‹ De l'anévrysme cirsoïde de la têteChapitre 20 sur 33 · I. — PROCÉDÉS DE MODIFICATION DE STRUCTURE DE LA TUMEUR · texte numérisé non relu

I. — PROCÉDÉS DE MODIFICATION DE STRUCTURE DE LA TUMEUR

a) Séton. — Le séton n’a été employé qu’une seule fois par Southam (VII, 1), après la ligature suivie d’insuccès d’une carotide primitive. Quoique la guérison ait suivi la tentative audacieuse du médecin anglais, ce procédé ne peut être conseillé : il expose à des hémorrhagies formidables soit primiti-

NC)

ves, lors du passage du séton, soit consécutives, par le fait de Pinflammation suppurative des parois vasculaires, qui peut en outre entrainer l'infection purulente.

b) Transfixion de la tumeur.— Cette méthode consiste à fendre la tumeur dans toute son étendue et à interposer ensuite entre les lèvres de la plaie un corps étranger, dans le double but d’arrêter l’hémorrhagie d’abord, puis de provoquer une inflammation suppurative dans la tumeur. Cette opération n’a été que rarement mise en pratique. Depuis l’observation de Græfe (VII, 2) qui le premier a eu recours à ce procédé, nous n’avons trouvé que deux observations analogues, l’une due à Artung (VII, 3), l’autre recueillie à l’hôpital de chirurgie clinique et ophthalmologique de Berlin (VIE, 4) et rapportée par la Gazette médicale de Paris en 1833. Il est évident que ce traitement, bon tout au plus pour les tumeurs cirsoïdes de petit volume, ne peut être appliqué quand l’affection a pris une certaine étendue. Les mêmes dangers d’hémorrhagies et d'infection purulente qui nous ont fait rejeter le séton nous conduisent ici aux mêmes conclusions.

c) Circonvallation de la tumeur. — L’incision circulaire pratiquée autour de la tumeur dans le but d’arrêter tout apport sanguin au sein de la m°sse morbide a été employée par Decès (VI, 10). Ce chirurgien lia d’abord dix artères afférentes sans arriver à supprimer les pulsations de la tumeur. Par la circonvallation il obtint une guérison satisfaisante, quoiqu’incomplète. Il est facile de voir que l’incision circulaire n’agit pas autrement que la ligature, seulement elle agit plus complètement en ce sens qu’elle permet d'atteindre jusqu'aux plus petits vaisseaux.

Malheureusement, outre qu’elle expose aux hémorrhagies, elle ne tarit pas complétement l’arrivée du sang qui peut encorep énétrer dans la tumeur par sa partie profonde.

d) Acupuncture. — Nous ne connaissons que l'observation de Michaux (VII, 5), qui ait trait à ce mode opératoire. Il consista à implanter dans la tumeur un certain nombre d’aiguilles fortement chauffées. Quoique la guérison s’ensuivit, l’histoire des complications survenues n’est pas faite pour engager les chirurgiens à suivre la même voie.

Page 1