INFLUENCE SUR LES PHÉNOMÈNES LOCAUX DES BLESSURES
Cette influence est à considérer soit dans les cas de plaies des parties molles, soit dans ceux de fractures.
A. Influence de l'anémie sur la consolidation des fractures. Des renseignements nous sont fournis à cet égard parles expériences de Gabetin (1), dont les principaux résultats peuvent se résumer de la façon suivante: l’anémie obtenue par des saignées répétées, ralentit notablement la consolidation des fractures, mais sans en altérer le processus. L’intiltration inflammatoire des parties molles aux environs de la fracture est plus considérable que chez des animaux de même espèce non soumis à des pertes sanguines ; la résorption du sang extravasé se fait beaucoup plus lentement. Dans toutes les expériences, les animaux non saignés pouvaient se servir plus tôt de leurs membres que ceux qui avaient été anémiés ; la différence entre eux était sous ce rapport de dix jours environ.
(I) Voyez sur ce sujet :
Archiv fur normale und patliol. Histologie, von Rudneff, 1873, p. “216
Centralblatt fur Chirurgie, 1874, n° 12.
Et aussi, Revue des sciences médicales, 1875, t. V, p. 263.
De notre côté, nous avons tenté quelques recherches sur l’influence de l’anémie dans la consolidation des fractures, mais nous n’en avons obtenu aucun résultat. Le seul fait intéressant que nous puissions signaler est celui-ci.
Chez un lapin auquel nous avons fait une fracture de jambe, après l’avoir soumis à une perte de sang considérable (1x38 environ du poids du corps), les fragments ont perforé la peau, la suppuration s’est emparée du foyer de la fracture, et la mort est survenue le huitième jour. Un second lapin, placé dans des conditions en apparence identiques, n’a rien présenté de particulier.
C’est surtout dans les cas de fractures compliquées de plaies que l’on pourra, chez l’homme, étudier l’in fluence de l’anémie sur la consolidation. Il n’est pas très rare en effet de constater dans ces cas des hémorrhagies abondantes ; mais tant de circonstances viennent modifier la marche du traumatisme, que l’interprétation des résultats restera toujours fort délicate.
B. Influence, de l'anémie sur la marche des plaies , et en particulier , sur les résultats des amputations. Déjà, à propos des symptômes, nous avons signalé la part qui revient à l’anémie dans la mortalité, à la suite de certaines opérations.
Nous avons mentionné spécialement, à ce point de vue, la désarticulation de la cuisse. Une autre opération dans laquelle L’anémie joue souvent un rôle, c’est l’extirpation des polypes naso-pharyngiens. Il n’est pas
rare, dans ces cas, de voir des hémorrhagies extrêmement abondantes entraîner un résultat fatal. Aussi tous les chirurgiens se sont-ils occupés de cette grave complication. M. Pozzi (1) en a fait le sujet d’une étude spéciale, et il est arrivé à cette conclusion, que la brusque soustraction d’une certaine quantité de sang aux organes encéphaliques est la cause la plus importante de la mort subite, observée parfois dans le cours même de l’opération.
Dans l’ovariotomie, l’anémie traumatique joue aussi un rôle des plus importants au point de vue des résultats. Nous citerons à ce propos une statistique intéressante publiée par Kœberlé (2), dans laquelle l’auteur établit que la gravité de l’opération est proportionnelle à la perte de sang.
RÉSULTATS DE 69 OVARIOTOMIES.
Perte de sang.
Guérisons.
Morts.
Mortalité p. 100.
50 grammes
100 à 500 grammes. . .
500 à 1 .000 grammes.
\ .000 à 2.000 grammes.