‹ De l'anévrysme cirsoïde de la têteChapitre 13 sur 33 · LAN · texte numérisé non relu

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b) Lancereaux (1), en France, prenant en considération ce fait : que l’anévrysme cirsoïde se développe le plus souvent à l’époque de la puberté ou dans le cours de la grossesse, pense que cette altération est subordonnée à une influence nerveuse. Il voit en effet dans la localisation de la lésion à un département circonscrit du système artériel la manifestation d’un trouble trophique qui, d’après lui, pourrait également survenir après un traumatisme.

Cette richesse apparente d'explications sur la genèse de l’anévrysme cirsoïide succédant au traumatisme ne masque au fond qu’une réelle pauvreté.

B. Nœvus.

Voyons maintenant si les auteurs ont été plus heureux pour expliquer la pathogénie de l'affection lorsqu’elle succède à un nœvus congénital ou non, cause du reste la plus fréquente, puisque nous la trouvons signalée dans 57 de nos cas. Ici encore, les mêmes théories reparaissent, mais avec quelques modifications que nous allons exposer brièvement.

I. Théorie inflammatoire. — a) Bruns (2) admet que l’irritation produite dans certains cas sur un nœvus par des traumatismes réitérés (tel, par exemple, l’action du peigne, II, 1) peut, en y provoquant un apport sanguin plus considérable, déterminer dans la suite sa transformation en anévrysme cirsoïde.

Des contusions répétées dans le sein de la mère peuvent aussi, pour le professeur de Tubingue, entrainer ultérieurement l’apparition de l’angiôme rameux.

(1) Traité d’auat. path., t. II, p. 880.

(2) Loc. cit., p. 161.

Gosselin émet à peu près les mêmes idées (1) : il pense que, si une contusion est suivie du développement d’une tumeur cirsoïde, c’est parce que cette contusion a porté sur une région où existait déjà une dilatation artérielle sous-cutanée, ignorée d’ailleurs du blessé.

II. Thorie néoplasique. — Dans le nœvus, la néoformation vasculaire existe de fait; la transformation de l’angiôme simple en angiôme rameux se ferait, d’après Heine, par le mécanisme suivant : par suite de l’obstacle apporté au cours du sang par une télangiectasie, la tension artérielle serait exagérée et produirait la dégénérescence primitive des fibres musculaires lisses de la paroi artérielle ; puis cette dégénérescence amènerait ultérieurement la dilatation du vaisseau par amincissement de ses parois. Que dans quelques cas lafflux sanguin puisse produire çà et là des épaissements de la tunique adventice, la chose est possible, dit-il, mais le fait capital, c’est l’affaiblissement de la résistance de la tunique moyenne (Terrier). Comme on le voit, Heine admet l’atrophie primitive des parois vasculaires, ce qui ne concorde pas avec les faits.

III. Théorie de la communication artério-veineuse. — Suivant Broca, la dilatation du réseau capillaire dans l’angiôme simple a pour effet d'établir une communication plus facile entre les artères et les veines, par un mécanisme absolument semblable à celui de l’anévrysme artério-veineux ; seulement la communication, au lieu de se faire dans la contiguité des vaisseaux, se fait dans la continuité. « Il en résulte une diminution dans la tension vasculaire intérieure ; l’artère terninale n'ayant plus à résister à cette tension, sa contractilité n'entre plus en jeu, sa fonction est supprimée ; il s'ensuit

(1) Loc. cit.

Ho) —

une altération de texture, une atrophie, un amincissement des parois, d’où résulte une dilatation qui se propage de la périphérie au centre (1). »

Nous n’insisterons pas sur cette théorie évidemment séduisante, mais qui à le tort, ainsi que la précédente, d'admettre Patrophie primitive des parois vasculaires, qui n’est rien moins que démontrée.

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