‹ De l'Anévrysme Artério-Veineux: De l'AisselleChapitre 15 sur 20 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Von BERGMANN, in Bramann. Das arterielle venôse aneurisma Arch. f. Klin. chir., t. XXXIII, b. #3, 1886.)

C..., économe, âgé de 38 ans, reçut en juillet 1883 un coup de couteau à la partie antéro-supérieure du bras gauche. Hémorrhagie abondante que le malade arrêta par compression. Mais gonflement énorme du bras et les jours après coloration bleuâtre.

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Dès la quatrième semaine on remarque dans le creux de l’aisselle gauche une tumeur présentant des battements évidents.

A la quatorzième semaine accroissèment rapide de la tumeur; en même temps tuméfaction de tout le bras.

État actuel. — Malade robuste. Circonférence du membre supérieur gauche atteint 3 centimètres, et à la partie inférieure 6 centimètres de plus qu'à droite.

Peau froide un peu cyanosée. Sensibilité de la main et des doigts diminuée; atonie dans la zone du cubital. La main gauche serre beaucoup moins fortque la droite. Les veines sont très dilatées ettrès sinueuses; au coude elles ont presque la grosseur du petit doigt.

A la région antéro-supérieure du bras, tout près et au-dessus de Particulation de épaule, on trouve une cicatrice pâle, longue de 4 à 5 centimètres environ, un peu moins large; et dans l’aisselle, derrière le bord antérieur du grand pectoral, on aperçoit en écartant le bras du thorax une tumeur du volume d’un œuf environ et recouverte d'une peau d'apparence normale mais très mince.

Cette tumeur a une consistance molle et souple et présente des battements évidents et sensibles, synchrones avec la systole cardiaque. En appuyant le doigt sur elle, on percoit un frémissement évident et continu, qui se renforce manifestement pendant la systole et diminue un peu d'intensité pendant la diastole.

Par en haut la tumeur se continue manifestement avec la veine axillaire très dilatée : de même les bat-

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tements et le frémissement existent à ce niveau. Par en bas elle se continue de même avec la veine humérale, qui, à une distance de 3 centimètres de la tumeur, se dilate à son tour pour former une deuxième tumeur, de même nature que la première, mais plus petite. Au-dessous de cette tumeur la veine ne se laisse plus suivre.

Les veines très ectasiées de la région antéro-interne de la partie supérieure et de la partie inférieure du bras, jusqu'à la main, présentent manifestement, au moins quelques-unes d’entre elles, des battements évidents, et dans les plus grosses, la basilique, la médiane, la céphalique, on perçoit aussi très nettement le frémissement. Les veines situées au-dessus de la tumeur, dans la région de la clavicule et au-dessus, ainsi qu’au cou, sont également battantes, et le frémissement est même si fort pres de la clavicule qu’on peut lé sentir en plaçant le doigt sur la peau.

A l’auscultation, souffle systolique.

Pouls dans les artères plus faible. Retard considérable. Compression de la sous-clavière fait disparaitre complètement battements et frémissement. Sion élève le bras jusqu’à la position horizontale la tumeur et les veines dilatées diminuent. Si on comprime les vaisseaux au-dessous de la tumeur elle grossit tellement qu’une rupture est à redouter

La température locale est à la main de 3 à 5 degrés de moins qu'à droite. Dans l’aisselle, au contraire, elle est plus élevée.

Traitement. — Compression dela sous-clavière sans résultats.

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