germinal XII
Les remèdes indiqués dans Texcelent mémoire de Msr Chaussier, ayant été successivement employés sans succès : pour ne rien négliger de ce qui peut contribuer à sauver la vie des malheureux ouvriers, on à fait choix de deux malades qui par leur âge et leur conduite ne pourront être suspect d*avoir donné lieu aux affections vénériennes. qu*on soumet aux frictions mercuriels unis aux sudoriâques. on fera aussi usage de la limonade avec Tacide muriatique suroxigéné. si les frictions mercuriels soulagent, cet événement donnera lieu de penser que c*est à Taction de Toxygéne dont ce métal est abondanment imprégné, qu'on devra en attribuer le succès.
N^« de M. M. pinel et halle.
on ouvrira le premier cadavre qui aura succombé, on tiendra note des des-ordres des viscères, on en rédigera un mémoire, qui contiendra un détail de tous des symp* thomes de la maladie du moment que ces infortunés ont demandé des secours : jusqu'à la mort, ainsi que des remèdes qui leur ont été administrés aux différentes époques, il paroit au surplus évident, que c'est le gaz hydrogène qui s'échappe des pyrites qui se décomposent dans la mine, qui use insensiblement le principe de la vie des malheureux ouvriers qui y sont exposés, et les tue par l'impression de l'acide sulphureux.
Pour copie certifiée conforme à l'original représenté et à l'instant remis.
Yalenciennes, 28 décembre 1876.
Le Maire^ Signé : Bultot.
Ouverture de cadavre.
L'an douze de la République 12 floréal, Nous antoine De S* Moulin médecin, agapite gravis chirurgien des mines d'anzin, et antonin gravis officier de santé de l'établissement des mêmes mines à fresnes et V^Condé, accompagnés des citoyens Cliarle Caudron, de nicolas holot médecin, et chirurgien en chef de l'hospice militaire de la Ville-de Nord-libre, et de philippe petit, eleve en chirurgie de l'école de paris, nous sommes transportés en la commune de fresnes, ou nous avons procédé à l'ouverture du cadavre d'hubert Lemaire mineur âgé de dix huit ans mort la veille d'une maladie chronique nerveuse huitième victime de cette maladie.
L'examen des cavités cérébrale, pectorale et abdominale à offert les objets dans l'état cy dessous détailles. 1® La tête.
Extrême décoloration des parties externes et internes, défaut d'adhérence entre le cerveau et ses membranes, couleur terne et non cendrée de sa substance corticale, sérosité abondante épanchée à la base du crâne, absence de sang coloré, nulle autre espèce d'altération 2<» Dans la poitrine.
Décoloration de touttes les parties : affaissement considérable des poumons, couleur cendrée foncée parsemée de taches noires ; consistance et élasticité de cet organe fort altérées.
flaccidité, pâleur de la substance du [cœur, colonnes charnues présqu'effacées, oreillette gauche contenant un
gros caillot de sang très noir et dur, aucunne dilatation étrangère dans les principaux troncs artériels, état naturel des autres parties à la pâleur prés, rétrécissement vers la partie supérieure de la trachée artère, état naturel de l'œsophage.
Le Bas ventre.
Même des-ordre dans la couleur des parties en général, rien d'étranger dans Testhomac qu'une grande quantité de ptisane ; membrane interne appauvrie , mais rien qui annonce la présence de matières corrosives, ni qui puisse en faire suspecter l'existence antérieure , de même que dans les intestins gros, état sain de leur texture : aucun signe de putridité Les reins, le foye ; la rate décolorés et affaissés, la vésicule du fiel gorgée de bile erugineuse, rien de remarquable aux autres parties que l'absence du sang.
Du 20 du même mois
Ouverture d'un second cadavre en présence des denomés au texte.
pierre Willot âgé de 21 ans mort de la même maladie. P La tête.
Décoloration générale. Volume considérable du cerveau, sérosité abondante dans le ventricule gauche, état naturel des adhérences de cet organe avec ses membranes, même état du cervelet.
' 2® La poitrine.
affaisement des poumons, couleur bleuâtre parsemées de taches noires , parties cellulaires détruites : pâleur et flaccidité du cœur, amincissement de ses colones charnues hydatites d'un rouge pale contenant de la sérosité remplissant ses oreilletes.
3® Bas-ventre
air contenu dans l'esthomac, enduit noir brun tapissant la membrane interne, disparoissant sous l'impression des
doigts, dureté du pancréas, racornissement de la fibre des reins, pâleur de ces viscères, état sain des intestins, vessie pleine, on observe que les malades ne se plaingnent jamais de cet organe.
à fresnes les jours, mois et an que-dessus.
Signé : De S* Moulin
HoLOT F^'K Petit Gravis
Caudron Med.
Pour copie certifiée conforme à l'original représenté et à rinstant remis.
Valenciennes, 28 décembre 1876.
Le Maire, Signé : Bultot.
Suite d'observations faites par les médecin et chirurgien de la Compagnie des mines d'anzin sur la maladie dont les ouvriers à charbon de terre sont attaqués .
Dans la première description, sur la maladie chronique nerveuse, qui affecte les ouvriers d'un atellier d'une mine de fresnes ; nous avons dit en décrivant les sympthomes qui se sont présentés : que les déjections qui avoient précédés la mort des trois sujets qui avoient succombé étoient purulentes. L'ouverture du cadavre des deux derniers morts qui ont aussi éprouvé les mêmes sympthomes, à infirmé cette assertion.
Le procès verbal ci Joint de Tetat des organes internes, nous ayant parft le démontrer, en nous confirmant dans notre opinion, qu*un miasme répandu dans cette galerie, attaque, use et dessèche insensiblement le principe de la vie des ouvriers qui y ont été exposés. L*odeur d'œufs pourris et d*hépar sulfureux qui émane des eaux que pompe la machine à feu, et des vapeurs qui exhalent da fond, par le puits ou sont placées les échelles qui conduisent à cette mine, ne permettent plus de douter de la présence du gaz hydrogène sulphuré.
Quel que soit la cause de la maladie que nous avons à combatre, les moyens que nous employons n*ayant pas obtenu tout le succès que nous desirons : nous formons les vœux les plus sincères, pour que Tessai qu*on va tenter à paris et douay, soit plus heureux, nous en concevons même la douce espérance, nous ne Ta fondons pas seulement sur la supériorité des lumières des maitres de Fart qui ont bien voulu se charger de ce pénible traitement : mais encore sur Tinestimable avantage de réunir les malades dans le même local, de les avoir sous les yeux pour comparer les sympthomes et les signes entre eux, et remonter aux causes premières qui les ont produits, avantage dont les traitans sont privés, quelque grande que soit la sollicitude quMls puisent dans la sensibilité de leurcœur, leurs malades étant disséminés sur une grande surface, ne le trouvant pas même fréquenment chez eux quand la maladie ne parcours encore que ses deux premières périodes, ou n'obtempérant pas à ce qui leur est prescrit.
qu'il nous seroit doux, d*applaudir au succès du traitement qui va être employé, de contribuer en nous y conformant, à dédomager Thonnorable régie de ces mines de ses immenses sacrifices en sauvant la vie à ses ouvriers : la seule récompense qu'elle ambitione.
Nous observons ici, que nous avons fait usage des moyens curatifs extra - ordinaires indiqués dans les
savants mémoires de M. M. Chaussier, pinel et halle, en soumettant six de nos malades au 1^' et au 2^ degré, aux frictions mercurielles, les 4 premiers à la dose d'un gros d'onguent napolitain double. Les autres à deux. Qu'un seul à éprouvé à la suite de ce traitement un soulagement manifeste sans néanmoins pouvoir affirmer que ce soit à l'usage du mercure qu'on doive l'attribuer, parce que plusieurs autres soumis au traitement ci après détaillé eprouvoient le même mieux être. Le résultat de la limonade d'acide muria tique suroxigené prescrite à six autres, n'a été suivi d'aucun succès.
Sympthomes de la maladie
i«' Tems. Diminution de forces : mal de tête aigu, tintement d'oreilles, palpitation de cœur : anxiétés précordiales au moindre mouvement. Coliques moins aigiies que celles décrites dans nos premières observations, quelque fois avec constipation ; le plus souvent accompagnées de déjections de matières très variées jaunes, vertes, noires, quelque fois muqueuses extrêmement gluantes de couleur assez ressemblante à la limaille de fer rouillée.
Ces déjections réparoissent fréquenment dans le cours de la maladie : rien de remarquable dans les urines, décoloration générale de la peau. L'assitude universelle, perte de l'appétit.
2* Tems. Atonie : mal de tête plus aigu : tintement d'oreille plus fort, palpitations et anxiétés plus vives, douleurs d'entrailles de tems à autres constipation ou diarrhée, lassitude universelle accompagnée de douleurs profondes, fièvre lente mieux caractérisée.
3« Tems. foiblesse excessive : diarrhée coUiquative d'une fœtidité extrême ; douleurs insuportables dans la substance des os : vomissement spontanné de tout ce qu'ils incorporent les derniers jours de leur déplorable exis-
tence : contraction spasmodique des muscles surtout de la face et de la mâchoire inférieure, la mort.
Traitement
Les vomitifs et les purgatifs sont employés dans les deux premières périodes de la maladie, non seulement quand Tetat des 1<^ voies le demande, mais aussi parce que nous les considérons comme principal foyer ; et que le premier, qui par son action mécanique porte du centre à la circonférence, peut contribuer à rétablir le ton des vaisseaux et des glandes de la surface, quand il y à devoiement, nous Tentretenons avec succès par Tusage d*an apéritif aiguisé de sel et de Kermès, quand il y à douleur intense, nous y ajoutons Topium, Toether etc.
quand il y à constipation: nous prescrivons quatre et jusqu*à huit gros de sel de glauber que les malades réitèrent de tems à autre, en ajoutant deux gros de follicules de Senne pour ceux qui sont moins faciles à émouvoir et au besoin des lavements.
nous marions les vermifuges aux purgatifs quand les malades rendent des vers, ou que nous en soupçonnons l'existence.
nous employons en tout tems les adoucissants, les raffraichissantsjes incrassants entre autres le ris dontenfait un potage avec les herbes potagères et anti scorbutiques. Le lait le petit lait quand Testhomac peut les supporter du bouillon à la viande, du vin de Bordeaux et la bierre. depuis le printemps, quelques uns font usage de suc exprimé des plantes dépurantes et de bains, nous les exhortons à faire de Texercice, de diriger leur promenade vers la forest qui les avoisinne, il nous semble qu'ils en rétirent de l'avantage.
plusieurs éprouvent du soulagem^ de ce traitementt
une trentaine ont repris leurs travaux. p]$isieurs autres sollicitent la même permission, nous nous y opposons, convaincu que la cause subsiste, quoi qu'elle ait perdu de son intensité.Nous avons lieu de craindre, que les elemens dont elle se compose, ne soient aussi funestes à ceux qui en sont atteins, que la tunique de déjanire.
fresnes 4. Prairial an 12.
Signé : De S* Moulin Gravis.
Pour copie certifiée conforme à l'original représenté et à l'instant remis.
Valenciennes, 28 décembre 1876,
Le Maire^ Signé : Bultot.
Exposé de la situation de quatre ouvriers malades, envoyés des mines de Frênes à l'hôpital civil et militaire de Douay, —
Le 4 Prairial à huit heures du matin nous visitâmes quatre malades qui nous furent présentés, au nom de l'administration et de l'agence des mines de fresnes ; ces malades étaient
Benoit Vilain.... âgé de 28 ans, ouvrier des mines
depuis l'âge de 13 ans,
malade depuis 10 mois.
Louis Soille. . . — 21 ans . — . de 11 ans, malade 9 mois.
F.is françois. . . — 19 ans . — . 9 ans, malade 5 mois.
Antoine Delfosse . — 18 ans . — .10 ans, malade ômois.
Les deux premiers sont des Jeunes gens, parfaitement constitués, très bien en chair, et destinés par la natare a être vigoureux et capables de soutenir la fatigue — -
Les deux autres sont chetifs, d*un développement averti ; Tun a la fibre grêle et sèche, Tautre molle et flasque ; le l*' est taillé en phtiscope le second a le visage d*un tems phlegmatique —
Tous quatre avaient le visage couleur de cuivre lœil éteint l'expression de la foiblesse et du découragement, de la gaité cependant de peu qu*on les excitât.
Tous quatre excessivements sensibles aux impressions de Tair ils avoient froid dans une température très douce.
Tous quatre à peu prés sans apetit, sans soif : dans
tous les quatros les des intestins et des urines
étaient régulières et ne présentaient rien de particulier —
tous quatre avaient la peau arride et chaude. Le symtome unique d*ont ils se plaignoient, était un battement de cœur violent, môme dans le plus parfait repos ; souvent ce battement soulevait leur vêtement et répondait comme un échos, audessousdu vertex. —
leur insouciance morale se joignait à rinsousiance de Testomac, ils ne désiraient rien.
Nous cherchâmes d*abord à les restaurer de bons alimens, et de bon air.
quelques jours après leur arrivée, ils perdirent cette sensibilité qui leur faisait croire que cette température etoit froide ; Tappetit revint les digestions se firent bien le someil fut bon .... Tous quatre cependant avaient la fièvre, une fièvre toujours la môme, jamais marquée par aucuns redoublement, jamais adoucie par aucune remission ; mais cette fièvre ils ne la sentaient-pas ; seulement ils se plaignoient du battement de cœur répondant alatôte.
Sans rien gagner du côte de la coloration» les forces paraissaient se rétablir ; Tappétit augmentait ; les diges-
tions persévéraient dans un état d^aîsance et de régularité ; tous quatre furent mis à Tusage d'une tisanne farineuse acidulée d'acide sulfurique — cette tisanne ne produit aucun effet ni bon ni mauvais — on la remplace par une infusion d'arnica ; nul effet — les deux plus âgés prennent des bains tiedes, presques froids. Tous deux y éprouvent un sentiment de bien être ; a la sortie du bain, on leur frotte le corps avec une laine sèche ; les bains paraissent réussir ; mais en général succès équivoques bientôt effet nul — les deux plus jeunes prennent des bains à leur tour, mais inutilement, on les soumets à l'usage de la tisanne de sureau animés d'esprit de mindererus (ascite ammoniacale) louis soille arrivé à un point de convalescence satisfesante ; ses chairs s'avivent légèrement le teint se colore un peu. on lui propose de retourner dans son pays — les trois autres restent dans le môme état — bientôt ils deviennent réellement plus malades les semptomes primitifs sont plus prononcées ; le dérangement et la foiblesse augmentent ; louis soille retombe dans son premier état tous quatre deviennent difficiles, impatients, chagrins, Tappetit se perd, les traits du visage s'altèrent la couleur de cuivre est plus topcée ; l'idée seule de l'expérience les ennuyent, et les fatigues, ils n'aiment que leur lit c'est a dire le repos que leur commande la foiblesse : l'accident essentiel, le battement du cœur et de la tête augmentent sensiblement — Tous quatre enfin mais surtout les deux plus jeunes paroissent dans un état desespéré, nous étions décidés a livrer a la nature une maladie qui nous parait au dessus des ressources de l'art, lorsque nous reçûmes de Paris la nouvelle que les malades du même genre envoyés dans cette ville, étaient soumis au traitement des frictions mercurielles corrigés par l'usage du vin anti scorbutique il ne nous appartient pas d'examiner la valeur de cette méthode, mais nous devons déclarer cepen-
dant qu*il nous est impossible de Tadopter pour nos deux plus Jeunes malades chez qui des signes évidents d*une disposition déjà trop avancée — repoussent si nous ne nous trompons pas un remède qui de Taveu tacite des médecins qui l'employent à Paris doit marcher de front avec un correctif, peut-être les frictions reussiront-elles sur ceux en qui la maladie reste encore bornée à ses semptomes essentiels et sans décomposition bien sensibles ; benoit vilain et louis Soille sont les seuls sur lesquels il puisse être permis de tenter de légères frictions ; nous allons donc les essayer ; de quelque manière que j'explique le mécanisme de leur action, nous avons de la peine à nous en promettre quelques succès ; les asphrxies prompt ont aiyourdhui un état bien connu dans les simptomes, et dans les effets sur Teconjornie animale ; mais nous croyons qu'une asphixie lente est une maladie nouvelle qui peut trouver peut-être quelques annalogues; mais Tanalogie ne forme pas une indentité ; et si nous croyons que nos quatres malades ont été lentement asphiés ; il nous reste & désirer beaucop et espérer peu.
Délibéré à Douay le 8 Thermidor an XII
etoit signé taranget
eudes.
Pour copie certifiée conforme àroriginal représenté et à rinstant remis.
Valenci ennes, 28 décembre 1876,
Le Maire f Signé : Bultot.
M' Renard, Dunkerque, 28 vendémiaire, an XIII.
Frênes.
Monsieur
Je me fais un plaisir comme un devoir de vous rendre compte des moyens que j'ai employés dans la maladie de vos ouvriers. Ils consistent 1^. dans l'oxyde rouge de fer,, obtenu par une dissolution de sulfate de fer, précipité par une substance alcaline. 2®. dans l'Ether acétique à l'extérieur. Voici les doses auxquelles j'ai cru devoir les administrer.
1^. oœide de fer. Je l'ai donné d'abord |à la dose de 18 grains par jour pour chaque malade, divisés en 3 parties égales. J'ai fait augmenter la dose au bout de 8 jours, et l'ai portée à un scrupule, 8 jours après à trente grains, et enfin à un demi gros par jour, le 15 vendémiaire, tous les simptomes de la maladie avaient disparu, à la réserve de la couleur de la peau qui n'était pas encore très claire chez Romain et prospère, mais ils me disaient qu'avant leur maladie, leur coloris n'était pas plus brillant, les mauvais tems arrivèrent alors, les jeunes gens ne sortirent que très peu et restaient auprès du feu. comme la dose de fer qu'ils prenaient était forte, et surtout comme ils ne se donnaient plus autant d'exercice que de coutume ; la quantité de fer les fatigua ; ils sentirent des tiraillemens dans l'abdomen, des points douloureux, des maux de tête accompagnés de tension dans cette partie, et qui par là différaient de ceux dépendans de la maladie primitive, puisque ceux ci sont accompagnés de pulsation. Ce contre-tems ne m'a pas beaucoup étonné, l'usage du fer exigeant beaucoup de mouvemens, de courses pour le
broyer et Tuser pour ainsi dire par Taction musculaire. Je fis remplacer momentanément les ferrugineux par une potion antispasmodique, et tous les accidensse calmèrent, depuis quelques jours j*ai remis les malades à Tusage de Toxide de fer, mais à moindre dose, (ils n*en prennent que 18 grains par jour.) et peut-être faudra-t-il encore la diminuer, tant rexercice est essentiel dans remploi de ce médicament. Je crois même que ce serait le cas maintenant de le donner à petites doses à Prospère et Joseph, chez qui on remarque encore quelques palpitations, et d*en priver totalement Alexis et Romain, qui paraissent guéris ; sauf à en reprendre Tusage, s*il y a lieu, au moindre simptome renaissant de la maladie. J*ai aussi fait cesser dès hier pour eux les frictions Ethérées.
2?. VEther acétique a été donné chaque jour à la dose de deux gros pour chaque malade ; et il m*a paru puissamment contribuer à faire cesser le tintement des oreilles et les douleurs de tète, la manière de remployer était â*en verser quelques gouttes dans les oreilles, de s*en bien frotter le front, les tempes, la région du cœur et de se frictionner ensuite le reste du corps.
Au surplus vous verrez exactement les doses des deux médicamens par la note de Tapothicaire qui les a fournis, qui doit contenir les prescriptions jour par jour.
Les gens de Tart pourraient demander ici pour quoi j*ai préféré TEther acétique aux autres Ethers, et le fer très oxîdé aux autres préparations martiales.
D*abord je regarde TEther acétique comme plus actif, plus pénétrant, surtout à Texterieur. et il parait réussir principalement lorsque Tirritation, comme dans le cas présent, se porte spécialement sur le sisteme vasculaire. du reste il serait possible et à souhaiter qu*on pût le remplacer par un autre, car celui-ci est très cher, devant être fait avec le vinaigre radical.
Quant aux préparations de fer, voici les raisons qui
m'ont fait préférer celle-ci : il est évident que, chez les malades dont s'agit, le sang perd en partie sa couleur ; d'un autre coté les phisiologistes regardent la couleur du sang comme dépBudante du plus ou moins d'oxigène qui entre dans sa composition ; c'est ce qui fait (abstraction faite de la proportion de carbone qui s'échappe par la respiration) que le sang artériel est d'un plus beau rouge que le sang veineux, à cause de l'oxigène qu'il absorbe dans l'acte de la respiration avant qu'il passe dans les artères, et il est possible que, dans la maladie en question, les palpitations et autres desordres de la circulation, ne dépendent que du défaut d'oxidation du sang qui par là n'est plus pour le cœur un stimulus pareil à celui qui existe dans l'état de santé, il m'a donc paru que le fer très oxidé serait plus propre que toute autre préparation à rendre au sangles qualités qu'il doit avoir, il semblerait à la vérité que l'acide muriatique oxygéné devrait produire les mêmes résultats, mais il est possible que dans cette dernière combinaison l'oxigène ne passe pas dans le sistême sanguin.
Quoi qu'il en soit de ces explications que je ne puis dans une lettre développer davantage, et qui peut-être sont bien loin d'être satisfaisantes ; n'ayant que peu de ces malades à traiter et pour un tems limité, j'ai choisi, sans aucune considération ultérieure, dans les deux classes de medicamens, les préparations qui me paraissaient les plus énergiques, et tout porte à croire qu'elles suffisent, en les administrant avec prudence, pour guérir radicalement cette maladie, mais le traitement sera beaucoup plus long pendant l'hiver parce qu'à raison du peu d'exercice, il faudra ménager les préparations martiales et que d'ailleurs, même pour les frictions, le resserrement de la peau les rend toujours beaucoup moins actives.
pour connaître d'une manière précise l'action du fer et des Ethers dans cette maladie, on pourrait donner à cer-
tains malades le fer non oxidé ou en limaille, aux autres le fer très oxidé : à ceux-ci TEther acétique, à ceux Ièl TEther sulfurique, et faire chez â*autres différentes corn* binaisons de ces médicamens.
Tels sont. Monsieur, les moyens que J*ai cru devoir employer dans la maladie de vos ouvriers, trop heureux si Je puis contribuer pour ma part à faire cesser le lléau qui afflige cette classe intéressante : mais il serait infiniment préférable d*en détruire la cause en neutralisant ces émanations empoisonnées, ne serait-il pas possible d*emplo3'er les tumigations de Guitton Morveaux, et faire descendre de tems à autre dans les fosses des fiacons qui, laissant échapper abondamment le gaz muriatique oxigené, corrigeraient peut être les qualités délétères de Tair qu*elles renferment ? Mais je ne doute pas que vous n'ayez consulté à ce siget des chimistes qui, connaissant plus particulier rement le local et les émanations, peuvent juger ceci infiniment mieux que moi.
J*ai rhonneur de vous saluer
Signé : Lbbleu.
Pour copie certifiée conforme à Toriginal représenté et à rinstant remis.
Yalenciennes, 28 décembre 1877.
Le Maire f Signé : Bultot.
Précis historique d^une maladie cronique de décoloration (vulgairement appellée maladie de la mécanique.) et de son traitement.
En Germinal an XI, plusieurs ouvriers des mines de fresnës, éprouvèrent de violentes coliques ventrales qui résistèrent aux remèdes ordinaires et qui durèrent trois a quatre semaines ; cet état douloureux fut suivi, d'une grande diminution de force, d'un mal de tête aigu, de tiotemens d'oreilles, de palpitations très vives du cœur et d*une décoloration générale, de la peau, sa couleur étoit jaune pâle ; un grand nombre de ces ouvriers éprouvèrent ces accidens sans avoir eu les coliques ventrales qui affectèrent les premiers malades.
après avoir employé sans succé tous les traitemens qui avoient paru indiqués, la Régie décida, que quatre malades seroient conduit à l'école de Médecine de paris, pour y être traité sous les yeux des membres de la faculté, que quatre autres iroient à l'hospice de douay, et autant à celui de Dunkerque.
Le docteur Halle membre de la faculté de médecine fut spécialement chargé par elle, de diriger les divers traitemens conseillés par elle aux malades de paris, tous ses soins furent sans succé pendant plusieurs mois, alors un de ces malheureux étant mort, l'inspection du cadavre fit penser à M^ halle que les martiaux conviendraient, et en fit faire usage, pendant quelque tems aux trois malades restans, ils éprouvèrent un léger soulagement qui disparut aussitôt qu'on leurs fit abandonner ce traitement ; et révinrent chez eux dans le même état, ou ils étoient lors de leur départ.
Monsieur tarengé médecin et professeur a douay fit éssaier, aux malades confiés à ses soins, plusieurs traitemens, sans aucun heureux résultat, et les renvoya plus foibles en les regardant comme incurables.
Monsieur Lebleu, médecin de l'hospice civile de dunkerque, fit faire usage de l'oxcide de fer, à ceux qu'on y avoit envoyé, et en obtint une amélioration sensible dans leur
état, il les renvoya en disant qu*il croyoit que ce traitement les conduiroient, avec le tems, a une guérison certaine.
La difficulté de se procurer Toxide de fer préparé comme M'Lebleu Tavoit employé, fut cause que M.M. les médecin et chirurgien des mines lui préférèrent la limaille de fer, dont ils avoient précédemment fait usage sans succé ; parcquo les malades fatigués d'avoir pris beaucoup de remèdes inutilement ne prenoient celui-ci qu'avec répugnance et qu'ils surent depuis qu'ils y avoient mis la plus grande inexactitude ; une autre raison qui motiva cette préférence, c'est qu'il y avoit plus de deux cents malades a traiter et que Toxcide de fer est beaucoup plus coûteux que la limaille dont les effets salutaires sont aussi beaucoup plus prompts.
Les tablettes martiales dont la formule suit suffirent pour les mettre tous à même de reprendre leurs traveaux ordinaires.
RI Limaille do fer préparée U7îe livre
Sucre blanc pulvérise une demie livre
anis idem quatre onces
gomme adragante suffisant quantité
pour former du tout une masse dont vous ferrez cent vingt tablettes.
Tous les malades prenoient une de ces tablettes le matin et une le soir, ceux au dessous de l'âge de seize ans, n'en prenoient qu'une moitié a chaque prise, les plus affoiblis et ceux a qui ces tablettes produisoient des vomissemens prenoient huit onces de vin de kinkina rouge dans vingt quatre heures, et ceux a qui elles occasionnoient des douleurs de ventre les prenoient en quatre parties, de quatre heures en quatre heures en faisant usage d'une boisson adoucissante
pendant ce traitement on a soigneusement proscrit toute espèce de purgatif. Leur régime étoit fortifiant et on leur recomraandoit l'exercice.
La difficulté de respirer, et le tintement des oreilles, furent les premiers simptomes qui disparurent, ensuite la douleur de tête et les palpitations de cœur et enfin la décoloration ; les forces commencèrent a revenir dés les huit premiers jours du traitement et firent des progrés rapides. Le terme moyen de ce traitement est un mois.
Nous avons observé que ces tablettes martialles procuroient un grand soulagement aux vieux ouvriers des mines qui sont tous affectés d'asthme.
Cette observation est précieuse ; la généralité des mineurs est attaqué de l'asthme avant quarante ans, et les force d'abandonner les mines pour les traveaux du jour. S'il y a de l'analogie ; la suite des observations, entre celle-ci et la cause de la maladie que vient d'essuyer un si grand nombre d'ouvriers ; prouvera les heureux efl*ets des martiaux dans leur traitement ; et l'honorable Régie de ces mines sera amplement dédommagé des sacrifices qu'elle fait pour leur conservation.
Fresnes Ce 16 pluv® an 13.
Signé : De S* Moulin Gravis.
Pour copie certifiée conforme à l'original représenté et à l'instant remis.
Valenciennes, 28 décembre 1876.
Le Maire, Signé : BuLT0T#
PIECE NMl.
Mines de Fresnes.
Anémie ou Maladie jaune
L'état qu'a produit M'. Gravis en date du 8 7^" 1820» d'après lequel, il désigne 21 ouvriers attaqués de l'anémie, dont 14 le sont pour la première fois, et l'ordre verbal, que j'ai reçu de W. Renard, d'examiner dans quel lieu les ouvriers ont été affectés de cette maladie afin d'aviser au moyen d'empêcher que le mal ne fasse de plus grands progrès, sont des objets d'assez grande importance pour exiger d'être expliqués par une plume exercée ; ne possédant pas ce talent, je vais à me borner raconter à ma manière ce que j'ai cru remarquer de cette maladie depuis 1803, afin de pouvoir mieux me faire comprendre sur les moyens que je pourrois proposer, soit seul, soit conjointement avec les directeur et maitre porion, pour se mettre en garde contre ses effets.
C'est en exploitant au vivier, la longue chasse de 550 mètres de longueur, au couchant, dans la grande veine, niveau de 215 mètres et qui finit le 22 9^*^« 1803, qu'il fut constaté pour la première fois , qu'il existait une cause produisant une maladie que dabord on qu'aliâa de maladie de la mécanique, puis maladie jaune des mines, et enfin d'anémie, dont plus de 100 ouvriers de cette chasse ont été atteints dans le même tems. Depuis lors l'existence de la cause de cette maladie a aussi été reconnue à la fossse S^ Jean au Vieux Condé et à la grosse fosse à Anzin ; elle a reparu dans la petite veine et dans celle de la toussaint au vivier ; on a même cru la
remarquer, il y a une dizaine d'années aux Rameaux ; mais comme on connaissait alors le mal» on y a porté remède quand on Fa bien voulu, et il n'en est résulté aucune suite sérieusement fâcheuse. Ce remède préservatif consiste en établissant un courant d'air rapide, que l'on se garde bien de faire passer sur les ouvriers lorsqu'il est usé et échauffé. De sorte que toutes ces dernières apparutions n'ont pas produit ensemble la moitié du mal qu'on avait éprouvé à la seule chasse précitée de la grand e veine.
Mais cette cause, qui heureusement, n'est que locale, resulte-t-elle d'émanations qui sortiraient des pores des rochers ou du charbon ; ou enfin des suintemens ou écoulemens d'eau qui passe dans les fissures des terreins et de la veine ? C'est une question qu'il n'est pas à ma portée d0 résoudre aflarmativement, quoique cependant je croie que les émanations peuvent aussi bien s'échapper des pores des terreins et de la houille que de provenir des eaux, malgré qu'en général, on n'attribue qu'aux eaux tout le mal.
Il convient de remarquer que ce n'est pas toujours immédiatement après l'abandon de la chasse qui produit ces émanations que leurs effets nuisibles cessent, parce que longtems après l'époque de la cessation des travaux, il en sort encore des miasmes qui peuvent se répandre non seulement dans les travaux voisins, mais même dans ceux d'autres fosses en communication avec celle dans laquelle se trouverait la chasse qui produit ces émanations.
D'après l'inspection des travaux du fond de la fosse des Rameaux en date du 22 juin 1819 et une note du 31 du même mois, signé de M^. Dernoncourt et du soussigné, il avait été proposé •• de suspendre les 1®^«, 2«'"«, S*""®, et 4«'"« •• tailles de la chasse du levant dans la grande veine, •« niveau de 261 mètres ; de ne plus se servir de la voie de « fond de ladite chasse que pour le passage des eaux et le
•• retour de l'air ; d'établir de suite par une montée vis à •• vis la bowette, une chasse à la tête do la 4*"'» taille et •• par ce moyen extraire une demi coupe des 5*'"* et 6*™* •• tailles et de la taille en montant dans la dite grande •• veine ; remettre en activité la chasse dans la veine ♦• toussaint couchant, par laquelle on doit faire la recon- •* naissance vers S^ Jacques et d'y établir une de?7ii •• coupe •» recommandant en outre «» de charger M^ Gra- •• vis d'examiner si parmi les ouvriers des Rameaux et de - Bonne part, il n'en remarque point d'atteints de la mala- •* die jaune •»
Mais cette proposition a été annuUée par l'effet d'une nouvelle proposition de ^^. Dernoncourt, de maçonner une partie de la voie par où coulent les eaux supposées malfaisantes; de sorte que non seulement on a extrait plus de charbon d'une chasse que de l'autre, mais encore on a repris l'exploitation des P^®, 2«'°% 3*""*, et 4'"' tailles momentanément interdites, et erché le charbon par la voie de fond, qui d'après la note du 31 juin, ne devait servir que pour le passage de l'air et des eaux, d'où il est résulté que depuis le 30 juin 1819, jusqu'au 30 août 1820, il a été extrait par la chasse où coulaient les eaux, 23,503 ton.»"^ de charbon et parcelle qui marche en reconnaissance vers S* Jacques 7,259 id.
Malgré la précaution qu'avait prise M*". Dernoncourt de maçonner cette partie de galerie, il n'en est pas moins résulté que sept ouvriers travaillant aux Rameaux où ils sont encore occupés, y ont été atteints pour la première fois de l'anémie. Cependant on ne pourrait pas affirmer sous serment qu'ils y ont contracté la maladie dans la chasse du levant où coulent ces eaux, mais tout porte à le croire, attendu que c'est là qu'on y fit la plus forte extraction et que dès le 22 juin 1819, cette chasse avait été désignée comme susceptible de produire des émanations malfaisantes.
Indépendamment de ces sept ouvriers, on soupçonne que trois autres ouvriers actuellement occupés au Vivier depuis 1, 3 et 5 mois venant des Rameaux, pourraient .bien avoir pris à cette dernière, le germe de cette maladie dont ils sont atteints, si déjà ils n'étaient malades avant d'aller au Vivier.
Fosse des Rameaux
Inspection du 25 7^'« 1820.
La fosse des Rameaux a 261 mètres de profondeur.
L'exploitation est établie à ce niveau par ïieux chasses ; Tune au levant et l'autre au couchant dans la grande veine.
A la première, c'est à dire à celle qui avait été désignée comme susceptible de produire des émanations malfaisan* tes, il n'existe qu'une taille en activité de laquelle, d'après les budjets d'août et de 7^^«, on devait extraire 37 tonneaux 1/2 de charbon ; avant ce tems, on extrayait bien davantage, puisque pendant les quatorze derniers mois, on a tiré 23,503 tonneaux, tandis que pendant le même tems on n'en a extrait au couchant que 7259.
Comme actuellement et depuis un mois seulement, il y a peu d'ouvriers employés à cette chasse, puisqu'il n'y existe qu'une taille en activité (c'est une taille montante,
etc ), et un percement de crâne ; qu'au lieu de 37 1/2
tonneaux on n'en tire que 18 3/4 et que le cours de Tairage ayant été changé depuis environ six semaines, part du puits de la machine à feu et suit directement la maîtresse voie jusqu'auprès des fronds ; l'airage y est très rapide et très frais excepté tout à frond, à cause d'un crâne, il y est momentanément introduit par deux canards.
A la seconde, celle qui marche en reconnaissance vers SS Jacques, il existe six tailles, compris celle de fond qui
est aussi arrivé à un crâne ; chacune des cinq autres sont bien tenues, cependant, il aurait peut être convenu qu'elles ftissent plus rapprochées les unes des autres, si la chose
eut été possible; ces 6 tailles sont; celle etc
D'après les budjets d'août et de 7*** ; on ne devait extraire à cette chasse que 37 1/2 tonneaux, tandis que depuis un mois, l'extraction journalière est de 56 1/4 tonneaux , à cause du crâne du levant.
L'airage qui alimente cette exploitation vient du puits d'extraction du Vivier, il est très rapide et très frais à toutes ces tailles du couchant, mais sur la maitresse voie de la coupe, il est bien moins frais et cela parce que venant du Vivier, il passe aux tailles avant d'aller sur le trayen. qu'il suit jusqu'au nouveau foyer de l'accrochage, d'où il remonte au jour, ramassant dans sa course les émanations qui peuvent se dégager et sortir de la chasse suspendue dans la toussaint, où l'airage ne circule plus. Il n'en était pas de même à l'époque de l'inspection du 22 juin 1819, car alors, l'airage descendant par le puits, où il remonte aigourd'hui était bien frais et parcourait avec rapidité tout le trayen, arrivait aux tailles de même et s'en retournait par un chassi rejoindre l'airage de la chasse du levant puis, remonter au puits de la machine à feu des Rameaux ; mais depuis l'inspection précitée, le cours de l'airage est totalement changé (puisqu'à cette époque, la branche qui aliimentait les travaux du levant où il y avait la plus forte exploitation, revenait étant extrêmement échauffée par le trayen de la coupe, tandis que comme on vient de le dire, l'autre branche allant directement en sens contraire était très fraîche) il est chaud sur le trayen du couchant, où actuellement se fait la plus forte exploitation, et il est frais sur celui où l'on n'extrait que 18 tonneaux 3/4.
Par sur abondance nous observerons que les sept nouveaux malades désignés de la fosse des Rameaux, et les
trois autres malades du vivier, venant depuis peu de cette première fosse, sont sans exception tous ercheurs. Que dans le tems qu'ils ont contracté cette maladie, la plus forte extraction avait lieu à la grande veine levant niveau de 261 mètres aux Rameaux; qu'à cette époque et jusqu'en août dernier, l'airage qui allimentait cette exploitation allait dabord aux tailles, puis ensuite retournait étant extrêmement échauffé tout le long du trayen de erchage, où il passait sur une source d'eau que l'on supposait malfaisante, que dès le 22 juin 1819, quoiqu'il n'y eut pas encore d'ouvriers de cette chasse, designés comme étant affectés de l'anémie, on s'appercevait déjà que l'airage dans son retour par la voie de fond, était malsain et que d'un autre coté, ce trayen est dans la même veine et immédiatement en dessous de celui de la fosse du Vivier, où en 1803, il y a eu plus de 100 ouvriers attaqués de Vanemie ; on peut conclure que c'est la que les ouvriers portés dans la liste de M"^. Gravis. en date du 8 7^»^® 1820, ont contracté la maladie dont ils sont atteints.
Les changemens du cours des airages du Rameau ainsi que ceux de Bonne part, nont lieu que depuis environ un mois, que Ton contruisit, en travaillant à la journée^ un nouveau foyer à très peu de distance de l'accrochage de cette première, niveau de 261 mètres. Ce nouveau système nécessité pour faciliter la pose des pompes dans le puits de la pompe à feu des Rameaux, ne parrait nullement convenir à l'exploitation actuelle de la grande veine couchant niveau de 261 mètres, parce qu'il passe sur le trayen de la coupe après qu'il a parcourru le châssis de toutes les tailles en exploitation en dessous du trayen du Vivier, où il y a eu en 1803, une si grande quantité de malades. A la vérité dans ce moment ci l'airage ny est pas encore si chaud qu'il l'était au 22 juin 1819 dans le trayen du levant de ladite grande veine, même niveau et même fosse, mais il pourrait bien sous peu acquérir une
aussi r&cheuso influence, et il est teins d'y prendre garde. Dans lotat actuel (les choses, tout ce qui semble qu*on l)Ourrait pro|)o.ser \>o\xv prévenir un plus grand mal, ce serait de faire passer, au lieu de revenir, lairage par la maitresse voie du couchant dans la grande veine; d'en activer le courant autant (juc i>ossible et d*ecarter davantage les trois conduits d'airage vis à vis du puits; de donner à tous les ercheurs un tienne, à chaque bande de mineurs une taille sans jamais les changer; et de prier M*". Gravis de signaler les ouvriers qui seraient attaqués de l'anémie, au furet à mesure qu*il en remarquerait d'atteints de cette maladie, et ne pas les remettre au travail trop tôt.