OBSERVATION III
(HALSTEDT, Hopkins hosp. Bull. July 1892.)
Dans un anévrysme de la sous-clavière gauche audessous de la clavicule (première portion de l’axillaire) ligature de l'artère, et extirpation de l’anévrysme et du morceau de la veine et de la clavicule adhérente à la tumeur.
Le malade était âgé de 52 ans, l'opération dura deux heures et demie, la grosse plaie fut cicatrisée en quelques semaines.
Le pouls à l'artère radiale ne fut pas trouvé tout de suite après l'opération, ni après.
Concluons done, le rétablissement de la circulation veineuse se fait toujours, le rétablissement de la circulation artérielle se fait dans 98 °} des cas, si la ligature porte au niveau de la première ou de la deuxième portion de l’axillaire. Seule la résection d’un segment d’artère au niveau de la portion moyenne est grave dans plus de la moitié des cas à moins qu’elle ne soit faite en respectant les collatérales.
Le cas de Bardeleben (résection de l'artère principale et des deux circonflexes) parait toutefois devoir atténuer le pessimisme de cette dernière conclusion.
On croit généralement que le rétablissement de la circulation artérielle est analogue au rétablissemement de la circulation veineuse, que le sang passe par les
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collatérales situées en amont, et regagne le tronc principal par les collatérales situées en aval.
Il n’en est rien. M. Jaboulay (Gazette des Hôpitaux, 1893) au sujet de deux malades chez qui il avait pratiqué la ligature de l’humérale et chez lesquels le pouls n'était pas réapparu à la radiale un mois après, à émis l'idée suivante que le rétablissement de la circulation se faisait par le développement du réseau collatéral, par hypertrophie des artérioles secondaires, alors qu'au contraire le vaisseau principal s’atrophiait. Des quelques recherches que nous avons faites au sujet des ligatures de la sous-clavière, de l’axillaire et de l’humérale nous avons pu voir rapidement que dans bien des observations le pouls est signalé comme étant revenu, si bien que la question reste encore tout entière à fixer d’une facon précise.
La solution de la question, comme nous le faisait entrevoir notre ami M. Violet, comporterait : 1° une étude expérimentale faite sur les animaux afin de préciser si le pouls revient à l'artère radiale et au bout de combien de temps; 2 une étude bibliographique, faite à ce même point de vue; % la dissection d’un membre sur lequel pareille ligature aurait été faite un temps suffisant avant la mort.
Mais laissons de côté toute cetle question spéculative et retenons seulement nos conclusions pratiques de tout à l'heure, et limitons notre étude aux anévrysmes artérioso-veineux de l’aisselle, c'est-à-dire sur le trajet des deuxième et troisième portions de l'artère axillaire.