-àfittt hBs nobles qui auvaicMl eu u» finm/àp^ de noblesse eonnuy c'est-à-dire, des lettres d'anoUissement.

La i|aalité de gemliUiomnie de nom et d'mnes imprime dons son mjet un osfraortfe s» acBiérent, qu'9 hi serait aussi difficile de s'en dépouiller que de sa propre cssetoee. Quoique Tintéiét puisse le porter qoclfnefiBis à accepter une adoption dns une ianttHe anoUie, et à en prendre le nom et les armes , il ne laisse pas néanmoins de cocœrver sa noblesse originelle. Les lois civîfcs ne peuvent jamais Im ravir son onraoitre quoiqu'il en qmtte les marques extérieures en jouissant de cette adoption y qui n'abolit pas ses droits de naissance.

Il n'en est. pas de mène du simple anoUt ; il ne peut jamais acquérir dans l'adoption ou dans l'alliance d'une ancienne maison , la qualité de gentilhomme de nom et d'armes; car cette qnalitë ne pentae œmmuniquer que par la naissance; le prince même ne peut faire un gentilhomme de nom et d'armes, ni un noUe de race, parce qu'il ne peut donner une ancienneté d'origine qui n'eadste pas.

La Roque dit que a les anoblis et leurs descendans

wm «BinriuoiiMB m mv n d'armes. 433 se persuadent, pour leur iiitërôt paitioulier, ^ue tous ks noUes soot égmjaf sab ib le troBpnt, attendit qu'U est CMteûi ifu'U y a iii^tf/i^te' dans la noblesse, et que les anoblis et leurs successeurs m sont plus de mène rang que les gentikhaounat de nom al d'aima.»

La noUaiie de non et d'anm est tout^^It Afià'. /iw» dans son origine; elle doit être sans reprociu al sans iachei c^'us vita ai omm pmàn Vf^iriom, "Vfl Mm ùtmunùêiê {JkictaÈgt).

La qualité de gentilhomme a été tellement en estime en France que nos Rois juraient souvent fttr imjoide g^fUUAamme , et qu'Us eDnaidénknt ce seraieM cemme fanfennanl toaSes les \ertui fni devaient le rendre i». vndable.

François P'', tenant son lit de justice, le ao dé ^

kve |5*7, 4saaaiida eaMsil i la ooai)Mignie et aux dé-

pûtes de la noblesse de France, par la bouche de Charde lik^urboR , Duc de Vendôme, s'il devait retounier primnior «a Espagne. Sur quoi, Sa Majesté leur dit : qu'il éUit né gentilhomme et non Roi; et qu'il n'y avait homme qui voulut garder les priviU^ cinnne lui.

Uj Aoi Henri IV, Aîsanft l'ouverture des États, à Sa'.nt43ueA de Rouen ,«11596, s'exprima ainsi : « Si « je faisais gipire de passer pour m^leoi orateur, « j'aurais apporté ki plue de belles parolca que de ima- « nés veloBlés; mais mon ambition a quelque chose « de plus haut que de bien parler: j aspiœ au titre de « Libéateur et de Restaurateur de la France. Déjà , « par k kveur du ekl , par les conseils de mes fidèles m serviteurs, et par 1 epée de uiu brave noblesse, de la-

« ifudle je ne dktingue ftoint mes Princes ,./« faati$é

434 DU Gfi5TILHOMM£ DE NOM £T d'/ULMXS.

« de Gentilhomme étant ie plus beau titre que nous jH)^

« sédions, je Fai tirée de la servitude et de la ruine. Je « désire maiutenaat la remettre eu sa première splen- « deur. Participez \ mes sujets , à cette secondie gldire , « comme tous avez participé à la première, etc. , etc. »

Un jour un Ambassadeur d'Espagne, témoignant à ce Prince la surprise qu'il éprouVait de le voir environné d*un aussi grand nombre de gentilhommes empressés à lui faire leur cour , en reçut cette réponse ; Si vous les vojrieii un jour de bataille; ils me pressent bien damntage.

Le nom et les armes d'une famille sont inaliénables. « Le fils aîné, dit Dumoulin, après le décès de son a père , a, pour son droit d'aînesse, le nom et les armes tt du défunt. » . *

La noblesse de nom et d armes était admise de préfiérence aux honneurs de la cour. Il n'est pas inutile d'expliquer ici ce qu'on entendait par cette espèce de privilège des honneurs de la cour et de la présentation au Roi, à la Jieine et à la famille royale.

Les richesses acquises par les plébéiens, anoblis par l'exercice des offices de finances ou le maniement des deniers publics, les mirent bientôt en état d'acheter des terres considérables qu'ils n'eurent aucune peine à biie ériger en marquisats , comtés , vicomtes et ùa/vnies , de sorte que les titres réservés anciennement a la no* blesse chevaleresque et féodale, ou de nom et d'armes, passèrent presque subitement dans une classe qui ne comptait d'autres services que ceux d'une administration de deniers qui lui avait été des plus profitables. La cour de nos Rois se vit doiiC menacée d'être envahie *

DU GxiiTluoiim M mv xr d'abus. 435

par ces nouveaux enrichis, à l'exclusioii de ces familles honorables qui avaient souvent vendu jusqu'à leurs dooiames ét leurs manoirs pour soutenir le Prince , et garantir le pays dans des guerres désastreuses : on craignît même que le Souverain, qui, dans les jours de combats, avait vu rangés autour de sa personne tous les genitilshommes du royaume, versant sans ménagement leur sang pour la patrie, ne retrouvât plus dans son palais que des hommes nouveaux , qui n'avaient d'autres titres pour s'y présenter que d avoir fait des fortunes immenses dans la mollesse d\uie administration paisible, dont rexercice n'offrait pas plus de gloire que de danger. Il parut donc convenable d'appeler Tancienne noblesse auprès de la personne du Prince en temps de paix comme en temps de guerre, et de la lui faire retrouver dans ses salons, couverte de la gloire qu'elle avait acquise dans les batailles. Pour parvenir à ce but, on n'introduisit plus à la cour que des familles de no^ blesse cheiHikresque , qui furent astreintes à faire des preuves rigoureuses, par titres originaux, établissant qu'elles étaient en possession du titre de ChevaUt'v ou diécuy'er, avant l'an i4oo, et qu'elles n'avaient jamais été anoblies ; et par une déclaration du règlement du Roi du 17 avril 17C0, il fut ordonné qu'à Ta venir nulle femme (1) ne serait présentée à S. M. qu'elle n'eût préalablement produit devant le généalogiste de ses Ordres trois titres sur chacun des degrés de la famille de son époux, tels que contrat de mariage, testament, partage, acte de tutelle, donation, etc. , par lesquels la

{t) Les hoiumes fureut obligés aux mêmes preuves.

436 w ovmaoMiB m moi wt d^aim».

filiation fût établie clairement depuis Tan i4oo. a De* fend sa Majesté audit gënëalpgi&te dadmettre aucun des arrêts 4e son conseil, de tes cours sttpérieims^ ju de jugemens rradus par ses dîflihms commissaires, lors de diverses reclierches de noblesse faites dans le royaume, et de ne recefoir, par quelque «asidéralion que ot puisse être , que des originaux , des titres de fiitniHe. , Toulant , à l'exemple des Rois ses prédécesseurs , n'accorder qu'aux seuls femmes de ceux qui sont issus d'une noblesse de race l'honneur de lui Atre présentées , S. M. enjoint également à son généalogiste de ne délivrer aucun certificat lorsqu'il aura connaissance que la noblesse dont on voudra feire preuve aura pris son prin^ cipe dans Vexercice de quelque charge de robe ou à'autt^s semblables qffices^ ou par des lettres d'oAo- UissemefU, exceptant toutefois dans de parais cas ceux dont de pareilles lettres auraient été accordées pmrdes sennces signalés rendus à VÉUU^ se réservant au surplus d'^cepter do cette règle ceux qui seront pourtus de charges dans la couronne et dans sa maison , et les descendans par mâles des Chevaliers de ses Ordres, lesquels seront seulement tenus de prouver leur jonction avec ceux qui ont été décorés deadits Ordres. »

Ces mesures produisirent l'effet qu'on devait néoessairenient en attendre, et la cour ne se vit plus peuplée que des familles dont les nrais étaient véritablement historiques , et dont les services militaires , civils et politiques étaient reconnus et respectés par la nati<Mi. Cependant, comme la sagesse et la justice ne président pas toujours à 'œuvre des hommes, on négligea dans Ja suite d'exécuter les intentions du Prince

ou GEirriLHÔHIfE J»E SOII IT dâsjêma, 4^7

«liilândt fiûtlerrfgieiMnldu i7«Yril iTSa^ctotteoioliit

des honneurs de la cour des familles méritantes qui preaaieat leur origine. ioit daos des anoblissemetu accordés poÊSr des setviem Mgnmiét rmdus à fÉêiUt soit ém Texercice àe$ charges de la magistrature ou de l'adminiaUatioa publique. Otte injustice attira lattentioii du Sonwaui, et le iUi liiiHnénie, de soa piopre mouve- ■MBt, wMémm les rigueurs des dispositions de son règlement, le supprima même, et écrivit la lettre qui suit à M. le duc d'Aïunoot, premier gentiihoinme de sa clnunlune, le 9 juillet 1774:

«t Mon cousin, j'ai vu les moyens que vous me pro- « poses pour remédier aux abus qui se sont glissés dam .* ks pvésenUtions à k œiir* le oon YÎens atecveus «pie « c'est à la noblesse la plus distinguée à jouir des bon- .« aeurs de la cour; mais je n'appmuTe pas les moyens « que wNis nt propesez pour y parwenir. Je reoonnâis «bien que le règlement de 1760 est mauvais; vous « m en proposez un autre qui est meilleur, mais qui, « pourtant, a ses inconyâiiens : il est beaueoup trop « fort aur des obèses qui sont tusoeptiUes de faveur; t outre oeb, nous retomberions dans Tabus du régie- « ment qmjbk erom à kms cmas quistmtdoHs k « ^^kn préiemUi que e*est un désbonnenr de ne pas « l'être, et souvent il y a des raisons qui en empêchent: 4x un gentilhomme peu ridie vient manger ses biens à « la œur et faire des aettîses, n*aynnt pas eu une édn- « cation convenable, quoique (railleurs étant d'une « grande naîsmnce. Outre cela, si l'on en excluait un « mauvais siyet, ja fiuniUe serait désfaonom, et quel- « que&îs mime U y a des gens de moindre naissance

438 ou GENTILHOIIME IMS BOM ET d'aBMIS.

« qui 9f! mettent dans le cas d'être présentes par de belles a actions, et c'est un aiguillon pour eux. Par toutes «c ces raisons 9 Yoicî ce que je règle. Le règlement de « 1760 n'aura plus lieu; ceux qui voudront se faire tt présenter s'adresseront au premier gentilhomme de « la chambre d'armé , qui me donnera lé mémoire que « j'examinerai , et par qui je- ferai bire réponse. Je veux « bien que vous disiez dans le public qu'il n'y aura que « les gens de naissance et de mœurs reconnus qui y se- « rcmt admis, et pas si jeunes qu'ayant. »

Cette lettre fait l'éloge de Louis XY : il avoue luimême que le règlement de 1760 esl maiwais ; qu*il laisse à croire à tous oeox qui sont dans le cas d'être présentés que c'est un déshonneur que de ne pas letre, et oblige ainsi une fonle de gentilshommes à se ruiner pour être présentés, ou par l'effet de leur présentation. : Il ajoute tt reconnaît qu'il y a des gens de moindre naissance qui se mettent dans le cas d'arriver jusqu'au trône par de belles actions, et. que c'est un aiguillon ' pour eux.

Le règlement de 1760 n'était point applicable, ou ne s'employait pas avec rigueur à l'égard des descendans des Maréchaux de France, des grands Officiers de la Couronne, des Ministres Secrétaires d'État, Contro» leurs- généraux des finances, Ambassadeurs, Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ; ils jouissaient des honneurs de la cour, ainsi que leurs femmes, sans être tenus de faire des preuves. 11 y avait encore une autre classe de familles présentées ; c'étaient celles qui l'étaient par grâce ou par ordre, c'est-à-dire que, n'ayant ni l'andennetë voulue dans l'Ordre de la noblesse, ni services

DO GBMTILHOma OB HOM ES DÂBMMB. 4^

rendus à l*Étal à fiure valoir, elles employaient

la seule faiseur, la seule autorité du Priucc pour être admises aux mêmes honneiirs que les précédentes. Les fiuniUes présoitécs formaient donc véritablement

quatre classes :

1° Celles d'origine chevaleresque, c*est-à-dire, d'une noblesse dont la soudie se perdait dans la nuit des temps, et ne rencontrait aucun principe;

2° Celles qui descendaient de Maréchaux de France, * de grands Officiers de la Couronne, de Secrétaires d'£tat^ Contrôleurs-généraux des finances, Ambassadeurs et Chevaliers des Ordres du Roi, quoique leur origine ne fût pas ancienne, et prit sa source dans des anoblis» semens ;

3* Les bâtards de nos Rois et de nos Princes , ou de grandes maisons qui s'étaient acquis de la considération par leurs services, de grandes charges ou des alliances;

4® Les familles qui , n'ayant ni Tancienneté de la noblesse ni services à faire valoir, avaient seulement obtenu cette fiiveur chi Prince, et ce nombre était infi* niment minime.

U existe encore en France une grande partie de c^ anciennes fimuUeschepaieresques, qui forment aujour» d'hui le noyau le plus honorable de la noblesse du royaume; leurs noms sont véritablement historiques, et leurs services sont consacrés dans les récits des évè* nemm civils et politiques de la nation.

On ne doit pas induire cependant de ce qu'une famille n'a pas fiiit ses preuves de cour^ qu'elle n'est pas ancienne ni cheiHÛertsque , attendu que beaucoup d'entre elles, craignant les dépenses qu'entraînait tou-

44o I>V GENTILHOMME DE HA.UT PAJIAOE9 etc.

jours la présentation, renoncèrent à se faire admettre, et restèrent paisiblement dans leurs manoirs.

Ces honneurs de la cour consistaient dans Tavantage lionorable d'être admis aux cercles du Souverain , aux bals de la JReine, à la chasse du Roi, de monter dans les ca rosses de S. M. ; enfin de soutenir, par un grand luxe, l'éclat qui doit nécessairement environner un grand Prince, et d'être pour ainsi dire au nombre de ses familiers.

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