CHAPITRE X
lies lefoii8 de l’histoire nous annoneent comme iirocliaine l’arrivée de la persécution dernière et du clidtimeiit des der- ‘ niers impies dont l’Antéchrist sera le chef.'
Quand on considère Thisloiie dans son ensemble, elle présente, au regard de l’observaleur, a dit Donoso Corlès, un redoutable phénomène périodique qui s’est montré déjà deux fois ah I • .monde, et dont on pressent aujourd’hui partout l’immanquahle et prochain retour.
La chute du premier homme a introduit le mal en ce monde ; et depuis lors s’est déclarée la lutte incessante entre la loi ou l’autorité de Dieu, et la raison ou le libre examen de l’homme, entre les doctrines divinement révélées et les enseignements prétendus philosophiques ou purement humains, entre la cité du bien et la cité du mal, entre Jésus le prince du ciel, et Satan le prince des enfers. Or, pour des esprits habituellement attentifs, il est impossible de ne pas voir que
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chez l’homme, qu’on le prenne individuellement ou qu’on le considère en société, le mal arrive toujours â triompher du bien ; et que si le bien remporte souvent la victoire sur son adversaire, il ne faut point l’attribuer à sa propre énergie et à son pouvoir intrinsèque, mais à un coup de la justice ou de la miséricorde de Dieu qui intervient alors en personne ; tant cette pauvre nature humaine a été viciée, c’est-à-dire obscurcie et affaiblie par le péché originel !
Popr ce qui regarde l’homme pris individuellement, la théologie catholique nous enseigne que sans la grâce, cet acte immédiat de la Bonté divine, l’âme humaine ne peut produire aucune action qui mérite le ciel, qui lui fasse éviter l’enfer et qui la conduise au bonheur éternel, sa dernière fin. Si l’on considère l’homme en société et que l’on en parcoure l’histoire, on voit que chacune de ses phases est close et terminée par une catastrophe qui est l’incontestable résultat d’une intervention toute puissante du bras de Dieu.
Ainsi le premier âge du monde finit au Déluge. Pourquoi le Seigneur inflige-t-il ce terrible châtiment à la terre ? Pourquoi ? Parce qu’il voyait le mal s’infiltrer comme un poison subtil jusque
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dans les entrailles de la société antédiluvienne, l’envahir, la corrompre, la dominer, et qu’il ne voulut pas permellre cette corruption radicale et entière du genre humain, sa créature privilégiée; il intervint donc directement pour laver le monde de ses souillures, et, tout en lui donnant une face nouvelle, lui communiquer une nouvelle vigueur.
A peine étaient-ils sortis de l’arche qui les avaient préservés de la ruine universelle, les enfants de Noé oublièrent les bienfaits de la miséricorde divine et osèrent bien devenir prévarica-
teurs. Le mal reprit son ancienne marche ; il fit bientôt d’immenses progrès. Les nuages de Ter-, reur, amoncelés à tous les horizons, couvrirent l’humanité de ténèbres épaisses. Le crime triompha de nouveau par toute la terre. Le démon avait dressé partout ses autels sur lesquels il se faisait adorer. La justice et la charité, le bien et la vérité, le bonheur et la paix, refoulés, chassés de toutes parts, étaient sur le point de disparaître encore une fois totalement de ce triste monde. Mais Dieu, dans sa bonté infinie, prenant pitié du genre humain dévoyé de la, sorte dans les sentiers de l’erreur et du vice, envoie son Fils unique pour l’éclairer, le fortifier, le reconduire
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aux voies de la piété et du véritable bonheur. Dans le dessein de parfaire celte grande œuvre, le Fils de Dieu se revêt de notre chair mortelle et se soumet en elle à toutes sortes de travaux, d’ignominies et de souffrances; il meurt par le plus cruel et le plus infâme des supplices, celui de la croit ; et ce fut là une autre intervention immédiate et personnelle de la providence de Dieu pour le redressement et le salut de la race humaine.
Il est à croire qu’il n’y a point de créature raisonnable, du moins parmi celles que nous connaissons, qui puisse supporter sans péril le don . du libre arbitre. Longtemps avant la création de l’homme, une foule d’anges avaient abusé de leur liberté et permis au mal d'altérer la rectititudede leur sublime nature. Quel remède fallutil pour arrêter les ravages de la révolte dans les rangs de ces magnifiques intelligences ? Une action directe et souveraine du Dieu très-haut qui, d’un coup de sa foudre, précipita tous les rebelles, sans exception, dans un gouffre immense et sans fond.
De nos études sur l’Antéchrist, qu’apprenonsnops? qu’il sera la personnification du mal; que, par lui, le mal régnera en maître absolu
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sur tout Tunivers, et que, peu de temps après, Notve-Seigneur Jésus-Christ viendra' « par un souffle de sa bouche, spiritu oris sui, lé punir et mettre à mort. » Mais que signifie cela ? C’est évidemment à dire que le mal, par le cours actuel des choses, ayant une troisième fois grandement prévalu sur le bien dans le monde et fnenaçant de l’anéantir radicalement et pour toujours, la justice de Dieu daignera intervenir encore une troisième fois, armée de sa toute-puissance, pour exterminer à jamais ce maudit mal par le châtiment terrible de tous ceux qui se complaisent à le commettre.
Or, comme nous l’avons déjà dit, nous marchons à grands pas vers l’époque fiitale où cette rénovation deviendra nécessaire. Le mal, en effet, paraît vouloir monter bientôt à son comble. Ne l’emporte-t-il point de toutes parts sur le bien ? L’erreur n’usurpe-t-elle point, chez la plupart des esprits, la place de la vérité? Quelles sont rares les âmes vraiment vertueuses et justes, véritablement catholiques ! Nous disons catholiques, parce que le catholicisme est la seule formule exacte du bien, comme le rationalisme est celle du mal. Bientôt cette civilisation, dont se vantaient avec droit nos pères, beaucoup mieiix
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éclairés que nous, disparaîtra devant la barbarie et le paganisme modernes qui s’avancent pour lui livrer un dernier assaut. Bientôt le bien succombera sous les coups redoublés de son infatigable ennemi, et le sceptre de Satan gouvernera seul une troisième fois le monde.
Mais la miséricorde de Dieu est trop grande pour permettre que ce triomphe des méchants dure longtemps. Sa justice, se réveillant tout à coup de son apparent sommeil, étendra sa main puissante pour arrêter ces flots immondes qui menacent d’engloutir ses œuvres. Il descendra lui-même, ou bien il enverra ses anges, avec ordre de clore ce siècle corrompu par une immense révolution morale et physique qui, après avoir châtié la terre, y renouvellera toutes choses jusqû’au temps marqué pour la consommation finale.
Ainsi donc, la prochaine incarnation du mal en la personne de l’Antéchrist, l’avénement de sa domination universelle, non châtiment presque subit, suivi de la conversion à Dieu de tous les peuples, voilà ce que nous paraît enseigner l’histoire ; ce que l’expérience nous excite à prévoir et ce que nous semble crier la voix des temps passés. Passons à d’autres preuves (1).
(I) Voyez la note 10 à la lin du volume.