CHAPITRE XLII
KOBLBSSB MUMIUPALB ET D'ÉCHBVIMAttB ,
OfTK AUSSI
NOBLESSÉ DB CLOCHE.
A Tînstar des anciens dëcurions des villes de l'empire romaiu, qui étaient nobles et privilégiés, la noblesse fut concédée par divers de nos Rois aux familles plébéiennes qui ocrupaicnt les premières charges municipales dans nos giandes cités. Ix* nom de noblesse de cloche venait de ce que les assemblées pour lelection des officiers municipaux se faisaient ordinairement au son du beffroi, ou grosse <*loelie de riiôtel-de-ville. Les lettres portaient anoblissement pour celui qui était alors revêtu de Toffice, et transmission à ses descendans milles, nés el à naître, eu léjjifime mariage, à la charge par eux de ne faire aucun acte de dérogeance.
Ces privilèges d anoblissement furent accordés aux officiers municipaux des villes suivantes :
P«//.v. Charles V, par ses lettres de 1^71, anoblit tous les bourgeois de Paris ^ avec faculté de prendre des armoiries. Ce privilégia fut confirmé par les Rois
47^ irontEssE muhiûipals et D'jicBSvnrÀGB. ses successeurs ; mais flennlll le rëstréigûit aux seuls Prévôts des marcliands et aux quatre Ëchevins de cette . ville y tant poîir eux'qué pour leurs en&ns, nés xm à naître, en légitime mariage, ëf % la ehârge de ne fiiin aucun acte de dërogeance.
La Rochelle 9 par le même Koi Charles Y, en mars
Poitiers y par le même, en décembre lîya. > uingoulénie , par le même, en l'i^'à* ^îài'Jean'^'j^gélfifB^le^fàêioe^ Saint'Maixent y par le Roi Charles Vtt, en avril
Tours, par Loui& Xi, le à février i46t. Niort, par le même, en novembre i46f . : . . Cognac y par le même, en 1 471. . - ,
Angers, par le même, en février 1474^.
Bourges, par le même, au mois de jiuil i474* Lyon , par le Roi Charles VIII , en i495- ^' f:; : PéronnCy par le Roi François P'', en i53^i' "*'' i^^r/i/ej , Par le Roi Francis II , én' 1559. Il faut ajouter à cette nomenclature les villes de Bordeaux, G ignoble. Vienne, Aix, Dijon, AbbetfUle, Reims, Orléans, Auiun-^ CAâlohs, Laoh, Soi^ns, Nirac , Bergerac , Condom , timoges\ Pirigueux , CaJiqrs, Beaumis, Amiens, C a lais , Perpignan, etc.
La noblesse d'échevinage et de niàîn« sevii^jM^^ ractère si authentique qu'elle fut reconiki^lrme m»> nière solennelle par les députés de la noblesse de France aux £tats-Généraux de Blois, en i588 , et que Henri III en fournit une déclaration formule par ses lettres-patentes de lannée 1 5 89.
* ikMiÊa^ imncoMn sriiD'iflutQi^Gi, 479
• Cependant, selon T^i Roque, si les Maires et EchevinSy après avoir été anoblis; par. Jlerarcioo 4^ leurs ' ' diftrgés, venaient à* dëtogcr, «Um» ni.^ix jii leur.pos* ' tërhé n'avàiént plus anoiine part au privilège de la noblesse, et étaient réputés ix)tuners.
Làt tégiahitMNi, à- Végard dea 4èlirg«ia'>i9H|}iugi^ ^' subit Biitâtit^âe wîiiiteB qoe celle qui qQnç^nait les *' ofticcs de judicature et de finance, et Ton vi(. souvent des édits 'mmveaux réfoqmr des.QWKacMiom .solen- " "'nettes, oth imposer des tans arUtmirai cpii reiiduent '* ' eéux. qui les payaient habiles à jouir de$ effets des an- " ' ciennes concessions; paruii ces éditât. je citerai. ceux du mois de mars 1667, registréas^.eB^lii Chambre des • Comptes et en la Cour des Aides ^ le 20 avril suivant; '* ' du mois de novembre 1706; du. mois 4e décembre '"'1706V rarrét du* ConseîUd'Ëtet xlu Aoti .di^, ii mai 1 730 et celui du mois d'avril 77 1 ; ce dernier surtout ' imposait une taxe de 6,000 fr. à. ceux qui voulaient jouir des jprivilëges accordés far les «acieniiies prdoniiances.'
Dans plusieurs villes, on exigea encore que Jes Maires et £chevttts demeurasseni plus ou moins longtemps sons l'exercice de leurs charges, ou qu'ils mourussent en fonctions, pour que leur postérité pût jouir des privilèges de la noblesse, quoique la, 4)1 upart des ' conicessions portassent gëaëralement le {urivilége de noblesse de mce ; dans d'autres villes, ou suivit le " ' principe : pâtre et at'o consuiHas, pour^que les des» cendans fussent' habiles k «e porter,au .rang des nobles. ' Il' faut' bien se garder de croire que les familles dans les titres desquelles on rencontre la qualiU^de Maire,
48o VOBLME lf17]fICIPAI.B ET D'iCHETIVAGE.
de Gapitôul, de Syndic, ou de Mayeur, aient pris 1* origine de leur noblesse dans Texercicc do ces cliarges et qu'^ cônséquenoOf elles peuvent être considérées comme anoblies, ce serait une erreur grave, parce que dans les douzième, treizième, quatorzième et (quinzième siècles, ces mêmes charges n étaient au contraire remplies , dans les villes de Toulouse, Bordeaux et autres grandes cités, que par ties personnages qui étaient de la plus liante et de la plus illustre noblesse; ce ne fut que vers la fin du seizième sièclé et époques suivantes que les familles plébéiennes briguèrent ces emplois, pour jouir, ainsi que leur postérité, des privilèges qui y étaient attachés.
liCS Maires et leurs Lieutenans, par l'article 5r de l edit de 170G, avaient le droit d assister aux cérémonies publiques, en robes rouges, semblables à celles des officiers de judicature.
Des Capitouls de Toulouse. C'étaient des magistrats civils, et militaires qui formaient, sous les premiers Comtes de Toulouse, avant layi , époque de la réunion de ce comté à la couronne , le conseil de ces Princes, plutôt qu'un corps municipal. Depuis, ces magistrats ont eu la police et le gouvernement de la ville.
Par lettres du si3 janvier Philippe-le-Hardi accorda aux Consuls ou Capitouls, et aux citoyens de Toulouse, la faculté de posséder des fiefs de Chevalier. l>e même prince, par d'autres lettres du 19 octobre ia83, confirma les anciennes coutumes de cette ville, sauf quelqties réserves ; Philippe-Ie-Bel , par lettres du a3 janvier 1297 (1^9*^ déclara que les Capi-