‹ De l'Anémie de GrossesseChapitre 11 sur 16 · X. 22. Hb. 62 % ; Rouges : 4,020,000 ; V. gl · texte numérisé non relu

X. 22. Hb. 62 % ; Rouges : 4,020,000 ; V. gl

Sortie de l'hôpital. Etat général satisfaisant.

Examen du sang : 14. XII 22. Hb : 51 % ; Rouges : 3,744,000 ; V.

LS ONTS

gl : 0,6; Blancs : 5600, dont 71,6 % de polynucléaires neutrophiles, 15,3 % de lymphocytes, 2 % d’éosinophiles, 1,3 °%/o de myéloblastes.

Ce dernier cas est une très légère anémie de grossesse du même genre que le cas précédent, mais d'intensité beaucoup moindre, avec une formule semblable à celle d’une anémie secondaire.

En résumé, nous avons donc sept cas d’anémie de grossesse, d'intensité variable. Quatre cas sont graves, trois autres légers. À l’exception d’une seule malade qui mourut de son anémie, toutes les malades sortirent de l’hôpital guéries ou du moins très améliorées. Deux cas seulement présentèrent une formule sanguine très semblable à celle de l’anémie de Biermer (cas IV et V). Les autres s’en différencient totalement (cas I, VI et VII) ou au moins par l’absence de mégalobiastes (cas IT et III). La leucopénie fait partout défaut, sauf dans le cas IT où elle apparaît à la suite des injections de sang. Nous avons, au contraire, partout la leucocytose physiologique de la grossesse et surtout des suites de couches.

Il serait osé de tirer des conclusions générales à la suite de la seule observation de ces sept cas. Mais les cas publiés dans la littérature parlent aussi en faveur de notre opinion. Aussi croyons-nous qu’il n’est pas exact de faire rentrer les anémies de grossesse dans le cadre de l’anémie de Biermer. L’anémie de grossesse est un état pathologique à part, à formule sanguine variable. Elle n’est pas forcément pernicieuse, c'est-à-dire ayant une issue fatale, comme celle de Biermer. Au contraire, elle se termine dans la majorité des cas par la guérison. Sa cause primordiale est connue : c’est la grossesse. Elle peut parfois présenter le type de l’anémie de Biermer, cela lorsque l’organisme est profondément atteint. Sa formule sanguine dépend de l’intensité des lésions organiques et de la faculté de régénération de l’organisme.

Quels sont maintenant les symptômes cliniques qui, ajoutés aux transformations produites dans le sang (ces transformations ont été traitées dans la première partie de notre travail), complètent le tableau de l’anémie de grossesse ? Voici, à de rares exceptions près, la marche de la maladie : une femme enceinte, jusque-là en santé, se sent envahie dans la seconde moitié de la grossesse par une lassitude qui augmente de jour en jour. Le moindre effort l’essouffle, lui donne des battements de cœur. Son entourage est frappé de sa pâleur.

Les téguments prennent une coloration sous-ictérique caractéristique. Parfois la malade souffre de vertiges et de forts maux de tête ; des œdèmes apparaissent au visage et aux extrémités inférieures. Bientôt, à cause de la faiblesse qui augmente toujours plus, la patiente doit garder le lit. Le médecin appelé trouve une femme très pâle, apathique, au visage bouffi, se plaignant de difficulté à respirer, d’une grande lassitude, de maux de tête. L’examen clinique décèle la profonde altération du sang, des souffles anémiques au cœur, une rate souvent grossie. La température est parfois légèrement élevée, le pouls rapide, petit, la pression sanguine souvent élevée. Un jour, subitement, que ce soit à terme ou non, l’accouchement a lieu spontanément, facile, avec perte de sang légère. La matrice se contracte de facon remarquable. À la suite de l’accouchement l’état général s'aggrave, pour, au bout de quelque temps, s'améliorer et devenir normal. Le sang reprend alors sa composition normale. Si l’enfant n’est pas trop faible du fait de sa naissance avant terme, il vit et prospère. La guérison de la mère est parfaite et durable. Parfois, il est vrai, l’organisme anémié ne peut résister au sureroit de travail provoqué par l’accouchement et l’aggravation, au lieu de faire place à une amélioration, va en augmentant jusqu’à l'issue fatale.

Quel est l’âge de prédilection de l’anémie de grossesse ? Les primipares sont-elles proportionnellement plus atteintes que les multipares ou vice-versa ? Il nous a paru intéressant de chercher à répondre à ces questions en dressant un tableau statistique comprenant les cas de la littérature et les nôtres.

(Voir suite page suivante.)

MD ÉEES Voici ce tableau : CAS D'ANÉMIE DE GROSSESSE

Page 1