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vent même se développer dans les os (1). Le traitement n’est qu’ébauché sous forme de réflexions qui font suite à Pobservation de Catherine Micard, la malade de Pelletan (VI, 5) ; l'extirpation n’est pas possible, à cause de l’étendue de Ia tumeur ; on peut recourir à la ligature du tronc principal et enrayer ainsi les progrès de la maladie.
Le Bulletin de l’Académie de Hédecine de 1838-39 (2) contient sous le titre d’anévrysme variqueux une observation de Rufz. Quoique Bérard, discutant le diagnostic du médecin de la Martinique, crût à un anévrysme cirsoïde, nous n’avons pas admis dans nos tableaux ce fait si contesté.
La première livraison du deuxième volume du Compendium de chirurgie (8) qui parut en 1845, renferme, à l’article dilatation des artères, une brève notice sur la varice artérielle. L'auteur admet comme origine un nœvus congénital ou un traumatisme ; l’impulsion du sang et la pression de ce liquide contre les parois artérielles peuvent être considérées comme la cause déterminante de la dilatation morbide des artères et de leur allongement. La diminution d'épaisseur des parois artérielles en est la cause prédisposante. Comme traitement il conseille seulement, comme moyen palliatif, une compression modérée exercée sur la tumeur. Cependant, à la fin du volume (4) qui ne parut qu’en 1851, lorsqu'il s’occupe des varices artérieiles de la région crânienne, il adopte la ligature de la carotide primitive du côté malade, que Robert venait de prôner, mais seulement dans les cas où la vie est menacée. Peut-
(1) Observations et réflexions sur des tumeurs sanguines d’un caractère équivoque (Répertoire d’anat., 1896, t. 1.
(2) Tome III, p. 278.
(8) Tome II, p. 85.
(4) Tome II, p. 702.
être pourrait-on recourir au plan de traitement que Malgaigne à proposé dans sa Revue médico-chirurgicale (1) et qui consiste à lier d’abord la carotide, puis à faire sur le cuir chevelu des incisions ou des cautérisations de manière à diviser en travers toutes les artères dilatées.
Dans sa thèse de concours pour une chaire de clinique chirurgicale (2), Chassaignac consacre quelques pages aux anévrysmes par dilatation variqueuse de l’artère lemporale et de ses branches, dont il attribue l’origine la plus fréquente à des violences traumatiques.
Il rapporte une observation de Pelletan (VI, 5), un fait de Maclachlan (I, 26), et enfin un troisièmeappartenant-à Wardrop (VI, 2). À propos de ce dernier cas, il penche avec Mayo et Johnson pour l’excision ou la circonscription de la tumeur par une incision. La compression, la ligature des artères afférentes, ou même de la carotide primitive, sont impuissantes à arrêter la circulation sanguine dans la tumeur.
Une observation de Maisonneuve (Iil, 28) (3), communiquée à la Société de chirurgie en 1849, soulève dans cette assemblée une intéressante discussion. Tandis que Robert insiste sur la ligature de la carotide primitive pour empêcher les progrès de la tumeur, et rapporte à l’appui de sa manière de voir, outre le fait de Dupuytren (II, 1), deux autres qui lui sont personnels (II, 11 - IV, 6), et qu’il publia plus tard, Chassaignac se déclare en opposition formelle avec Robert, qui se contente d’une cure palliative. Rappelant le fait de Mussey
(HTome TX ;"p-237.
(2) Des tumeurs de la voûte du cräne. 1848, p. 111.
(3) Bulletin de la Société de chirurgie, 1848-49-50. Tome I, p. 400, 407,
mise
IV, 2;, il propose l’ablation de la tumeur en prenant soin de lier les vaisseaux à mesure qu’on les sectionne. Dans le cours de la discussion, Debout émit l’idée qu’on devait toujours attaquer les varices artérielles par des moyens directs; en pareille circonstance, il emploierait la galvano-puncture. Dans une séance suivante, Maisonneuve essaye de justifier sa conduite ; on lui a reproché d’avoir lié la carotide externe, ligature, a-t-on dit, plus dangereuse et moins efficace que celle de la carotide primitive ; mais l’efficacité en à été pour ainsi dire palpable, puisque les battements ont cessé immédiatement, et que la tumeur s’est affaissée ; d’autre part, ce n’est pas la ligature de la carotide externe, mais celle de la carotide primitive qui a amené la gangrène du cerveau et la mort. Chassaignac examinant un dessin de la pièce pathologique de Maisonneuve, persiste de plus en plus dans les idées qu’il a émises. C’est, dit-il, « proclamer une grave erreur ana- « tomique, que de prétendre arrêter la circulation dans une « tumeur semblable, en liant le tronc artériel et les artères « afférentes, comme s’il ne restait pas, pour alimenter cette « tumeur, les anastomoses avec les artères du côté opposé ; en « outre de l’artère ophthalmique, qui pourrait y suffire ». Il se déclare en faveur de l’extirpation.
Répondant à l’argumentation de son collègue, Robert ne peut accepter l’extirpation dans une maladie dont la marche envahissante établit une solidarité complète entre toutes les artères de la surface de la tête et en rend ainsi l’ablation impossible. Les faits, d’ailleurs, sont là pour montrer que presque toujours la ligature de la carotide primitive a pu enrayer l’évolution du processus morbide, témoin un nouveau cas de Pinel-Grandchamp (II, 8). Larrey, plus éclectique, admet volontiers l’ablation, lorsque la varice artérielle est encore une lésion locale assez circonscrite et récente; mais dans les
tre conditions contraires, la ligature du tronc carotidien, comme cela à été pratiqué dans le cas de Villaume (HT, 6), lui parait préférable.
Deux ans plus tard, Robert présentait à l’Académie de médecine un remarquable travail sur les varices artérielles du cuir chevelu (1).
Tout d’abord, il se demande la raison de la fréquence de la maladie sur les artères de la tête ; mais ses recherches n’aboutissent à aucune solution satisfaisante. Quant aux causes occasionnelles, les seules connues sont les plaies contuses et les tumeurs sanguines congénitales ; c’est principalement à l’époque de la puberté que ces dernières se transforment en varices artérielles. Il fait ensuite remarquer la solidarité intime des artères des téguments du crâne dans cette maladie, solidarité telle, que l’altération variqueuse, localisée à son début, s’étend de proche en proche, et peut envahir le cuir chevelu dans sa presque totalité. Les symptômes et la marctie de l'affection sont esquissés rapidement; mais il insiste particulièrement sur le diagnostic avec l’anévrysme artério-veineux. Arrivé au traitement, il rejette les moyens employés jusqu'alors : extirpation, cautérisation, électro-puncture, compression, etc. Des faits qu’il a observés, il déduit :
« La ligature de l'artère carotide primitive du côté malade, est la seule opération que l’on puisse opposer aux progrès du
mal ».
« Si cette première tentative ne suffit pas, \ faut recourir à
(1) Considérations pratiques sur les varices artérielles du cuir chevelu (Gazette des Hôpitaux, 1851, p. 121, 127, 130, et Bulletin de l'Académie de Mrdecine, 1850-51, tome XVI, p. 584).
la double ligature, en ayant soin de laisser un certain intervalle entre les deux opérations. »
Ces conclusions hardies soulevèrent les protestations de Bérard, qui rappela les dangers de la ligature d’un vaisseau aussi important que la carotide primitive, tandis que Cloquet, de son côté, citait un fait, à lui personnel (I, 18), terminé par guérison spontanée.
L'année même où Robert publiait son mémoire, parut à Montpellier le travail inaugural de F.-M. Verneuil sur le même sujet (1). Il rapporte un fait très-remarquable observé dans le service de Clémot de Rochefort (Il, 3), et donne un fidèle exposé de l’état de la science à cette époque.
Dans les travaux antérieurs, l’anatomie pathologique de l’anévrysme cirsoïde avait été quelque peu négligée. Cruveilhier, dans son Traité d'anatomie pathologique {2), consacre quelques pages remarquables à la description de cette variété de tumeur qu’il désigne sous le nom d’añévrysme cylindroïde serpentin. Trois éléments morbides entrent dans la composition de la varice artérielle ; 1° la dilatation, cylindroïde ou ampullaire; dans cette deruière forme, il admet comme possible, sur la foi de Breschet, l’existence de Panévrysme mixte interne ; 2° l’allongement avec flexuosités ; 3° l’amincissement qui porte sur la tunique moyenne exclusivement, et qui, entrainant la perte d’élasticité et de résistance des parois, doit être regardé comme le caractère primitif fondamental de la maladie. Jamais, dans la varice artérielle, il n’y a de communication directe entre les deux ordres de vaisseaux sanguins
(1) Essai sur l’anévrysme cirsoïde ou varices artérielles dn cuir chevelu (Thèse de Montpellier, n° 44, 1851).