TRAITEMENT DES MALADES A PARIS PAR HALLE
A Paris, les quatre ouvriers qui y avaient été conduits, furent reçus à l'hospice de la Faculté. Leur maladie datait de huit, douze et quinze mois. HaUé fut spécialement chargé de diriger le traitement.
Ici nous laissons la parole à Geoffroy et Nysten, auteurs de l'article Anémie, du Dictionnaire en 60 volumes.
« A leur arrivée, ils avaient le visage et les extré-
(1) Gravis et de Saint-Moulin ; Précis historique ; manuscrit, Fresnes, 6 février 1805.
mités supérieures œdématiés ; les inférieurs l'étaient aussi, mais cet effet était dû à la fatigue du voyage, puisque le repos a fini par les rendre à Tétat naturel. Toute la surface du corps était décolorée ; une teinte blafarde et jaunâtre était répandue, non seulement sur la peau, mais surlaconjonctive, le revers des paupières, l'extérieur des lèvres et de la bouche, et la langue môme ; aucune ramification de vaisseaux capillaires sur la conjonctive non plus que sur les gencives ; aucune veine apparente au bras ni à l'avant-bras, ni au dos de la main. Point d'embarras sensible dans le ventre ; seulement le mésentère paraissait faire un paquet assez volumineux, quoique souple. Le pouls battaithabituellement de quatre-vingt-dix àcentfois par minute, sans chaleur sensible à la peau ; mais, dans certains moments, la fièvre se développait, et alors le pouls s'accélérait encore et la peau devenait très-chaude ; de plus, palpitations fréquentes, battements trèsprononcés du cœur contre les parois de la poitrine, même dans l'absence des palpitations ; impossibilité de marcher et surtout de monter des escaliers sans suffoquer, et cependant poitrine sonore dans toute son étendue ; paume des mains fréquemment humide, sueurs nocturnes habituelles. Au milieu de tant d'altérations, ces hommes, un seul excepté, avaient de l'appétit, mangeaient avec avidité les aliments qui étaient de leur goût, digéraient sans peine ; mais les matières fécales liquides ou demi liquides, brunes, jaunes, et quelquefois vertes, n'annonçaient pas une digestion parfaite ni égale ; les urines étaient de couleur ordinaire. »
Quelques jours après l'arrivée des malades, on les
soumit à un régime substantiel : viandes rôties, bière forte, bon vin. Usage des amers (houblon et gentiane) et du quinquina.
TRAITEMENT MERCURiEL ; INSUCCÈS. — Des analogies particulières avaient fait ajouter aux prescriptions précédentes quelques frictions mercurielles qu'on fut bientôt forcé d'abandoimer.
tf Au milieu de ce traitement, un des malades, habituellement plus languissant que les autres et ayant moins d'appétit qu'eux, fatigué outre cela par de mauvaises habitudes, a succombé à son mal ; il avait d'abord la fièvre tous les deux jours ; cette fièvre au bout de dix à onze jours, devint continuelle, prit un caractère grave : douleurs dans tous les membres, céphalalgie aigûe, pouls dur, sécheresse et ardeur de la peau, sans néanmoins qu'aucune partie se colore ; langue parfaitement nette, ventre tuméfié et douloureux, résistance sensible au toucher dans la région du foie ; au bout de quarante huit heures, la fièvre tomba ; pouls faible, efibrts inutiles de vomissement, môme à l'aide d'une potion cordiale émétisée ; bientôt survinrent une forte oppression, l'intermittence du pouls, le froid des extrémités, et le malade mourut.
NÉCROPSiE d'un des MALADES. — « L'ouvcrturc du cadavre a été faite à l'hospice de l'Ecole de Médecine de Paris, en présence du professeur Halle.
« Le ventre était légèrement tuméfié ; la couleur de la peau était la même que dans le cours de la maladie ; les intestins, et surtout le colon étaient distendus ; la graisse d'entre les membranes de l'épiploon et les lames du mésentère était très-jaune. Le foie était petit, souple dans toute son étendue ; sa sub-
stance, molle et onctueuse au toucher, avait une couleur blonde qui s'étendait jusqu'à l'extérieur ; la vésicule était à demi-pleine d'une bile de la couleur d'un jaune d'œuf ; l'analyse y a trouvé beaucoup d'albumine coagulable. La rate était petite et plus molle qu'à l'ordinaire. L'estomac s'est trouvé à moitié plein d'une liqueur de couleur lie de vin, dont le duodénum et le jéjunum étaient également enduits. Les autres viscères étaient sains. Le poumon droit était le seul qui adhérât presque en entier à la plèvre costale ; par les incisions, l'un et l'autre répandaient une sérosité écumeuse et jaunâtre qui s'échappait de tous les points du parenchyme et ne sortait d'aucune collection partiticulière contre nature.
« La chair du cœur était pâle comme celle qui aurait été macérée et lavée ; ses parois étaient mollasses et les colonnes charnues grêles. Il ne s'écoula de ses cavités aucune goutte de sang rouge ; on remarqua dans le ventricule gauche un caillot pâle comme la chair du cœur.
« Le cerveau était blanc et presque de la même nuance ; trois ou quatre grammes de sérosité se trouvaient dans la partie postérieure de la cavité du ventricule gauche ; le plexus choroïde était rouge mais assez pâle.
« Dans les trois cavités, tous les vaisseaux artériels et veineux étaient généralement vides de sang coloré et ne contenaient qu'un peu de liquide séreux ; on ne trouvait de sang ni dans l'aorte jusqu'aux divisions crurales, ni dans les axillaires jusqu'aux subdivisions brachiales, ni dans les veines congénères, ni dans le système des vaisseaux hépatiques, ni dans aucun des
sinus du cerveau. En incisant profondément les cuisses dans l'épaisseur des chairs musculaires, il s'écoulait un sang liquide et noir en petite quantité ; en toute autre partie il ne s'en écoulait point. Les chairs des muscles qui recouvrent le thorax étaient assez rouges, celles des extrémités Tétaient moins. » Cette absence de sang s'était déjà rencontrée constamment dans les ouvertures faites sur les lieux où la maladie s'était déclarée.
TRAITEMENT FERRUGINEUX DEUX MOIS APRÈS L' AR- RIVÉE DES MALADES ; AMÉLIORATION. — Halle Considéra cette absence de sang comme un état spécialement dépendant de la maladie, suivant toutes ses périodes et arrivant à son comble lorsqu'elle même est parvenue à son dernier terme. Il en conclut que le traitement le plus convenable ne devait point consister dans l'usage des mercuriaux, et il s'empressa d'y substituer la limaille de fer, à la dose d'un gros par jour, associée à une égale quantité de quinquina et de chlorhydrate d'ammoniaque ; plus tard, il supprima ce dernier sel, parce qu'il déterminait parfois des douleurs déchirantes d'entrailles.
« A peine huit jours se furent-ils écoulés, qu'il aperçut les heureux effets de ce nouveau traitement : saillie évidente des veines des bras, traces colorées des vaisseaux à la face palmaire des poignets, faculté de monter l'escalier de l'hospice sans suffocation ; tels furent les premiers indices. Bientôt la coloration devint plus générale, l'appétit plus franc, les digestions plus régulières. La suspension du traitement avait été suivie de la perte d'une partie de ces avantages. Enfin ces hommes, au bout d'environ trois mois de traite-
ment (i), ayant repris à beaucoup d'égards leur état naturel, sans cependant être revenus à une coloration parfaite, sont retournés dans leur pays : l'un d'eux a péri en route par une chute [de diligence], les deux autres se sont entièrement rétablis. »
C'est au mois de vendémiaire an XIII (septembreoctobre 1804) que Halle avait publié dans le Journal de Corvisart (2) une relation de la maladie à laquelle il donnait le nom ^anœmie.
TRAITEMENT DES MALADES A DUNKERQUE PAR LEBLEU. EMPLOI DU FER DÈS LE DÉBUT ; GUÊRISON. — Pendant ce temps, Lebleu^ médecin de l'hospice de Dunkerque où l'on avait envoyé quatre malades, frappé tout d'abord de la décoloration du sang qu'il attribuait à un défaut d'oxydation, source probable des troubles circulatoires, était amené à prescrire dès le début à ses malades l'oxyde rouge de fer, comme la préparation la plus propre à restituer au sang l'oxygène qui lui manquait. Les heureux résultats qu il en obtint sont consignés dans sa lettre à Renard, Agent-général des mines d'Anzin, en date du 21 octobre 1804. Nous croyons devoir reproduire in extenso ce rapport remarquable, écrit il y a soixante- dix ans par un modeste praticien
(1) Trois mois de traitement par le fer^ car les malades étaient soignés à Paris depuis cinq mois.
(2) Observations sommaires sur une maladie qu'on peut appeler anoemie, qui a attaqué tous les ouvriers d'une galerie dans une mine d'anthracite ou charbon de terre en exploitation à Anzin, Fresnes et Vieux-Condé, près Valenciennes, et qui a été suivie et traitée sur quatre de ces ouvriers à l'hospice de l'Ecole de Médecine de Paris. Journal général de Médecine chirurgie^et pharmacie de Corvisart, Leroux et Boyer, in 8« t. ix, p. 1, 71, 138 ; Paris, 1804.
— aède province, et que ne désavouerait pas un savant de nos jours (i).
« Dunkerque, 28 vendémiaire an XIII.
« Monsieur,
« Je me fais un plaisir comme un devoir de vous rendre compte des moyens que j'ai employés dans la maladie de vos ouvriers. Ils consistent : l'^dans l'oxyde rouge de fer obtenu par une dissolution de sulfate de fer précipitée par une substance alcaline ; 2° dans réther acétique à l'extérieur. Voici les doses auxquelles j'ai cru devoir administrer.
« l** Oxyde de fer. Je Tai donné d'abord à la dose de 18 grains, par jour, pour chaque malade, divisés en 3 parties égales. J'ai fait augmenter la dose au bout de huit jours et l'ai portée à un scrupule, 8 jours après à trente grains, et enfin à un demi-gros par jour. Le 15 vendémiaire, tous les symptômes de la maladie avaient disparu, à la réserve de la couleur de la peau qui n'était pas encore très-claire chez Romain et Prospère. Mais ils me disaient qu'avant leur maladie, leur coloris n'était pas plus brillant. Les mauvais tems arrivèrent alors, les jeunes gens ne sortirent que très-peu et restaient auprès du feu. Comme la dose de fer qu'ils prenaient était forte, et surtout, comme ils ne se donnaient plus autant d'exercice que de coutume, la quantité de fer les fatigua ; ils sentirent des tiraillemens dans l'abdomen, des points douloureux, des maux de tôte accompagnés de tension dans cette partie et qui par là difiéraient de ceux dépendant de la maladie
(1) Lettre manuscrite, Dunkerque, 21 octobre 1804.
primitive, puisque ceux-ci sont accompagnés de pulsation. Ce contre-tems ne m'a pas beaucoup étonné, l'usage du fer exigeant beaucoup de mouvemens, de courses, pour le broyer et l'user pour ainsi dire par l'action musculaire. Je fis remplacer momentanément les ferrugineux par une potion antispasmodique, et tous les accidens se calmèrent. Depuis quelques jours, j'ai remis les malades à l'oxyde de fer, mais à moindre dose (ils n'en prennent que 18 grains par jour), et peutêtre faudra-t-il encore la diminuer, tant l'exercice est essentiel dans l'emploi de ce médicament. Je crois môme que ce serait le cas maintenant de le donner à petites doses à Prospère et Joseph, chez qui on remarque encore quelques palpitations, et d'en priver totalement Alexis et Romain qui paraissent guéris ; sauf à en reprendre l'usage s'il y a lieu, au moindre symptôme renaissant de la maladie. J'ai aussi fait cesser, dès hier, pour eux les frictions éthérées.
« 2° Uéter acétique a été donné chaque jour à la dose de deux gros pour chaque malade ; et il m'a paru puissamment contribuer à faire cesser le tintement d'oreilles et les douleurs de tête. La manière de l'employer était d'en verser quelques gouttes dans les oreilles, de s'en bien frotter le front, les tempes, la région du cœur et de se frictionner ensuite le reste du corps.
« Au surplus, vous verrez exactement les doses des deux médicamens par la note de l'apothicaire qui les a fournis, qui doit contenir les prescriptions jour par jour.
« Les gens de l'art pourraient demander ici, pourquoi j'ai préféré l'éther acétique aux autres éthers, et
le fer très-oxydé aux autres préparations martiales.
« D'abord, je regarde Téther acétique comme plus actif, plus pénétrant, surtout à l'extérieur ; et il parait réussir principalement lorsque l'irritation, comme dans le cas présent, se porte spécialement sur le système vascuïaire. Du reste, il serait possible et à souhaiter qu'on pût le remplacer par un autre, car celui-ci est très-cher, devant être fait avec le vinaigre radical.
« Quant aux préparations de fer, voici les raisons qui m'ont fait préférer celle-ci : il est évident que chez les malades dont il s'agit, le sang perd en partie sa couleur ; d'un autre côté, les physiologistes regardent la couleur du sang comme dépendante du plus ou moins d'oxygène qui entre dans sa composition ; c'est ce qui fait (abstraction faite de la proportion de carbone qui s'échappe par la respiration) que le sang artériel est d'un plus beau roùge que le sang veineux, à cause de l'oxygène qu'il absorbe dans l'acte de la respiration avant qu'il passe dans les artères ; et, il est possible que, dans la maladie en question, les palpitations et autres désordres de la circulation ne dépendent que du défaut d'oxydation du sang qui, par là, n'est plus pour le cœur un stimulus pareil à celui qui existe dans l'état de santé. Il m'a donc paru que le fer très-oxydé serait plus propre que toute autre préparation à rendre au sang les qualités qu'il doit avoir. Il semblerait, à la vérité, que l'acide muriatique oxygéné devrait produire les mêmes résultats, mais il est possible que, ' dans cette dernière combinaison, l'oxygène ne passe pas dans le système sanguin.
« Quoiqu'il en soit de ces explications, que je ne puis dans une lettre développer davantage, et qui
peut-être sont bien loin d'être satisfaisantes, n'ayant que peu de ces malades à traiter, et pour un tems limité, j'ai choisi, sans aucune considération ultérieure, dans les deux classes de médicamens, les préparations qui me paraissaient les plus énergiques, et tout porte à croire qu'elles suffisent, en les administrant avec prudence, pour guérir radicalement cette maladie. Mais le traitement sera beaucoup plus long pendant l'hiver, parce que à raison du peu d'exercice , il faudra ménager les préparations martiales et que, d'ailleurs, môme pour les frictions, le resserrement de la peau les rend toujours beaucoup moins actives.
« Pour connaître d'une manière précise l'action du fer et des éthers dans cette maladie, on pourrait donner à certains malades le fer non oxydé ou en limaille, aux autres le fer très-oxydé, à ceux-ci l'éther acétique, à ceux-là l'éther. sulfurique, et faire, chez d'autres, différentes combinaisons de ces médicamens.
« Tels sont. Monsieur, les moyens que j'ai cru devoir employer dans la maladie de vos ouvriers, trop heureux si je puis contribuer pour ma part à faire cesser le fléau qui afflige cette classe intéressante. Mais il serait infiniment préférable d'en détruire la cause en neutralisant ces émanations empoisonnées. Ne serait-il pas possible d'employer ici les fumigations de Guy ton-Morveau et faire descendre de tems à autre dans les fosses des flacons qui, laissant échapper abondamment le gaz muriatique oxygéné , corrigeraient peut-être les qualités délétères de l'air qu'elles renferment ? Mais je ne ^ doute pas que vous n'ayez consulté à ce sujet des chimistes qui, connaissant pjus
particulièrement le local et les émanations, paissent juger ceci infiniment mieux que moi.
« J'ai rhonneur, etc »
Signé : « Lebleu ».
En somme, le 21 octobre, des quatre malades de Dunkerque, deux ressentaient encore quelques palpitations, les deux autres paraissaient complètement guéris ; tout portait à croire que le traitement ferrugineux et éthéré suffirait à guérir radicalement la maladie.
De ces documents, il résulte que le fer fut administré dès le début par Lebleu, et seulement après deux mois d'un autre traitement, par Halle. Or, comme les malades furent envoyés en même temps à Dunkerque et à Paris, cela donne à Lebleu sur Halle la priorité du traitement ferrugineux.
ADOPTION DU TRAITEMENT FERRUGINEUX A FRESNES. AMÉLIORATION, FIN DE l'ÉPIDÊMIE. — La difficulté
de se procurer de l'oxyde de fer préparé comme Lebleu l'avait employé, fut cause que les médecins des mines ainsi qu'ils nous l'apprennent eux-mêmes (i), lui « préférèrent la limaille de fer, dont ils avoient fait précédemment usage sans succès, parce que les malades, fatigués d'avoir pris beaucoup de remèdes inutilement, ne prenoient celui-ci qu'avec répugnance, et qu'ils surent depuis qu'ils y avoient mis la plus grande inexactitude (2). Une autre raison qui motiva
(1) Gravis et de Saint-Moulia ; Précis historique, etc., manuscrit, Fresnes, 6 février 1805.
(2) Les médecins des mines avaient donc employé timidement le fer de leur propre initiative. Nous savons d'ailleurs.
cette préférence c'est qu'il y avoit plus de deux cents malades à traiter, et que l'oxyde de fer est beaucoup plus coûteux qne la limaille dont les effets salutaires sont aussi beaucoup plus prompts.
« Les tablettes martiales dont la formule suit suffirent pour les mettre tous à même de reprendre leurs travaux ordinaires :
« R. limaille de fer préparée une livre,
sucre blanc pulvérisé une demi-livre^ Anis id. quatre onceSy
Gomme adragante : suffisante quantité,
pour former du tout une masse dont vous ferez cent vingt tablettes (i).
« Tous les malades prenoient une de ces tablettes le matin et une le soir ; ceux au-dessous de l'âge de seize ans n'en prenoient qu'une moitié à chaque prise ; les plus affoiblis et ceux à qui ces tablettes produisoient des vomissemens prenoient huit onces de vin de kinkina rouge dans vingt-quatre heures ; et ceux à qui elles occasionnoient des douleurs de ventre les prenoient en quatre parties de quatre heures en quatre heures, en faisant usage d'une boisson adoucissante.
« Pendant ce traitement on a soigneusement proscrit tout espèce de purgatif. Leur régime étoit fortifiant, et on leur recommandoit l'exercice. La difficulté de respirer et le tintement des oreilles furent les premiers symptômes qui disparurent, ensuiife la douleur de tête et les palpitations de cœur et enfin
par une communication orale du docteur Caudron, de Condé, que son père avait ordonné le fer aux mineurs anémiques, avant qu'il eut été conseillé par Lebleu et Halle. (1) C'est encore la formule actuellement suivie.
là décoloration. Lies forces commencèrent à revenir dès les huit premiers jours du traitement et firent des progrès rapides. Le terme moyen de ce traitement est un mois. "
Ainsi se termina, vers la fin de 1804, cette étrange épidémie qui depuis plus d'un an et demi sévissait avec opiniâtreté sur les malheureux mineurs de Fresnes. C'est seulement après dix-huit mois d'une lutte signalée par les immenses sacrifices de la Compagnie d'Anzin, le dévouement soutenu de ses médecins, et l'assistance éclairée d'une partie du corps médical savant appelé à leur aide, qu'un remède pour ainsi dire spécifique, soupçonné déjà par les médecins des mines, fut découvert à Dunkerque par Lebleu, d'après des idées théoriques tirées de la physiologie pathologique, et à Paris par Halle, à la suite d'une nécropsie (i).