‹ De l'AngleterreChapitre 37 sur 60 · COMME IL VOUS. PLAIRA · texte numérisé non relu

COMME IL VOUS. PLAIRA

(Acte I, scène 2"»^)

RosALiNDE. — Je serai gaie désormais, cousine; je veux imaginer quelque amusement. Voyons, que penses-tu de faire Tamour?

Cëlie. — Ohl ma chère, je t'en prie, fais de Famour unjeu; mais ne va pas aimer sérieusement aucun homme, et même, par amusement, ne va jamais si loin que tu ne puisses te retirer en honneur et sans rougir.

RosALiNDE. — Eh bien, à quoi donc nous-amuserons-nous?

Célie. — Asseyons-nous, et, par nos moqueries,

dérangeons de son rouet cette bonne ménagère, la

tlO ÛEUVRES DE HENRI HEINE

Fortune, afin qu'à Tavenir ses dons soient plus également partagés.

RosALiNDE. — Je voudrais que cela fût en notre pouvoir, car ses bienfaits sont souvent bien mal placés, et la bonne aveugle fait surtout de grandes méprises dans les dons qu'elle distribue aux femmes.

Célie. — Oh! cela^^t bien vrai; car celles qu'elle fait belles, elle les fait rarement vertueuses, et celles qu'elle fait vertueuses, elle les fait en général bien laides.

KOSALINDE

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