‹ De l'anévrysme cirsoïde de la têteChapitre 6 sur 33 · Tome Il, p · texte numérisé non relu

Tome Il, p

Us analogue à ce qui existe dans l’anévrysme artério-veineux.

Contrairement à Cruveilhier, Bruns (1) admet parfaitement l'extension de la lésion artérielle aux capillaires et aux veines même, idée d’ailleurs émise par Breschet, et propose de lier la carotide externe du côté malade. En cas d’insuccès par cette seule ligature, il faudrait alors étreindre la carotide externe du côté opposé.

La même année où parut le Manuel du chirurgien de Tubingue, Robin, dans un Mémoire sur l'anatomie des tumeurs ‘rectiles (2) donnait le résultat de ses recherches histologiques faites sur une tumeur cirsoïde. A l’encontre de ses prédécesseurs, il à constaté une hypertrophie avec dégénérescence graisseuse des parois artérielles.

En 1857, Decès (3) dans sa thèse inaugurale, fait entrer la question dans une phase nouvelle. Il ne voit entre là tumeur érectile artérielle et l’anévrysmé cirsoïde, qu’une différence de degré dans leur développement. Cette affection, qu’elle

soit congénitale ou qu’elle succède à un traumatisme, présente à l’observateur deux choses à considérer : d’une part, une tumeur centrale qui occupe la peau elle-même; d’autre part, des vaisseaux dilatés, flexueux, qui rayonnent vers la périphérie de cette tumeur, mais qui n’arrivent plus jusqu à la surface de la peau. C’est là, selon l’auteur, une distinction capitale au point de vue thérapeutique. En effet, les vaisseaux

afférents dilatés et sinueux ne constituent nullement la mala

(1) Handbuch der Praktischen chirurgie. T. I, p. 159. Tübingen, 1854.

(2) Gazette médicale de Paris, 1854, p. 328 et 347.

(3) Des varices artérielles (anévrysmes cirsoïdes), considérées au point de vue de leurs indications et de leur traitement. (Thèse de Paris, 1857).

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die; qu’on enlève la tumeur centrale et les artères avoisinantes reprendront bientôt leur état normal. C’est ainsi que

sur 35 observations qu’il a rassemblées, on compte 13 guérisons. Or, la destruction directe de la tumeur ayant été tentée

douze fois, compte à elle seule 12 succes.

Dans une revue clinique sur le traitement de lanévrysme cirsoïde (1), écrite surtout à l’occasion du travail précédent, Verneuil admet pleinement les idées de Decès ; mais il éprouve une certaine répugnance à l'emploi de Pinstrument tranchant, et préférerait avant tout, comme moyen d’attaque direct de la tumeur, le perchlorure de fer. C’est qu’en effet, à l’aide de ce nouveau mode de traitement, Broca venait d'obtenir deux beaux et rapides succès (VIIL, 1 et 2).

Malgré des résultats aussi probants, malgré l’avis émis par la majorité des membres de la Société de chirurgie (2) préconisant le traitement de la tumeur à l’aide des agents coagulants, Robert ne tint aucun compte.de leurs conseils. C'était encore à propos du fameux malade que Dupuytren avait regardé comme guéri, après ligature de la carotide primitive droite ; l'amélioration observée n’avait été que temporaire ; et les hémorrhagies ayant reparu aussi graves que jamais, le tenace chirurgien crut devoir lier la carotide primitive g'auche, mais le malade succomba quelques jours après (IV, 9).

Signalons en 1860, un article de Pemberton (3), sur le traitement par l’excision des anévrysmes par anastomose.

Dans ses leçons sur la Pathologie des tumeurs professées à Berlin en 1863, Virchow consacre à l’anatomie pathologique

(1) Gazette hebdomadaire, 1858, p. 101.

(2) Ballet. Soc. chirurg., Séance du 14 Oct. 1857. (3) The Lancet, 26 mai 1860, p. 516.

de langiôme rameux quelques pages remarquables (1). Après avoir décrit les lésions macroscopiques (dilatation et flexuosités des artères), notées déjà par les auteurs, il aborde l’étude plus intime des altérations histologiques. Dans le plus grand nombre des cas, on à trouvé un amincissement des parois vasculaires. Robin, au contraire, a constaté leur épaississement. Ce n’est là, pour Pauteur allemand, que deux phases d’un même processus qui consiste, non pas en une simple dilatation, mais en une véritable néoplasie, une croissance réelle; et quand même plus tard, les parois artérielles s’amincissent, ce n’est là qu’un état secondaire. Au début, il n’existe aucune anastomose entre l’artère et la veine ; mais on conçoit qu'à la longue, l’altération s’étende jusqu'aux plus petites artères, et gagne même les capillaires et les veines.

Nous devons mentionner encore dans le traité de Pitha et Billroth (2) un article d'Otto Weber. Le chirurgien d’'Heidelberg réunit dans un même chapitre l’anévrysme par anastomose de Bell, lanévrysme cirsoïde de Breschet et enfin une troisième variété, qu’il appelle phlébartériectasie. Sous ce nom, le professeur allemand décrit une affection qu’on avaitconfondue jusqu’alors avec les anévrysmes cirsoides. Ici, outre les altérations artérielles qui sont le propre de l’angiôme rameux, on trouverait les veines volumineuses, fortement variqueuses, à parois épaissies(tunique musculaire notamment), contenant parfois des caillots sanguins, et communiquant à plein canal avec les artères sans l'intermédiaire de capillaires. Il y aurait, de plus, un état éléphantiasique du membre atteint; car la phlébartériectasie à une prédilection marquée pour les

(1) Virchow, Pathologie des Tumeurs. — Traduit par P. Aronssohn,

t. IV, p. 168, 1876.

(2) Handb. der allgemeinen and speciellen Chir., 1865, t. IE, p. 154.

Ne

membres et se voit rarement à la tête. Le traitement présente de grandes difficultés ; la compression fournit des échecs constants. L’extirpation est le meilleur moyen, lorsque toutefois il est applicable ; exceptionnellement, la ligature des artères amène la guérison ; et parfois l’amputation est la dernière ressource contre les progrès du mal.

Dans son Traité de pathologie externe (1), Follin fait brièvement l’histoire de la varice artérielle d’après les travaux de ses devanciers et surtout de Robert. Arrivé au traitement, il établit les règles de l'intervention suivant l’étendue de la tumeur.

Lorsqu'elle est peu volumineuse, on est conduit à faire usage de la ligature, de l’extirpation par le bistouri, de la cautérisation, des injections coagulantes par le perchlorure de fer, etc. De ces moyens, celui qui lui semble préférable, lorsque la disposition de la tumeur le permet, est la ligature sous-cutanée suivant le procédé de Rigal (2). Lorsque la dilatation artérielle, de date ancienne, s’est considérablement accrue, la compression n’a aucun avantage; il faut alors recourir à la ligature des carotides primitives. Nélaton (3) n’adopte pas aussi volontiers les idées de Robert, et à la ligature des troncs principaux, préfère le traitement par le perchlorure de fer, ou même l’ablation de la tumeur.

Dans un excellent Mémoire sur les tumeurs cirsoïdes artérielles (4), Gosselin, revenant sur les idées de Decès et poussant plus loin encore la division clinique, distingue entre la

(1) Tome II, p. 285.

(2) Follin, Pathologie externe, t. I, p. 218.

(3) Eléments de pathologie chirurgicale, t, X, 2€ édit. par a ES 688. Paris 1868.

(4) Archives gén. de médecine. 1867, t. X, p.641.

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