GROUPE IV
Ligature de deux carotides primitives.
1. — (Bunger. in Roth. Beitrag zur Lehre von den Gefæssgeschoülsten, 18753, p. ?). — H., 34 ans. L’anévrysme occupe les art. temporale, frontale et occipitale du côté gauche. Suite d’un coup recu à l’âge de 24 ans. Du volume d’une petite noix au début, la tumeur envahit les artères de tout le côté gauche de la tête; celles-ci étaient pulsatiles et présentaient des bosselures. Susurrus dans loreille. La compression de la tumeur était très douloureuse. Ligature de la carotide primitive gauche par Bunger le 40 mai 4819, sur les conseils et en présence de Busch ; le patient avait alors 34 ans. Affaissement de la tumeur, qui reparaiît après quelques muis. En janvier 4824, Muller. accusé de vol, se fit deux entailles dans la tumeur avec un couteau. Hémorrhagies. Compression, styptiques. Ligat. de la carot. prim. droite par Bunger le 19 février 1824. A la suite, coma, pouls filiforme, pupilles dilatées, yeux vitreux. À droite, la cornée s’infiltre; perte de l’œil, quelques jours après. Légères hémorrh. qu'on combat par la compression à l’aide d’un tourniquet. Plaque gangréneuse consécutive, qui guérit en 4 semaines. En 1825, légère hémorrhagie. En 1834, on ne voit plus de bosselures. Muller meurt dans le marasme le ? avril 1870, à 85 ans; 46 ans après la double ligature des carotides.
2. — (Mussey. Amer. Journ. of Med. Sciences, 1829, T. V, p. 316). — Voir (VIX, 34). ?
8. — (Moœller. Frorieps Notizen, 1833, T. XXXVI). — H., 5 1/2 ans. Côté droit du nez et du front. N. congénital. Jusqu'à l’âge de 3 ans, la tumeur n’est pas pulsatile ; à partir de ce moment, elle augmente de volume et présente des battements. La compression de la carot. détermine l’affaissement de la tumeur. A l’âge de 5 1/2 ans, ligat. de la,carot. prim. droite. La tumeur diminue, les pulsations cessent, pour reparaitre 3 semaines après. Quatre mois après la première opération, ligature de la carot. prim. gauche, qui avait un volume double de celle du côté droit. Les pulsations cessent. A cette époque, une scarlatine dont il guérit. Amélioration. La tumeur ne reparait pas, mais les pulsations persistent au niveau de l’angle interne de l’œil.
4. — (Kuhl. London. Med. Gaz., 1855, t. XVI, p. 816). — (Voir VII, 35).
5. — (Warren. Gaz. med. de Paris, 1847, p. 161). — (Voir VIT, 56).
6. — (Robert. Gaz. des hôp., 1851, p. 130). — F. 18 ans. Portait sur le front, en venant au monde, une petite tache rouge ayant la dimension d’une tête d’épingle. A l’âge d’un an, première hémorrhagie causée par une chute sur la tête. De 3 à 42 ans, plusieurs hémorrhagies, soit spontanées, soit pro-
voquées. Accroissement continu de la tumeur. Parfois douleurs et battements dans la tête. À 46 ans, menstruation revenant tous les 3-4 mois. À partir de ce moment, développement plus rapide, ulcérations, hémorrhagies abondantes surtout aux époques menstruelles ; compression employée inutilement. A 18 ans, là malade est vue par Robert. La tumeur occupe alors les régions temporale et fronto-pariétale gauches ; elle est molle, bosselée ; sur les points saillants, la peau présente une teinte bleuûtre. Battements. Thrill. Bruit de souffle continu avec renforcement, se prolongeant jusqu’au cœur. Dilatation des artères voisines. La compression des deux carotides arrête les pulsations et le souffle. — Compression pendant six semaines des deux artères temporales. Compression sur la tumeur, pendant 5 mois. Insuccès. Ligat. de la carot. gauche le 25 juin 1846. Léger affaissement de la tumeur qui cesse de battre; 30 jours après, les pulsations reparaissent. Au 40° jour, hémorrhagie par la tumeur, malgré un bandage compressif permanent. Amélioration survient ensuite; mais à cause de la gêne produite par les battements de l'art. temp. droite, de la douleur violente qui survient souvent dans ce côté de la tête et qu’on ne peut calmer que par la compr. de la car. ou de la temporale ; comme de plus, la cicatrice de la tumeur est mince et peu solide, Robert lie la carot. droite le 22 février 1847. La tumeur s’affaisse notablement et les pulsations disparaissent pour un temps assez long. L’ulcération guérit. Plus tard, il reparaît dans quelques vaisseaux de légers battements. Trois ans après, hémorrhagie au troisième mois de sa première grossesse. Dilatat. des art. thyroïd. infér. et cervicale ascendante. Amélioration.
7. — (Mussey. Amer. J. of Med. Sciences, 1853, t. XXVI, p. 333). — H.., 19 ans. Région auriculaire gauche. Nœvus congénital. À l’âge de 11 ans, formation de plusieurs petites tumeurs pulsatiles. Elles atteignirent peu à peu le volume d’une noix muscade et siégeaient à l’antitragus, au tragus et à la fosse scaphoïde. Au-dessous de l'oreille, une autre tumeur grosse comme une cerise ; elle s’ouvrit et donna lieu à une hémorrhagie considérable qu’on put arrêter par la compression. L’oreille est fortement augmentée de volume. Vaisseaux afférents dilatés. Ligat. de la carot. prim. gauche (après une longue préparation par une nourriture végétale !?). Les batiements cessent dans la tumeur, cependant celle-ci diminue peu de volume. Quatre semaines après, ligat. de la carot. prim. droite. Chaque fois troubles circulat. légers de la face. La tumeur s’affaissa davantage cette fois. Pendant 3 semaines, on employa la compression sur la tumeur à l’aide de collodion. Trois mois après, la tumeur aurait complètement disparu. Guérison.
8. — (Rodgers. Van Buren. New-York Journ. of Med., 1857, juillet), F.…., 11 ans. Anévrysme par anastomose du cuir chevelu. Origine congénitale ou datant de la première enfance. Développement continu. Dilatations artérielles
ramifiées. Ligature de la temporale, hémorrh. orave, En 4844 (la malade avait 11 ans), ligature de la carot. droite par Rodgers. L’accroissement de la tumeur s'arrête pendant plusieurs années, puis reprend. En 4850, Van Buren lie la carotide gauche. Guérison de la ligature, non de la tumeur. Insuccès.
9. — (Robert. Gaz. hebd. 1859, p. 53. — Populus et Rétif, in Dupuytren, Clinique chirurgicale, t. III, p. 48). H..., 20 ans. Oreille, régions temporale et mastoïdienne droites. Nœvus congénital de l’oreille occasionnant des démangeaisons et saignant au moindre grattage. Développement à 12 ans. Trois ans après, présente des pulsations. Hémorrhagies. A son entrée à l’hôpital de Sens, l'oreille droite est triplée de volume, pulsatile, A la tempe, bosselures nombreuses. Compression sur les artères. non supportée. En 1817, P. et R. lient la temp., l'auric ant., l'occipitale, sans parvenir à arrêter les hémorrh, En 1518, quand Dupuytren voit le malade, l’oreille droite est deux fois plus longue que l’autre, de l'épaisseur du doigt, molle, animée de battements, plus chaude que l’autre, couleur rouge violet foncé. Sur la tempe et l’occiput, la tumeur présente une teinte bleuâtre avec bosselures nombreuses. Par la compression de carot. primit., tumeur s’affaisse, pàlit, battements cessent. Bruissement systolique perçu par le malade. Ligature de la carot. primitive droite (8 avril 1818). Diminution de vol. de la tumeur. Arrêt des battements. Le 18° jour après la ligature, de légères pulsations reparaissent. L’affection un moment entravée, reprit sa marche plus tard, à ce point que Robert, en 1857, dut lier la carot. primitive gauche. Légère excitation du malade, qui rentre chez lui ? ou 3 jours après l'opération. Il survint alors du délire, auquel succéda bientôt une paralysie bien caractérisée du côté droit du visage et du côté gauche du corps. Mort. |
10. — (Follin. Traité de pathologie externe, t. III, p. 553). F..…., cuir chevelu. Varices artérielles avec ulcérations qui donnaient lieu à des hémorrhagies foudroyantes. On lia les deux carotides primitives, à quelques mois de distance ; et les ulcérations se cicatrisèrent. Amélioration. La maladie restait stationnaire, lorsqu'une année environ après cette opération, la malade mourut en couches.