‹ De L'Anemie des Mineurs dite D'AnzinChapitre 31 sur 46 · FORME ANOMALE : AFFECTIONS CUTANÉES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

FORME ANOMALE : AFFECTIONS CUTANÉES SPÉCIALES

— Dans les fosses infectées d'anémie, et dans celleslà seules, il s'est développé de tout temps, et il se développe encore de nos jours, des affections cutanées, qui, bien que pouvant s'observer isolément et indépendamment de l'anémie, paraissent néanmoins avoir avec elle une certaine relation. Les anémiques que nous avons observés en avaient tous été atteints à plusieurs reprises. Enfin, ces accidents cutanés déterminent souvent un retentissement sur les voies respiratoires. Ce sont :

1° Une éruption papulo-vésiculo-pustuleuse, excessivement douloureuse (vulgairement ampoules), siégeant aux pieds et aux mains, et d'une manière plus générale, aux parties en contact avec les eaux de filtration des galeries et aussi avec le poussier de houille ; elle paraît devoir être rapportée à de l'eczéma ;

2^ DeTurticaire tubéreuse, appelée gourmes par les ouvriers, caractérisée par des nodosités rouges, indurées, s'étendant jusque dans le tissu cellulaire souscutané, et pouvant acquérir le volume d un haricot. Chaque nodosité dure deux ou trois jours, et d'autres lui succèdent, parfois durant quinze jours et même un mois ; leur nombre est souvent de deux ou trois à la fois. Elles se développent sur les parties qui se sont trouvées en contact avec Thumidité recouvrant les blocs de houille, de 12 à 24 heures après la contamination.

Quand les nodosités de l'urticaire sont nombreuses, elles s'accompagnent d'une bronchite catarrhale intense (catarrhe des gourmes)^ dont les atteintes répétées peuvent déterminer de l'emphysème pulmonaire.

Ces éruptions, observées chez les mineurs de Fresnes par Gravis et de Saint-Moulin en 1803, et par nous actuellement, paraissent identiques à celles qui atteignaient les ouvriers de la fosse Villars (Denain), du Chaufour, de la Grosse-fosse et de la fosse Saint-Pierre (Anzin), les mineurs d'Aniche (E. Buisson), et qui atteignent encore les bouilleurs des mines de l'Escarpelle, des bassins de l'Allier et de la Loire (Riembault), et des charbonnages belges.

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