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CHAPITRE VII

LA NOTION DE CAUSALITE

On détermine fort bien en psychologie expérimentale la puissance ou les défaillances de l'attention chez l'homme. M. A. Binetet quelques autres savants ont inventé d'ingénieux procédés qui permettent d'atteindre ce but; l'épreuve consiste, par exemple, à faire barrer par le sujet, sans discontinuer et sans jamais revenir en arrière, certaines lettres, toujours les mêmes, dans un texte imprimé. On inscrit l'augmentation ou la diminution des erreurs et l'on compare la courbe de tel sujet à celle de tel autre sujet. Appliquant ce principe aux bêtes, nous avons construit des « machines à mesurer l'attention ».

La première est destinée aux animaux supérieurs.^' Le sujet est placé devant un disque vertical, percé de plusieurs ouvertures circulaires et tournant d'un mouvement uniforme. On l'habitue à prendre en passant la tele dans un des trous, une nourriture qui lui plaît tout particulièrement; cette petite fenêtre est entourée

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d'un cercle rouge. Chaque fois que la bête passe la tête dans un des autres trous, entourés de cercles de diverses couleurs, elle reçoit une légère secousse électrique, et l'acte est noté comme une « erreur ». On mesure son attention, lors des épreuves successives, d'après le chiffre de ses erreurs dont on établit la courbe . Chaque individu arrive finalement à un degré maximum d'attention et ne « désapprend » pas, s'il est exercé de temps en temps et si aucune cause extérieure ne le trouble au moment de l'épreuve.

Il y a des moyens pour rendre soutenue l'attention des singes, chiens, ours, et autres mammifères très intelligents. En règle générale, l'expérimentateur nourrit lui-même son élève pendant quelque temps; puis il le place dans une chambre d'observation. C'est du moins ainsi que nous procédons à Y Institut de psychologie zoologique, La chambre d'observation est entièrement peinte en gris, d'un ton absolument uniforme, depuis le plancher jusqu'au plafond; et il ne s'y trouve aucun objet. Tout à coup le professeur appelle l'attention de l'élève au moyen d'un claquement de langue et d'un geste, puis il désigne de la main un point de la chambre, où, immédiatement après ce geste, éclate, derrière la cloison, une sonnerie brève; ou bien encore un autre geste est suivi d'une projection de rayons de lumière. Des excitations de ce genre sont provoquées à intervalles égaux; elles « étonnent » d'abord l'animal par leur nouveauté ; en quelque sorte elles « l'intriguent », et, s'il est vraiment intelligent, l'habituent à porter ses « réflexions » du côté où le

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maître veut qu'elles se trouvent portées. C'est une gymnastique préparatoire, un puissant entraînement intellectuel.

Pour les poissons, les insectes et en général les animaux inférieurs le dispositif employé comporte un appareil très simple.

Lorsqu'on fait tourner lentement autour d'un petit animal enfermé dans une cage de verre (ou dans un bocal s'il s'agit d'une espèce aquatique) un écran circulaire à l'intérieur duquel on a peint de larges raies verticales noires et blanches, on peut constater qu'à part de rares exceptions, l'animal se met à marcher ou à nager dans le même sens que l'écran (1). Le synchronisme devient parfait après une ou deux minutes. Les troubles de l'attention sont mesurés par les manquements au synchronisme.

L'étude de l'attention se confond avec celle de la curiosité, qui est une manifestation très développée, très « intellectualisée », de l'attention,

Un acte est logique quand l'ordre dans lequel se produisent les sensations et réactions qui le constituent, correspond à un état réel et actuel des choses.

(1) On a dit qu'il suit les raies noires et aussi qu'il y a là un tropisme au sens de Lœb. Il s'agit tout simplement d'une faite devant les raies noires, qui sont pour le sujet des ombres menaçantes. Nous avons institué des expériences spéciales qui ne laissent aucun doute à ce sujet.

Les actes d'instinct sont logiques lorsqu'ils se produisent normalement; mais ce qu'ils ont de logique est le résultat d'adaptations anciennes subies (et non provoquées) par les ancêtres de l'animal considéré. Ces actes, bien que psychiques, tiennent de ce que l'on peut appeler la logique des choses et restent encore très loin des démarches de la raison. Ils sont l'aboutissement d'une sorte de lent façonnement matériel de la substance vivante au contact du monde extérieur et symboliquement comparables au moulage d'un glacier dans les rochers qui l'enserrent.

Un animal doué seulement d'instinct sait agir d'après V un certain nombre d'objets fixes ou en mouvement,^/ parfaitement connus de lui et toujours les mêmes ou à ^ peu près les mêmes. L'être intelligent, lui, crée ins- 1 tantanément quand le besoin s'en fait sentir, en présence de circonstances contingentes, l'ordre logique des actions qu'il accomplit; il sait tenir compte des mouvements complexes et nouveaux des objets; il perçoit leur réalité changeante.

« L'intelligence, a écrit M. Bergson, est la faculté de ^/ fabriquer et d'employer des instruments inorganisés. *jm Cette faculté est une marque d'intelligence chaque s/ fois qu'il ne s'agit point d'instruments employés par ^ l'espèce, mais réalisés, en vue d'un but nouveau, par l'individu. Ainsi la toile de l'araignée, le fourreau de la phrygane, la cloche de l'argyronète ne prouvent rien pour l'intelligence de ces animaux, tandis qye^, l'acte d'un animal qui utilise spontanément un levier, J par exemple pour forcer une porte, ne peut s'expliquer -

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que par l'existence de la notion de connexion nécessaire et d'efficacité causatrice^^js/

Une telle notion provient toujours de nombreuses expériences personnelles qu'elle synthétise :

<( Après une répétition fréquente, dit Hume, il arrive qu'à l'apparition de l'un des objets, l'esprit est déterminé par l'habitude à envisager son compagnon ordinaire. C'est cette impression ou détermination qui m'apporte l'idée de nécessité. Cette idée une fois acquise par le sentiment de ce qui se passe en nous, nous la projetons au dehors de nous, nous l'objectivons en transportant aux objets quelque chose de semblable à cette détermination nécessaire que nous sentons entre ces idées. » La formation de l'idée de cause repose nécessairement sur une abstraction. De séries analogues de phénomènes de succession, les caractères les plus saillants finissent par s'abstraire et l'idée de connexion nécessaire se construit. Le caractère de généralité, qui la rend utile dans une foule de cas nouveaux, la différencie de la simple notion de contiguïté particulière qui lui a servi de base.

De ce que l'expérience aboutit souvent à Terreur en cherchant à déterminer les antécédents d'un fait, il ne résulte pas que la notion de cause ne soit pas le produit de l'expérience. On aurait tort, sans doute, de conclure que la nuit détermine, « est cause » du jour parce que celle-ci le précède; mais c'est par une connaissance plus complète des faits que l'erreur sera dénoncée. La notion de cause n'est en somme qu'une notion de succession bien vérifiée et abstraite.

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D'ailleurs il est possible d'assister à la naissance de cette si importante notion.

Un animal adulte, bien constitué, mais qui, isolé expérimentalement, n'a pas été à même d'exercer ses différents sens, est incapable d'inventer un moyen approprié à un but nouveau dans sa vie, tandis que des sujets témoins, de la même espèce, y arrivent fort bien. Un singe, élevé dans une chambre d'isolement, ne manifeste aucun étonnement quand des objets, mus par des fils ou poussés par une projection d'air, semblent se mouvoir sans cause, tandis que, d'ordinaire, singes et chiens sont extrêmement impressionnés par cet apparent prodige. C'est seulement peu à peu, grâce à ses observations personnelles, que l'animal se rend compte de la succession nécessaire de différents faits et devient capable de créer intentionnellement une pareille succession.

La mise en jeu de mécanismes simples, nouveaux pour le sujet, est intéressante au point de vue de l'étude de la notion de cause. Les journaux et les revues illustrées ont trop vulgarisé les expériences pratiquées dans nos laboratoires sur ce thème pour qu'il soit utile de les décrire ici. Nous rapporterons seulement, d'après le Bulletin de notre Institut, le compte rendu de nos essais sur un lion de la ménagerie du Muséum (mai 1901). « Le lion, poussé dans la cage où l'on avait placé la boîte à pâture, manifesta d'abord un sentiment d'inquiétude ; on le lisait clairement dans ses attitudes et, si j'ose dire, sur sa « physionomie », puis, il se rassura et, après quelques hésitations, s'ap-

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procha très doucement de la boîte, la flaira, se convainquit de l'existence de son contenu, et, dès lors, manifesta un vif désir de s'emparer de l'appât. Cependant il n'essaya nullement de briser les planches ; il examinait l'appareil avec beaucoup d'attention et, finalement, il prit délicatement entre ses dents, le bord du couvercle et le souleva sans violence. Il se trouvait alors devant la boîte, du côté opposé aux charnières; il fallait donc qu'il avançât le cou au-dessus de la boîte, en tenant le couvercle, et qu'il n'abandonnât celui-ci qu'après l'avoir assez largement ouvert pour le faire retomber de l'autre côté, et il fallait qu'il le fît malgré la tentation offerte par la viande, au moment où sa gueule passerait au-dessus de l'appât. Or tous ces mouvements ont été exécutés par le lion, sans hâte, d'une façon relativement précise et, pour ainsi dire, raisonnablement. L'épreuve a duré trois minutes (1). »

Nos expériences sur l'intelligence des mécanismes n'ont pas le même caractère que celles de M. Thorndike, qui, depuis, ont été vulgarisées en France^Èle savant enfermait des animaux qui avaient à ouvrir des portes pour se libérer, tandis que nos sujets devaient soit pénétrer dans des garde-manger, soit ouvrir des boîtes. M. Thorndike affamait ses sujets; nous les nourrissions au contraire normalement et notre appât n'était qu'un supplément, une prime accordée à l'intelligence. Enfin les sujets du savant américain

(1) Bulletin de Vlnslilut de psychologie zoologique, octobre

n'avaient qu'exceptionnellement sous les yeux tous les rouages du mécanisme, souvent compliqué, à l'aide duquel la porte de leur prison pouvait être ouverte ; il leur était donc impossible de comprendre le jeu de ce mécanisme, et ils ne pouvaient que tâtonner et découvrir par hasard le moyen de s'échapper. On a eu tort assurément d'en conclure qu'ils étaient réellement incapables de comprendre^ jeu d'un mécanisme simple dont toutes les parties seraient exposées à leur vue.

La souplesse des membres des espèces du genre chat semble particulièrement favorable au développement de l'intelligence, à la manœuvre des mécanismes et à l'ouverture des boîtes ; car elle est un moyen de se rendre compte musculairement des conditions extérieures, et un plan une fois conçu, elle en permet l'exécution aisée. Quant aux singes, leurs prouesses à ce point de vue sont bien connues. Les souris, les rats, les hamsters, les écureuils, si habiles à se servir de leurs membres antérieurs, donnent, eux aussi, des preuves de la plus vive intelligence dans la manœuvre des boîtes et des mécanismes. Presque tous les hamsters que nous avons possédés savaient sans dressage provoquer la chute d'un petit seau plein de grain en rongeant la corde de soutien qui, partant de ce seau passait sur une poulie et s'attachait à un piton sur le plancher de la cage. Quelquefois plusieurs hamsters se mettaient ensemble à ronger la corde et il était très instructif de remarquer qu'ils se toléraient mutuellement tant que la besogne n'était pas faite et se battaient dès que le seau était par terre...

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Voici quelques expériences dans lesquelles il ne s'agit plus de cages ni de boîtes, mais qui, elles aussi, semblent fournir des preuves de l'existence de la notion de cause et d'une intelligence des plus vives chez les espèces observées. Nous extrayons leur compte rendu du Bulletin de V Institut de psychologie zoologique : La première concerne un coati. On sait que l'espèce est très friande d'œufs de poule; nous en plaçâmes un sur une haute cheminée de façon qu'il pût être vu du coati et, après avoir éloigné légèrement les sièges, nous quittâmes la pièce, en nous arrangeant toutefois de manière à ne rien perdre de ce que ferait notre sujet. Il s'agita d'abord, sauta deux ou trois fois ; mais, voyant que son élan ne le portait qu'à mi-hauteur de la tablette, il sembla réfléchir un instant. lise dirigea ensuite vers une chaise en chêne ciré qu'il essaya d'attirer du côté delà cheminée, mais ses pattes glissaient sur le bois, et il renonça à son entreprise; il semblait désespéré. Cependant il aperçut, dans un coin, un paquet de vieux chiffons et parut frappé d'une véritable idée. Ayant pris une des bandelettes, il en entoura le pied de la chaise et se mit à Vattirer à reculons. Quand le siège fut contre la cheminée, en deux bonds, le coati monta sur celle-ci et s'empara de l'œuf.

La preuve de la conception d'un rapport entre plusieurs objets et d'une véritable faculté de raisonnement nous a été donnée par un sapajou, dans sa recherche des moyens d'échapper à la douleur. Cet animal (d'une espèce peu élevée parmi les singes) était sujet à des maux de dents chaque fois qu'il mangeait des noix ;

de petits morceaux se logeaient entre ses dents et lui causaient de vives douleurs qu'il manifestait par de grands mouvements; il essayait de retirer avec ses doigts les morceaux de noix, mais n'y parvenait que très imparfaitement. L'idée nous vint alors de lui donner les moyens .de se tirer d'affaire, tout en le mettant sur la voie des actes qu'il devait accomplir. Pour remplir ce programme, après l'avoir bourré de noix, que sa gourmandise lui faisait absorber malgré les suites à craindre, nous déposâmes dans sa cage une petite tige de fer courte et assez grosse et une pierre à aiguiser. Or au bout d'une heure, il avait fait un curedents dont il se servit à sa grande satisfaction.

Il s'agit bien ici de la fabrication d'un outil « non organisé », au sens de M. Bergson.

Nous avons eu des singes très habiles à fabriquer des espèces de massues avec du bois tendre dont ils déchiquetaient toutes les fibres inutiles à leur but. D'autres se fabriquaient des colliers avec des coquillages (percés à l'avance) qu'ils enfilaient dans des cordelettes.

Une des expériences qui nous donnèrent le plus de satisfaction fut une épreuve de stimulation à laquelle fut soumis un singe (bonnet-chinois), âgé d'une quinzaine d'années et exceptionnellement « méchant » (1). Ce quadrumane avait déjà donné la preuve d'une ruse admirable par sa façon d'ouvrir sa cage et de bondir sur des passants. Nous voulûmes profiter de son ardent

(1) Il nous avait été vendu par le directeur d'une ménagerie où il était fort maltraité.

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désir de liberté et savoir jusqu'à quel point il pourrait être servi par la raison. Le bonnet-chinois fut placé dans un îlot et on lui donna sous forme d'une petite barque, le moyen de gagner le bord de la pièce d'eau où nous nous tenions nous-même. Dans le fond de la barque reposait l'extrémité d'une corde amarrée par l'autre bout à un piquet placé à mes pieds (1). Le singe, après mille gambades et démonstrations de fureur. . . , finit par s'embarquer, par haler la corde et sauter sur le rivage, où je l'attendais, les mains du reste préservées par des gants épais ; car c'était pour se précipiter sur moi qu'il avait mis son intelligence au service de sa méchanceté. Il paraît équitable de placer ce bonnet-chinois à un niveau psychologique très élevé.

Nous avons vu des singes de diverses espèces, des chimpanzés, des gibbons, des capucins et même des macaques, utiliser d'eux-mêmes des gobelets pour boire, déboucher des bouteilles avec un tire-bouchon, tourner un robinet pour se procurer de Feau, se laver, s'essuyer avec une serviette; faire leur lit, passer un paletot, se jeter sur les épaules une couverture, etc..

On ignore si quelques anthropoïdes, à Fétat sauvage, ne sont pas capables de faire un emploi intelligent du feu. Quant aux singes captifs, il est en général impossible de les décider à allumer une bougie au moyen d'une allumette sans les y contraindre par un

1(1) Notons que les macaques savent nager. Mais ils ne se jettent d'eux-mêmes à l'eau que très rarement ; et jamais ils ne le font quand l'eau est froide, comme c'était le cas au moment de l'expérience*

dressage en règle. (Dans ce cas, on guide la main du singe entre les doigts de laquelle on a placé une allumette.) Nous ne pouvons signaler qu'un seul cas dans lequel un singe obtint du feu sous nos yeux, par sa propre industrie. C'était un babouin. Il s'entendait on ne peut mieux à allumer par rotation alternative d'un bâton, la sciure de bois d'un briquet d'Iroquois (briquet légèrement modifié d'ailleurs); et comme une mèche reliait cette sciure à un petit calorifère à gaz dont il savait tourner le robinet, il se procurait ainsi une douce chaleur. Il usait très largement de ce procédé sous la discrète surveillance d'un gardien. Tant que la flamme n'était pas obtenue, notre babouin s'acharnait sur les morceaux de bois ; mais dès que le calorifère fonctionnait, le briquet était laissé complètement de côté — ce qui montre assez bien que le singe avait fini par concevoir la notion de cause et d'effet.

Les exhibitions de chimpanzés dans les music-halls ont donné naissance à de nombreuses confusions. Il faut avoir longuement observé des singes de cette espèce pour déterminer la part d'intelligence que comportent leurs petites comédies. Le public est en général porté à supposer que ces premiers rôles de la gent simiesque accomplissent tout leur « numéro » en étant guidés par la raison. Ils sont à vrai dire dressés dans une certaine mesure, comme nous allons le constater. Voici, d'abord, la description des petites scènes jouées par un de ces singes, l'un des plus célèbres dans les théâtres de variétés. Le chimpanzé entre habillé en gentleman et exécute les actes suivants :

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Saluer, serrer la main du chef d'orchestre, retirer son pardessus et son chapeau, accrocher l'un et l'autre ; se mettre à table, manger avec une fourchette, déboucher une bouteille, boire au verre, frotter une allumette, fumer un cigare, recevoir une lettre cachetée, l'ouvrir, mettre des lunettes comme pour lire, se déshabiller, se coucher dans un lit, souffler la bougie, se lever (ici un servant vient attacher des patins à roulettes aux mains postérieures du singe): patiner, diriger une bicyclette, éviter des obstacles placés au hasard sur la scène, passer sur une planche mise en bascule, descendre un petit escalier, toujours à bicyclette, saisir sur une chaise avec une main postérieure, tout en pédalant, un verre à boire plein, le boire et, au tour suivant, le remettre en place. Nous avons pu nous rendre compte par nos propres essais que le dressage consiste ici : 1° à relier, par la répétition, des actes d'abord exécutés intelligemment par le singe (par exemple retirer son paletot, piquer sa nourriture solide au bout d'une fourchette, etc.) ; 2° à déterminer par des associations simples, d'autres actes que Ton n'a pas pu obtenir par persuasion. Dans ce dernier cas on fait intervenir des espèces d'essais, au cours desquels les mouvements réussis sont peu à peu sélectionnés (c'est de cette façon que l'animal apprend à se tenir sur une bicyclette et à pédaler). Quant à savoir éviter les obstacles placés çà et là sur la scène, l'animal semble y arriver par une adaption intelligente; en effet, après quelques échecs, il y a une brusque réussite et non un lentétablissementpar sélection des mouvements justes. Hachet-Solplet. 6

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