DE COLIQUE SÈGHE DES MARINS
Selon Fonssagrives (i), les émanations que dégagent, abord des grands navires à vapeur, les masses considérables de houille qui s'y trouvent accumulées dans les soutes, espaces étroits et humides où la chaleur est toujours très-forte, parfois jusqu'à 45®, produisent une sorte d'empoisonnement, connu sous le nom de colique sèche, et se traduisant par des symptômes comparables à ceux qu'éprouvèrent les mineurs d'Anzin. « Nous avouons — écrivait le savant professeur de Montpellier — que la lecture des travaux publiés depuis Halle sur l'anémie des bouilleurs d'Anzin, nous a donné plus d'une fois la tentation de rapprocher cette maladie singulière, dontl'anémie et des troubles digestifs variés (coliques violentes, douleurs d'entrailles et d'estomac,
(1) Hygiène navale, 1856.
métédrismes, déjections noires et vertes) composent le tableau, de cette redoutable colique sèche, qui semble avoir accru ses ravages à proportion des progrès qu'à réalisés Thygiène navale, qui ne sévit qu'exceptionnellement à terre, qui aflTectionne de préférence les bâtiments à vapeur, ceux munis d'une cuisine distillatoire (et conséquemment de houille), et qui attaque surtout les hommes du bord que leur profession rapproche des feux (chauffeurs, boulangers, coqs, cuisiniers, etc).
Peut-être y a-t-il entre l'anémie d'Anzin et la colique nerveuse endémique des pays chauds plus qu'une analogie d'origine et de nature. »
On ne saurait douter en effet, que, si certains cas de ce qu'on appelle la colique sèche rentrent évidemment dans le cadre de l'intoxication saturnine, il en est d'autres qui n'appartiennent pas à cette dernière maladie, mais dépendent au contraire, comme l'anémie des bouilleurs, d'uûe intoxication par les produits de distillation et de combustion lentes de la houille. Sous la dénomination de colique sèche, se trouve alors confondue avec le saturnisme, l'intoxication par les dérivés de la houille, de « cette houille trop innocentée jusqu'ici, — dit Fonssagrives — mais que nous accusons à notre tour » . N'est-il pas intéressant de rappeler que Chaussier et Halle, consultés sur l'épidémie de Fresnes de 1803, avaient déjà cru devoir établir une comparaison entre l'anémie des mineurs et la colique de plomb (1) ?
(1) Voyez page 18.
S 6. ANALOGIES DE L*ANÉVIE DES BOUILLEURS AVEC LES INTOXICATIONS PAR LES DÉRIVÉS DE LA HOUILLE.
Nous ferons maintenant ressortir les analogies que présentent les symptômes et les caractères anatomiques de Tanémie des bouilleurs, avec ceux des intoxications par les divers dérivés de la houille. Cette comparaison ne pourra être aussi complète que nous l'aurions désiré, vu l'obscurité qui règne encore sur la plupart de ses termes. On sait en eflTet, que l'histoire médicale des intoxications par ces produits récemment découverts, est encore à l'étude. Pour les affections spéciales des gaziers, des ramoneurs de suie de houille, des distillateurs de goudron, des goudronneurs de boulons, des teinturiers de pilou par le chlorhydrate d'aniline, des nettoyeuses de gants, et les accidents causés par le brai, résidu solide de la distillation du goudron de houille, nous avons dû recourir à nos propres observations recueillies sans idée préconçue (i). L'empoisonnement par l'aniline et l'imprégnation par le brai, nous fourniront les analogies les plus frappantes.
TÉGUMENTS. — A la peau, l'anémie des bouilleurs est caractérisée par des éruptions spéciales, une décoloration avec teinte jaune, et par des sueurs.
Aux manifestations cutanées, localisées aux points en contact avec la houille, chez les ouvriers des mines à anémie, correspondent les éruptions causées par la
(1) Maladies et hygiène des ouvriers travaillant à la fabrication des agglomérés de houille et brai ; Annales d'hygiène, Mai 1876 et Nov. 1877.
coralline, le brai et les produits d'épuration du gaz d'éclairage, et les accidents cutanés occasionnés par l'action locale de l'acide phénique. La coralline qui sert à teindre certains tissus de laine, détermine aux points de la peau avec lesquels elle se trouve en contact, de l'inflammation et de la tuméfaction avec douleur, des vésicules aiguës sur un fond rouge, parfois des cloches» séro-purulentes, en un mot, une éruption eczémateuse [Bidard (i), Tardieu (2)], analogue à cet eczéma appelé « ampoules » par les bouilleurs. Il est vrai que, pour Eulenberg et Vohl (3), ces accidents seraient dus à l'acide pbénique qui accompagnerait toujours la coralline, ou à l'arsénite de soude qui sert à la fixer sur les tissus de laine ; mais nous ne croyons pas pouvoir nous ranger à leur opinion.
D'après nos recherches, les ouvriers de la fabrique d'agglomérés de houille de Saint- Vaast-lez-Valenciennes, qui manient le brai, sont sujets à des éruptions variées : acné, papules, vésicules et pustules, siège de picotements et d'élancements douloureux. L'examen microscopique de la peau d'un de ces ouvriers, nous a fait reconnaître la présence du brai en nature, dans le liquide des pustules, le derme et jusque dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Nous avons observé chez les ramoneurs des éruptions acnéiques papulo-pustuleuses démangeantes, causées par la suie de houille, qu'à décelée le microscope.
(1) Bidard ; Moniteur scientifique, 1868, p. 1048.
(2) Tardieu ; Mémoire sur Tempoisonnement par la coralline; Bulletin de TAcadémie de Médecine, 2 Février 1869.
(3) Des propriétés nuisibles et toxiques des couleurs retirées du goudron ; Viertelyahrschr. f. ger. u. ofif. méd., nouv. série, t. XII, no 2, 1873.
Les ouvriers des usines à gaz de Valencienues et d'Anzin, surtout ceux employés à l'épuration, présentent fréquemment des anthrax, des panaris et d'autres inflammations de la peau.
Chacun sait que l'acide phénique pur, appliqué sur les téguments, détermine de véritables brûlures avec chaleur et cuisson.
Nous ne mentionnerons pas les éruptions dues à la fuchsine ou rosaniline, décrites par Friedrich (i), Wed- 1er, Charvet (2), Viaud-Grand-Marais et Plantard (3), parce qu'elles ont été attribuées par Chevallier (4) et Tardieu (5) à l'arsenic qui sert à sa préparation. Néanmoins, l'analogie permet d'être encore réservé sur ce point d'étiologie ; d'autant plus que les nouvelles expériences de Feltz et Ritter sur les animaux démontrent que la fuchsine pure, non arsenicale, est toxique (6).
De la décoloration anémique avec teinte jaune de la peau et des muqueuses des bouilleurs, nous rapprocherons la décoloration très-rapide de la peau et des muqueuses par hypoglobulie, chez les ouvriers
(1) Ein FaU von vergiftung durch Anilinprodukte ; Deutsche Klinik, 1863, t. XV, p. 461.
(2) Etude sur une épidémie qui a sévi parmi les ouvriers employés à la fabrication de la fuchsine ; thèse de Paris, 1863, no 116.
(3) Viaud-Grand-Marais ; Des accidents produits par l'emploi sur la peau de chemises de laine aux couleurs d'aniline; Gazette des hôpitaux, 1869 et 1873.
(4) De la fuchsine, de sa préparation, des accidents qui peuvent en résulter relativement aux ouvriers; Ann. d*hyg., t. XXV, page 12.
(5) Bulletin de l'Acad. deméd., 23 février 1869.
(6) Communication à TAcad. des Sciences, 20 novembre 1876.
exposés à respirer habituellement les vapeurs d'aniline [Michel Lévy (i) et J. Bergeron (2)] ; le teint pâle-jaunâtre de ceux travaillant à la fabrication du pilou, ou velours de coton, imprimé avec le chlorhydrate d'aniline ; le teint jaune des ouvriers de Saint- Vaast, employés à la distillation du goudron de houille pour l'obtention des huiles minérales, et celui des goudronneurs de boulons, exposés aux vapeurs du goudron de houille additionné d'une petite quantité d'essence de Térébenthine ; la coloration bronzée des ouvriers en brai, et celle des paveurs occupés à fondre le bitume [Hayem (3)], et des ramoneurs de suie de houille ; le teint terreux des gaziers travaillant aux épurateurs, et la coloration jaune de la peau, observée chez les malades auxquels on avait cru, à une certaine époque, devoir administrer des picrates à l'intérieur.
Des expériences longtemps continuées sur des animaux, ont démontré que l'inhalation habituelle des vapeurs d'aniline et de nitro-benzine, donne lieu à une véritable chloro-anémie, avec diminution des hématies et augmentation des leucocytes (J. Bergeron).
Ces diverses modifications dans la coloration cutanée, sont dues principalement à la présence même des dérivés colorants de la houille dans la peau, mais en partie aussi à la décomposition de l'hémoglobine (ictère hématique), ainsi que le prouvent les analyses microscopique et spectrale du sang d'animaux empoisonnés par la benzine, la nitro-benzine et l'aniline [Star- Ci) Traité d'hygiène, t. II, p. 905:
(2) Travail présenté à TAcadémie de Médecine (séance du 31 janvier 1865).
(3) Gaz. des Hôpitaux, 19 juin 1875.
kow (i)] ; des traces d*aniliûe ont aussi été chimiquement décelées dans le sang des animaux intoxiqués par cette substance [Ollivier et G. Bergeron (2)].
Il est naturel que les bouilleurs anémiques éprouvent des sueurs habituelles, puisque la benzine absorbée par la respiration, tend à s'éliminer par les sueurs [Chevallier (3)], et que l'aniline et la nitro-benzine, pénétrant par la peau et les poumons, déterminent des sueurs continuelles chez les ouvriers employés à leur obtention et à leur rectification [Knaggs (4) et Perkin, cité par Chevallier].
APPAREIL DIGESTIF ET ANNEXES. — Du CÔté de Tap-
pareil digestif et de ses annexes, de semblables analogies se présentent.
Les ouvriers des fabriques d'aniline éprouvent, au début, des nausées et des vomissements, et plus tard, de l'embarras gastro - intestinal avec constipation [Morell-Mackenzie (5), Michel-Lé vy]. L'embarras gastrointestinal, avec douleurs épigastriques et vomissements, coliques et diarrhée, est très-fréquent parmi les ouvriers en brai et les goudronneurs de boulons ; les ouvriers des fabriques de pilou éprouvent de temps en temps des nausées et môme de la diarrhée, par suite
(1) Starkow (de Saint-Pétersbourg) ; contributions à la toxicologie des corps du groupe benzinique, de la nitroglycérine ; Arch. f. path. Anat. und physiol. de Virchow, t. LÏI, n» 4.
(2) Journal de physiol. de Brown-Séquard, juillet 1863.
(2) De la benzine, de la nitro-benzine et de Taniline... ; Annales d'hygiène, 2« série, t. XXIV, p. 12, octobre 1865.
(4) Case of poisoning by aniline ; Médic. times and gaz.; 1862, t. I, p. 583.
(5) Poisoning by aniline and by nitro-benzol ; Méd. times and gaz., 1862, 1. 1, p. 239.
de Tabsorption des vapeurs d'aniline ôt des particules de chlorhydrate d'aniline. M. Galezowski a également observé des nausées et des vomissements bilieux chez les teinturiers de laine par couleurs d'aniline (i). L'insgestion de l'aniline et de ses sels donne lieu, chez les animaux, à des vomissements et de la diarrhée [TurnbuU (2), OUivier et G. Bergeron, Feltz et Ritter].
Rappelons-nous que le foie des bouilleurs anémiques soumis à notre observation, était hypertrophié, sensible à la pression, plus tard atrophié; et que toujours, dans les nécropsies, il s'était montré atteint de dégénérescence graisseuse. Or, on s'est assuré que l'aniline et la coralline, lentement absorbées, entraînent, par leur accumulation dans le foie des animaux, la dégénérescence graisseuse de cet organe (Tardieu et Roussin, Ollivier et G. Bergeron) ; et d'autre part, chez les ouvriers, dits hommes-de-cave, de la fabrique d'agglomérés de Saint- Vaast, nous avons constaté souvent une hypertrophie considérable du foie, avec douleurs hépatiques, sensibilité à la pression et vomissements bilieux, et parfois de l'atrophie de ce viscère.
URINES. — Enfin, la couleur vert-pré remarquable des urines (3), signalée pour la première fois par Tanquerel des Planches chez son mineur anémique, et constamment rencontrée par nous chez les malades de Fresnes, a été retrouvée absolument identique chez
(1) De Faction de raniline ; Recueil d*ophthalmologie, juillet
(2) On the physiological and médicinal properties of sulphate of aniline, etc. ; The Lancet, 1861, t. II, p. 469.
(3) S'agirait-il là d'une urine hémaphéique, teinte par la matière colorante des globules sanguins rapidement décomposés î
les ouvriers en brai, notamment chez les hommes-decave. Les goudronneurs de boulons émettent aussi des urines de couleur anormale. Ollivier et G. Bergeron ont d'ailleurs constaté des traces d'aniline dans Turine d'animaux empoisonnés. On sait de plus aujourd'hui, que la fuchsine est éliminée par les voies urinaires (Feltz et Ritter).
APPAREILS CIRCULATOIRB BT RESPIRATOIRE. — LOS
tro.ubles circulatoires et respiratoires de l'anémie des bouilleurs sont trop intenses pour pouvoir être considérés comme symptômes purement anémiques ; il semble qu'ils doivent être rapportés» au moins en partie, à une cause agissant directement sur le cœur et les poumons. Et en effet, on a vu les dérivés de la houille accélérer les battements du cœur et les mouvements respiratoires, dans les cas d'empoisonnement aigu où l'anémie n'avait pas encore eu le temps de s'établir, Lesdistillateurs de goudron et les goudronneurs de boulons sont sigets aux palpitations de cœur, sans cependant être atteints d'anémie.
Les animaux intoxiqués par l'ingestion de l'aniline et de ses sels, avaient le pouls fréquent, les battements du cœur petits, précipités et tumultueux [Schuchardt (i), TurnbuU, Ollivier et G. Bergeron]. Le pouls s'est aussi montré petit et fréquent chez les personnes empoisonnées par l'acide phénique [Sutton (2), Pinkham(3)].
L'aniline et l'acide phénique tendent à s'éliminer par
(1) Ueber die Wirkurgen des Anilins auf den Thieriscben Organismus ; Virchow's Archiv., 1860.
(2) Médical times and gazet.
(3) Médical and surg. report.
les poumons. La respiration était courte, embarrassée et haletante chez des chiens auxquels on avait administré de l'aniline et de ses sels (Schuchardt, TurnbuU, OUivier et G. Bergeron) ; et Knaggs a signalé des spasmes convulsifs de la poitrine, sur des personnes qui avaient absorbé de l'aniline par les voies cutanée et respiratoire. Quant à l'acide phénique, il détermine de la respiration stertoreuse, qu'il ait pénétré par la peau [Machin (i)], ou par la muqueuse intestinale [Harrisson (2), Sutton, Pinkham, Jeffrey s et Hainworth (3)].
SYSTÈME NERVEUX. — Pour co qui est du système nerveux, nous trouvons, comme dans l'anémie des mineurs, de la céphalalgie, des étourdissements et même des syncopes, dans les empoisonnements par absorption pulmonaire et cutanée de la benzine (Chevallier), delà nitrobenzine et de l'aniline (Knaggs, Morell-Mackenzie, Perkin, Michel Lévy, Galezowski), et par absorption cutanée de l'acide phénique (Machin) et de la coralline (Tardieu) ; et de la céphalalgie chez les goudronneurs de boulons.
Enfin, l'amblyopie avec mydriase des bouilleurs anémiques, est analogue à l'amblyopie, également avec mydriase, des ouvriers en brai et à celle des goudronneurs de boulons et des teinturiers de laine par couleurs d'aniline (Galezowski et Kohn).
SYSTÈME MUSCUiiAiRB. — Pour Compléter ces nombreux rapports, citons la contracture des membres et les spasmes tétaniques de la nuque chez les ouvriers en contact habituel avec la nitrobenzine et Taniline
(1) Médic. times andgazet.
(2) The Lancet, Juiy, 1868 .
(3) Médic times and gazette, April 1871
(Perkin, M. Lévy), correspondant aux crampes et aux contractures musculaires» spécialement de la nuque, observées par Gravis et de Saint-Moulin et par nous sur les bouilleurs anémiques ; et, en dernier lieu, la faiblesse allant presque jusqu*à la parésie, que signalent constamment tous les auteurs déjà cités, dans les intoxications par la benzine, la nitrobenzine et Taniline, et qui peut-être rapprochée de la lassitude et de la faiblesse extrême, sur laquelle nous avons tant insisté, en traçant le tableau symptomatique de Fanémie des bouilleurs.
Le docteur Félix Manouvriez, médecin des mines de de Quaregnon (i), observa, il y a quelques années un cas d'empoisonnement professionnel par les produits de la distillation du goudron minéral, très-analogue à Tanémie des mineurs.
Un jeune homme de 16 ans, ouvrier de la fabrique d'agglomérés de houille du Flénu, près Jemmapes, qui avait été employé au nettoyage des conduits de distillation du goudron, fut atteint d*une affection étrange, caractérisée par une pâleur jaune-blafard de la peau, de Toedème généralisé, des palpitations de cœur, et des hémoptysies semblables à celles auxquelles sont sujets les mineurs anémiques de cette contrée. Sa mort survint après trois mois de maladie.
Nous avons donné des soins à une femme de 35 ans, qui, par profession, nettoyant, chaque semaine, enviviron une douzaine de gants de peau avec de Teau-de-
(1) Communicalion orale;
Naphte, ou benzine rectifiée, est devenue jaune et pâle, avec céphalalgie, bourdonnements d'oreille, vertiges et oppression en montant des escaliers. Les digestions se font mal : coliques, constipation ou diarrhée et production de gaz. Ses urines sont vertes, parfois troubles et cuisantes. Le sang menstruel est pâle, et ne coule que pendant un jour ou deux. Douleurs dans le tronc et démangeaisons, sans éruption, à la peau du dos. Indolence et tristesse ; insomnie. Ces divers symptômes se sont montrés seulement depuis que cette ouvrière travaille au nettoyage des gants, et s'accentuent davantage après une série de journées où ce genre d'ouvrage a été plus fréquent que de coutume.
On voit combien se ressemblent les symptômes et les caractères anatomiques de l'anémie des mineurs et ceux des intoxications par les dérivés houillers. Nous pensons que cette ressemblance s'imposera davantage encore, à mesure que ces empoisonnements seront mieux connus.
Il serait prématuré, pour le moment, de dire quel est, parmi les dérivés de la houille par distillation et combustion lentes, celui qui doit être considéré comme cause principale de l'anémie, attendu que nombre des produits qui existent tout formés dans le brai et dans les huiles minérales essentielles et fixes, sont encore à découvrir. Il est d'ailleurs extrêmement probable que tous, ou presque tous, concourent à produire chez les mineurs cette intoxication spéciale. Nous remarquerons néanmoins, que, d'après ce que nous connaissons jusqu'à présent, les produits les plus volatils [amylène,
hexylène, etc... (i)] et raniline paraissent jouer un rôle considérable dans le développement de la maladie .