APOSTASIE FINALE
Or, si nous prenons la peine de réfléchir sérieusement aux événements qui de nos jours agitent le monde, aux idées qui l’entraînent dans des voies inconnues, et aux renversements qu’on y fait impunément des vrais principes sur lesquels reposent la religion et le bon ordre de la société, ne serons-nous pas contraints de reconnaître et d’avouer qu’elle arrive à grands pas^ cette défection générale prédite par les saints Livres? Que voyez-vous aujourd’hui de tous côtés en Europe. et partout le monde ? Désertion de la foi parmi les riches qui, pour la plupart, n’ont d’autre souci que celui d’amasser de l’argent, d’acquérir des honneurs et de se procurer des plaisirs sensuels ; désertion de la foi chez ceux qu’on nomme savants, et dont un grand nombre se déclarent hautement les adversaires du catholicisme et de la papauté, qu’ils combattént parfois avec un acharnement inexplicable, tant il est de leur part insensé! désertion de là foi chez les classes illettrées qui, en général, ne cherchant le bonheur que dans la possession des biens terrestres, oublient et méprisent une religion purement spirituelle qui prêche l’esprit de pauvreté, le renoncement à soi-même, la mortification de la chair.
Je ne songe pas une seule fois à l’état d’indifférence religieuse où nous sommes actuellement, sans éprouver aussitôt la crainte que les anges de Dieu, qui en sont les spectateurs indignés, ne disent à leur souverain Maître, comnae dans la parabole de l’Evangile : « Voulez-vous, Seigneur? Nous allons moissonner cette ivraie, couper tous ces fruits de mensonge et les jeter au feu éternel. Servi autem dixerunt ei : Vis imus,
et colligi’mus ea fzizaniàj (1) ?
Or, l’apostasie finale dont nous voyons les commencements sinistres, doit atteindre son dernier progrès sous la domination de l’Antéchrist. Combien croyez-vous qu’il faille de temps pour y arriver ? Cela dépendra uniquement de la rapidité ave laquelle le monde va continuer sa marche dans les voies iniques et anti-catholiques qu’il suit sous la direction et l’impulsion de ses maîtres, frappés de l’esprit de vertige et de mensonge.
(1) Evang. seloD saint Matthieu, ch. xiii, v. 28.