‹ De l'anévrysme cirsoïde de la têteChapitre 11 sur 33 · HT · texte numérisé non relu

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et l’on voit à la convexité des courbes se produire de fortes dilatations, parfois sacciformes. Ensuite, les parois s'amincissent de plus en plus (1) ». Pour l’auteur allemand, l’interprétation est, on le voit, des plus simples ; tout s'explique par une différence d’âge de la maladie.

L'état des veines varie aussi considérablement. Quand le processus se borne aux grosses branches des artères, les veines ne montrent quelquefois aucune altération. Quand, au contraire, il s’étend aux petites artères, les veines deviennent habituellement variqueuses ; et avec le temps, ces varicosités peuvent devenir plus fortes que les altérations anévrysmales elles-mêmes.

I nous reste maintenant à examiner les effets qu’exerce sur les organes du voisinage la présence de l’anévrysme. Ces modifications sont de nature tantôtatrophique, tantôt hypertrophique ; le plus souvent, ces deux états existentsimultanément. Au niveau du crâne où nous localisons notre étude, on anoté plusieurs fois (II, 3 - IT, 6 - IIT, 25) un évidement et même une usure complète des os sous-jacents à la tumeur. La possibilité d’un tel accident contesté par Heine, outre qu’elle est prouvée par les faits, pouvait cependant être admise à priori; les mêmes conditions de percussions répétées existant en effet dans l’angiôme cirsoïde, comme dans les autres anévrysmes, devaient par conséquent entrainer les mêmes effets. On comprend aussi, comme cela semble avoir existé dans notre cas, que les battements répétés des artères, au lieu d’exercer sur les os une action atrophiante, puissent au contraire déterminer en certains points un processus inflammatoire : périostite, ostéite,

) Virchow, Pathologie des tumeurs. — Trad. de P. Aronssohn, EUV /p:168,/14976;

qui se révèlent au toucher sous forme de crêtes, de saillies sillonnant la tumeur.

Le tissu cellulaire, lui aussi, du moins celui qui est interposé entre les vaisseaux de la tumeur, s’atrophie et disparaît à mesure que les artères se dilatent. À la périphérie de l’anévrysme, au contraire, on le trouve hypertrophié et devenu le siège d’une inflammation chronique. Il en résulte qu’au toucher on perçoit au pourtour un bourrelet de consistance ferme, presque osseuse, et au centre une dépression dans laquelle le doigt s’enfonce sans résistance ; ce qui pourrait faire croire, si l’on n’était prévenu, à une perte de substance du toit crânien.

Quant à la peau qui recouvre la masse morbide, elle peut pendant un certain temps conserver son aspect et sa texture normale, ou présenter soit la trace de nœvus ou les marques du trauma qui a été le point de départ de l'affection. Plus tard, par le fait de la dilatation progressive des vaisseaux, la peau subit l'influence que les tumeurs animées de battements exercent sur les parties voisines : elle s’amincit et se perfore. Dès lors, les artères, n’étant plus soutenues en ce point, se rompent et donnent lieu à des hémorrhagies qui peuvent mettre la vie en danger. D’après Montignac, l’uicération n’aurait pas toujours pour cause l’amincissement de la peau sous l'influence de la pression continue exercée par les artérioles dilatées et pulsatiles. Il admet, pour certains cas, l'existence de troubles trophiques pouvant engendrer le sphacèle de la peau. Dans le fait qu’il cite à l’appui de sa manière de voir ; l’altération aurait débuté par la formation d’une croute; et ce n’est que quatre ans plus tard, que serait survenue la première hémorrhagie.

Jusqu'à présent, nous n'avons parlé de Panévrysme qu’en tant que lésion locale et localisée, avec intégrité du reste du système vasculaire. Dans certains cas, d’ailleurs peu nom-

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breux, il existe à côté de la tumeur cirsoïide une dilatation partielle ou généralisée des artères de l’organisme. Il semble qu’on a alors affaire à une maladie de toute la substance des vaisseaux, à une véritable diathèse, soit à l’état de tendance (V, 8-III, 5) ; soit bien marquée, comme dans les cas de Breschet et Lefort (I, 2 - II, 6).

Nous n'avons trouvé signalé nulle part d’altération des tubes nerveux. Enfin, dans plusieurs cas et en particulier dans ceux de Lefort (Il-6), Busch (VI, 7), Busch W. (V, 8)ona noté des battements de cœur violents, probablement symptomatiques d’une hypertrophie de cet organe. Le fait, d’ailleurs, a été constaté dans une autopsie d’anévrysme cirsoïde du membre inférieur gauche, rapportée, par Breschet (1).

(1) Loc. cit., p. 140.

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